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Travelling : Du whisky, et encore du whisky !

Célian Ramis

Quand on pense à l’Ecosse, on pense bien sûr au whisky ! Jeudi 21 février, une dégustation de whisky était proposée aux festivaliers de Travelling à l’étage du Liberté. Avec en prime, une place pour La part des anges, de Ken Loach.

Le whisky, qui signifie « eau de vie » en gaelic écossais comme on peut l’apprendre dans Whisky à gogo de Alexander Mackendrick (film de 1950 qui figure dans la programmation de Travelling Edimbourg & Glasgow, ndlr), est un breuvage très apprécié par les Ecossais. « Nous naissons dans cette boisson et nous vivons avec tous les jours. Là-bas, ce n’est pas comme en France, on ne nous dira pas que l’on a un problème avec l’alcool si on prend un verre dès le matin ! », s’amuse à expliquer Julian Hutchings, conférencier et dégustateur de Whisky indépendant.

Cet Ecossais de plus de 60 ans vit en France depuis 1971 où il crée ce statut de dégustateur indépendant dont il est, « selon l’URSSAF » toujours le seul et l’unique à l’exercer dans l’Hexagone. Même s’il est à son compte, il collabore avec Classic Malt & Food.

Le whisky et le buffet

Ce jeudi soir, plus de 80 personnes sont réunies à l’étage du Liberté, pour découvrir trois whiskies différents. Le premier un Singleton, du Nord-Est, très rond, très facile à boire, « parfait pour vous accompagner le dimanche pendant le match de rugby », que l’on goûtera après avoir savouré un rocher au chocolat noir.

On traverse ensuite le pays pour aller voir du côté de l’Ouest, là où l’on fabrique du Talisker. Ce dernier, légèrement tourbé (la tourbe est issue de la décomposition de végétaux, bruyère, herbe et mousse, qui, après quelques milliers d’années, se transforment en un combustible composé de déchets organiques), laisse entrapercevoir des notes de piment d’espelette et de poivre, « pour se requinquer après une ballade sous la pluie le dimanche en promenant le chien ». Descente au Sud-Ouest pour le dernier whisky, un Lagavulin, qui a 16 ans d’âge et 43 volumes d’alcool, à déguster avec du pain d’épice et du chèvre, « pour boire le dimanche en général ».

Le whisky et les femmes

Les participants, attentifs au début de la dégustation aux procédés de fabrication, du maltage au vieillissement en passant par le brassage et la distillation, vont se précipiter sans vergogne sur les trois breuvages et le buffet. Et les femmes ne sont pas les dernières à faire des remarques : « Y en a qui laisse du whisky ? Mais ils sont dingues ! », dit une dame venue à pied pour l’occasion, ou « Je suis arrivée trop tard pour le premier. Est-ce que je peux prendre le fond de bouteille ? », dit une autre, sans se soucier des conséquences.

Selon Julian Hutchings, les femmes sont de plus en plus nombreuses à en boire et à revendiquer des whiskies fortement tourbés : « Elles aiment souvent ceux qui sont bruts de fut, dans les 57/58 volumes d’alcool. Aussi, les femmes détectent mieux les notes olfactives car elles sont plus dans la nuance ».

Bon nombre de festivaliers se regroupent autour du dégustateur pour récolter quelques conseils pour choisir leur whisky ou pour le réduire avec de l’eau « permettant ainsi de découvrir des notes incongrues ». Mais à 20h, il est temps de quitter la salle pour aller s’installer confortablement au cinéma pour visionner la dernière œuvre de Ken Loach, La part de anges. Un film sur l’apprentissage et l’art de la dégustation du whisky par des jeunes condamnés à faire des travaux d’intérêt général qui vont utiliser le don du personnage principal (il apprend très rapidement à différencier les différentes cuvées) pour changer de vie.