Appelez-moi Nathan - Catherine Castro & Quentin Zuttion

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Appelez-moi Nathan ne se contente pas de quelques banalités autour d'un sujet encore peu et mal connu mais élargit les esprits et les possibles, en brisant plusieurs tabous néfastes à la construction des individus en devenir, peu importe le sexe et le genre.
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L’adolescence frappe à sa porte. Les seins poussent, les menstruations tâchent sa culotte. Mais qu’est-ce que c’est ce bordel ?, s’interroge Lila. Si elle est une meuf, est-ce que ça veut dire qu’elle est lesbienne puisqu’il est en couple avec Faustine ? Non, lui répond-elle.

Parce qu’elle sait qu’en face d’elle, c’est un mec. Il est Nathan et entend bien se faire prénommer ainsi, même si ses parents ont bien du mal à comprendre et à accepter la transition de leur enfant. Inspirée d’un garçon transgenre qu’elle connaît, Catherine Castro, grande reporter, décide de transposer son histoire dans une bande-dessinée qui illustre une partie de ce que peuvent ressentir et vivre les personnes trans.

Dans la réflexion sur l’identité, dans la relation aux autres, à travers Nathan mais aussi à travers sa bande d’ami-e-s, ses parents, son frère et les moqueries des autres élèves, les insultes homophobes et les conversations autour du sexisme et de la sexualité.

Appelez-moi Nathan ne se contente pas de quelques banalités autour de ce sujet encore peu et mal connu mais élargit les esprits et les possibles, en brisant plusieurs tabous néfastes à la construction des individus en devenir, peu importe le sexe et le genre.

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Radiate - Jeanne Added

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Jeanne Added réussit toujours à nous transporter dans une expérience sensorielle sans limites, qu’on aime explorer sans modération.
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Majestueuse, la voix de Jeanne Added. Trois ans après Be sensationnal, elle a encore, et peut-être plus, le pouvoir de nous saisir et de nous élever dans sa dimension envoutante.

La chanteuse et multi-instrumentiste imprègne ce deuxième album de son esprit mouvant et vaporeux. Toujours en mouvement, elle chante sa mutation avec hargne et passion, de manière magistrale, renforcée par la sonorité électro-pop combattive tirant par moment vers la techno.

Elle joue habilement de sa noirceur viscérale en l’accompagnant avec talent d’une joyeuse douceur. Un équilibre qui nous envoie directement planer et lever le pied une dizaine de chansons durant. Et même après, on se sent encore flotter dans ce nuage vibrant d’émotions contrastées.

Moins frontal et brutal que son premier opus, Jeanne Added réussit toujours à nous transporter dans une expérience sensorielle sans limites, qu’on aime explorer sans modération.

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La fête est finie – Marie Garel-Weiss

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L'auteure n'oublie pas de créer un objet filmique très bien cadencé et extrêmement bien rythmé par les interprétations des deux talentueuses jeunes actrices. Une œuvre cinématographique intense dont exulte une forme de nécessité.
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Céleste et Sihem se font admettre au même moment dans un centre de désintoxication. Elles vont très vite se reconnaître, se rapprocher et s’attacher l’une à l’autre. De leur complicité née au sein d’un établissement aux règles rigoureuses va éclore une réelle amitié exaltée. Hors des murs et esseulées, les jeunes femmes décident de se battre ensemble face à leurs vieux démons.

Le chemin sera ardu et escarpé mais leur lien affectif, sincère et loyal, consolidera un binôme animé d’une pulsion de vie indéfectible. Pour son premier long métrage, Marie Garel-Weiss livre un récit autobiographique dans un cadre naturaliste et dévoué à l’ébranlement et au trouble d’une rencontre exceptionnelle.

Ce type de rencontre qui transcende le moment et interroge l’existence. Abordant son propre vécu, la réalisatrice évoque l’addiction aux drogues sans pathos ni maladresse. L’œuvre met en lumière l’abandon des proches, la solitude face à la dépendance et l’encadrement au sein des centres de désintoxication.

Le discours est brillant car il sonde avec force et conviction l’attraction vénéneuse et désenchantée du produit. Un produit adulé, accueilli comme un compagnon de route et qui s’inscrit au cœur de sa propre histoire. Les longues années de défonce résultent de cassures et du manque de lien.

Si l’auteure apporte un œil averti muni d’une expérience de vie riche en épreuves, elle n’en oublie pas de créer un objet filmique très bien cadencé et extrêmement bien rythmé par les interprétations des deux talentueuses jeunes actrices. Une œuvre cinématographique intense dont exulte une forme de nécessité.

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Rafiki – Wanuri Kahiu

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À travers les deux héroïnes du film, la cinéaste compose le portrait d’une jeunesse africaine réaliste et authentique. Le film est une jolie source de fraicheur et un souffle de liberté qui signifie beaucoup en Afrique, continent le plus jeune de la planète.
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À Nairobi, Kena et Ziki mènent deux vies de jeunes lycéennes bien différentes, mais rêvent toutes deux d’une vie riche remplie de belles perspectives. Leur rencontre va faire naître une forte attraction réciproque. Naïves et pragmatiques, elles s’accordent le droit d’aimer et de plaire dans un pays rongé par la pauvreté et la misère.

La vie quotidienne de la jeune Kena apporte une sympathie communicative et un naturel positif qui font là tout le charme du film. Colorée et enchanteresse, la mise en scène façon clip joue de représentation et de perception. Au sein de cette société kenyane conservatrice, les amoureuses sont contraintes à choisir entre leur idylle et la sécurité.

À travers les deux héroïnes du film, la cinéaste compose le portrait d’une jeunesse africaine réaliste et authentique. Une histoire d’amour émouvante et délicate entre deux jeunes kenyanes dans un pays qui condamne durement l’homosexualité. La réalisatrice dénonce une hypocrisie intenable dans un pays qui applique des lois abusives et contre-progressistes.

Pourtant, l’homophobie active n’est ici qu’assez peu représentée. Seule l’opposition des pères dénote avec la certaine indifférence vis-à-vis des manifestations de rejet et de haine très vivaces au Kenya où les peines de prisons représentent un terrible couperet pour toute une communauté.

En réalisant ce film, Wanuri Kahiu, accusée d’encourager l’homosexualité, se voit interdire son film dans son pays et s’expose à une peine d’emprisonnement. Le film est une jolie source de fraicheur et un souffle de liberté qui signifie beaucoup en Afrique, continent le plus jeune de la planète.

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Sorcières - Mona Chollet

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Mona Chollet, toujours aussi brillante dans sa manière de vulgariser, de dénoncer la norme sans juger celles qui s’y plaisent et de porter un message déculpabilisant à toutes les femmes sorcières que nous sommes en partie.
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« La sorcière, écrit Pam Grossman, est le « seul archétype féminin qui détient un pouvoir par elle-même. Elle ne se laisse pas définir par quelqu’un d’autre. Épouse, sœur, mère, vierge, putain : ces archétypes sont fondés sur les relations avec les autres. La sorcière, elle, est une femme qui tient debout toute seule. » Or le modèle promu à l’époque des chasses aux sorcières, imposé d’abord par la violence et plus – avec la constitution de l’idéal de la femme au foyer, au XIXe siècle – par un savant mélange de flatterie, de séduction et de menace, enchaine les femmes à leur rôle reproductif et délégitime leur participation au monde du travail. »

Journaliste et auteure, Mona Chollet est non seulement brillante dans sa réflexion qui explore une figure devenue monstrueuse à coups de propagande patriarcale, fixant un parallèle entre les sorcières alors chassées, torturées et brûlées et les célibataires, les femmes sans enfants et les femmes qui vieillissent, aujourd’hui encore incomprises, moquées et stigmatisées.

Mais elle est aussi brillante dans sa manière de vulgariser, de dénoncer la norme sans juger celles qui s’y plaisent et de porter un message déculpabilisant à toutes les femmes sorcières que nous sommes en partie. Absolument libérateur !

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Les faits bleus - Pauline Drand

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Tout comme son aventure qui jamais ne trouve de refuge, on se laisse porter par la poésie musicale de Pauline Drand. Reposant et enivrant.
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Au croisement de la chanson française et de la néo-folk, Pauline Drand signe un premier album qui sonne comme une balade rafraichissante et vivifiante. Dans sa voix, son phrasé et les mélodies, il y a de la chaleur qui croise la douceur et la tendresse.

De sa poésie, elle en appelle à nos souvenirs d’un temps passé que l’on chérit au fond de nous auquel on pense avec un nostalgique bonheur. Son album est une promenade en plein air qui pourtant nous plonge dans le sensible de l’intime et dans les méandres d’une âme qui s’égare au fil des chansons pour aller se perdre au bord d’une falaise et y fixer des heures durant des vagues qui s’y écrasent dans un sublime éclat.

Elle convoque l’ancien et le nouveau dans une danse lente et sensuelle, en parfait accord l’un et l’autre. Parce qu’elle décrit joliment et sans artifices les états transitoires de la quête amoureuse, elle nous emporte au fil des saisons et au gré de la nature dans sa ritournelle folk, par delà les paysages et les océans.

Tout comme son aventure qui jamais ne trouve de refuge, on se laisse porter par la poésie musicale de Pauline Drand. Reposant et enivrant. 

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Comme des garçons - Julien Hallard

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Le ton est à l’humour et le réalisateur sait très bien mettre en scène la jolie bande de comédiennes. Une émancipation à travers le sport pour nombre de ces femmes relatant ainsi les progrès d’un monde qui commence à changer.
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Reims 1969, un journaliste et séducteur invétéré, un poil misogyne, décide d’organiser un match de football féminin pour la kermesse annuelle du journal. Accueilli au départ comme une jolie plaisanterie, l’équipe prendra forme et ses membres, accompagnées de leur coach, débuteront un combat pour l’obtention de licences sportives.

Si à l’époque on ne croyait pas vraiment en l’avenir du football féminin, le journaliste Paul Coutard du Champenois, lui, voudra y croire et saura motiver les joueuses de son équipe pour se prendre le droit de jouer au ballon rond. Dans cette fin des années soixante les mœurs n’accordent pas le droit aux femmes à la pratique de ce sport.

Alors que l’Italie possède déjà son équipe nationale, tous les coups seront permis pour obtenir ces fameuses licences si symboliques qui aboutiront à la création de la première équipe féminine de football de France. Le sujet est traité sur le mode de la comédie et les actrices sont très crédibles dans leurs personnages.

Mention très spéciale à Vanessa Guide dans son premier rôle, bien loin de certains films où elle jouait les utilités. Le film se fait le plaisir de reconstituer toute une époque dans les moindres détails. Une immersion historique qui permet de découvrir les nombreuses contraintes imposées aux femmes.

Qui dit équipe, dit galerie de personnages féminins. Certains pourraient parfois y voir un féminisme pousser à bout et sans subtilité mais le ton est à l’humour et le réalisateur sait très bien mettre en scène la jolie bande de comédiennes. Une émancipation à travers le sport pour nombre de ces femmes relatant ainsi les progrès d’un monde qui commence à changer.

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De chaque instant - Nicolas Philibert

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Une justesse du regard qui caractérise bien là tout l’art de Nicolas Philibert. Un film qui aborde avec beaucoup de respect et sensibilité la profession tout en enrichissant les connaissances de chacun-e.
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Années après années elles et ils sont plusieurs milliers de femmes et hommes, souvent jeunes, à se lancer dans cette incroyable formation d’infirmière au sein d’un « Institut de Formation en Soins Infirmiers ».

Entre cours théoriques, cours pratiques et stages sur le terrain hospitalier, les étudiant-e-s devront apprendre à faire face à toutes sortes de situations souvent difficiles et acquérir les gestes et réflexes importants qui les accompagneront toutes leurs vies professionnelles. Au-delà d’un apprentissage, c’est une responsabilité de chaque instant à laquelle ils devront tous adhérer et en comprendre les enjeux.

Nicolas Philibert signe là un film documentaire très cohérent avec sa filmographie. Comme souvent le réalisateur se fait miniature, discret et toujours à la recherche de scènes de vérité. Un documentaire naturellement très réaliste qui nous fait vivre un condensé du parcours de ces étudiants infirmiers nous permettant de mieux appréhender notre rapport à ces travailleurs(euses) de l’humain.

Le propos scénaristique est de donner la parole à ces futurs professionnel-le-s sans qu’ils ne la prennent vraiment. Une justesse du regard qui caractérise bien là tout l’art de Nicolas Philibert. Si l’ambiance de l’apprentissage sur le terrain est parfois soumise à de nombreuses plaisanteries ou situations cocasses, le sentiment de responsabilité face à la souffrance et la fragilité humaine n’en demeure pas moins très intense.

Un film qui aborde avec beaucoup de respect et sensibilité la profession tout en enrichissant les connaissances de chacun-e.

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Revivre - Ugo Bertotti

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L’auteur-dessinateur s’attache à raconter, au-delà des questions terriblement actuelles, l’humanisme et l’espoir dans l’horreur de chaque situation.
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Selma, réfugiée palestinienne, est infirmière en Syrie, pays qu’elle doit quitter à cause de la guerre en septembre 2013 avec son mari et ses deux fils. À bord d’un bateau transportant des migrant-e-s en Italie, elle subit un grave traumatisme à la tête qui la mène directement à l’hôpital, dès son arrivée à Syracuse.

Un traumatisme auquel elle ne survivra pas longtemps. Avec le soutien du docteur Hassan, néphrologue palestinien, sa famille accepte de faire don de ses organes, qui permettront à trois italien-ne-s de poursuivre leurs vies.

Pour créer sa bande-dessinée, Ugo Bertotti, à l’écriture et au dessin, a recueilli les témoignages des proches de Selma et des trois personnes qui ont grâce à elle survécu.

L’auteur-dessinateur s’attache à raconter, au-delà des questions terriblement actuelles, l’humanisme et l’espoir dans l’horreur de chaque situation. Avec beaucoup de finesse et de pudeur, l’histoire est sensible, émouvante et percutante, malgré la brutalité des faits. On revit.

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L'enfant Noire - Doris

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La musicienne a des choses à dire et il serait dommage de passer à côté de son message tant son potentiel d’écriture laisse présager une belle continuation.
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La première chanson, « La couronne de Jeanne » pose le cadre : « À l’école primaire, les cheveux courts et crépus m’ont valu bien des râteaux. Ils n’étaient pas assez longs et puis ils n’étaient pas dorés ni lisses. »

Des premières chaines de ses ancêtres à celles qui sont encore au plus profond d’elle et qui l’aliènent jusqu’au fond de son inconscient, Doris explore sa négritude, avec une écriture sensible, et se libère petit à petit des carcans dans lesquels elle est enfermée en tant que femme noire.

En coupant ses cheveux lisses, elle le dit, elle exécute un geste salvateur : « J’avais peur de perdre ma féminité et c’est mon identité que j’ai trouvé ». Dans cet album, elle conte en sept chansons, son identité et clame son ode à la liberté. Elle expose ses rêves et ses difficultés, et surtout ses espoirs infinis de pouvoir tomber le masque blanc.

Si le style musical, proche d’un RnB commercial encore à travailler, nous rebute légèrement, la musicienne a des choses à dire et il serait dommage de passer à côté de son message tant son potentiel d’écriture laisse présager une belle continuation.

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