À coup sûr – Delphine de Vigan

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Un premier long métrage qui restera raté et incarnera sur pellicule un point de vue tristement monochrome.
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Emma, jeune et séduisante trentenaire est une fonceuse. Une éducation qui ne néglige pas la valeur de la compétition la poussera à toujours réussir ce qu’elle entreprend. Journaliste, elle est brillante et exécute méthodiquement dans sa vie le culte de la performance. À la suite d’un malentendu et une expérience malheureuse la jeune femme croit être une mauvaise affaire au lit. Obsédée par la réussite et déçue par cette révélation, Emma mettra tout en œuvre pour devenir le meilleur coup de Paris. Commencera dès lors pour l’héroïne un cycle d’études et travaux pratiques en accéléré autour du sexe, nous embarquant dans tout un tas de situations irréalistes plus souvent grotesques et absurdes que comiques. Le scénario comme prétexte, la réalisatrice nous fait croiser de multiples experts, connaisseurs et autres professeurs du sexe tous stéréotypés. Si le jeu des acteurs principaux, Laurence Arné et Eric Elmosnino, n’est pas mauvais, les dialogues sont plutôt convenus et souvent peu représentatifs des situations. On peinera donc à rire aux aventures chargées de catastrophes et lourdes de plans d’action et autres investigations. Pour l’écrivaine, Delphine de Vigan, le passage derrière la caméra comme réalisatrice pour son premier long métrage restera raté et incarnera sur pellicule un point de vue tristement monochrome.

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Nymphomaniac - Lars Von Trier

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C'est avec intelligence que le cinéaste distille l'équation du jugement et témoignage de son compteur et de son auditoire.
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Seligman est un vieux et charmant célibataire. Il découvre au fond d'une rue sombre un soir d'hiver une femme rouée de coups à demi consciente. Elle s'appelle Joe. Il la ramène chez lui, la soigne et de là va naître une longue discussion sur la vie de cette femme, de sa naissance jusqu'à ses 50 ans. Le parcours mouvementé se laissera volontiers compter par Joe qui s'auto diagnostique nymphomane. Dans ce premier volume, on découvre avec intensité les premiers pas de la sexualité d'une jeune fille obsédée très tôt par son sexe, le sexe et le chemin de la séduction et du plaisir. Immoral et parfois obscène, ce chemin de vie nous engloutit parfois sous les très crus détails visuels des innombrables rapports sexuels. Lars Von Trier nous plonge avec beaucoup de liberté au cœur de la tourmente de Joe qui n'a de cesse de canaliser ses émotions à travers ces multiples relations sexuelles. Le spectateur pourra se sentir brusqué par les enchaînements, entre la quiétude de la chambre de Seligman et le parcours érotique et malaise émotionnel de la jeune femme. Très loin de la grivoiserie, parfois inconvenant et scabreux, l'auteur cherche avec habilité à faire surgir la douleur de l'héroïne synthétisée autour du sexe. Un film qui ne choque pas mais intrigue sous la peau d'une alternative poésie référencée en littérature et musique classique. C'est avec intelligence que le cinéaste distille l'équation du jugement et témoignage de son compteur et de son auditoire.

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Shameless US - Paul Abbott

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Shameless est un poing dans la figure, un cri de rage et un crachat sur tes pompes.
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Shameless est un poing dans la figure, un cri de rage et un crachat sur tes pompes. L’excellente série et adaptation US de la série britannique du même nom est le produit d’un imaginaire délirant mêlé au très fin regard critique de la société américaine d’aujourd’hui. La création de Paul Abbott observe avec cynisme la cinglante chronique des laissés-pour-compte des quartiers pauvres. En banlieue de Chicago vit la Famille Gallagher. 5 enfants et pas de parents. Pire que l’abandon il y a la charge de ce père alcoolique au 4ème degré qui rivalise contre chaque instant de sa vie à produire des ennuis tous plus graves et dangereux les uns que les autres. Fiona, l’aînée assure la survie de la meute. Une vie anti-système qui semble d’abord assez misérable mais qui se laisse voir comme pleine de beauté, d’instants de grâce et d’humanisme exacerbé. Dans cette 4ème saison, les ennuis passés semblent bien dérisoires face à ce que sont contraints de traverser nos personnages. Entre maladie, prison et services sociaux, les Gallagher devront être plus forts que jamais. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Si violence, pauvreté et addiction absorbent les personnages de ce conte moderne, l’expérience de la vie propulse souvent les Gallagher au plus profond du sens réel de la comédie… celle de la vie. Une écriture brillantissime et une réalisation néo-réaliste irrésistible et sévère qui font sans aucun doute de Shameless US l’une des meilleures séries américaines de ces 5 dernières années.

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Les garçons et Guillaume à table - Guillaume Galliene

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Véritable hommage à la figure maternelle mais aussi aux femmes. Une œuvre à déguster assurément et un artiste complet à suivre.
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Très largement récompensé lors de la dernière cérémonie des Césars, Les garçons et Guillaume à table est l’adaptation du one-man-show vieux de 7 ans de Guillaume Gallienne. Pour son premier film, le comédien fait rimer, autour d’une autobiographie, Comédie Française et comédie populaire. L’histoire trouve sa source dans la fascination et l’adoration d’un petit garçon pour sa mère qui grandit dans le fantasme d’être une fille. Un malentendu familial et des conventions qui pousseront le jeune homme qu’il deviendra à aimer les garçons. Le parti pris dans l’écriture de Guillaume Gallienne est là de se questionner sur l’obligation de devoir, par conformisme, être homosexuel lorsque l’on est efféminé. La réussite de l’œuvre réside dans le pouvoir comique du génie de l’interprétation du comédien qui interprète à la fois son propre personnage et celui de sa mère. Dans l’élégance absolue, l’auteur et comédien se travestit et incarne avec autant de douceur que de vulgarité les nombreuses situations à la fois tristes et ironiques de la vie du jeune homme. Une sensibilité révélée à l’écran par un personnage dans l’apprentissage des expériences d’une vie qui le mènera à faire son coming out hétéro. Véritable hommage à la figure maternelle mais aussi aux femmes. Une œuvre à déguster assurément et un artiste complet à suivre.

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Kaboul Kitchen - Allan Mauduit et Jean-Patrick Benes

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On y voit dans cette saison 2 une critique acerbe des conséquences d’une occupation qui exhorte la corruption et les dysfonctionnements.
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Impossible de manquer ce mois-ci la très excentrique production Canal +, Kaboul Kitchen. La saison 2 poursuit les folles aventures de Jacky Robert, un ressortissant français installé à Kaboul et propriétaire du Kaboul Kitchen, un restaurant atypique fréquenté par les expatriés de la capitale afghane. Jacky qui fuit les ennuis aura vraisemblablement mal choisi son endroit pour tenir un établissement qui tient tête aux bonnes mœurs afghanes. Installé à son compte et comptant bien faire de l’argent, Jacky ne verra en l’arrivée de sa fille en ville qu’une source d’ennuis. Sur une base scénaristique réaliste et ancrée en pleine occupation américaine post 11 septembre, les épisodes traitent avec un humour fin et sarcastique les déboires de notre propriétaire intrépide bien décidé à faire prospérer son îlot de liberté et de distractions nocturnes. Du grand Melki ! Un rôle parfaitement dessiné pour l’acteur à pleine maturité de son art. Au-delà d’une excellente distribution, notamment Simon Abkarian, d’une mise en scène rodée et efficace, on y voit dans cette saison 2 une critique acerbe des conséquences d’une occupation qui exhorte la corruption et les dysfonctionnements, ralentissant la reconstruction d’un pays déjà éprouvé par 40 années de guerre. Immanquable !

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Chaque jour que Dieu fait - Paolo Virzi

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Paolo Virzi nous rappelle que la vie n’est ni linéaire, ni un itinéraire tout tracé et c’est bien en cela que réside toute la beauté de celle-ci.
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Guido et Antonia, que tout oppose, forment un couple fort et énergique. Lui, timide, cultivé et pragmatique, elle frénétique, angoissée et créative. La passion les réunis et leur vie est à leur image, irrégulière et décalée. Lui travaille la nuit dans un hôtel et la rejoint au petit matin afin qu’elle, à son tour, se rende au sien. Ce couple très attachant que Paolo Virzi nous permet d’observer de près nous renvoi à nos propres angoisses existentielles et pressions sociales. C’est dans le désir et le besoin aussi soudain qu’inattendu d’avoir un enfant que naîtra une fêlure. Au-delà du problème de l’infertilité et des protocoles médicaux qui l’accompagnent, il est plus question au sein de ce couple aussi excentrique que génial de pouvoir assumer ou pas une différence de plus. Leur environnement est-il plus hostile que dissuasif face à ces différences sur lesquelles s’est construit leur amour ? Un amour en danger mais pour lequel nos deux protagonistes vont réellement être prêts à s’interroger, quitte à ne rien s’épargner. Au chapitre de l’antithèse, Paolo Virzi nous rappelle que la vie n’est ni linéaire, ni un itinéraire tout tracé et c’est bien en cela que réside toute la beauté de celle-ci. Ainsi chaque jour nous offre la possibilité de l’aimer d’un bonheur jusque-là inconnu.

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L'attentat - Ziad Doueiri

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Outre l’acte terroriste et le drame humain, ce film sonde la souffrance d’un homme troublé et acculé par les limites de l’intégration.
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Amine est un grand chirurgien à Tel-Aviv. Alors qu’il reçoit la reconnaissance de ses pairs, il s’apprête à perdre celle qu’il aime. À la suite d’un attentat terroriste à Tel-Aviv, la police israélienne conclut très vite que le kamikaze est une kamikaze et qu’il s’agit de son épouse. Un temps soupçonné, le médecin, parfait modèle d’intégration, se mettra en quête de vérité afin de comprendre comment sa femme palestinienne a pu commettre un tel acte. Dans le déni et pensant qu’on l’a enrôlée, il entrera dans les territoires Palestiniens afin de rencontrer les leaders jihadistes qu’il croit être les vrais responsables. La confrontation entre sa vie et la réalité des territoires occupés est violente pour l’homme cultivé et pacifiste qu’il est. Cheminant l’ultime parcours de sa femme, l’homme sera chamboulé dans ses convictions. Au-delà d’un questionnement politique basé sur le constat d’échec, l’histoire adaptée du best-seller éponyme de Yasmina Khadra, aborde avec parcimonie la question de la place et de l’identité des Arabes Israéliens. Outre l’acte terroriste et le drame humain, le film de Ziad Doueiri sonde la souffrance d’un homme troublé et acculé par les limites de l’intégration et, dans les pas de sa femme devenue martyr, de sa double identité israélo-palestinienne.

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3096 jours - Sherry Hormann

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Une adaptation haletante et rigoureuse plutôt en cohérence avec le récit bouleversant et émouvant de la rescapée.
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Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch se rend pour la première fois, seule et à pied, à son école. Sur le chemin, elle sera enlevée par Wolfgang Priklopil, un électricien trentenaire et célibataire. Dans une pièce de 5m2, elle vivra plus de 8 années sous le joug de son ravisseur. La violence psychologique et le harcèlement composent l’arsenal de son bourreau qui n’aura de cesse de détruire sa véritable identité et par là même son enfermement physique et mental. Elle finira par s’enfuir après 3096 jours d’emprisonnement. Le film est adapté du récit de vie de la victime. Histoire qui fut en 2006 relayée par les médias du monde entier. Une réalisation réaliste qui dévoile avec force la cruauté du quotidien et le calvaire de la jeune femme dans cette cave sinistrement aménagée et conçue pour la capture. On regrette néanmoins la réalisation en anglais et non en allemand, dommageable pour la compréhension et la matérialisation du drame. Une volonté qui répond probablement à l’effroi international qu’a suscité l’affaire. Une adaptation haletante et rigoureuse plutôt en cohérence avec le récit bouleversant et émouvant de la rescapée.

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Cheba Louisa - Françoise Charpiat

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Le film est très largement porté par le jeu brillant d’Isabelle Carré et Rachida Brakni. Une belle tentative de romantisme social.
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Djemila est une jeune femme franco-algérienne indépendante et bien intégrée. Salariée et autonome financièrement elle décide de louer un appartement afin de pouvoir vivre son aventure sentimentale avec plus de liberté. En effet, son amant et collègue de travail, Djemila le garde secret auprès de sa famille qui l’a promise à un jeune homme du quartier dont elle est issue. L’héroïne vit entre deux mondes, l’un traditionaliste, celui du poids et des contraintes familiales et l’autre, celui de la jeune femme moderne qui veut choisir son propre chemin. Sa vie va changer le jour où elle va rencontrer sa voisine Emma, jeune banlieusarde fauchée élevant seule ses deux enfants. Les premiers contacts sont sévères et méprisants, mais vont vite laisser place à une forte complicité. Cette dernière va dès lors pousser Djemila à s’émanciper de ses racines et gagner en indépendance. On passera les quelques clichés qui traînent ici ou là mais Françoise Charpiat, pour son premier film, signe un film émouvant et sensible. Le scénario est d’une richesse modérée et le goût commun pour la musique n’est qu’un prétexte pour réunir deux femmes que tout oppose pour autant représentative d’une mixité française. Le film est très largement porté par le jeu brillant d’Isabelle Carré et Rachida Brakni. Une belle tentative de romantisme social.

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Orange is the new black - Jenji Kohan

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Une Dramédies à l’américaine. Humour noir et outrances, le tout flirtant avec le féminisme et la satire sociale.
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Impossible de passer à côté de la petite merveille diffusée par Netflix depuis juillet dernier en flux continu sur Internet. Une création originale adaptée des mémoires écrites par (de) Piper Kerman en 2011. Un scénario qui nous fait suivre les pérpéthies de Piper, une jeune trentenaire américaine se faisant rattraper par son passif de jeune adulte qui aimait se mettre en danger. Malgré une vie ajustée depuis et en accord avec son compagnon, elle va devoir purger une peine de 15 mois de prison jusque-là en suspend. Notre héroïne va devoir découvrir assez brutalement et composer avec les règles d’une prison fédérale pour femmes. Jolie, charmante et plutôt futée notre personnage aura bien du mal à œuvrer en sa faveur. Sa bienveillance et sa sincérité, qui flirtent avec une certaine naïveté, seront misent à rude épreuve par le système pénitentiaire. On doit cette excellente réalisation à Jenji Kohan (Weeds). Une Dramédies à l’américaine. Humour noir et outrances le tout flirtant avec le féminisme et la satire sociale. Un Ensemble show qui nous dévoile une pléiade de personnages tous très attachants. Et c’est bien la force de ce programme, nous faire passer par toutes les émotions. Après House of Cards, Netflix entre dans la cour des grands avec ce lancement spectaculaire. Une série à ne pas manquer.

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