YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Juin 2018

Coup de cœur

Un défi au poil !

La barbe de 3 jours sur les jambes, sous les aisselles ou au niveau du maillot, non merci. Pas envie de piquer au toucher, pas envie de ressembler à une hippie, pas envie de porter des pantalons tout l’été… Le poil ne figure pas dans la liste de ce qui rend une femme féminine.

En revanche, s’arracher la peau à coup de rasoir, crier de douleur à coup d’arracheur de poils ou encore attendre des heures chez l’esthéticienne pour souffrir à coup de bandes de cire, ça, c’est ok. Pas de pitié pour la toison, la réaction à sa vue est épidermique ! Pourquoi ? Parce qu’elle symbolise la virilité.

Déconstruire cette idée n’est pas mission impossible mais relève d’un processus long et acharné qui vient confronter les stéréotypes du masculin et du féminin ainsi que l’image de beauté véhiculée dans les médias, les publicités, les films, les dessins, etc. Ainsi, le média québécois pro-intersectionnel Refus global now et la communauté Maipoils ont lancé, tout au long du mois de mai, le défi Maipoils 2018 auquel étaient invité-e-s, via les réseaux sociaux, femmes, hommes et personnes non-binaires.

« On vous invite à économiser ce temps (sans dépilation) pour réfléchir à la cause féministe, aimer votre corps tel qu'il est et contribuer à l'éradication des doubles standards, peu importe ce que vous ferez ensuite en dehors du mois de mai. », peut-on lire sur l’événement Facebook. Une excellente occasion de réfléchir à la signification du poil, au geste de l’épilation, aux assignations genrées imposées par la société et de questionner le rapport à nos corps, à travers notre regard et celui des autres. 

Coup de gueule

Recrudescence d'actes homophobes, encore et encore...

139 agressions physiques signalées en 2017, soit 18 de plus qu’en 2016. 1 650 témoignages d’actes LGBTphobes recueillis, soit une recrudescence de 4,8% par rapport à l’année précédente. Une explosion de 154% des cas de biphobie… Voilà ce qu’indique, entre autre, le rapport 2018 de SOS Homophobie, association nationale de lutte contre les LGBTphobies, en constante augmentation depuis plusieurs années.

La parole des victimes se libère face à « la persistance d’un discours public LGBTphobe, nourri par des organisations conservatrices et leurs relais dans le contexte électoral de l’année 2017. Les campagnes législative et présidentielle en 2017 ont, en effet, été l’occasion pour certain-e-s candidat-e-s d’affirmer des programmes politiques LGBTphobes, comme la remise en cause de la Loi Taubira. »

Dans l’espace public, au travail, dans le milieu scolaire – « pédé » reste l’insulte n°1 des cours de récréation -, sur Internet ou dans le voisinage, les violences s’exercent partout, tout le temps. Si le rapport souligne que les témoignages de lesbophobie diminuent de 14%, on voit tout de même que le débat autour de la PMA pour tou-te-s, lancé en début d’année à l’occasion des États généraux de la bioéthique – dont la synthèse du Comité consultatif national d’éthique sera rendue début juin – n’est pas sans agitation autour de la conception d’un enfant au sein d’un couple lesbien et pour les personnes transgenre. Ça dérange. Ce n’est pas naturel. En 2018. Peut-on comprendre pourquoi ? Non, c’est impossible.