YEGG Magazine

Le féminin rennais nouvelle génération

Sautes d'humeur

Coup de cœur

La colère vous va si bien

En matière de lutte pour les droits des femmes, nombreuses sont les actions qui passent inaperçues. Heureusement, certaines arrivent à traverser l’écran de fumée – noire – qui nous sépare de la prise de conscience ! C’est le cas de l’association nantaise Colère : nom féminin, créée en mai dernier, qui a lancé une campagne contre le harcèlement de rue, et on ne peut que s’en réjouir ! « Je fais partie des « chanceuses » qui n’ont subi que l’agression verbale. En pleine après-midi, on m’a traité de « viande à viol » », explique Laura, à l’initiative de cette campagne qui prend la forme d’un message percutant et punchy, inscrit sur des tote bags ou des débardeurs : Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule. Pour elle, pas question de résoudre le problème en un coup de sac à main, ni d’engendrer de la violence gratuite, mais il est essentiel que chacun soit sensibilisé au sujet afin de se sentir concerné par ce fléau qui envahit les rues depuis trop longtemps : « Quand les gens le voient, ils en parlent, ça déclenche une discussion, un débat. C’est déjà beaucoup ! » Et c’est déjà beaucoup en effet, les membres de l’association ont été très rapidement saturés de commandes – plus de 1000 en à peine un mois. Sur les revenus engendrés par les ventes, 50% devraient être reversés à des associations – les 50% restants servant à la fabrication des produits. Pour l’heure, l’argent a servi à payer des cours de krav-maga, qui seront donnés cet été à Nantes auprès de 100 femmes et 7 hommes. Vous aussi prenez le taureau par les cornes : colerenomfeminin.bigcartel.com !

Coup de gueule

Kilos sous pression

Les ayatollahs de la minceur ont une nouvelle cible : la mère. Leur but ? Que la toute fraîche accouchée retrouve sa ligne fissa-fissa. Voire qu’elle devienne plus mince qu’avant, tant qu’à faire. Mais bien sûr ! Ces barbares malsains s’inspirent des stars qui se délestent de leurs kilos de grossesse en un temps record – avec l’aide, il ne faudrait pas l’oublier, de coachs en tout genre et à domicile (prof de fitness, diététicien, gourou yogi…etc). Si certaines ne récupèrent pas assez vite leur ligne, la presse les assassine. L’actrice et jeune maman Olivia Wilde est ainsi la proie des critiques qui évoquent « le fait qu’elle ait gonflé autant enceinte et n’a pas fondu rapidement (…) ses gros poteaux plein de cellulite » - article empli de finesse publié sur Premiere.fr et depuis supprimé – C’est ordurier et abject. Les femmes elles-mêmes se jettent dans la compétition, comme Maria Kang, dite « Fit Mum », et son stupide, odieux et culpabilisant « What’s your excuse ? » au dessus d’une photo d’elle mince et galbée, entourée de ses trois jeunes enfants. À la maison, la pression vient des maris, mères, belles-mères, sœurs et copines. Stop ! Qu’on leur fiche la paix ! Qu’on laisse leur corps se remettre du bouleversement qu’il vient de vivre. D’autant que cette « mode » entraine parfois des pertes de poids trop rapides et trop importantes, mettant en danger la santé de la femme. Mais de cela, s’en soucient-ils seulement, ces crétin-e-s ? On en doute fort.