YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Mars 2018

Coup de cœur

39 - 45 : ne pas oublier les lesbiennes !

Rendre visible les parcours des femmes qui ont aimé des femmes, cis ou trans, durant la Seconde Guerre Mondiale, telle est la brillante idée de Queer code qui croise les travaux d’activistes féministes, d’associations LGBTI, d’artistes, de performeuses, d’historiennes et de sociologues. Rolande Trempé, Andrée Dubos-Larouquette, Suzy Solidor, Violette Morris, Mary Punjer, Henny Schermann…

Résistantes, collabos ou déportées, leurs noms figurent sur le site qui regorge de références à des ouvrages historiques, articles, films, livres, bds, documentaires ou encore pièces de théâtre. Des sources méconnues du grand public et pourtant essentielles à la mémoire et la compréhension de l’Histoire.

En parallèle, Queer code développe un autre site, toujours basé sur un projet européen, collaboratif et féministe, intitulé Constellations Brisées, dans l’optique de retracer les itinéraires des femmes lesbiennes déportées et persécutées, quelles que soient leurs nationalités.

Ainsi, la première carte présente Thérèse Pierre, enseignante à Vitré, Redon, Fougères ou encore Carhaix, là où elle s’engage dans la Résistance, avant d’être incarcérée en 1943 à la prison Jacques Cartier, à Rennes, et torturée par la Gestapo jusqu’à sa mort la même année. L’équipe de Queer code, en relation avec des militant-e-s rennais-es, devrait se rendre dans la capitale bretonne mi-avril pour une rencontre et un atelier. Nous attendons l’événement – dont le lieu n’a pas encore été trouvé fin février - avec impatience !  

Coup de gueule

Quand va-t-on cesser de minimiser la parole des femmes ?

Après les nombreuses débâcles de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron serrait fort les fesses pour que ses ministres soient irréprochables. Pas de bol (ou coup de bol…), un mois plus tard, une enquête préliminaire vise les élu-e-s Modem, dont François Bayrou et Marielle de Sarnez. Hop, ça dégage !

Même pas un an plus tard, le passé vient rattraper plusieurs ministres. Début 2018, le cas Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, est expédié aux oubliettes. Les expert-e-s témoignent : oui c’est un « queutard », tout le monde le sait, mais cette histoire est vieille (rappelons que l’affaire n’a pas été jugée mais que les faits étaient prescrits au moment de la plainte) et cela affecte sa jolie petite famille.

Quelques jours plus tard, le gouvernement et le Premier ministre expriment dans la presse tout leur soutien à Gérald Darmanin, ministre des Actions et des Comptes publics, accusé par deux femmes d’abus de faiblesse pour obtenir des faveurs sexuelles. Mi-février, le président de la République, à ce propos, met en garde contre « une forme de République du soupçon ». Le débat, stérile, est occupé par les hommes (coucou Denis Olivennes, Mathias Cichportich et Hugo Clément dans l’émission « On n’est pas couché » du 17 février).

La parole de ces femmes ne vaut donc rien ? Il n’existe que des femmes vénales, avides de pouvoir et hystériques ? Ah non, il existe aussi des militantes féministes, comme Marion Seclin ou Caroline de Haas qui font l’actualité au moment où nous écrivons ces lignes, qui dénoncent ces actes et mécanismes et qui sont alors insultées et menacées de mort, de viol, ou encore incitées au suicide. Franchement, MERDE !