YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Sautes d'humeur

Coup de cœur

Magnifique misère

« En partant d'une approche picturale et artistique, je souhaitais m'interroger en photographie sur qui sont les pèlerins d'Emmaüs des temps modernes ? », résume la photographe Élodie Guignard à propos de son exposition « Les Magnifiques », dont les clichés seront visibles jusqu'au 24 novembre dans l'escalier de la Bibliothèque des Champs Libres. Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère du 17 octobre prochain, l'artiste, qui travaille et vit à Rennes, présente une série de dix-huit portraits d'hommes et de femmes de la communauté Emmaüs des Peupins dans les Deux-Sèvres. La jeune femme diplômée de l’École Nationale Supérieure de Photographie d'Arles les met en scène dans un cadre naturel, affublés de divers costumes, fourrures, chapeaux à plumes ou robes de mariées, dénichés dans les fripes de l'association, et leur donne derrière l'objectif, une grandeur insoupçonnée. Au-delà du simple coté esthétique de son travail, Élodie Guignard a su révéler un autre type de beauté à travers les sourires lumineux de personnalités qu'on oublierait parfois, en allant débusquer le futur vase qui trônera fièrement sur notre cheminée ou la chemise vintage qui fera pleurer d'envie notre entourage. Dans l'air du temps, ces portraits magnifient des corps, des visages parfois abîmés par la vie et révèlent des hommes et des femmes qui pourraient passer pour des artistes de cabarets parisiens. Le grotesque, la joie, la légèreté – qui manquent souvent dans l’art ces temps-ci, non ? – s’entremêlent à merveille.

Coup de gueule

Indécente culture

Depuis le 15 septembre dernier, et jusqu’au 31 décembre, le Musée des Beaux-Arts de Rennes appelle à la générosité publique pour finaliser l’acquisition de l’œuvre Saint Jude Thaddée, de Jusepe de Ribera. Soit 50 000 euros pour pallier à une « lacune criante dans l’ensemble des œuvres du XVIIe siècle : celle de l’école espagnole ». Pour cela, un Fonds de dotation a été mis en place. Le but : « favoriser l’essor et la pérennisation du mécénat de la structure culturelle ». Le mécénat, qui, nous dit-on dans un communiqué de presse à ce sujet « peut être l’affaire de tous », n’est pas nouveau dans l’art. Sans oublier l’effervescence autour des plateformes de financement participatif sur Internet. À la différence que, sur ces dernières, figurent des premiers projets nécessitant un coup de pouce à travers des sommes modestes, comparé aux 50 000 euros requis dans cette période charnière de septembre à décembre (impôts sur le revenu et impôts locaux). Que les Rennais soient invités à participer à l’acquisition d’une œuvre en échange de contreparties alléchantes, en soi, n’est pas scandaleux. Mais il flotte dans cette démarche une sorte d’indécence à requérir auprès de la population rennaise, bien que moins affectée par le chômage et la précarité que d’autres semble-t-il, toutefois affaiblie par la crise – à en croire les coupes budgétaires des institutions et les plans sociaux – une telle somme.