YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Mars 2017

Coup de cœur

Définitions et dessins, abreuvoirs de connaissances féministes

« Face à un terme qui n’a pas bonne réputation, une poignée de bons mots vaut souvent mieux qu’un statu quo que l’on croit douillet. À rebours de l’irritant « je ne suis pas féministe, mais… », on n’invoquera jamais trop de raisons d’exiger l’égalité. » C’est ainsi que la journaliste Clarence Edgar-Rosa (Causette, ELLE, blog pouletrotique.com…) introduit son ouvrage Les gros mots – abécédaire joyeusement moderne du féminisme, publié aux éditions Hugo Doc en octobre 2016.

Que l’on soit déjà bien initié-e-s ou non aux théories féministes, à l’intersectionnalité, aux combats LGBTI+, aux différentes vagues et courants du féminisme, peu importe, ce bouquin est de première nécessité pour tou-te-s ! Un guide ou un rappel, il est bon de se plonger dans la multitude de définitions proposées pour comprendre les tenants et aboutissants de la lutte pour l’égalité des sexes mais aussi de pouvoir s’armer d’arguments clairs, d’exemples et de références.

Et on aura d’autant plus d’aplomb en complétant cette lecture par celle du fantastique petit illustré Le féminisme, d’Anne-Charlotte Husson, doctorante en sciences du langage et animatrice du blog « Genre ! », et Thomas Mathieu, dessinateur du Projet Crocodiles, édité aux éditions du Lombard, en octobre 2016 également. Des abreuvoirs de connaissances particulièrement accessibles qui font du bien, démontrant que le féminisme n’a rien d’effrayant mais de fondamentalement essentiel.

Coup de gueule

Les men tears, ça suffit !

La non mixité est controversée et ne plait pas à tout le monde, mettant en lumière l'idée d'exclure une ou plusieurs personnes d'un groupe. Ici en raison de son appartenance au sexe ou au genre masculin. Les défenseuses de la non mixité insistent quant à elles sur la nécessité de se retrouver entre femmes, cis et trans, afin de partager des expériences mais aussi des solutions et éventuellement envisager des actions ensemble. Sans qu'un ou plusieurs hommes ne s'interposent ou prennent l'espace.

Pour ou contre la non mixité, là n'est pas la question finalement ici. Mais on remarque qu'en général, dans les conversations concernant les inégalités entre les femmes et les hommes, ces derniers ne peuvent s'empêcher d'intervenir pour expliquer aux femmes que certes, elles sont peut-être défavorisées par rapport à eux mais il ne faudrait pas les oublier pour autant car eux aussi souffrent pour telle ou telle raison. Et finissent par en conclure que les féministes, bah, elles sont contre les hommes.

Pourquoi ne peut-on jamais en mixité aborder la question des difficultés vécues par les femmes sans le sempiternel refrain de Men tears (définition à chercher et à lire dans le livre de Clarence Edgard-Rosa - lire le coup de coeur) ? Vous ne nous croyez pas ? On exagère ? Prêtez oreilles attentives et ouvrez l'oeil durant les conférences organisées jusqu'au 19 mars, dans le cadre du programme du 8 mars... Vous êtes prévenu-e-s !