Le sens de la fête - Olivier Nakache & Eric Toledano

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Le film ausculte avec élégance le bonheur et le mal-être des gens. Un effet loupe très bien rythmé qui scanne la déconfiture sociale, culturelle et morale d’une époque.
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Max est un traiteur de longue expérience. Un peu au bout du rouleau et un peu en bout de parcours, il synchronise ses équipes pour un mariage somptueux dans le décor d’un château du 17ème siècle. Serveurs, cuisiniers, musiciens et photographe, tous travaillent pour que la fête soit belle et réussie.

Depuis les préparatifs jusqu’à l’aube, tout ce petit monde s’affaire à sa tâche et tous rendent compte au maître en ces lieux, Max. Il est l’homme de la situation et si les doutes, les malentendus et les fausses notes s’invitent au mariage, Max à la solution pour chacun des problèmes à régler. Afin d’éviter la débâcle et face à un déroulement plutôt imprévu garni de drames d’infortunes en cascade, Max va devoir être inventif et créatif.

Les réalisateurs Nakache et Toledano se sont passionnés pour le monde un peu secret des coulisses des fêtes de mariage. Bien que moins universelle que les derniers scénarios des cinéastes, la thématique captive néanmoins et se gorge d’une multitude de situations comiques et sarcastiques. Unité de temps, de lieu et d’action, l’ensemble ayant deux mondes différents qui se confrontent, on est proche des célèbres mises en scènes du géant Robert Altman.

Si Le sens de la fête n’est pas le film le plus réussi du duo le plus courtisé du cinéma français, il ausculte avec élégance le bonheur et le mal-être des gens. Un effet loupe très bien rythmé qui scanne la déconfiture sociale, culturelle et morale d’une époque.

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In the fade - Fatih Akin

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Si la fin est quelque peu inattendue, le film est une œuvre fracassante et puissante qui oblige les acteurs à être complètement dévoué à leurs rôles.
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De nos jours, Katja et Nuri vivent le grand amour dans la ville de Hambourg où ils élèvent leurs fils Rocco. D’origine kurde, Nuri travaille dans une petite agence d’un quartier multiculturel. Pour Katja, tout s’effondre lorsque son fils et son mari sont pulvérisés lors d’un attentat à la bombe sur le lieu de travail de ce dernier.

L’effroi est terrible et la douleur insupportable. Bien décidée à comprendre et à faire payer aux responsables le prix de l’assassinat de son mari et de son fils, Katja devra faire face à une procédurale et insidieuse justice. Même si tout rend coupable et semblent désigner sans équivoque comme auteurs du crime les deux accusés, ces derniers seront acquittés par le jury.

De là naîtra l’injustice et l’amertume de devoir vivre avec la certitude que les meurtriers de sa famille n’auront pas à assumer leurs actes. La volonté de vengeance de la femme anéantie fera naître une obsession de réparation à la fois conscientisée et instinctive. Inspiré par la série de crimes racistes qui ont eu lieu en Allemagne entre 2000 et 2009, Fatih Akin présente une œuvre crépusculaire et sans issue.

Si la première partie du film procède comme un thriller, la seconde raisonne de manière beaucoup plus émotionnelle et impose à Diane Kruger qui interprète Katja, une envergure dramatique féminine impériale et une posture de veuve vengeresse très persuasive. Si la fin est quelque peu inattendue, le film est une œuvre fracassante et puissante qui oblige les acteurs à être complètement dévoué à leurs rôles.

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Ôtez-moi d'un doute - Zabou Breitman

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Des histoires simples avec du cœur et de la profondeur onirique. On se laisse envoûté par un sens du rythme plus qu’appréciable et la griffe fantasque de l’auteure.
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Erwan est un bon gaillard breton, démineur de profession et entouré de sa fille enceinte qui ne veut pas que son futur enfant ait de père. Lors d’un examen médical de cette dernière, le quadragénaire apprend qu’il n’est pas le fils biologique de son père. Pour lui c’est le choc. Déboussolé et sans pour autant rompre avec les liens forts et la tendresse qui le lient avec son père, il engagera une détective privée afin de retrouver son véritable géniteur.

Ce sera chose faite et la réponse s’appellera Joseph, un homme attachant pour lequel il aura très vite beaucoup d’affections. La vie d’Erwan n’aura de cesse d’être chamboulée puisque c’est en renversant un sanglier sur la route que la ravissante et insaisissable médecin prénommée Anna entrera dans sa vie. Pour autant, la belle rencontre laisse peut être apparaître une nouvelle intrigue familiale.

La réalisatrice Carine Tardieu à définitivement l’art du portrait et du ton tragicomique. Ses personnages sont drôles et émouvants. Une galerie de personnages pour une galerie d’acteurs et actrices déjà bien rôdé-es aux comédies sentimentales. La distribution est un vrai régal.

Si le sujet est minimaliste comme souvent dans la filmographie de l’auteure, on ne se refuse pas d’adorer la souplesse poétique du récit. Des histoires simples avec du cœur et de la profondeur onirique. On se laisse facilement envoûté par un sens du rythme plus qu’appréciable et la griffe irrésistiblement fantasque de l’auteure.

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The Florida project - Sean Baker

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De ce film se dégagent une féminité guerrière, une rage intrinsèque et un parfum d’apocalypse imminente. Une chronique sociale très charismatique.
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Derrière la belle carte postale de Disney World Florida, il y a ces pauvres et démunis qui peuplent les motels du coin. L’Amérique des déclassés, victimes de la crise des Subprimes, est ici représentée par les enfants des ces adultes qui ne parviennent pas à joindre les deux bouts. Ici on entrevoit l’envers du décor décrépi de la fantasque et luminescente Orlando.

Halley, peu concernée par l’éducation de sa fille Moonie, vit au jour le jour ou plutôt au rythme des vendredi où le loyer du motel doit être payé. La jeune fille, encouragée par les frasques et arnaques en tout genre de sa mère, passe ses journées à traîner avec d’autres gamins des motels environnants.

Derrière la réalité sociale du mal logement le film aborde le sujet de l’enfance avec un rhétorique trash et annonciatrice. Si au travers des enfants on y décèle les défaillances des adultes, ils sont le cœur du récit et incarnent là l’Amérique de demain. Willem Dafoe est extraordinaire en manager concerné. Il veille avec compassion et humanité sur les habitants des lieux mais doit aussi parfois jouer au gendarme lorsque les choses dégénèrent.

Brooklyn Prince dans le rôle de Moonie, en devient, par son jeu éblouissant, le moteur du récit et la pièce maîtresse. Le monde merveilleux de Mickey et Donald prend une droite en pleine face. De ce film se dégagent une féminité guerrière, une rage intrinsèque et un parfum d’apocalypse imminente. Une chronique sociale très charismatique qui lui aura valu une sélection à la quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes 2017.

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