Avril 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

C’est tout récent, ça vient de juste de sortir (mois de mars). Aux éditions La boite à bulles. Signée Anaële et Delphine Hermans, la bande-dessinée La Ballade des dangereuses – Journal d’une incarcération livre l’histoire vraie de Valérie Zézé. Le 20 janvier 2015, lorsque le jugement tombe, elle n’en est pas à son premier flagrant délit de vol, loin de là.

C’est la vingt-neuvième fois, la magistrate signe le mandat d’arrêt, direction la maison d’arrêt de Berkendael, en Belgique, qu’elle connaît bien pour y avoir été incarcérée à plusieurs reprises. Elle en connaît les codes, elles en connaît les rouages. Il lui a fallu affronter des « mastodontes », jouer les caïds, un rôle dans lequel elle se sent parfois enfermée, pour être désormais respectée par les autres détenues, qu’elle aide avec ferveur et compassion. 

Valérie Zézé nous emmène avec elle dans son quotidien, dans lequel « tu ne t’appartiens plus », dans lequel tu fais une croix sur ton intimité, mais aussi dans lequel tu es en manque de coke, dans lequel tu es en colère et dans lequel tu réfléchis à ta situation. C’est un point de vue, le sien, elle ne prétend pas parler pour les autres.

Elle ne nie pas la dureté du lieu et ses dysfonctionnements mais prend le parti de se sauver elle-même et de s’aider à s’en sortir. Par l’introspection, le soutien de son fils, la découverte de la religion musulmane, la protestation, l’entraide et l’envie de décrocher. Pour prendre un nouveau chemin. 

Text: 

Le 3 avril, Le Groupe F et Paye Ta Police ont lancé officiellement, via les réseaux sociaux et le site legroupef.fr, les résultats de leur enquête inédite, recueillant en 10 jours les témoignages de plus de 500 femmes victimes de violences sexuelles, bien ou mal prises en charge par la police ou les gendarmes.

C’est effarant (et malheureusement, pas surprenant) : 91% des témoignent relatent d’une mauvaise, voire catastrophique, prise en charge. Très souvent, les forces de l’ordre refusent ou découragent la personne concernée à pour porter plainte. Ou la forcent à insister. 60% des cas, dans l’enquête.

À partir des récits reçus, #PayeTaPlainte répertorie les éléments récurrents à la procédure : banalisation, culpabilisation des victimes, solidarité avec l’agresseur… Des faits d’un autre temps ? Bah non. La plupart des vécus datent des deux dernières années. Qu’attend-on pour réagir ? Pour prendre conscience que ces violences sont l’apanage d’un système patriarcal et raciste ? Pour former les forces de l’ordre à ce type de violences ? Qu’il y ait des victimes et des mortes ? Il y en a. Des milliers chaque année en France.

Le Groupe F et Paye Ta Police ont créé une carte de l’Hexagone, pointant toutes les villes d’où proviennent les témoignages. À Rennes, à l’hôtel de police, on en compte 7 entre 2011 et 2017 : moqueries, propos sexistes, culpabilisation de la victime, refus ou découragement de porter plainte, remise en question de la gravité des faits, solidarité avec la victime, maltraitance de la victime. Monde de merde ! 

Posts section: 
Title: 
Valérie Zézé, son quotidien en maison d'arrêt
Title: 
Mais que fait la police ? Beaucoup de mal, apparemment...
Summary: 
Elle ne nie pas la dureté du lieu et ses dysfonctionnements mais prend le parti de se sauver elle-même et de s’aider à s’en sortir. Par l’introspection, le soutien, la découverte de la religion musulmane, la protestation et l’envie de décrocher.
Summary: 
91% des témoignages relatent une mauvaise, voire catastrophique, prise en charge. Très souvent, les forces de l’ordre refusent ou découragent la personne concernée à pour porter plainte. Ou la forcent à insister.

Mars 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Rendre visible les parcours des femmes qui ont aimé des femmes, cis ou trans, durant la Seconde Guerre Mondiale, telle est la brillante idée de Queer code qui croise les travaux d’activistes féministes, d’associations LGBTI, d’artistes, de performeuses, d’historiennes et de sociologues. Rolande Trempé, Andrée Dubos-Larouquette, Suzy Solidor, Violette Morris, Mary Punjer, Henny Schermann…

Résistantes, collabos ou déportées, leurs noms figurent sur le site qui regorge de références à des ouvrages historiques, articles, films, livres, bds, documentaires ou encore pièces de théâtre. Des sources méconnues du grand public et pourtant essentielles à la mémoire et la compréhension de l’Histoire.

En parallèle, Queer code développe un autre site, toujours basé sur un projet européen, collaboratif et féministe, intitulé Constellations Brisées, dans l’optique de retracer les itinéraires des femmes lesbiennes déportées et persécutées, quelles que soient leurs nationalités.

Ainsi, la première carte présente Thérèse Pierre, enseignante à Vitré, Redon, Fougères ou encore Carhaix, là où elle s’engage dans la Résistance, avant d’être incarcérée en 1943 à la prison Jacques Cartier, à Rennes, et torturée par la Gestapo jusqu’à sa mort la même année. L’équipe de Queer code, en relation avec des militant-e-s rennais-es, devrait se rendre dans la capitale bretonne mi-avril pour une rencontre et un atelier. Nous attendons l’événement – dont le lieu n’a pas encore été trouvé fin février - avec impatience !  

Text: 

Après les nombreuses débâcles de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron serrait fort les fesses pour que ses ministres soient irréprochables. Pas de bol (ou coup de bol…), un mois plus tard, une enquête préliminaire vise les élu-e-s Modem, dont François Bayrou et Marielle de Sarnez. Hop, ça dégage !

Même pas un an plus tard, le passé vient rattraper plusieurs ministres. Début 2018, le cas Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, est expédié aux oubliettes. Les expert-e-s témoignent : oui c’est un « queutard », tout le monde le sait, mais cette histoire est vieille (rappelons que l’affaire n’a pas été jugée mais que les faits étaient prescrits au moment de la plainte) et cela affecte sa jolie petite famille.

Quelques jours plus tard, le gouvernement et le Premier ministre expriment dans la presse tout leur soutien à Gérald Darmanin, ministre des Actions et des Comptes publics, accusé par deux femmes d’abus de faiblesse pour obtenir des faveurs sexuelles. Mi-février, le président de la République, à ce propos, met en garde contre « une forme de République du soupçon ». Le débat, stérile, est occupé par les hommes (coucou Denis Olivennes, Mathias Cichportich et Hugo Clément dans l’émission « On n’est pas couché » du 17 février).

La parole de ces femmes ne vaut donc rien ? Il n’existe que des femmes vénales, avides de pouvoir et hystériques ? Ah non, il existe aussi des militantes féministes, comme Marion Seclin ou Caroline de Haas qui font l’actualité au moment où nous écrivons ces lignes, qui dénoncent ces actes et mécanismes et qui sont alors insultées et menacées de mort, de viol, ou encore incitées au suicide. Franchement, MERDE ! 

Posts section: 
Title: 
39 - 45 : ne pas oublier les lesbiennes !
Title: 
Quand va-t-on cesser de minimiser la parole des femmes ?
Summary: 
Rendre visible les parcours des femmes qui ont aimé des femmes, cis ou trans, durant la Seconde Guerre Mondiale, telle est la brillante idée de Queer code !
Summary: 
Le gouvernement et le Premier ministre expriment dans la presse leur soutien au ministre Gérald Darmanin, accusé par deux femmes d’abus de faiblesse pour obtenir des faveurs sexuelles. Sérieusement ?

Février 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Entre 2009 et 2013, Marie Moinard, auteure et éditrice, a regroupé pas moins de 70 scénaristes, dessinatrices-eurs et coloristes autour de la trilogie En chemin elle rencontre… (rappelez-vous cette chanson que l’on nous apprenait étant enfants sans nous expliquer qu’on clamait gaiement l’histoire d’un viol collectif…).

À travers de nombreuses histoires courtes illustrées sous la forme de BD, les trois albums délivrent des témoignages édifiants de violences contre des êtres humains. Parce qu’elles sont femmes. Et pour cela, elles sont insultées, violées, frappées, méprisées, humiliées, mariées de force, excisées, mises de côté ou encore assignées au foyer. Cette réalité du quotidien de la moitié de la population est brutale et bouleversante. Elle assaille nos entrailles et les torpille.

Certaines histoires nous ont glacé le sang, d’autres nous ont fait pleurer, d’autres encore nous ont amusé. Mais toutes nous ont donné l’envie de continuer à lutter. Parce qu’il n’est pas écrit dans nos gênes que nous sommes nées pour subir ces violences qui pourtant restent encore aujourd’hui minimisées et banalisées.

La trilogie, publiée par Les ronds dans l’O, nous met face à cette terrible vérité, face à nos préjugés et face à nos lâchetés qui nous font nous dérober face à ces atrocités. Et nous donne des chiffres, des faits réels, des clés pour comprendre et des arguments pour ne plus jamais laisser faire ! Et nous murmure, sans reproche ni jugement, que la parole des femmes s’est libérée depuis bien des années. Suffit de savoir écouter…

Text: 

Le 18 janvier, plusieurs affiches appelant à « La marche pour la vie » (21 janvier, à paris) recouvraient les fenêtres du local rennais du Planning Familial 35. Dans un communiqué, l’association féministe souligne, à juste titre : « Loin d'être pour la vie, les mouvements qui s'opposent à l'avortement sont en réalité contre les droits des femmes, contre leur possibilité de faire leurs choix. Le retour en arrière qu'ils prônent coûterait la vie de nombreuses femmes. »

En effet, chaque année, 48 000 femmes meurent dans le monde des suites d’avortements clandestins. Parce que les femmes n’ont pas les mêmes droits partout et que certains pays, comme la Pologne et son gouvernement ultra-conservateur, tentent de restreindre cette liberté lorsque celle-ci a réussi à être conquise, grâce à de nombreuses luttes féministes.

La violence de ces anti-choix est inouïe. En défilant dans les rues, ces personnes réclament le retour en arrière, le non droit pour une femme à disposer de son propre corps, la privant de la liberté de choisir d’avoir, ou non, un enfant. Pourquoi ? Pas de réponse. Et honnêtement, c’est chiant d’y réfléchir. C’est fatiguant et usant de faire face à si peu de respect et de considération envers TOUS les êtres humains.

Et c’est affligeant et franchement rageant de voir que quand le bus pour « La marche de la vie » est bloqué par des féministes, lors de son arrêt à Beaulieu, le mouvement anti-choix écrit sur Twitter : « Honte à ces ennemis de la liberté ! ». Sérieusement ? La honte doit changer de camp, là aussi. 

Posts section: 
Title: 
En chemin elle rencontre... les féminismes !
Title: 
Honte (et doigt d'honneur) aux antichoix !!!
Summary: 
Certaines histoires nous ont glacé le sang, d’autres nous ont fait pleurer, d’autres encore nous ont amusé. Mais toutes nous ont donné l’envie de continuer à lutter.
Summary: 
C’est fatiguant et usant de faire face à si peu de respect et de considération envers TOUS les êtres humains. Et c’est affligeant et franchement rageant...

Janvier 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

On rend souvent hommage aux femmes qui ont marqué l’Histoire, qui réhabilitent les oubliées ou qui œuvrent au changement des mentalités. Cette fois, ce sont les hommes que nous allons saluer et féliciter ici. À travers le témoignage de Franck Bréal – à lire absolument dans Causette, novembre 2017 – on se dit que les choses avancent. Certes, lentement.

En effet, dans l’article, il raconte son parcours, de sa réflexion pour une contraception partagée entre les hommes et les femmes à son opération, la fameuse vasectomie. Il fait désormais parti des 0,8% ! « Aujourd’hui, je parle de la vasectomie très librement. Je réponds d’ailleurs volontiers aux questions que certain-e-s se posent sur l’opération, via des forums ou sur les réseaux sociaux. J’essaie de participer activement à toute conférence ou débat sur la contraception masculine dans ma ville (Rennes, ndlr) afin d’apporter mon témoignage. », écrit-il dans l’épilogue. Ça fait du bien un homme qui s’engage et qui le dit. Et surtout, qui ne joue pas au héro.

Ses doutes, ses questions, ses angoisses, quant à « (s)a sexualité, (s)on érection, (s)on éjaculation » post opératoire, il les livre sans faux semblant et sans détour, parfois même avec humour. Pour dédramatiser. Ou exorciser. Parce que la vasectomie, tout comme la contraception féminine définitive, reste encore aujourd’hui un parcours plein d’embuches et plein d’idées reçues… Alors, on vous le redit, ce n’est pas votre bite - ou son contenu – qui fait de vous un homme…

Text: 

À l’occasion de la 2e semaine de lutte contre les discriminations, la mairie de Paris a choisi de dédier une journée, celle du 15 décembre dernier, à la grossophobie, une forme spécifique d’intolérance et de discrimination visant les personnes obèses ou en surpoids. L’occasion de se pencher sur une problématique qui en dit long sur notre société.

D’un côté, la consommation à outrance, à laquelle l’alimentation ne fait pas exception. D’un autre côté, le culte de la minceur. Et les femmes sont principalement visées par cette injonction à la beauté. Dans une étude, datée de février 2016, le Défenseur des Droits révèle que la corpulence est un facteur important lors d’un entretien d’embauche, notamment dans les secteurs vente/commerce, et souligne que si hommes et femmes obèses sont discriminé-e-s de la même manière, en revanche, la gent féminine l’est encore davantage puisqu’elle l’est dès un début de surpoids.

Clairement, être grosse (ou ne pas être mince), ça fait tâche dans le beau décor édulcoré de la publicité du modèle unique et de son 34/36 pas bien réaliste… Pourtant, d’après les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé, les personnes obèses ou en surpoids devraient représenter 67% de la population (contre 47% actuellement) en 2030. Il serait peut-être temps de briser les tabous et les clichés et de se demander d’où provient cette malveillance (et surtout qui la crée et à qui elle profite !). Un conseil : lire On ne nait pas grosse, de Gabrielle Deydier. 

Posts section: 
Title: 
Raconte nous ta vasectomie !
Title: 
Pas de régime contre la grossophobie
Summary: 
Le magazine Causette a publié en novembre le témoignage de Franck Bréal au sujet de sa vasectomie, qui reste encore aujourd'hui, tout comme la contraception féminine définitive, un parcours du combattant...
Summary: 
La grossophobie, on commence doucement à en parler. Souvent banalisée, elle est pourtant révélatrice d'une société jugeante et moralisatrice, prise entre des injonctions paradoxales bien lourdes...

Un autre regard 2 - Emma

Posts section: 
List image: 
Summary: 
Emma s'attache à vulgariser des concepts féministes et humanistes. D'un simple coup de crayon, elle délivre des messages clairs, drôles et fondamentaux pour bien vivre ensemble.
Text: 

Ingénieure en informatique le jour, dessinatrice quand elle a "fini le reste", Emma s'inspire de son vécu de femme, de conjointe, de collègue, de mère de famille et de citoyenne pour proposer ses réflexions autour du quotidien. Et à travers ce quotidien ordinaire, elle décrypte des phénomènes très symboliques et significatifs de diverses formes de domination.

Dans Un autre regard 2, on retrouve son explication dessinée de la charge mentale et du fameux "Mais fallait me demander !", si révélateur des mécanismes du genre. On se délecte également du mordant parallèle de l'affaire du burkini en imaginant l'arrivée d'une femme et de sa fille, au Maristan, là où on ne porte aucun textile dans le haut du corps. Les deux immigrées vont alors se voir obligées soit de rester à la maison, soit d'enlever leurs soutiens-gorges.

La blogeuse mérite son succès de par l'ouverture d'esprit qu'elle offre sur différents sujets de société, comme sa manière de repenser le temps de travail et le temps passé en famille ou sa façon d'impliquer les hommes dans la répartition des tâches ménagères ou encore l'éducation des enfants.

Emma s'attache à vulgariser des concepts féministes et humanistes difficiles à faire passer dans la société. De son coup de crayon très simple et presque enfantin, elle délivre des messages clairs, drôles et fondamentaux pour bien vivre ensemble.

Main image: 

Décembre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

La réhabilitation des femmes qui ont marqué l’Histoire est une thématique récurrente dans cette rubrique. On ne s’en cache pas, on adore dévorer les bouquins, romans graphiques, magazines, etc. qui retracent les parcours de celles qui ont œuvré au même titre que les hommes au développement des sociétés mais qui - parce que l’Histoire est écrite par les hommes, pour les hommes – ont été oubliées.

On est donc ravi-e-s qu’un nouvel ouvrage rejoigne les étagères de notre bibliothèque féministe, celui du collectif Georgette Sand, Ni vues ni connues – Panthéon, Histoire, mémoire : où sont les femmes ?, publié début octobre par les éditions Hugo&cie (collection Hugo Doc Les Simone).

Entre la préface de l’historienne Michelle Perrot et la postface de la dessinatrice – célèbre pour ses Culottées – Pénélope Bagieu, on croise des artistes, des aventurières, des méchantes inventées ou avérées, des femmes de pouvoir, des intellectuelles, des militantes et des scientifiques. De toutes les époques et de tous les continents.

Si certains parcours sont connus, comme Camille Claudel, Alexandra David-Néel, Rosa Luxembourg ou encore Marie Curie, la force du bouquin est de proposer une majorité de portraits de noms inconnus. On découvre avec passion qu’elles ont souvent été précurseures dans leur domaine mais dans l’ombre de leurs maris, reléguées au statut de muse ou décrédibilisées, elles n’ont pas obtenu la reconnaissance méritée. Si là franchement vous ne vous dites pas que c’est une brillante idée de cadeau pour Noël, on ne sait plus quoi faire…

Text: 

Le 18 novembre dernier, fleurs et bougies ont été déposées place de la Mairie à Rennes en hommage à l’utérus inconnu. Pourquoi ? Pour envoyer un message fort et montrer « aux responsables de cette situation notre détermination ». Comprendre alors : le collectif rennais L’Utéruse poursuit activement son combat pour l’accès égal à la santé pour toutes les femmes.

Constitué depuis dix mois (lire leur interview dans YEGG#58 – Mai 2017), le collectif dénonce le quasi-monopole en Ille-et-Vilaine du laboratoire Atalante Pathologie concernant l’analyse des frottis cervico-utérins. Le 1er février, l’établissement a décidé de revaloriser la tarification de cet acte à travers un dépassement d’honoraires de 6,60 euros.

« À raison de 90 000 frottis par an (soit la quasi totalité des frottis d’Ille-et-Vilaine), les femmes auront payé dans l’année plus de 540 000 euros de dépassement d’honoraires au laboratoire Atalante. Combien de temps supporterons-nous cette injustice qui pèse sur les femmes, dans l’indifférence générale ? », interroge à juste titre L’utéruse dans un communiqué de presse, le 14 novembre.

Parce que le cancer du col de l’utérus tue chaque année 1100 femmes en France, que le dépistage pourrait éviter « le développement de 90% des cancers » et qu’en Ille-et-Vilaine, on constate malheureusement une diminution de 10% de la participation au dépistage en moins de 10 ans, il est scandaleux de sacrifier des vies pour des raisons pécuniaires. Nous, ça nous file des nausées…  

Posts section: 
Title: 
Ni vues, Ni connues... Jusqu'à maintenant !
Title: 
En mémoire de l'utérus inconnu
Summary: 
On croise des artistes, des aventurières, des méchantes inventées ou avérées, des femmes de pouvoir, des intellectuelles, des militantes et des scientifiques. De toutes les époques et de tous les continents.
Summary: 
Le collectif L'Utéruse dénonce le quasi-monopole, et ses conséquences tarifaires, en Ille-et-Vilaine du laboratoire Atalante Pathologie concernant l’analyse des frottis cervico-utérins.

Novembre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

La honte doit changer de camp. Impérativement. Pour y arriver, forces de l’ordre et système judiciaire doivent évoluer conjointement et être formés à la problématique des violences faites aux femmes. Parce que l’on vit dans une société qui diffuse et entretient constamment la culture du viol dans sa globalité.

En attendant cette prise de conscience et cette progression (qui ne se fera pas à coup de Unes testostéronées du type Le Parisien qui le 25 octobre brandissait 16 portraits de personnalités publiques masculines et titrait « Harcèlement sexuel – Les hommes s’engagent »), il est essentiel d’accompagner et d’aider celles qui ont subi du harcèlement et des agressions sexuelles.

C’est dans ce but que Sandrine Rousseau, ex-élue EELV, a fondé l’association Parler, qui propose aujourd’hui une adresse mail – suisjeseule@gmail.com - pour dénoncer les violences sexuelles et mettre en contact les femmes victimes d’un même harceleur/agresseur sexuel, à partir de 5 signalements sur une même personne. Ainsi, la structure espère encourager les dépôts de plaintes groupés.

On le sait, ce sera long, pénible et douloureux. Cela prendra du temps. Parce qu’il en faut énormément pour parler et oser franchir le cap. Parce que l’on sait que l’accueil au commissariat sera certainement abject et les suites éventuelles aussi. D’où l’importance d’une action collective. Entre femmes, dans un premier temps.

Text: 

On doit bien l’avouer, on a nos côtés réac’ niveau écriture de la langue française. Il faut bien l’admettre, l’écriture sms nous est assez insupportable. D’autant plus qu’aujourd’hui, les textos ne sont plus limités en terme de caractères, plus d’excuses donc pour raccourcir les mots. Certes, cela nous a parfois été utile sur Twitter mais pas plus.

Mais on se dit que ce n’est rien comparé aux vieilles peaux de l’Académie française qui tremblent de dégoût face à l’écriture inclusive et déclarent à ce propos dans un communiqué, publié sur leur site et daté du 26 octobre dernier : « Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme une norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. »

On pouffe de rire en même temps qu’on vomit. On s’évanouit à plusieurs reprises en lisant la suite : « C’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

Dénonçant – selon leurs termes - une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité, les membres s’opposent à ce qui devrait être déjà acté depuis au moins leurs naissances (c’est dire !), à savoir la prise en compte de l’autre moitié de la population. Les femmes, quoi. Mais bon comme « cela alourdirait la tâche des pédagogues », on ne va pas insister… Bah si, en fait !  

Posts section: 
Title: 
Agir ensemble contre les violences sexuelles
Title: 
Le mâle de la langue française
Summary: 
La honte doit changer de camp. Impérativement. En parallèle, il est essentiel d’accompagner et d’aider celles qui ont subi du harcèlement et des agressions sexuelles.
Summary: 
On pouffe de rire en même temps qu’on vomit. On s’évanouit à plusieurs reprises en lisant le communiqué de l'Académie française, à propos de l'écriture inclusive...

Octobre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

On retrouve sur la couverture la photo, prise en 1957 à Rennes, des deux femmes qui avaient déjà incarné les Elles qui disent, publié en mars 2016. Marie-France et Marie-Ange Jouan. La mère et la grand-mère d’Anne Lecourt, passeuse d’histoires de vie qui revient en septembre 2017 avec un nouvel ouvrage, intitulé cette fois Les Discrètes paroles de Bretonnes….

On y retrouve Clémentine, Madeleine, Marie, Monique, Marcelle, Yvette ou encore Elisa, du pays de Montfort. Et on y découvre Anne, Paule, Agnès, Roberte, Janet et d’autres, qui comme les premières, témoignent de la vie qu’elles ont vécu, principalement dans les campagnes bretonnes, de 1930 à aujourd’hui.

L’auteure, de sa plume respectueuse, continue là le travail amorcé l’an passé, un travail de mémoire, de transmission, qui aborde au travers de portraits fins et bienveillants la condition des femmes de cette époque. Et ça fait du bien d’entreprendre cette lecture aussi émouvante qu’apaisante.

Parce qu’en filigrane de ces histoires, on peut se laisser rêver à la vie de nos grands-mères qui, par pudeur tout comme les Discrètes, n’ont pas livré à la postérité leurs vécus intérieurs. C’est comme renouer avec le passé ! Une manière de saluer les générations précédentes et de ne pas oublier le combat qu’elles ont souvent menées, sans le réaliser.

Text: 

Elles étaient 122 en 2015 (lire notre Décryptage YEGG#63 – Décembre 2016). Elles sont une de plus, en 2016. Elles, ce sont les femmes mortes sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Pourquoi ? Parce que ces derniers, à 49%, refusent la séparation.

C’est ce que révèle début septembre le rapport de la délégation aux victimes – structure commune à la police et à la gendarmerie nationales qui recense, depuis 11 ans, pour le ministère de l’Intérieur, les morts violentes survenues au sein du couple – qui sépare distinctement les 109 femmes victimes « au sein de couples officiels (conjoint, concubin, pacsé ou ex…) » et les 14 femmes victimes « au sein de couples non officiels (petit ami, amant, relation périodique ou ex…) ».

Déjà, la catégorisation pose problème. Surtout quand celle-ci entraine la hiérarchisation des informations. Parce que l’étude, dès le début, n’affiche que le premier chiffre. Il faut attendre la page suivant la conclusion, pour trouver le tableau récapitulatif global de l’année 2016 : on y découvre alors qu’elles sont en réalité 123, et non 109, à être décédées de violences conjugales.

Ce chiffre est important. Trop important. Il signale que tous les 3 jours, une femme en France, meurt des coups de son mec ou de son ex (peu importe qu’il s’agisse de son mari ou de plan cul). Il serait temps d’arrêter de minimiser ou de banaliser ces actes barbares, qui ne sont ni des crimes passionnels, ni des incidents, mais des féminicides.

Posts section: 
Title: 
Ne pas oublier les récits des Discrètes
Title: 
123 (et pas 109) femmes de trop !
Summary: 
L’auteure, de sa plume respectueuse, continue là le travail amorcé l’an passé, un travail de mémoire, de transmission, qui aborde au travers de portraits fins et bienveillants la condition des femmes de 1930 à aujourd'hui.
Summary: 
Ces femmes, ce sont celles qui sont mortes en 2016 sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Pourquoi ? Parce que ces derniers, à 49%, refusent la séparation.

Septembre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Ce n’est pas un coup de cœur, c’est un coup de foudre. Alors oui, on sait, on a pas mal d’années de retard mais on a fini par lire Le chœur des femmes, du médecin, romancier et essayiste Martin Winckler. Et c’est un véritable soulagement. Parce que les témoignages résonnent avec notre expérience intime.

En nous permettant d’assister aux consultations et aux coulisses du service de médecine des femmes, dirigé par Franz Karma, un professionnel de la santé attentif et bienveillant, qui va prendre sous son aile, Jean Atwood, une jeune interne brillante promise à une grande carrière de chirurgie réparatrice des organes sexuels, l’écrivain propose un regard à la fois doux et critique sur ce que vivent les femmes dans le parcours de santé. Martin Winckler remet l’humain au cœur de cette médecine gynécologique qui peut être, pour tout un tas de raisons plus ou moins compréhensibles (mais pas tant que ça), parfois source de violence pour les femmes, cis et trans.

Au fil du bouquin, on respire grâce à ce non-jugement prôné par ce service. Le chœur des femmes montre qu’une autre méthode est possible, les techniques employées ayant besoin d’être davantage pensées pour le confort des patientes – et non celui des praticien-ne-s - et invite à réfléchir à l’évolution d’une médecine plus humaine. Un point de vue que partage le médecin et écrivain Baptiste Beaulieu, parrain de la nouvelle librairie rennaise La Nuit des temps, présent lors de l’inauguration de celle-ci, le 16 septembre prochain.

Text: 

Il y a des choses que l’on ne comprend pas. Imaginer et fabriquer une capsule intime pour se tartiner les parois du vagin avec des paillettes en fait partie. Autant dire que se l’introduire là-dedans nous est totalement inconcevable. Sans doute notre petit côté réac…

Mais voilà, à la rédaction, on était déjà choqué-e-s d’apprendre que la chirurgie des lèvres génitales devenait de plus en plus répandue chez les jeunes femmes alors là, on est tombé-e-s de nos chaises longues en lisant que la société américaine Pretty Woman Inc avait lancé une véritable tendance avec les « Passion dust », arrivant jusqu’à la rupture de stock (ou suscitant avec cela encore plus le besoin et l’envie chez les consommatrices ? On ne serait pas étonné-e-s d’une telle stratégie…).

L’argument de vente ? Ajouter du fun aux relations sexuelles pour celles et ceux qui visiblement trouvent que le sexe manque de couleurs et de goût... Car oui, l’idée est d’insérer la capsule une heure avant le rapport, le temps pour l’emballage de fondre et de répandre les paillettes sucrées à l’intérieur ! Non mais sérieusement ? Il serait temps d’arrêter de se dire que ce genre de concept a un aspect rigolo.

Parce qu’il n’en est rien lorsque la provenance et la composition du produit ne sont pas certaines, voire sont carrément  douteuses, et surtout que les paillettes risquent de porter atteinte à la flore vaginale et ainsi créer des infections et inflammations. Honnêtement, y a tellement d’autres façons de s’éclater au lit…

Posts section: 
Title: 
Au choeur de la santé des femmes !
Title: 
Dress code : paillettes dans le vagin
Summary: 
Martin Winckler remet l’humain au cœur de cette médecine gynécologique qui peut être parfois source de violences pour les femmes, cis et trans.
Summary: 
L’idée est d’insérer la capsule une heure avant le rapport, le temps pour l’emballage de fondre et de répandre les paillettes sucrées à l’intérieur ! Non mais sérieusement ?

La tresse - Laetitia Colombani

Posts section: 
List image: 
Summary: 
Un roman à couper le souffle qui nous plonge au cœur de trois histoires, dans l’espoir des grandes batailles qu’elles vont livrer. Un récit féministe empli d’humanité et d'humanisme.
Text: 

En Inde, Smita se bat pour que sa fille accède à l’école et ne suive pas ses pas à elle, qui récure les toilettes de la caste supérieure. En Sicile, Giulia travaille comme ouvrière dans l’atelier familial, qui traite les cheveux. Au Canada, Sarah est une avocate réputée pour qui la carrière professionnelle passe avant la famille.

Les trois femmes vont devoir affronter des épreuves imprévues auxquelles elles ne sont pas préparées. Mais, chacune à sa manière, avec ses armes et ses traits de personnalité, va se battre et refuser de se résigner. Refusant la fatalité, les assignations genrées et les codes sociaux, elles vont faire le choix de la liberté et de l’émancipation.

Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne, et signe ici son premier roman. Un roman à couper le souffle qui nous plonge au cœur de trois histoires dissociées qui peu à peu vont se lier, sans le savoir, dans l’intimité de la lutte personnelle que chacune vit et dans l’espoir des grandes batailles qu’elles vont livrer pour s’en sortir et avancer selon leur volonté. Un récit féministe empli d’humanité, d’humanisme et de douceur, malgré tout.

Main image: 

Pages