YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Puzzle Compagnie, l'insoumission de la création

Célian Ramis

La Puzzle Compagnie s'empare de la tragédie Roméo et Juliette pour son Chantier Public. Un mardi par mois, à 18h30, au Cercle Paul Bert Nord-Ouest Le Noroît, les comédiens se livrent à des improvisations en vue d'un nouveau spectacle. Le 3e rendez-vous est donné mardi 16 décembre.

En débat, dans les coulisses ce mardi 18 novembre : Juliette est-elle féministe ? « Elle refuse le mariage arrangé pour épouser un autre. Mais est-ce par là qu'on s'épanouit ? », se questionne Marjorie Blériot, membre de la Puzzle Compagnie.

La discussion n'est pas surprenante pour la compagnie qui intervient fréquemment sur les thèmes de l'égalité et la discrimination.

« Nous essayons de tordre le cou aux clichés. Les femmes ne sont pas que des petites minettes éplorées qui servent la soupe aux hommes », s'exclame Charlotte Baheu, référente artiste.

Depuis octobre, la compagnie travaille sur un nouveau projet, le Chantier Public, fondé sur Roméo et Juliette. Six rendez-vous sont programmés, un mardi par mois. Les comédiens y font des expérimentations, devant les spectateurs. « Nous attendons du public des retours qui nous enrichissent, ouvrent des débats ou en résolvent », précise Marjorie Blériot. Dès sa création, il y a bientôt dix ans, la compagnie s’est spécialisée en improvisation.

« Nous défendons cette pratique comme une discipline à part entière. L'improvisateur fait tout à la fois : comédien, metteur en scène, scénographe et auteur »
Charlotte Baheu, comédienne.

Dans la salle, les rires fusent de tous côtés. Si la séance mensuelle a pour thème la révolte par le refus et la transgression de l’ordre, les improvisateurs misent tout sur la cocasserie des situations. « Nous espérons que le public voit l'évolution d'un spectacle qui se construit sous ses yeux », confie Marjorie Blériot. Le prochain chantier est programmé mardi 16 décembre, au Cercle Paul Bert.

Avant chaque représentation, les comédiens s’entraînent au travers d’exercices. Ils en font une restitution le soir sans pour autant jouer les mêmes scènes. « L'improvisation souffre de la répétition. C'est la magie de l'éphémère », affirme Charlotte Baheu. Selon la réaction de leurs partenaires et du public, les comédiens modifient leurs choix.

« Il faut être suffisamment à l’écoute et dans le respect de l'autre pour que l'improvisation fonctionne, précise la jeune femme. Mais nous sautons sans filet, comme des voltigeurs. » Ni barrières, ni obstacles pour la Puzzle Compagnie dont les membres aiment à dire que les improvisateurs sont des insoumis.