YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Décembre 2016

Coup de cœur

La poésie n'est pas l'apanage des hommes

C’est la thèse défendue par Jean-Yves Clément, éditeur pour la maison Cherche midi, qui a chargé Françoise Chandernagor de constituer une anthologie de la poésie féminine, autour du thème de l’amour. Dans l’avant-propos, la romancière, membre de l’Académie Goncourt, explique qu’elle a d’abord décliné la proposition. Doutant qu’il existe une poésie féminine « différente, dans son essence et dans ses formes, de la poésie masculine… ».

Pensant également que rares sont les femmes poètes en France. Par curiosité, elle feuillette d’anciens livres de classe et constate le manque d’information et le mépris envers les femmes. L’histoire de l’Histoire écrite par et pour les hommes. Finalement, l’anthologie Quand les femmes parlent d’amour est publiée en octobre 2016 et dévoile le talent de pas moins de 35 poétesses nées entre 630 avant Jésus Christ et 1937. Certaines ont produit grande quantité de poèmes, d’autres non. Des textes, aussi, ont été perdus.

Quoi qu’il en soit, on aime découvrir la plume passionnée d’une anonyme du XIIIe siècle, la plume sensuelle de Sappho, la plume lyrique de Anne de la Vigne ou encore la plume sensible d’Andrée Chedid. Les auteures parlent d’amour tantôt avec espoir, désillusion et sacrifice, tantôt avec enthousiasme, lucidité et cynisme. Sans oublier la relation à la sexualité, entre un homme et une femme ou entre deux femmes.

Coup de gueule

La connerie, cette maladie incurable

Des affiches « contraires aux bonnes mœurs et à la moralité » et « portent atteinte à la dignité au risque de heurter la sensibilité de l’enfance et de la jeunesse ». Il est sérieux Bruno Beschizza, maire LR d’Aulnay-sous-Bois ? Plus que convaincu de sa connerie, il a pris un arrêté autorisant le retrait de la campagne, lancée par Marisol Touraine, ministère des Affaires sociales et de la Santé, sur la prévention contre le Sida.

Pourquoi ? Parce que les affiches montrent des couples homosexuels qui s’aiment, s’attirent et se désirent, pour une heure, une nuit, un jour, une semaine, un an ou une vie. Environ 10 villes se sont alignées sur cette bêtise néfaste, à l’instar d’Angers qui a choisi de retirer les images aux abords des écoles et sur les parcours des bus scolaires. Après la polémique autour de la campagne anti-migrants de Robert Ménard, c’est l’homosexualité qui choque maintenant. Personne, pourtant, ne s’indigne des publicités sexistes à outrance !

On nage en pleine folie ! Les plaintes s’accumulent et les gens se demandent ce qu’ils diront à leurs enfants si ces derniers posent des questions face à ces affiches ? On marche sur la tête… La crainte devrait être celle de la réponse à fournir si son enfant venait à s’interroger sur le pourquoi du retrait ! Dénonçant la censure, la ministre a annoncé le 22 novembre dernier saisir la justice « pour la santé publique et contre l’homophobie ».