Black Sails – Jonathan E. Steinberg & Robert Levine

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La seconde saison qui vient de démarrer semble s’être munie d’une écriture plus fine et plus éclairée. Un abordage dans le monde des séries plutôt réussi !
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Nouvelle et seconde saison très attendue signée Starz, Black Sails revisite le genre très historique de la piraterie. Un mot qui suscite bien des fantasmes et qui méritait bien une adaptation à l’écran. Très élaborée, la série nous présente un univers intriguant bien loin des films hollywoodiens aseptisés avec une bonne dose de violence, sexe et enjeux politiques. En ce XVIIIème siècle, l’île de Nassau en mer des Caraïbes est le centre de cette piraterie qui sert de plaque tournante et marché de revente des marchandises volées lors des attaques en mer. Et si l’ambiance à bord est très masculine, bon nombre de femmes à terre ont un rôle crucial à jouer, tout comme la non moins patronne de l’île, le personnage de Mlle Guthrie qui scelle le sort de la capitainerie locale. Un casting de pures gueules et un cocktail bravoure, sang, sueur et crasse sont bien partisans d’une certaine esthétique mais l’ensemble du dispositif demeure au service d’un scénario qui ne manque pas de charme et d’intelligence. Celui-ci se tisse d’épisodes en épisodes et nous entraine en houleux tourments. Entre aventures romantiques et romanesques, ce qui importe le plus c’est bien la tension permanente entre les différents personnages. Si l’ambition première et louable est de divertir, la seconde saison qui vient de démarrer semble s’être munie d’une écriture plus fine et plus éclairée. Un abordage dans le monde des séries plutôt réussi !

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Baby Balloon - Stefan Liberski

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Stefan Liberski filme sans filtre la douleur et les joies de notre héroïne non conformiste. Difficile de ne pas être touché par les cris, les pleurs et les délires cocasses de Bici.
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Bicitation, dite Bici, est une jeune femme belge de 18 ans pleine de talents. Elle chante dans un groupe de rock qui fait fureur à Liège. La jeune femme est remarquable par ses formes rondes et généreuses mais tout autant par son charisme lorsqu’elle se transforme sur scène en femme radieuse et épanouie. Bici cache un mal être lié à son surpoids et sa condition sociale et c’est auprès de Vince, son ami d’enfance et guitariste du groupe qu’elle trouve du réconfort. Depuis toujours elle convoite Vince et tisse de doux rêves amoureux. Lorsque Anita, une jeune et très jolie fille débarque dans leur vie, Bici voit en elle une rivale à déloger.  Tour à tour découragée et combative la jeune rockeuse va se démener pour éloigner la très gênante Anita. Baby Balloon est un film belge hyper réaliste qui alterne moments sordides et moments de bons sentiments. Stefan Liberski filme sans filtre la douleur et les joies de notre héroïne non conformiste. Difficile de ne pas être touché par les cris, les pleurs et les délires cocasses de Bici. Une peinture de personnages ni fins ni délicats mais comme étant le miroir d’une société en friche. Une esthétique réaliste belge qui dessine un décor de paysages industriels sinistrés traversés par les personnages. L’humour lui aussi est belge, moitié loufoque et provoque moitié caricature et sarcasme. Un film bien rythmé et conduit par une belle interprétation de Ambre Grouwels.

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Nos étoiles contraires - Josh Boone

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L’œuvre puise son écriture dans la réflexion sur la vie. Le spectateur se voit séduit par un humour ravageur et un mépris des conventions.
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Hazel Grace et Gus, deux jeunes adolescents malades du cancer, se rencontrent lors d’une séance de groupe de soutien aux jeunes atteints par la maladie. Très vite ils sont attirés l’un par l’autre. Pourtant, ils sont loin d’être semblables. L’une se replie sur sa condition et ses lectures, l’autre s’assume comme geek et déborde d’humour et de sarcasme flirtant avec la positive attitude. C’est bien dans la construction psychologique des deux personnages que se bâtie une histoire d’amour singulière et inhabituelle. Si Nos étoiles contraires, film adapté d’un best seller, met le paquet pour tirer nos larmes, on ne peut difficilement être, de scène en scène, affecté par les dialogues ciselés à l’extrême et les situations mordantes et éblouissantes d’émotion. La comédie romantique écrite par le duo de scénaristes Scott Neustadter et Michael H. Weber pousse la démonstration d’un amour difficile mais beau. L’œuvre puise son écriture dans la réflexion sur la vie. Si en apparence il y a ce facile non-conformisme et non politiquement correct, la réalisation va au-delà des grosses ficelles romantiques très vite critiquables. Certes quelques situations s’acharnent à souligner la souffrance et l’écho qu’elles font à la maladie. Pour autant, le spectateur se voit séduit par un humour ravageur et un mépris des conventions.

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Engrenages - Alexandra Clert & Guy-Patrick Sainderichin

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Une vision souvent noire et particulièrement violente. Une nouvelle saison fidèle à ce qui a fait de la série un succès. À voir !
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Pour ceux qui ne connaissent pas cette très bonne production française, signée Canal +, Engrenages est une série policière créée par une ancienne avocate qui cherche à travers un scénario puissant à nous livrer une série beaucoup plus proche de la réalité, aussi choquante et provocante puisse-t-elle être. Le Capitaine Berthaud et ses lieutenants sont en charge d’enquêtes importantes suivies de très près par la justice, juges, substituts du procureur et avocats. La procédure pénale et la brigade criminelle sont mis à nu et montrées avec un réalisme percutant. L’enjeu de la série Engrenages est que le spectateur comprenne tout ce qui se passe en détails. Tout est saisi, les secrets des enquêtes, les coups durs du travail, mais aussi ceux de la vie personnelle souvent rongée par la carrière trop envahissante et exigeante. Quant aux rebondissements et aux suspens de l’action, on a, dans le genre, pas encore fait mieux en France. L’excellent jeu des acteurs nous entraine au plus près dans le quotidien policier et judiciaire français. Une vision souvent noire et particulièrement violente. Au cœur du crime et du grand banditisme, la brigade du Capitaine Berthaud mène à nouveau dans cette saison 05 un combat acharné. De nouvelles enquêtes et de nouvelles trames apparaissent dans la vie des équipiers de la brigade. Une nouvelle saison fidèle à ce qui a fait de la série un succès. À voir !

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Chante ton bac d'abord - David André

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Une prouesse dans l’écriture et la mise en scène qui conjuguent avec beaucoup de facilité l’inquiétude des préoccupations de la vie et la douce poésie des rêves encore accessibles.
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Ce très élégant ovni télévisé diffusé il y a peu sur France 2 nous raconte l’histoire d’une bande de lycéens sur le chemin du Baccalauréat. Entre chansons et moments d’intimité au quotidien, le film documentaire propose une belle entrevue avec l’âge des possibles en 2014. Avoir 17 ans et rêver quand même lorsque l’on vit à Boulogne-sur-Mer, une ville durement ravagée par la crise. Quelle belle idée de vouloir raconter la vie de ces quelques adolescents en les faisant collaborer au projet cinématographique. Les textes des chansons incarnent et collent très bien aux personnalités qui les interprètent. Entre documentaire et fiction chantée, le film séduit parce qu’il soulève de sensibles réalités de vie sans jamais perdre la poésie avec laquelle il évoque ces points de vue ou séquences de vie. Les cinq participants non professionnels apportent une belle énergie et la fraicheur de leur jeunesse ce qui ne manque pas de provoquer de l’attachement. Le réalisateur David André marque avec délicatesse le glissement du passage de l’adolescence à l’âge adulte sans jamais stéréotyper les différentes personnalités. Une prouesse dans l’écriture et la mise en scène qui conjuguent avec beaucoup de facilité l’inquiétude des préoccupations de la vie et la douce poésie des rêves encore accessibles. La qualité indéniable de ce réalisme documentariste, la pertinence !

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Pas son genre - Lucas Belvaux

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Une comédie romantique surprenante et rafraichissante portée par deux belles interprétations.
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Clément, jeune professeur de philosophie et auteur à succès se sent parisien dans l’âme. Il sera affecté en province, à Arras une ville qu’il ne connaît pas et pour laquelle il n’éprouve de prime abord qu’assez peu d’intérêt. Clément s’ennuie. Il traîne nonchalant tel un dandy déraciné jusqu’au jour où par hasard il va rencontrer Jennifer une jolie coiffeuse, blonde pétillante et pleine de spontanéité. Rapidement les deux se séduisent et vont devenir amants. Quand Jennifer lui raconte ce qu’elle tire des magazines people, Clément lui, épilogue sur Kant et Proust. La fille simple et le garçon compliqué que tout éloigne vont vivre les prémices de leur histoire d’amour malgré la différence. L’interprétation d’Émilie Dequenne est fine et juste et d’une belle énergie nait un personnage attachant. Pourtant Lucas Belvaux met plus souvent en évidence le regard de Clément qui a beaucoup de mal à sortir des conventions. Souvent étonné par l’ardeur de Jennifer mais aussi parfois gêné par sa franchise. Amour merveilleux mais impossible, la volonté d’apprendre de l’être aimé suffira-t-elle à rompre les barrières sociales et culturelles ? On retrouve bien chez l’auteur ce regard critique récurant du tissu social et des différences intrinsèques à la culture de classe. Une comédie romantique surprenante et rafraichissante portée par deux belles interprétations.

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Une rencontre - Lisa Azuelos

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Si on écarte les clichés et la mélasse, on pourra être emballé par la très séduisante Sophie Marceau conquise par un François Cluzet sous exploité bien malgré lui.
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Si Sophie Marceau était en crise relationnelle mère-fille dans LOL, on retrouve cette fois l’actrice vedette de Liza Azuelos aux commandes d’une embarcation sentimentale qui navigue à vue. Coup de cœur pour un homme et perturbation au programme. Entre objet du désir, épanouissement et quête de liberté, l’amour trouvera-t-il sa place sans pour autant semer le trouble ? L’idée de la réalisatrice est de nous indexer sur les instants T de ces deux êtres qui œuvrent à la réalisation de possibilités toutes suspendues à des actes de décisions. Un défi relevé mais probablement pas réussi à l’écran. Une esthétique pourtant entrainante et sophistiquée fait briller la sensualité des personnages à l’image. Au-delà des stéréotypes bien connus des comédies romantiques à la française clairement affichés, le film se gargarise d’un suspens tantôt haletant tantôt embarrassant. Le film se perd dans sa volonté de brouiller les pistes. Se concrétisera ? Se concrétisera pas ? Le mélange fantasme/réalité et futur/présent dissipe la lecture du jeu et la compréhension de l’histoire pour une mise en valeur assez peu efficace. Si on écarte les clichés et la mélasse, on pourra être emballé par la très séduisante Sophie Marceau conquise par un François Cluzet sous exploité bien malgré lui.

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Diplomatie - Volker Schlöndorff

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Un affrontement feutré qui ne lésinera pas sur la menace et la dimension du lendemain, l’après-guerre. Un cheminement mental séduisant et épique.
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Adapté de la pièce de Cyril Gely, Diplomatie ne réprime pas ses origines théâtrales. Un quasi huit clos au sein de l’Hôtel Meurisse, quartier général allemand d’où se dirigent les opérations du général Von Choltitz. Ce dernier ayant reçu l’ordre de raser Paris dans son ensemble. De l’apparition du consul suédois Nordling interprété par André Dussolier, va naître un dialogue de qualité et un duel rhétorique entre ce dernier et le général incarné par Niels Arestrup. Une partie d’échec qui démarre au petit matin du 24 août 1944. La force et l’expression du film résident en ce face à face de la dernière heure où ces hommes déterminés vont être juges du sort de millions de parisiens et du destin de la cité. Cité des arts qu’Adolf Hitler lui-même admirait plus que toute autre ville. Raison pour laquelle il n’aurait pas supporté qu’elle survive à la guerre alors que Berlin était en ruine. Une plaidoirie salvatrice pour le consul qui se heurte souvent à la droiture militaire du général. Arguments contre arguments, feintes et ripostes seront à la mesure de l’enjeu, tel un combat d’épée. Volker Schlöndorff brille par sa mise en scène de dialogues d’une très belle qualité, tout autant que le jeu de ces deux monstres du cinéma excellera dans l’art oratoire. Le fin doigté du diplomate contre le devoir et la majesté prussienne. Un affrontement feutré qui ne lésinera pas sur la menace et la dimension du lendemain, l’après-guerre. Un cheminement mental séduisant et épique.

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À coup sûr – Delphine de Vigan

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Un premier long métrage qui restera raté et incarnera sur pellicule un point de vue tristement monochrome.
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Emma, jeune et séduisante trentenaire est une fonceuse. Une éducation qui ne néglige pas la valeur de la compétition la poussera à toujours réussir ce qu’elle entreprend. Journaliste, elle est brillante et exécute méthodiquement dans sa vie le culte de la performance. À la suite d’un malentendu et une expérience malheureuse la jeune femme croit être une mauvaise affaire au lit. Obsédée par la réussite et déçue par cette révélation, Emma mettra tout en œuvre pour devenir le meilleur coup de Paris. Commencera dès lors pour l’héroïne un cycle d’études et travaux pratiques en accéléré autour du sexe, nous embarquant dans tout un tas de situations irréalistes plus souvent grotesques et absurdes que comiques. Le scénario comme prétexte, la réalisatrice nous fait croiser de multiples experts, connaisseurs et autres professeurs du sexe tous stéréotypés. Si le jeu des acteurs principaux, Laurence Arné et Eric Elmosnino, n’est pas mauvais, les dialogues sont plutôt convenus et souvent peu représentatifs des situations. On peinera donc à rire aux aventures chargées de catastrophes et lourdes de plans d’action et autres investigations. Pour l’écrivaine, Delphine de Vigan, le passage derrière la caméra comme réalisatrice pour son premier long métrage restera raté et incarnera sur pellicule un point de vue tristement monochrome.

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Nymphomaniac - Lars Von Trier

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C'est avec intelligence que le cinéaste distille l'équation du jugement et témoignage de son compteur et de son auditoire.
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Seligman est un vieux et charmant célibataire. Il découvre au fond d'une rue sombre un soir d'hiver une femme rouée de coups à demi consciente. Elle s'appelle Joe. Il la ramène chez lui, la soigne et de là va naître une longue discussion sur la vie de cette femme, de sa naissance jusqu'à ses 50 ans. Le parcours mouvementé se laissera volontiers compter par Joe qui s'auto diagnostique nymphomane. Dans ce premier volume, on découvre avec intensité les premiers pas de la sexualité d'une jeune fille obsédée très tôt par son sexe, le sexe et le chemin de la séduction et du plaisir. Immoral et parfois obscène, ce chemin de vie nous engloutit parfois sous les très crus détails visuels des innombrables rapports sexuels. Lars Von Trier nous plonge avec beaucoup de liberté au cœur de la tourmente de Joe qui n'a de cesse de canaliser ses émotions à travers ces multiples relations sexuelles. Le spectateur pourra se sentir brusqué par les enchaînements, entre la quiétude de la chambre de Seligman et le parcours érotique et malaise émotionnel de la jeune femme. Très loin de la grivoiserie, parfois inconvenant et scabreux, l'auteur cherche avec habilité à faire surgir la douleur de l'héroïne synthétisée autour du sexe. Un film qui ne choque pas mais intrigue sous la peau d'une alternative poésie référencée en littérature et musique classique. C'est avec intelligence que le cinéaste distille l'équation du jugement et témoignage de son compteur et de son auditoire.

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