YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Juillet-Août 2018

Coup de cœur

#ObjectifBikini FermeTaGueule : on adhère, évidemment !

Ce hashtag, lancé en mai dernier par l’humoriste et comédienne Laura Calu, a connu une véritable explosion virale. Ce n’est pas une nouveauté mais on s’en fiche. Au diable l’avarice, on aime se régaler des bonnes choses.

Et sa vidéo en fait partie, au même titre que celle de Sara Forestier qui s’insurge contre l’injonction à « être belle » et donc pas naturelle (« Stupéfiant », France 2, le 7 novembre 2017).

« Il a quoi ton corps ? Il est pas parfait ?! Tu m’en diras tant… Attends je fais l’effort de comprendre mais du coup alors c’est quoi être parfait ? Non parce que si c’est ressembler à une page de magazine ou à un morceau de papier glacé, effectivement, laisse moi te dire que c’est impossible (…) Ouais, il a peut-être craqué, il s’est élargi, il est peut-être trop fin, trop large, trop petit, trop rond, il est comme il est quoi, on s’en fout en fait… Mais il est surtout trop trop bien ton corps ! Il te permet de vivre ! Rien que par respect, kiffe-le un peu ! », scande-t-elle dans sa vidéo.

Le « Body positive », plutôt que le « Body shaming », ça, on kiffe sans complexe. Parce qu’y en a marre de se torturer l’esprit et surtout le corps avec cette putain d’injonction à être mince. À être en concurrence avec les mannequins photoshopées (sans la mention obligatoire de l’utilisation du logiciel…) ou sous-alimentées présentées dans les médias. La tablette de Toblerone, nous, on ne la met pas entre nos cuisses mais dans notre gosier et tant pis si notre cellulite et nos vergetures troublent la vue paradisiaque des vacanciers cet été. Franchement. 

Coup de gueule

Grande cause du quinquennat, mon cul !

Pas de suspens, la grande cause du quinquennat est bien celle de l’égalité des sexes ! Le Président de la République le dit, le Premier ministre confirme et la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes est omniprésente. Autre preuve : l’appel à projets d’un million d’euros lancé au premier trimestre pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Pas de raison de douter de la sincérité macronienne. Sauf quand on connaît la situation des associations féministes déjà existantes. Comme celle de l’Association européenne contre les Violences Faites aux Femmes au travail (AVFT), experte dans ce domaine depuis 33 ans et qui n’a pas vu sa subvention augmenter depuis 14 ans, comme nous le disait la juriste de l’association Laure Ignace, en mars dernier.

Pendant près de 5 mois, la structure, qui écoute, conseille et accompagne les femmes victimes de violences, a dû fermer son accueil téléphonique en raison du grand nombre d’appels, survenus à la suite de l’affaire Weinstein, pour pouvoir traiter efficacement les dossiers en cours.

Au lieu d’aider et de renforcer les moyens humains et financiers, indispensables au travail colossal effectué, Marlène Schiappa ouvre la porte à la mise en concurrence des associations féministes, ce que dénoncent près d’une vingtaine de structures comme le Planning Familial, OLF! ou encore Attac. Sans oublier de mentionner que les projets devront se réaliser avant 2019, sans aucune garantie de pérennité. Ça sent (comme toujours) la simple opération de comm’, sous couvert de lutte pour l’égalité. Répugnant.