La fille du train - Tate Taylor

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Malgré quelques longueurs, le film n’en demeure pas moins un drame haletant qui met en relief les caractéristiques profondes et douloureuses d’une héroïne ténébreuse.
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Rachel prend chaque jour le même train et passe chaque jour devant la même maison où vit un couple. Dévastée pas son divorce, Rachel est alcoolique et voit en ce couple qu’elle observe un fantasme de vie parfaite jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle mêlée à un angoissant mystère.

Adaptation du roman éponyme et best-seller de Paula Hawkins, La fille du train est un très bon thriller énigmatique dans la veine de Gone Girl. Sans pour autant être aussi convaincant, le récit, une fois lancé, développe une intrigue captivante de bout en bout avec son lot de séquences marquantes.

Disparition d’une femme, fissures conjugales du couple bourgeois de banlieue et mise à feu méthodique des mensonges et faux-semblants. L’œuvre est bourrée de potentiel mais le thriller psychologique se prend un peu les pieds dans le tapis.

N’entravant en rien l’interprétation époustouflante d’Émily Blunt, qui rongée par la culpabilité est estropiée par une vie malheureuse et une vison fragmentaire du drame qui s’abat sur elle. Malgré quelques longueurs et une fin en queue de poisson quoique fidèle au livre, le film n’en demeure pas moins un drame haletant qui met en relief les caractéristiques profondes et douloureuses d’une héroïne ténébreuse.

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Paris - Gilles Bannier & Virginie Brac

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Un joli focus sur des anonymes ou non parisien-ne-s qui n’a pas la prétention de représenter toute la diversité française et qui met bien le doigt sur les hasards du quotidien.
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La série créée par Virginie Brac – Engrenages, Les beaux mecs – et réalisée par Gilles Bannier – mêmes références – pour Arte en janvier 2015 était rediffusée durant la nuit de la Saint Sylvestre. L’occasion de (re)découvrir les 6 épisodes qui rythment son unique saison, amenant les téléspectatrices/teurs au cœur de la capitale française pendant 24h.

Un procureur de la République à l’équilibre matrimonial fragile lié d’amitié avec un Premier ministre en mauvaise posture face à une dame de fer syndicaliste de la RATP, qui s’avère être la mère d’une femme trans chanteuse dans un club qui abrite des règlements de compte entre mafieux Paris offre une plongée dans la vie d’une dizaine de personnages qui n’ont a priori rien en commun et qui pourtant vont se côtoyer ou simplement se croiser, de près ou de loin.

Inspirée du documentaire allemand 24h Berlin, en 2008, observant le quotidien d’une vingtaine de Berlinois-es, la série chorale, qui n’est pas sans rappeler la verve de Pigalle la nuit, est bien rythmée et l’intrigue, bien ficelée, nous tient en haleine tout au long des épisodes, allant même jusqu’à nous frustrer de ne pas avoir creuser l’idée au cours d’une saison supplémentaire.

Un joli focus sur des anonymes ou non parisien-ne-s qui n’a pas la prétention de représenter toute la diversité française et qui met bien le doigt sur les hasards du quotidien.

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Irréprochable - Sébastien Marnier

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La galerie des personnages de province est d’une finesse Chabrolienne mais c’est Marina Foïs qui, sans demi mesure, incarne à merveille cette femme si aigre et glaciale.
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Constance, agent immobilier à Paris, a perdu son emploi il y a peu. Au RSA, elle revient dans sa région natale en Charente Maritime où elle a commencé sa carrière afin de postuler dans son ancienne agence. Pour cela elle demande de l’aide à Philippe, ancien collègue et ancien amant.

Malgré son approche intéressée et pas vraiment subtile, le directeur d’agence, Alain, préfère embaucher Audrey, une jeune femme, qui accepte d’être moins payée. Dès lors, Constance se met en quête de suivre Audrey, de s’approcher d’elle et de devenir son amie. Prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne, elle s’immisce brusquement dans la vie d’Audrey.

Un premier film qui décline un titre d’un contre-sens absolu. Constance est une femme envahissante, instable et malintentionnée. L’héroïne, bousculée par la vie, devient la meilleure amie et la pire ennemie de sa rivale qui lui a volé sa place à l’agence immobilière. Constance n’a que peu de limite et se donne les moyens de ses ambitions.

Le scénario qui développe l’histoire d’une victime sociale se transforme en thriller psychologique ayant pour personnage principal une femme dangereuse et incontrôlable. La galerie des personnages de province est d’une finesse Chabrolienne mais c’est Marina Foïs qui, sans demi mesure, incarne à merveille cette femme si aigre et glaciale.

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Paulina - Santiago Mitre

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Le film est sobre et profondément réaliste. L’intensité du jeu de Dolores Fonzi accorde au film ce sentiment d’ambiguïté et de force brute. Ce remake du film éponyme de 1960 conserve sa réflexion autour du viol toujours aussi d’actualité.
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Paulina est une jeune femme argentine qui décide de renoncer à une brillante carrière d’avocate. Résolue à changer de vie et à participer à un projet qui lui tient à cœur, elle s’engage à enseigner à des adolescents défavorisés dans un village de campagne. Son père qui est juge ne voit pas d’un très bon œil ce changement de cap professionnel.

Confronté à un environnement hostile, elle s’accroche et vit son idéal politique en menant à bien sa mission. Un soir, en rentrant chez elle en mobylette, elle se fera agressée par une bande de jeunes hommes. Elle se fera violée. Déboussolée et désarmée elle porte plainte et se fait soigner. Quelques temps après elle apprendra qu’elle est enceinte.

Au plus grand désarroi de son père et de son petit ami elle décide de le garder. Elle confiera à ce dernier connaître ses agresseurs dont certains sont de ses élèves. Son père qui jusque là s’était tenu à l’écart des procédures juridiques décide de prendre en main l’affaire et faire marcher ses connaissances dans le secteur afin que les coupables soient arrêtés et jugés. Malgré tout Paulina qui s’entête dans sa démarche va tâcher de rester fidèle à son idéal social jusqu’à ne pas reconnaître les coupables.

Le film est sobre et profondément réaliste. L’intensité du jeu de l’actrice Dolores Fonzi accorde au film ce sentiment d’ambiguïté et de force brute. Ce remake du film éponyme de 1960 conserve sa réflexion autour du viol toujours aussi d’actualité mais revisité pour l’époque.

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L'idéal - Frédéric Beigbeder

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L’auteur qui avait pris le parti de dénoncer les servitudes et contradictions immorales de la mode va tourner une fin de repenti à peine envisageable. Un pied de nez à ce pouvoir tout puissant et néfaste auquel on a bien du mal à croire.
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Chargé de dénicher les futurs mannequins stars des grandes marques de la mode, Octave Parango est un ténor dans le monde des « scout ». Il vit entre l’Europe et la Russie où sa vie tourne autour du culte des dimensions parfaites. Suite à un scandale lié à une sextape mêlant sexe et nazisme, la marque « L’Idéal » doit se trouver de toute urgence une nouvelle égérie.

Voilà la mission qu’Octave se voit attribuer. Il devra faire équipe avec la très autoritaire directrice visuelle de la marque. Afin de mener à bien leur tâche, les deux acolytes partent pour la Russie en vue de découvrir la jeune fille sublime et mineure qui incarnera la marque d’envergure mondiale.

Entre pétages de plombs et missionnaires d’un néo fascisme mondiale tournés entièrement vers la supériorité et l’idolâtrie de la beauté du corps, nos deux personnages sont forcés de pénétrer les rouages ténébreux d’un système broyeur de conscience. Drogues, alcool et femmes plantureuses sont le décor du second film de Frédéric Beigbeder. Décimée aux quatre coins de la Russie postcommuniste, la personnalité de notre antihéros va s’effilocher et peu à peu perdre de sa froideur pour finalement découvrir qu’il a une fille et qu’elle se trouve être le graal tant recherché.

De là, l’auteur qui avait pourtant pris le parti de dénoncer les servitudes et contradictions immorales du monde de la beauté et de la mode, va tourner une fin de repenti à peine envisageable. Un pied de nez à ce pouvoir tout puissant et néfaste auquel on a bien du mal à croire.

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Elle - Paul Verhoeven

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Entre angoisse, bestialité des viols à multiples reprises et self contrôle de la victime, l’auteur nous laisse nager en eaux troubles afin de nous faire vivre un moment d’émotions sans ambigüité et parasitage.
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Femme d’affaire invulnérable et cheffe d’entreprise respectée d’une entreprise de jeux vidéos, Michèle Leblanc est une cinquantenaire au très fort caractère. Contrôlant d’une main de fer sa vie sentimentale, elle est un jour victime d’une violente agression sexuelle dans sa propriété. Michèle qui traîne un lourd passé, garde pour elle cet événement qui bouscule sa vie.

Pas question d’aller voir la police et remuer les vieux démons du drame familial. Ayant d’habitude l’ascendant sur ses congénères, Michèle perd le contrôle et sombre peu à peu dans la paranoïa. Incapable d’assumer son statut de victime elle va tenter de débusquer son agresseur afin de le manipuler. Un jeu qui peut à tout instant dégénérer.

Paul Verhoeven signe un film aussi déconcertant que revigorant. Isabelle Hupert, qui incarne cette femme redoutable, colle assez bien à ce rôle, entre perversité et innocence comme elle a déjà pu l’interpréter à de nombreuses reprises. Si le caractère malsain du film prédomine dans un premier temps, il s’estompe à la découverte d’une galerie de personnages aussi intrigante que distrayante. Une œuvre dans laquelle gravitent de nombreux acteurs tous connectés au rôle principale d’Isabelle Hupert.

Entre angoisse, bestialité des viols à multiples reprises et self contrôle de la victime, l’auteur nous laisse nager en eaux troubles afin de nous faire vivre un moment d’émotions sans ambigüité et parasitage. Un film témoin de la vivacité du cinéma et des heureuses prises de risques que peuvent encore prendre les auteurs.

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Eperdument - Pierre Godeau

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Pierre Godeau sait mettre en scène l’homme aveuglé par l’amour et tiraillé entre la raison et la passion. Le réalisateur s'attèle à créer un couple de cinéma. Un couple parfaitement interprété par Adèle Exarchopoulos et Guillaume Gallienne.
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Jean est le directeur de la prison pour femmes de Versailles. Lorsqu’Anna, une jeune femme de 23 ans, est incarcérée, il tombe immédiatement sous son charme. Ne pensant plus qu’à elle il va d’abord essayer de l’aider en lui confiant la gestion d’un programme informatique.

Peu à peu, une complicité s’installe entre Jean et Anna et se transforme en liaison. Jean, obsédé par cette jeune femme, fait tout pour passer le plus de temps possible avec elle et lui obtient de nombreux avantages. Alors que les détenues commencent à se douter de quelque chose, la jeune Anna, consciente du dérapage, devient quelque peu manipulatrice.

Pourtant pour ces amants que tout sépare la relation devient passionnelle et torride jusqu’à mettre en danger le directeur de la prison risquant sa carrière et sa vie de famille. Adaptation du roman Défense d'aimer de Florent Goncalvès, Éperdument raconte l’abandon des règles et le glissement de l’autre côté de la loi.

Pierre Godeau sait mettre en scène l’homme aveuglé par l’amour et tiraillé entre la raison et la passion. Laissant sous silence la vraie raison de l’incarcération de la jeune femme, le réalisateur préfère s’atteler à créer un couple de cinéma. Un couple parfaitement interprété par les deux acteurs, Adèle Exarchopoulos et Guillaume Gallienne.

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21 nuits avec Pattie - Arnaud et Jean-Marie Larrieu

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Le film balance entre la chair et le corps. Le naturalisme rural contraste avec le surnaturel qui prend place au fil de l’histoire. Un film solaire et romanesque qui plaît au spectateur qui aimera se projeter dans ce décor estival.
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Caroline, mère de famille d’une quarantaine d’années, débarque en plein été dans un petit village occitan du sud de la France. Elle doit organiser les funérailles de sa mère qu’elle ne voyait plus guère récemment disparue. Elle découvre toute une petite vie autour de la grande maison de sa mère mais elle va surtout rencontrer Pattie.

Femme de ménage et surtout grande amie de sa mère défunte, Pattie se plait à raconter crûment ses multiples aventures amoureuses et sexuelles avec les hommes du coin. Alors que le village et ses habitants se préparent au bal du 15 août, le corps de sa mère disparaît. De quoi bouleverser Caroline qui, contrainte de rester, est amenée à rencontrer un échantillon de la population.

Les frères Larrieu posent un climat quasi fantastique autour de cette étrange disparition de corps. Mais c’est aussi pour mener la protagoniste à se questionner sur ses propres désirs et sa vie sentimentale. Du mystère se déploie toute une galerie de personnages drôles et fantasques très caractéristiques des frères Larrieu.

Le film balance entre la chair et le corps. Le naturalisme rural contraste avec le surnaturel qui prend place au fil de l’histoire. Dans la vallée où grondent les orages de l’été, Caroline gagne en sérénité et ose affronter les paradoxes de la vie. Un film solaire et romanesque qui plaît au spectateur qui aimera se projeter dans ce décor estival.

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Joy - David O. Russell

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Une comédie légèrement zinzin et inspirée d’une histoire vraie qui livre une épatante déclaration d’amour à la féminité toute puissante.
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Joy est une mère de famille divorcée qui cohabite avec sa mère accro aux soap opéra, un ex mari qui squatte le sous-sol et un père par intermittence entre ses relations sentimentales. Si petite sa grand-mère lui promettait une vie heureuse et pleine de réussite, celle-ci n’en a pas vraiment pris le chemin.

Motivée par une force intérieure et une foi en sa créativité, Joy Mangano fabrique un produit dont elle est persuadée que les femmes américaines ne pourront plus se passer. Grâce à l’aide financière de la nouvelle compagne de son père elle crée une serpillère étonnante et novatrice.

Lancée dans les affaires, Joy va vite se rendre compte que ce milieu est un monde de requins peuplés de gens sans scrupules. Elle devra se battre face aux pontes du télé-achat et aux fabricants qui n’hésitent pas à voler les idées. Cette fois-ci encore David O. Russell fait de Jennifer Lawrence sa muse cinématographique. Il lui offre un rôle sur mesure qui la place au cœur d’une histoire forte et inspirante. Au-delà de la femme d’exception filmée au cœur d’une vie trépidante qui la mènera à diriger un empire colossal, Joy décrit le parcours d’une femme à la volonté hors norme et farouchement décidée à réussir.

On reconnaît bien la patte de l’auteur dans la mise en scène, accordant aux dialogues une vivacité narrative et une qualité d’interprétation ayant fait jusqu’ici de Jennifer Lawrence une comédienne oscarisée. Une comédie légèrement zinzin et inspirée d’une histoire vraie qui livre une épatante déclaration d’amour à la féminité toute puissante.

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La route d'Istanbul - Rachid Bouchareb

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Un sujet d’actualité très exploité par le cinéma mais qui cette fois-ci l’aborde à travers le portrait passionnant d’un femme anéantie par une problématique qui lui échappe.
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Élisabeth est une infirmière quadragénaire qui élève seule sa fille de 18 ans Élodie. Elles vivent toutes les deux au bord d’un lac en campagne belge en périphérie de Bruxelles. Élisabeth découvre un jour que sa fille a disparu. Alors qu’elle avait annoncé partir en week-end à sa mère, la jeune fille est introuvable.

La maman d’Élodie apprendra dans un premier temps par une amie de sa fille que cette dernière est à Chypre. Mais tout va basculer lorsque la police se rendra à son domicile pour une perquisition et surtout lui apprendre que sa fille s’est convertie à l’Islam et qu’elle est en route pour la Syrie. Faisant tout pour reprendre contact avec sa fille, Élisabeth parviendra à lui parler sur Skype et c’est coiffée d’un hijab noir qu’elle la découvre.

Dès lors, et face à la détermination d’Élodie, cette mère courageuse et volontaire n’aura de cesse de trouver trace de sa fille. Elle se rendra, avec une amie, en Turquie, dans une ville frontalière avec la Syrie. C’est de là, lui dit-on, que passent les convertis au djihâd. Bien décidée à la faire revenir en Belgique cette maman prendra des risques inconsidérés pour parvenir à rejoindre sa fille en Syrie.

Si le film de Rachid Bouchareb qui sera diffusé en mai sur Arte devra supporter la comparaison avec Les Cowboys de Thomas Bidegain, celui-ci se suffit à lui-même. Un sujet d’actualité très exploité par le cinéma mais qui cette fois-ci l’aborde à travers le portrait passionnant d’un femme anéantie par une problématique qui lui échappe.

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