YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Furie / Monogrenade / Au Revoir Simone : un combo envoûtant et hypnotisant

Célian Ramis

Samedi 8 novembre, le groupe rennais Furie montait sur la scène de l’Antipode et partageait l’affiche avec les canadiens de Monogrenade et les new-yorkaises du trio Au Revoir Simone.

INSTANT ENVOÛTANT

En mars dernier, lors de la carte blanche à Laëtitia Shériff dans le cadre des Embellies, c’est au Jardin Moderne que l’on découvrait le nouveau projet d’Astrid Radigue (Mermonte, LadyJane, Soulful Singers). Après 4 ans de réflexion autour d’une nouvelle formation, Furie s’éveille et happe le public par sa pop mélodieuse, la douceur de ses comptines musicales et son harmonieuse mélancolie. Huit mois ont passé et Furie revient sur la scène rennaise, celle de l’Antipode cette fois-ci, avec un projet délicieusement abouti.

Déjà séduits au début de l’année par l’originalité de la proposition, il n’aura pas fallu attendre plusieurs chansons pour être véritablement conquis en ce samedi 8 novembre. La prestation semblant emprunter des chemins plus rock sur ce set n’en est que meilleure. D’entrée de jeu, Astrid Radigue, entourée de Florian Jamelot, Jérôme Bessout et Pierre Marais, capte l’attention de son auditoire, envoûté par la pureté du chant et des mélodies qui mêlent guitares, batterie, clavier et percussions. Les quatre musiciens nous emportent dans un univers singulier à l’énergie enchanteresse, dans lequel s’entrecroisent légèreté et noirceur poétique. C’est un instant exquis que l’on savoure ce soir-là et on espère voir la Furie déployer ses ailes infernales encore et encore.

INSTANT HYPNOTISANT

C’est ensuite au tour des québécois de Monogrenade de monter sur scène. Le groupe traverse l’Atlantique et arpente les routes de France pour présenter son deuxième album, Composite. Six musiciens, trois femmes et trois hommes, s’installent en ligne sur le devant de l’estrade, prêts à nous transporter dans les ambiances vertigineuses qui leur sont propres depuis la sortie de Tantale, en 2012. Éclairés par des lumières sombres et chaudes, ils entament un math rock sensuel qui nous emmène dans une ambiance intimiste, laquelle nous enivre d’une chaleur apaisante.

Si les parties chantées, en français, nous rappellent à certains moments les phrasés de François and the Atlas Mountain (ce qui n’est pas pour nous déplaire), les parties instrumentales nous ramènent à l’instant présent. Un instant hypnotisant qui nous fige dans l’espace et le temps. Les rythmes effrénés des violons, accompagnés par le violoncelle, exercent un contrepoids à notre douce somnolence, apportant rapidité et mouvement.

INSTANT COLORÉ

Le voyage au sein de la pop aérienne se poursuit à l’Antipode, avec une escale à New-York (Brooklyn précisément) où nous retrouvons le trio exclusivement féminin de Au Revoir Simone. Venues présenter leur dernier album en date, sorti à l’automne 2013, Move in Spectrums, les trois musiciennes s’installent chacune devant leurs claviers aux airs rétro et électrisent d’entrée de jeu les spectateurs/trices. C’est dans un monde coloré aux mélodies pop et rondes que nous transportent les trois nymphes des villes, qui viennent d’enchainer quatre soirs à l’Olympia de Paris, en première partie d’Etienne Daho avec qui elles ont collaboré.

Les chansons sont entrainantes, les notes des claviers claquent et l’aspect synthético-girly s’ajoute à un ensemble parfaitement maitrisé et enjoué. Si on regrette la mélancolie et la fragilité qui se dégageaient – et que l’on adorait – des chansons des albums antérieurs, on aime toujours autant l’énergie et la fraicheur de ce trio qui invite à un instant de partage et de dynamisme contagieux. Et quel bonheur quand elles entament « Crazy » et « Somebody who » ! On ne s’en lasse pas.