Février 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
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Entre 2009 et 2013, Marie Moinard, auteure et éditrice, a regroupé pas moins de 70 scénaristes, dessinatrices-eurs et coloristes autour de la trilogie En chemin elle rencontre… (rappelez-vous cette chanson que l’on nous apprenait étant enfants sans nous expliquer qu’on clamait gaiement l’histoire d’un viol collectif…).

À travers de nombreuses histoires courtes illustrées sous la forme de BD, les trois albums délivrent des témoignages édifiants de violences contre des êtres humains. Parce qu’elles sont femmes. Et pour cela, elles sont insultées, violées, frappées, méprisées, humiliées, mariées de force, excisées, mises de côté ou encore assignées au foyer. Cette réalité du quotidien de la moitié de la population est brutale et bouleversante. Elle assaille nos entrailles et les torpille.

Certaines histoires nous ont glacé le sang, d’autres nous ont fait pleurer, d’autres encore nous ont amusé. Mais toutes nous ont donné l’envie de continuer à lutter. Parce qu’il n’est pas écrit dans nos gênes que nous sommes nées pour subir ces violences qui pourtant restent encore aujourd’hui minimisées et banalisées.

La trilogie, publiée par Les ronds dans l’O, nous met face à cette terrible vérité, face à nos préjugés et face à nos lâchetés qui nous font nous dérober face à ces atrocités. Et nous donne des chiffres, des faits réels, des clés pour comprendre et des arguments pour ne plus jamais laisser faire ! Et nous murmure, sans reproche ni jugement, que la parole des femmes s’est libérée depuis bien des années. Suffit de savoir écouter…

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Le 18 janvier, plusieurs affiches appelant à « La marche pour la vie » (21 janvier, à paris) recouvraient les fenêtres du local rennais du Planning Familial 35. Dans un communiqué, l’association féministe souligne, à juste titre : « Loin d'être pour la vie, les mouvements qui s'opposent à l'avortement sont en réalité contre les droits des femmes, contre leur possibilité de faire leurs choix. Le retour en arrière qu'ils prônent coûterait la vie de nombreuses femmes. »

En effet, chaque année, 48 000 femmes meurent dans le monde des suites d’avortements clandestins. Parce que les femmes n’ont pas les mêmes droits partout et que certains pays, comme la Pologne et son gouvernement ultra-conservateur, tentent de restreindre cette liberté lorsque celle-ci a réussi à être conquise, grâce à de nombreuses luttes féministes.

La violence de ces anti-choix est inouïe. En défilant dans les rues, ces personnes réclament le retour en arrière, le non droit pour une femme à disposer de son propre corps, la privant de la liberté de choisir d’avoir, ou non, un enfant. Pourquoi ? Pas de réponse. Et honnêtement, c’est chiant d’y réfléchir. C’est fatiguant et usant de faire face à si peu de respect et de considération envers TOUS les êtres humains.

Et c’est affligeant et franchement rageant de voir que quand le bus pour « La marche de la vie » est bloqué par des féministes, lors de son arrêt à Beaulieu, le mouvement anti-choix écrit sur Twitter : « Honte à ces ennemis de la liberté ! ». Sérieusement ? La honte doit changer de camp, là aussi. 

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Title: 
En chemin elle rencontre... les féminismes !
Title: 
Honte (et doigt d'honneur) aux antichoix !!!
Summary: 
Certaines histoires nous ont glacé le sang, d’autres nous ont fait pleurer, d’autres encore nous ont amusé. Mais toutes nous ont donné l’envie de continuer à lutter.
Summary: 
C’est fatiguant et usant de faire face à si peu de respect et de considération envers TOUS les êtres humains. Et c’est affligeant et franchement rageant...

Mai 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
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Le 12 avril dernier, le Forum Libé interrogeait l’avenir de la France à travers différents prismes, dont celui du féminisme. 2030 : un vent nouveau ? Pas de réponse. Pas de prise de risque pour les 4 intervenantes invitées, seulement des utopies idéalistes et légèrement Bisounours. De leur côté, Mathilde Joubaud – lycéenne à Saint-Martin en option Cinéma – et Paul Marques Duarte – étudiant en Arts du spectacle à Rennes 2 – ont décidé de prendre le contrepied de cette minauderie pour frapper un grand coup. Fin mars, ils diffusent sur Vimeo leur très court métrage Désirée, dont le synopsis, simple et efficace, se veut percutant. L’histoire d’une jeune fille, de 18 ans, qui se rend chez le médecin pour avorter et qui se retrouve face à un mur : « Pas violée, pas d’IVG », lui répond-il. Une réplique fracassante qui résonne dans l’actualité espagnole depuis décembre dernier, moment où le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté la loi anti-IVG, restreignant l’avortement à deux cas seulement : viol ou danger pour la santé de la mère. À la manière de Lisa Azuelos ou Éléonore Pourriat, les deux jeunes rennais transposent une situation soi-disant irréaliste à notre quotidien pour créer un choc, une prise de conscience. Une bien belle initiative qui nous fait réaliser qu’aucun droit n’est jamais acquis. Désirée insuffle en nous un vent de militantisme et cristallise certaines horreurs qu’il est important de combattre pour préserver le futur de toutes les femmes. Plus d’infos sur yeggmag.fr – Droit à l’avortement : Désirée ou l’art du court-métrage rennais – 28 mars 2014.

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Alerté par le SDAS FO 35 sur l'absence d’un centre IVG à l’hôpital de Vitré, YEGG a enquêté. Face à la difficulté d’obtenir des réponses, le sujet s’est révélé sensible, voire brûlant. Si le Conseil Général a signé en 2012 une convention avec les hôpitaux et la CPAM pour une « la mise en œuvre de l’IVG médicamenteuse dans les centres de planification ou d’éducation familiale départementaux », celle-ci a depuis pris beaucoup de retard. Vincent Lavoué, gynécologue-obstétricien au CHU de Rennes, qui a formé la responsable du centre de Vitré, CPEF volontaire pour l’expérimentation, s’en étonne. Il décrit, en outre, la position du centre hospitalier : « Légalement le directeur ne peut pas obliger les gynécologues à pratiquer l’IVG, mais pour maintenir sa maternité, il a besoin d’eux. C’est la quadrature du cercle. Le cas se pose dans beaucoup de petites villes. À Vitré les choses sont en train de se régler, mais le problème va se poser à Redon ». Selon lui, le débat est plus large : « Nous dépendons d’administrations distinctes, les centres de planification du Conseil Général, les centres IVG de la Sécu, deux instances décisionnelles qui ne se parlent pas en Ille-et-Vilaine. Il y a un manque de lisibilité et de coordination des différents intervenants, alors qu’on devrait travailler ensemble, en bonne intelligence, pour une action construite et cohérente, comme dans le Morbihan ». La rédaction de YEGG ne manquera pas de revenir plus longuement sur ce sujet dans un prochain numéro. 

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Un film désiré
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L'avortement : quel avenir ?
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Et si l'avortement n'était pas légalisé en France ?
Summary: 
Manque de centre IVG dans le département = sujet sensible...