YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Sautes d'humeur

Coup de cœur

Vue de l'intérieur

La prison des femmes de Rennes, unique centre pénitentiaire à accueillir un public exclusivement féminin, a désormais son magazine d’informations. Réalisé par les détenues pour les détenues, Citad’elles, Le féminin sans barreaux, est un trimestriel  de 36 pages qui a vu le jour le 18 janvier 2013. À l’origine de ce projet, Les Etablissements Bollec, collectif rennais de dessinateurs, auteurs et graphistes, et Anne-Héloïse Botrel, de la Ligue de l’enseignement 35. Une belle initiative qui crée un lien social vers l’extérieur. Ateliers, comités de rédaction, écriture des papiers, une quinzaine de rédactrices a découvert le fonctionnement d’une revue journalistique, en choisissant et en traitant les sujets de leur choix. Au sommaire, des recettes de cuisine, des conseils beauté, des idées pour fabriquer ses propres produits mais aussi un article sur l’insertion professionnelle à la sortie de prison ou encore un décryptage de la procédure simplifiée d’aménagement de peine. Les journalistes en herbe vont maintenant pouvoir former d’autres détenues intéressées par l’expérience afin d’assurer la continuité des numéros. En janvier, 500 exemplaires sortaient de l’imprimerie rennaise Micro Lynx pour être distribués à l’équipe de rédaction mais aussi aux autres femmes de la prison. Le but à terme étant de pouvoir développer la diffusion aux prisons du Grand Ouest. Le projet, soutenu financièrement par la Direction régionale des affaires culturelles 35, le Service pénitentiaire d’insertion et de probation 35 ou la Fondation Elle entre autres, devrait être assuré jusqu’en juin. Souhaitons bon vent à ce nouvel espace d’expression original et ambitieux !

Coup de gueule

Dislike a Virgin

Après avoir déposé le bilan mercredi 9 jan­vier 2013 pour cause de cessation de paiement, la direction de Virgin Mégastore n’est plus maître de son destin et de celui des 1200 salariés que le célèbre distributeur de biens culturels compte dans ses rangs. La faute, sans doute, à l’effondre­ment du marché du disque, et dans une moindre mesure, celle du livre. Le Tribunal de commerce de Paris a décidé lundi 14 janvier 2013 de placer l’enseigne vieille de 25 ans, ancienne propriété de l’Anglais Richard Branson puis de Lagardère et enfin du fonds d’investissement Butler Capital, en redressement judiciaire. À Rennes, 38 personnes sont menacées de perdre leur emploi. Parmi elles, des “gilets rouges” de la première heure, c’était en juin 1998. À Rennes, chacun dénonce l’injustice que représenterait l’effondrement de la marque. Une colère qui s’ajoute à l’incompréhension : se­lon plusieurs salariés rennais, l’antenne bretonne serait un moteur pour la chaîne et tirerait les ré­sultats de Virgin Mégastore France vers le haut. Un moteur également pour la rue Le Bastard, place centrale du commerce rennais. Difficile au­jourd’hui d’imaginer la disparition de l’imposante silhouette du Virgin qui s’étend du 6 au 10 de l’ar­tère, lieu infréquentable par les agoraphobes un samedi après-midi à l’approche de Noël. Profitant lui-même de sa situation géographique, le maga­sin rennais est devenu un passage obligé pour les promeneurs et les acheteurs, connaisseurs ou amateurs. À ces derniers, l’enseigne a permi de rendre la culture plus accessible, plus “grand public” grâce à une offre conséquente en produits et à une armée de vendeurs. Au détriment, certes, des petits disquaires ou libraires consolés par une clientèle plus fidèle et avertie. Aujourd’hui, certains mélancoliques des boutiques indépen­dantes “victimes” du géant rouge y voient un juste retour de bâton. Mais si Virgin ferme, j’aurai quand même mal à ma culture.