YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Plaisirs après 60 ans, oh que oui !

Célian Ramis

La sexualité des séniors n’est désormais plus un sujet tabou, nous informe le magazine Notre temps. Une aussi grosse intox que lorsque David Pujadas, en mars 2017, annonce au JT de France 2 que le patriarcat n’existe plus depuis la fin des années 60…

« Il existe peu d’études sur la sexualité des plus de 69 ans. Pourtant, elle est toujours présente. 70% des plus de 70 ans ont une sexualité active. », déclare Aude Théaudin, gériatre au Centre de prévention Bien Vieillir AGIRC ARRCO de Rennes. Le 11 juillet dernier, elle y animait une conférence autour de la thématique « Continence et sexualité des séniors ».

Aujourd’hui encore, la représentation de la vieillesse – notamment pour les femmes -, associée à de rapports sexuels épanouis, a tendance à gêner, voire à dégouter. Mona Chollet, journaliste et auteure, le souligne dans Sorcières, la puissance des femmes invaincues :

« En 2006, Thérèse Clerc, qui était bisexuelle, a tourné dans le (merveilleux) film de Jean-Luc Raynaud L’Art de vieillir. « Ce sont des histoires nobles de cul, expliquait-elle avec malice trois ans plus tard. Nous l’avons diffusé la semaine dernière à des jeunes du lycée : ils sont restés comme assommés. Je leur ai dit : ‘’Écoutez, les enfants, cela vous dérange à ce point ?’’ Il faut croire, on n’a rien pu en tirer. En revanche, les vieux sont assez contents… » Dans une séquence du film de Camille Ducellier Sorcières, mes sœurs, la même Thérèse Clerc se masturbe devant la caméra. C’était en 2010 ; elle était alors âgée de quatre-vingt trois ans. »

Passée la ménopause et ainsi la capacité à se reproduire, la société renvoie l’idée que les femmes sont inutiles. Mais on peut y voir également une libération dans la sexualité due, en partie, à la disparition du risque de grossesse.

« L’érotisme se modifie, les pratiques aussi. Tout dépend de la manière dont on voit sa sexualité »
signale Aude Théaudin.

Des conséquences découlent du tabou et du manque d’information. La ménopause peut entrainer des carences en œstrogène et de la sécheresses vaginale qui modifient la lubrification du sexe et irritent l’organe génital. L’andropause peut entrainer une baisse de testostérone et de libido, sans négliger la modification de la perception de la montée de l’éjaculation.

Ne pas savoir que ces changements ne sont pas une fatalité favorise l’anxiété, la mésestime de soi et la dépression. « On peut en parler avec l’Association pour le Développement de l’Information et de la Recherche sur la Sexualité, ou avec des psychologues et des sexologues. », conclut la gériatre qui précise :

« On évolue et la société doit évoluer par rapport à ça. »