Sous les jupes des filles - Audrey Dana

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Si l’idée est simple - une sorte de mosaïque contemporaine et moderne de la féminité - ce qu’il en sort est nauséabond de clichés.
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Si l’idée est simple, réunir 11 femmes en faisant une sorte de mosaïque contemporaine et moderne de la féminité, ce qu’il en sort est nauséabond de clichés. Du très improbable kaléidoscope de la femme de la réalisatrice Audrey Dana en résulte une image superficielle et totalement hors de la réalité. Sous les jupes des filles s’emploie à énumérer les travers et faiblesses de tous ces personnages à travers des vies qui les opposent et qui, de part leur appartenance à la gente féminine, les rapprocheraient tout de même. On pourrait juger d’un sens de la comédie assez moyen et d’une mise en scène approximative mais ce qui visiblement échappe à l’auteure c’est que les femmes auront bien du mal à se reconnaître en ce bel assemblage de conditions bourgeoises. À peine le début de questionnement autour de et sur la femme sans jamais la moindre réflexion sur le sujet énoncé, pas même en digression. Qu’il en soit de la pression sociale d’être une mère, une femme dévouée, du monde du travail ou du plaisir sexuel, rien n’est abordé avec sérieux. Tout n’est que visibilité potache et légèreté insignifiante. Un probable éparpillement qui n’apportera pas la moindre once de contenu. Audrey Dana qui, on s’en doute bien, aura cherché à cerner la féminité à notre époque n’aura rien de très concret à proposer aux femmes qui vivent de vraies vies de femmes, loin de ces personnages traités incarnant de navrants archétypes. Le talent du casting aurait dû signer de bons moments de cinéma. Dommage!

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24 jours - Alexandre Arcady

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Alexandre Arcady pose les fondements du crime qui, selon lui et cette famille française et républicaine, relève d'un crime antisémite.
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Tiré de l'histoire vraie de l'enlèvement et la séquestration d'Ilan Halimi, en 2006 en région parisienne, 24 Jours nous immerge avec passion, à travers les faits, au plus près de la douleur et du harcèlement vécus par la famille et tout particulièrement par la mère de la victime. Ceux que l'on appellera le "Gang des barbares" seront les tortionnaires et bourreaux d'Ilan. Il sera affamé et torturé pour être, au bout de 24 jours d'échec de négociations éreintantes, laissé pour mort dans les bois. Si le cinéaste consent à vouloir présenter cette femme et mère comme représentant LA figure maternelle, cette volonté peut être, au vu des faits, perçu comme complexe et ambiguë. En effet si Ruth Halimi est la maman d'un jeune comme les autres, tout le film choc vise à revisiter l'histoire à travers un polar dont l'issue dépend de l'identité juive du jeune homme. C'est en cela qu'Alexandre Arcady pose les fondements du crime qui, selon lui et cette famille française et républicaine, relève d'un crime antisémite. Si ce dernier reste incompris par l'opinion, l'est-il sur la base d'une bonne présentation des faits ? C'est bien LA question que soulève l'histoire de ce fait divers et non le film. Au-delà du récit, doit-on juger le crime comme antisémite - ce que les auteurs (livre & film) s'attèlent à démontrer - ou doit-on se forger bien malgré le propos une réelle opinion personnelle sur l'enlèvement et le terrible supplice de ce jeune français ?

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Les Gazelles - Mona Achache

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La galerie de personnages ne rattrapera pas la fragilité du discours et l’austérité du récit qui agace par son manichéisme.
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Marie et Eric sont deux trentenaires vivant en couple depuis le lycée. Le quotidien ayant rongé la romance, Marie se voit prise d’un violent doute qui la pousse à claquer la porte et quitter son amour de toujours. Mais voilà, où aller ? Que faire ? Et vers qui se tourner ? L’héroïne un brin loufoque et globalement perdue dans sa vie tentera de donner une nouvelle impulsion à celle-ci grâce à la rencontre d’un groupe de filles. Célibattantes à 100%, ces filles revendiquent leur statut à coup de nuits endiablées, d’ivresse d’alcool et de mecs d’un soir. Avec le concours de conseils frôlant le sexisme mais plus souvent la bêtise des stéréotypes, Marie va tenter de remonter la pente. Sous le vernis d’une vie assumée, le célibat est un monde sans pitié. Tel est le propos de l’auteur. Un film loin d’être à la hauteur de ses prétentions qui nous décrit plus une crise d’adolescence tardive qu’une fable moderne de la femme d’aujourd’hui. Un questionnement souvent brumeux et un dénouement plein d’incohérence servent au plus mal le second film de Mona Achache. Si l’idée semblait bonne, le résultat est décevant par sa teneur. Une comédie polluée par une énergie contre-productive donnant une image de la femme superficielle et méprisante, parfois à la frontière du ridicule. Malgré un casting dense, la galerie de personnages ne rattrapera pas la fragilité du discours et l’austérité du récit qui agace par son manichéisme.

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12 years a slave - Steeve McQueen

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Entre devoir de mémoire et curiosité, un film à découvrir.
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Sacré meilleur film à la cérémonie des Oscars 2014, début mars, 12 years a slave était grand favoris pour rapporter quelques prix. Parfaitement calibré pour les Oscars puisque film historique tiré d’une autobiographie, il est l’adaptation de l’ouvrage de Solomon Northup relatant l’histoire vécue de l’auteur lui-même. Une histoire de vie stupéfiante. 1841, état de New York, Solomon Northup est un afro-américain né libre qui travaille et est père de famille. L’homme sera kidnappé et réduit à l’esclavage en Louisiane dans les champs de coton. Son calvaire durera 12 ans et l’homme s’en sortira par chance, ce qui lui donnera l’occasion de témoigner vivant et écrire son histoire. C’est donc avec force et précision des détails que l’enfer vécu sera conté. Servi par de belles interprétations et une image implacable, le film frappe avec autorité et puissance dans l’émotionnel et la répulsion. Les tortures physiques et supplices psychologiques ébranlent avec effroi le spectateur qui se voit poussé dans les limites de sa perception de l’horreur. Entre excitation et commotion, on pourra néanmoins reprocher à la réalisation une complaisance certaine qui, à travers un schéma classique de narration, lasse par la semi pauvreté de l’enchaînement des actions visant à émouvoir. Entre devoir de mémoire et curiosité, un film à découvrir.

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Lulu femme nue - Sólveig Anspach

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Une comédie fraîche qui nous dévoile avec charme la beauté et dureté du cycle d’une renaissance.
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Un entretien d’embauche raté et un retour à la maison par le train qui ne se fera pas, Lulu semble être éprise d’une sensation envahissante. Une envie de s’évader et un besoin non prémédité de liberté. Lulu, interprétée par Karine Viard, vaque ici ou là, sur la côte durant quelques jours cherchant probablement un sens à son existence. Un déterminisme auquel la mère de famille tentera d’échapper ne serait-ce qu’une nuit. Une nuit qu’elle prolongera, se laissant porter par l’instant. Sur le chemin de l’errance spirituelle, Lulu fera une rencontre. Aussi inattendue qu’étonnante, la rencontre avec Charles interprété par Bouli Lanners, notre héroïne saura en faire un moment de contentement. Tous deux au bord du monde, ils s’aimeront dans cet instant de grâce. Une fois l’alliance égarée, seul le portable la relira encore à sa vie quotidienne. Le film de Sólveig Anspach est une libre adaptation de la bande dessinée Lulu femme nue d'Étienne Davodeau. L’émancipation d’une femme en quête d’elle-même est filmée avec beaucoup de tendresse et une certaine poésie réaliste. Une chronique de libération et du lâché prise adapté au beau personnage de Lulu mais aussi aux personnages satellites de son heureuse aventure. Une comédie fraîche qui nous dévoile avec charme la beauté et dureté du cycle d’une renaissance.

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Suzanne - Katell Quillevéré

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Les actrices sont remarquables de sincérité et proposent un jeu épuré, touchant et qui favorise l’intensité dramatique qui fait la force du film.
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Il y a Suzanne, fragile et rêveuse puis Marie sa sœur, son pôle et son équilibre malgré des intérêts et préoccupations différents. Pour les accompagner et les soutenir dans leurs vies il y a Nicolas, leur père routier. La maman ayant disparu prématurément, le papa plein d’amour pour ses deux filles est aussi démuni que désarmé pour veiller sur elles. Mais voilà Suzanne est comme absorbée par les évènements qu’elle vit avec intensité. Sans bien comprendre les raisons de ses choix, elle veut vivre. Très jeune elle tombera enceinte. Comme prédestinée à la tragédie et n’aspirant qu’à l’amour, elle suivra un jeune voyou quitte à abandonner son jeune fils et sa famille. Cette fuite en avant la conduira en prison. Les sacrifices ne sont pas mesurés chez Suzanne. C’est l’amour qui la guide. L’instabilité et les erreurs ne racontent rien d’autre que la noirceur intériorisée par cette définitive romanesque qu’est Suzanne. Durant une vingtaine d’années, la réalisatrice Katell Quillevéré cueille les moments de la vie douloureuse d’un triangle familial. Les deux actrices Sara Forestier et Adèle Haenel sont tout simplement remarquables de sincérité et proposent un jeu épuré, touchant et qui favorise l’intensité dramatique qui fait la force du film.

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La marche - Nabil Ben Yadir

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La sincérité de l’auteur Ben Yadir se diffuse et affecte le spectateur qui suivra l’aventure avec beaucoup de plaisir.
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Une bande de potes d’un quartier lyonnais se met en branle et s’active autour d’un projet, lutter contre l’intolérance et la xénophobie. Pour faire entendre leur voix, ces ados issus de l’immigration, ou non, autour desquels se sont réunis des tempéraments, décident d’entamer une marche jusqu’à Paris. Le film aborde sans complexe une page de l’histoire contemporaine de France. Des évènements qui se sont déroulés en 1983 au lendemain de la victoire socialiste de 1981. Un défi pour le réalisateur de s’attaquer à une fiction de reconstitution sans trop flirter avec un discours partisan. La force et la puissance du film résident dans le charisme des personnages qui, fédérés, affirment une belle conviction commune. Une troupe aux multiples visages des minorités avec un regard lucide et précurseur sur le racisme et l’injustice en France. Malgré, par moment un manque de sobriété et subtilité dans le discours cinématographique, l’objectif de mettre en perspective le combat et le courage de ces jeunes inspirés par une volonté de justice sociale est atteint. La sincérité de l’auteur Ben Yadir se diffuse et affecte le spectateur qui suivra l’aventure avec beaucoup de plaisir. Un film de bande aux allures de comédie qui touche et sensibilise autour d’une épopée humaine.

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9 mois ferme - Albert Dupontel

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Une satire du système judicaire brillamment contée par la plume du génie comique. Une fable moderne et irrévérencieuse à savourer.
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Ariane Felder est une juge qui se réfugie dans le travail. Réputée sérieuse et intraitable, elle jouie d’une réputation sans faille auprès de ses collègues. Jusqu’au jour où elle perd le contrôle et se retrouve enceinte par accident. Elle ne se souvient de rien et va mener l’enquête jusqu’à ce qu’elle découvre que le père n’est autre que Bob, un criminel recherché. Dupontel signe une comédie pleine d’énergie dotée d’une mise en scène inspirée des cartoons et du burlesque. On retrouve le personnage de brute sensible et attachante des sketchs de la première heure. Comme lors de ses précédentes réalisations, l’auteur joue d’un humour noir grinçant et cynique. Un scénario plutôt abouti et un sens comique appuyé par une mécanique de précision qui s’articule autour du personnage central du juge interprété par Sandrine Kiberlain. Mais le savoir-faire de l’auteur émerge aussi de tous ces seconds rôles qui sont autant de talents et de personnages d’où jaillissent le bizarre et le risible. Une comédie certainement plus populaire que ses précédents films dans laquelle Dupontel pose un regard critique de la société. Cette fois-ci, une satire du système judicaire brillamment contée par la plume du génie comique. Une fable moderne et irrévérencieuse à savourer.

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Blue Jasmine - Woody Allen

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Cate Blanchett promet à elle seule un bon moment de cinéma sans pour autant porter l'œuvre de Woody Allen parmi ses plus belles réussites.
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Woody Allen pose ses caméras aux USA mettant fin à une longue période de production européenne. Jasmine, arrivant de la côte Est, pose elle ses valises à San Francisco, chez sa sœur. Trahie, humiliée et ruinée, elle cherche désespérément à se reconstruire. De là va naître une volonté de se réinventer. Le personnage de Cate Blanchett incarne à lui seul la quasi-intégralité dramatique du scénario. Prétentieuse ridicule ou hautaine agaçante, elle incarne une femme à la dérive et terriblement angoissée. Alcoolique, dépressive et surmédicamentée elle se débat tant bien que mal pour ne pas sombrer dans la folie la plus pure. L’actrice est d’une vraisemblance impressionnante mais n’en demeure pas moins un personnage doté d’un potentiel comique assez limité. Pathétique et désagréable, le personnage ne suscite pas la compassion. Une comédie certes mais qui révèle chez l’auteur une étonnante absence d’émotion. Une finalité éloignée des envolées lyriques et souvent optimistes des conclusions du réalisateur. La prestation de Cate Blanchett promet à elle seule un bon moment de cinéma sans pour autant porter cette œuvre de Woody Allen parmi ses plus belles réussites.

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Jeune et jolie - François Ozon

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Un sujet de société personnifié mais qui semble n’être qu’un prétexte afin d’aborder l’apprentissage et la recherche de vécu d’une adolescente.
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Isabelle est une jeune lycéenne parisienne de 17 ans qui ne laisse pas insensibles les hommes autour d’elle. Elle le sait et va très vite vouloir affronter ses propres limites. Offrir sa virginité lors des vacances à un bel étranger estival ne sera qu’une formalité. De retour à sa vie citadine la jeune fille devenue femme se laissera emporter par ses désirs de vivre des expériences beaucoup plus sulfureuses. Après avoir un jour été abordée par un homme, Isabelle loue son corps contre rémunération. La jeune héroïne est remarquable par son physique et déroutante par ses choix. Elle ne cherche pas à être, comme les jeunes de son âge, mais plutôt à vivre. Elle s’invente un personnage sans jamais afficher de plaisir à le faire. Une fois encore, Ozon perturbe et dérange. Le spectateur ne dispose pas d’élément de réponse quant à cette prostitution qui n’a pas de réel motif en dehors de l’expérimentation pure. Un sujet de société personnifié mais qui semble n’être qu’un prétexte afin d’aborder l’apprentissage et la recherche de vécu d’une adolescente. Un film un brin voyeuriste et sans jugement qui dévoile et invoque dans la douleur et la beauté.

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