YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Décembre 2019

Coup de cœur

Un rapport poétique et féministe "aux oubliées"

Début décembre, une initiative attire notre attention. Son nom est prometteur. « Aux oubliées ». L’idée : envoyer un livre, en y apposant un petit mot sur la première page, à une femme détenue en France. Il y a un an, Maria Rufilanchas lance le projet en Espagne. Immense succès. Laure Gomez-Montoya, Debora Kahn-Sriber et Karine Vincent décident de concrétiser cette démarche solidaire et féministe dans l’Hexagone.

Sur leur site, on lit : « Quel livre, offririez-vous à une femme en prison ? C’est par cette question que commence l’aventure de collecte de livres avec message pour faire oublier leur réalité aux femmes incarcérées, le temps d’une lecture, mais également pour générer une réflexion et un débat autour d’un collectif de personnes oubliées de la société : les femmes détenues. »

Intégrées à des quartiers pour femmes dans des prisons d’hommes, elles sont souvent isolées et éloignées des activités proposées. La seule prison pour femmes, elle est ici, à Rennes. Alors le trio, engagé pour l’émancipation des femmes, souhaite créer du lien, une respiration, et partager des livres qu’elles voient comme « un baume pour l’âme ».

Dans le choix du bouquin, tout est permis, sauf de ne pas écrire un mot. La première collecte a commencé et sera distribuée le 9 mars 2020 à Fleury-Merogis. On aime le projet, alors on laisse vagabonder notre esprit sur les étagères de notre bibliothèque pour savoir ce que l’on va envoyer « Aux oubliées » (Karine Vincent - L’iconoclaste - c/o Aux oubliées - 26 rue Jacob - 75006 Paris) !

Coup de gueule

Bistrots et cafés-concerts rennais : le maintien de l’écosystème musical

Aux abords des vacances de décembre, un coup de gueule retentit sur les réseaux sociaux. Ça concerne Rennes, sa gentrification et sa politique culturelle. Organisateur.rice.s de concerts amateurs, musicien.ne.s et spectateur.rice.s s’indignent face à la menace planante de l’effondrement de « l’écosystème musical » rennais.

Ielles dénoncent : « Quand Rennes brandit la démocratie culturelle et se gargarise d’être une « ville-rock » pour faire joli dans ses dépliants destinés aux parisien.ne.s, en réalité, elle entreprend un travail méthodique de destruction culturelle et de muséification de son centre-ville. »

Les bistrots et les cafés-concerts seraient de plus en plus régulièrement la cible de fermetures administratives pour soi-disant nuisances sonores (début décembre, le café librairie Le Papier Timbré a subi une fermeture de 16 jours, avant que le recours devant le tribunal administratif ne lui permette de rouvrir ses portes, ndlr) ou mises aux normes de plus en plus strictes.

Le texte rappelle avec force et justesse que « pour avoir une scène musicale vivante, il faut disposer de tout le panel : de la salle à grande capacité jusqu’à l’arrière-salle de bistrot en passant par la salle intermédiaire. » Sinon ça met en péril la possibilité de découvrir des talents (notamment les femmes qui sont moins programmées sur les grandes scènes) et l’accès à la culture... On soutient cet appel qui amène à se battre pour conserver ce bouillonnement artistique que l’on aime tant à Rennes.