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TransMusicales 2017 : Un samedi sous le signe du clubbing...

Célian Ramis

Dernier soir des Transmusicales au Parc Expo, ce samedi 9 décembre. Loin d’être en majorité – excepté dans la Greenroom ce soir-là – les musiciennes ont malgré tout fait danser deux halls entiers. Retour sur les concerts de Confidence Man et de Tshegue.

CONFIDENCE MAN – HALL 9 – 1H30

Le quatuor australien fait une entrée fracassante. Parce que le chanteur et la chanteuse, tous les deux vêtus d’un mini short, entament une chorégraphie synchronisée survitaminée. Mais aussi parce que les musiciens, à la batterie et au clavier, sont munis d’une burqa. On a du mal à saisir le concept.

Le groupe distille son électro-pop survolté, à la croisée des musiques de jeux vidéos à la Mario Bross et de l’univers de Gorillaz. La foule qui envahit massivement le hall 9 est conquise. Nous moins, en revanche.

Confidence Man affiche clairement son univers. Avec eux, c’est du fun, des refrains répétitifs – parfaits pour danser – et des chorégraphies dynamiques, lascives et décalées. Le show est assuré mais les rythmiques, en boucle, et les sonorités très électro nous lassent très rapidement.

Et quand le duo s’éclipse de la scène, on perd également le seul intérêt visuel auquel on se raccrochait désespérément… À leur retour, leurs tenues ont légèrement changé et le concert prend un nouveau tournant.

Pas dans les pas de danse et les attitudes mais dans les sonorités, qui se font de plus en plus électro-clubbing des années 90.

La pop sympathique du début qui se mêlait à l’esprit Gorillaz est troquée contre des influences house-techno qui nous surprennent. Parce qu’on s’attendrait à voir débouler Gunther et les Scissors Sisters pour un mash up de Ding Dong Song et Let’s have a kiki.

Et si on apprécie la perspective de ce joyeux mélange, en revanche la réalité nous laisse sceptiques. Impossible d’entrer dans la proposition qui en vient même à nous taper sévèrement sur les nerfs. C’est définitif, on quitte le hall 9.

 

TSHEGUE – HALL 8 – 2H10

On place alors tous nos espoirs dans la formation franco-congolaise, menée par la chanteuse Faty Sy Savanet, Tshegue, comme on surnomme les enfants des rues de Kinshasa, là où elle est née.

De son enfance et de son adolescence, elle puise des influences musicales variées. La rumba tout d’abord, puis le r’n’b ou le rockabilly.

Avant de s’orienter vers le punk. Et de rencontrer Nicolas Dacunha, véritable virtuose des percussions et guitares congolaises.

Le concer de Tshegue sera à la hauteur de cette promesse de diversité et d’intensité, en introduisant la proposition par un chant presque tribal, porté par la voix grave de la chanteuse qui ne mettra pas longtemps avant d’envoyer un son bien rock, mêlé à un phrasé de hip hop.

Faty Sy Savanet n’hésite pas à convoquer le punk, la techno et l’afrobeat pour soulever la foule et la mettre en transe dans une danse qui sort des tripes.

Parce que c’est aussi le principe de l’EP Survivor : faire éclater à l’extérieur ce que la chanteuse porte à l’intérieur.

Elle parle de liberté, d’expression, de minorités, de métissages et des origines. Et mêlent donc les multiples musiques de son pays natal, démontrant la pluralité des influences et le côté festif de cette musique « large » dans laquelle elle prône l’acceptation de soi.

Et c’est carton plein pour Tshegue qui fait résonner un afrobeat entrainant et puissant, qui prend au fil des chansons des airs très électro. Le hall 8 se transforme instantanément en dancefloor, sur lequel la foule se déhanche et se défoule. Ça claque.