YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Élections municipales : À Rennes, la parité en intelligence...

Célian Ramis

Dimanche prochain et dimanche 30 mars, citoyennes et citoyens sont appelés à élire celle ou celui qui prendra les rennes de la ville au poste de l’actuel maire, Daniel Delaveau. Le 14 mars, Le Mensuel de Rennes publiait les résultats d’un sondage Ifop, commandé par Europe Écologie les Verts, créditant la liste Changez la ville ! – EELV – Front de gauche – à 16% et laissant pressentir une triangulaire, avec le PS et la droite rennaise, au second tour. Dans le numéro 21 de YEGG, publié en janvier 2014, la rédaction se penchait sur la parité en politique et l’axe « Égalité femmes – hommes » à l’échelle locale auprès de ses trois listes.

En février 1999, sous le gouvernement Jospin, les députés votent pour le projet de loi sur la parité dans les fonctions électives (renforcée par le projet de Manuel Valls sur le scrutin binominal paritaire, adopté par le Parlement en avril 2013 pour les prochaines élections cantonales). Ainsi, les listes présentées par les partis lors des élections municipales, entre autre, se veulent paritaires, à cela près qu’elles se composent de 61 noms.

À Rennes, la candidate socialiste Nathalie Appéré se définit comme « un produit de la parité ». Et à ce titre, elle entend bien défendre et promouvoir l’égalité et la parité. « La Ville de Rennes apporte des points novateurs en tant qu’employeur, en réfléchissant à la qualité des emplois. Des points repris par la ministre aux Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem », déclare-t-elle. Sur le volet Employeur, son adversaire Bruno Chavanat, leader de l’opposition rennaise, y voit également une opportunité de bousculer les idées reçues : « En nommant par exemple au sein du conseil municipal un homme à l’Éducation et une femme à l’Urbanisme ».

Même exemple pour les co-têtes de liste Matthieu Theurier et Valérie Faucheux, représentant Europe Écologie Les Verts – Front de gauche. Cas particulier dans la capitale bretonne qui présente deux candidats – Matthieu Theurier figurant en première position. L’affiche est risquée, la confusion probable. « Être tous les deux sur l’affiche est significatif de notre engagement. Dans nos deux organisations politiques, nous portons la question féministe et organisons des réunions non mixtes pour permettre aux femmes de s’exprimer en toute liberté », explique Valérie Faucheux.

Les trois listes, qui depuis ont été rejointes par 6 autres dans la campagne, ont chacune leur cheval de bataille, même si elles s’accordent sur leur volonté d’inscrire la Ville de Rennes en tant qu’employeur exemplaire au niveau de la parité. « La municipalité a déjà fait beaucoup mais ne va pas assez loin pour nous », précise Matthieu Theurier.

L’union EELV – Front de gauche souhaite alors renforcer les dispositifs existants en sensibilisant les comités de quartier à la parité mais aussi en soutenant davantage le Pass contraception (Conseil général) et en investissant les rues de Rennes. « Ce n’est pas parce que nous sommes au sein d’une institution que nous ne sommes plus militants. Cela passe aussi par les noms de rue, comme l’a souligné le collectif La Brique », poursuit le candidat écologiste. Pour celui de la droite et du centre, il y a un pas décisif à franchir en matière d’emploi pour les femmes. « Quand on se heurte à l’insuffisance des gardes des enfants, cela pèse sur la reprise du travail des mères », explique Bruno Chavanat.

Pour pallier ce problème, il est nécessaire de doubler le nombre de places de garde et de maisons pour les assistantes maternelles, avec une puéricultrice à la tête de la structure. « Et il faut aussi organiser une consultation générale sur la question des rythmes éducatifs qui ne facilitent pas les empois du temps des femmes », ajoute-t-il. De son côté, la socialiste Nathalie Appéré propose un renforcement des dispositifs existants dans la lutte contre les violences faites aux femmes « avec un soutien aux associations, aux structures et en promouvant l’égalité ».