YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Novembre 2016

Coup de cœur

S'identifier aux femmes du passé

De août à octobre, les éditions Steinkis ont fait ressurgir trois femmes essentielles, comme tant d’autres, au XXe siècle. Trois romans graphiques honorent et rendent hommage à Anna Politkovskaïa, journaliste russe assassinée en 2006 (Anna Politkovskaïa journaliste dissente, de Francesco Matteuzzi et Elisabetta Benfatto), Amélia Earhart, première aviatrice à traverser l’Atlantique en 1928 et 1932 (Amelia – Première dame du ciel, de Arnü West), et Anne Corre, adolescente résistante en Bretagne lors de la Seconde guerre mondiale (La fille au carnet pourpre de Roger Faligot et Alain Robet).

Elles n’ont pas vécu les mêmes époques et n’ont pas évolué dans les mêmes environnements. Elles n’ont pas les mêmes traits de personnalité et leurs réactions divergent face aux événements à affronter. Elles vont toutes les trois marquer l’Histoire en s’accomplissant dans l’entreprise de leur destin tragique. Mais comme bon nombre de femmes, on ne retient pas, ou peu, leurs noms et leurs actions. Elles sont ici réhabilitées, à juste titre. Les trois publications illustrées sont singulières, dans leur traitement de l’histoire et dans leur graphisme.

Chacune dégage une force communicative, une envie de lutte et un besoin d’épanouissement personnel et professionnel. D’où l’importance de ne pas effacer de l’Histoire les femmes du passé, permettant aux femmes d’aujourd’hui de pouvoir opérer un processus d’identification afin de s’affranchir et de s’émanciper de toutes les assignations genrées.

Coup de gueule

Les droits des femmes bafouées dès le plus jeune âge

Plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leur 18e anniversaire. Parmi elles, une femme sur trois l’a été avant ses 15 ans. Chaque année, 2,5 millions de filles de moins de 16 ans donnent naissance à un enfant. Environ 70 000 adolescentes meurent tous les ans des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Chez les filles âgées de 15 à 19 ans, ce serait la deuxième cause de mortalité, après le suicide.

C’est ce que révèle l’enquête « Every last girl » réalisée par l’ONG britannique Save the children et publiée le 11 octobre dernier à l’occasion de la Journée internationale des droits des filles. L’étude prend en compte des critères de santé, d’éducation et de parité dans les instances politiques dans 144 pays et répertorie ces derniers au sein d’un classement. Sans surprise, les pays d’Europe du nord – Suède, Finlande, Norvège - se positionnent en tête de liste. La France se place à la 18e position seulement, bien après l’Italie (10e), la Suisse (9e) ou encore le Portugal (8e).

Pourquoi ? Parce que le Parlement affiche une nette absence de parité. Si l’enquête démontre que le changement est possible et que des actions naissent pour une meilleure éducation vers l’égalité des sexes, les chiffres sont effarants et prouvent que le combat est loin d’être terminé. Pour l’émancipation des femmes de demain, il est primordial de ne rien lâcher.