Big eyes - Tim Burton

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Nouvelle contribution à la cinématographie du maître Tim Burton qui rejoint Ed Wood. Un film abouti qui se concentre sur l’éveil artistique d'une peintre et son combat pour la vérité.
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Trois ans après le sincère et touchant Frankenweenie, Tim Burton nous revient avec un biopic consacré à une icône de l’illustration américaine, Margaret Keane. Dans les années 50 aux USA, San Francisco, la timide illustratrice et peintre Margaret Keane devient victime d’une arnaque élaborée par son époux Walter Keane. Homme élégant, stratège du commercial et escroc notoire, il va s’attribuer toute l’œuvre de son épouse afin de mieux diriger l’empire naissant et en récolter tout le mérite et la gloire. Dépassée par le succès colossal de ses œuvres, les « Big Eyes », Margaret Keane va s’isoler et se trouver totalement dépassée jusqu’à tomber dans l’inaction. Elle se relèvera finalement et tiendra tête à son ex mari en vue de récupérer la paternité de l’ensemble des magnifiques tableaux avant-gardistes lui appartenant, jusque là frauduleusement signé et vendu sous le nom de son époux Walter Keane. Ce biopic fait référence à un fait divers et épisode judicaire bien connu aux États-Unis qui ébranla le monde de l’art des années 60. Une œuvre signée en collaboration avec les scénaristes Scott Alexander et Larry Karaszewski. Nouvelle contribution à la cinématographie du maître Tim Burton comme ce fut le cas en 1994 à la création du merveilleux Ed Wood. Un film abouti qui se concentre sur l’éveil artistique de la peintre et son combat pour la vérité.

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Discount - Louis-Julien Petit

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Louis-Julien Petit signe un premier film ambitieux et inscrit dans un contexte de dureté économique et sociale. Le scénario aborde la crise sans pour autant proposer un réel point de vue.
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Les employés d’un centre commercial discount se voient tourmentés par un plan de licenciement. Ainsi pour luter contre la mise en place de caisse automatique qui menacent leurs emplois, une poignée d’entres eux décident de monter un Hard Discount clandestin. Alimenté par les récupérations de marchandises jetées et les vols de marchandises en rayon, ils vont détourner des produits pour les vendre à prix cassé. De cette arnaque va naitre au sein d’une ferme de campagne une « épicerie solidaire ». On pourrait se réjouir de ce scénario original (option Robin des bois) et dans son époque mais la mise en scène n’est pas toujours efficace et se perd un peu entre les travers du feel-good movie et du film engagé. La partie comique n’étant pas toujours opérative et assumée, le film repose sur un casting réussi et le jeu très impliqué des acteurs. Une jolie fable sociale comme les anglais savent en faire. Entre comédie et chronique sociale, le film peine à trouver ses marques même si l’on peut compter sur l’épaisseur de quelques personnages. Louis-Julien Petit signe un premier film ambitieux et inscrit dans un contexte de dureté économique et sociale. Le scénario aborde la crise sans pour autant proposer un réel point de vue. Une célébration des valeurs solidaires tout en humour mais à l’étroit dans son costume humaniste.

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Fidélio, l'odyssée d'Alice - Lucie Borleteau

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L’actrice se révèle être formidable et cache derrière le cambouis sur les joues une force indomptable. Une épopée maritime qui n’est autre qu’un transport amoureux.
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Alice est mécanicienne sur de gros cargos. Elle part en mer de nombreuses semaines et se mêle à un univers très masculin. Alice semble se mouvoir avec spontanéité et indépendance. Très naturelle en son rapport aux autres, elle est une femme libre. La jeune femme assume sa sensualité et son pouvoir de séduction. Ainsi, elle multiplie les relations et jouit sans entrave. Les scènes de sexe et le corps même du personnage sont un élément clef de la mise en scène et de l’écriture. Une mise en scène d’un corps féminin désirant et entreprenant qui assume sa force. Un corps libre de vivre ses choix avec indépendance et d’en affronter les conséquences. Rarement prise au dépourvu, Alice s’affirme et sait se défendre face à l’adversité. Si le sujet du film est une femme entre deux hommes, Fidélio décrit avec ce qu’il faut de romanesque la vie à bord d’un cargo, son quotidien, la vie en communauté et les rites des marins. Un premier film de Lucie Borleteau d’une maitrise bluffante. Si les histoires de marins existent bien à l’écran, celle d’une femme qui vit, sans névrose, la même vie que les hommes à bord, est inédite et trouve ses marques au sein de l’œuvre. Alice en bleu de travail et en salle des machines garde sa féminité et son charme. Ça n’était pourtant pas gagné mais l’actrice se révèle être formidable et cache derrière le cambouis sur les joues une finesse et une force indomptable. Une épopée maritime qui n’est autre qu’un transport amoureux.

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The search - Michel Hazanavicius

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Avec beaucoup de nuances et de sensibilités, elle garde face au chaos un regard humaniste et bienveillant. Si parfois la romance des faits est légèrement caricaturale, la réalisation reste sobre et épurée.
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Le récit du film se déroule pendant la seconde guerre de Tchétchénie, à partir de l’automne 1999. L’histoire suit quatre destins heurtés de plein fouet par le conflit qui vont être amenés à se rejoindre. Il y a Hadji, le petit garçon qui voit ses parents se faire assassiner et qui prend la fuite jusqu’à sa rencontre avec le personnage de Carole. Carole chargée de mission pour l’Union Européenne. Sa rencontre avec cet enfant réfugié va la surprendre. Elle le prendra sous son aile. Parallèlement Raïssa, la grande sœur de Hadji, a elle aussi pris le chemin de l’exode en quête de retrouver ses deux petits frères. C’est en Ingouchie, avec tous les réfugiés tchétchènes, que son chemin s’arrête. Puis il y a le jeune soldat russe de 20 ans, Kolia pour qui la guerre a été une échappatoire à la prison suite à un délit mineur dans son pays. Si le fil conducteur est Bérénice Bejo, c’est la guerre qui est le personnage principal. Hazanavicius réattribue une visibilité à la guerre de Tchétchénie, un conflit très peu médiatisé. Bérénice Bejo illumine la noirceur des terribles images du conflit meurtrier. Avec beaucoup de nuances et de sensibilités, elle garde face au chaos un regard humaniste et bienveillant. Si parfois la romance des faits est légèrement caricaturale, la réalisation reste sobre et épurée. Elle oppose 2 visions de cette guerre avec justesse. L’innocence des victimes, tchétchènes et russes, incarne avec simplicité l’injustice de cette guerre.

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Bande de filles - Céline Sciamma

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La question du rapport au corps est très présente et c’est bien là la force du discours car le film ne renouvelle pas le regard sur la banlieue et ne s’astreint pas à représenter une certaine authenticité.
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Marieme vit sa vie de jeune fille de 16 ans dans un quartier populaire de banlieue. Une vie dirigée par les interdits. La dureté de la cité, la loi des garçons et un grand frère pour qui la protection mène à la brutalité. À cette vie monotone et sans grand plaisir s’ajoute la frustration de Marieme dans l’échec de sa scolarité. Armée d’audace et de résolution elle va fréquenter une bande de filles très éloignées de sa personnalité. Elles crient, dansent et se battent. Elles n’ont pas peur d’oser une vie vécue comme digne mais extrêmement rude et violente. Déterminée à vivre sa jeunesse, la jeune fille entre dans la bande et devient Vic. Pour son troisième long métrage, Céline Sciamma a construit son film comme une suite d’épisodes autonomes d’abord conduits par les aventures des quatre jeunes filles puis essentiellement autour de l’héroïne, plongeant le spectateur dans les mêmes désarroi et solitude dans lesquels elle s’emmure progressivement. Le casting est à la hauteur du défi cinématographique et la caméra propose une belle valeur esthétique épurée d’artifice. La réalisatrice acte une fois encore la question du genre à travers la transformation masculine adoptée par Marieme. La question du rapport au corps est aussi très présente et c’est bien là la force du discours car le film ne renouvelle pas le regard sur la banlieue et ne s’astreint pas à représenter une certaine authenticité.

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Elle l'adore - Jeanne Herry

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Le rythme est bien mené, on ne s’ennuie pas et on adore le suspens tragicomique du dénouement. Un premier film percutant et audacieux.
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Muriel est esthéticienne. Elle est mère de famille divorcée et mène une vie assez banale. Pour certainement améliorer son quotidien, Muriel ment et invente des histoires farfelues. Ce qui pourtant la caractérise le plus c’est sa passion pour Vincent Lacroix, un chanteur dont elle suit au plus près la carrière depuis plus de 20 ans. Muriel est une fervente admiratrice et la vedette occupe presque toute sa vie. Lorsqu’un soir son idole sonne à sa porte et vient lui demander un service. La star est venue solliciter une de ses plus grandes fans afin de l’aider au sein d’une entreprise macabre inattendue. Fascinée par cette rencontre, elle accepte. Sa vie va alors basculer dans une dimension qui va la dépasser. Jeanne Herry signe une petite merveille d’écriture et de dialogues. Pour parfaire l’ensemble les interprétations, principalement de Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte, sont époustouflantes. Le jeu est vraisemblable ce qui en fait une comédie dramatique lourde de sens. Une formidable démonstration de réactions en chaine aux conséquences dévastatrices qui vont à jamais bouleverser la vie et la personnalité des deux protagonistes. Le rythme est bien mené, on ne s’ennuie pas et on adore le suspens tragicomique du dénouement. Un premier film percutant et audacieux.

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Party girl - M. Amachoukeli, C. Burger & S. Theis

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Sans complaisance et dans l’instabilité permanente de l’émotion, Party Girl transpire le désir de romanesque.
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Angélique est une escort girl de 60 ans. Elle fait boire les clients dans un cabaret allemand frontalier dans lequel elle a ses habitudes. Elle aime la nuit, son monde et aime faire la fête en compagnie des hommes. Les clients se faisant plus rares, Angélique se résout tardivement à se ranger. Son mariage avec un de ses anciens clients toujours amoureux d’elle est le fil conducteur du film. La rupture avec le monde de la nuit va être difficile pour cette femme qui toute sa vie n’a connue que ce milieu. Elle boit beaucoup et, malgré un mari aimant et une famille tolérante, l’acclimatation à une vie plus conventionnelle reste un défi qu’elle ne semble pas complètement prête à relever. Les filles du cabaret lui manquent, mais au-delà de cela c’est toute une vie qu’il faut abandonner et c’est avec un sentiment d’angoisse qu’elle doit se résigner à rejeter ce mode de vie résolu. Les réalisateurs nous transbahutent sans délicatesse et facilité inutile au sein d’une famille dans laquelle chacun y joue son propre rôle. Une famille qui tient une histoire, celle-ci arquée par les choix de vie de la matriarche. Un scénario fort tout prêt d’un contexte autobiographique. Sans complaisance et dans l’instabilité permanente de l’émotion, Party Girl transpire le désir de romanesque. À la fois drame social, portrait coup de poing et fiction-documentaire, l’œuvre implique le spectateur physiquement.

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Jimmy's Hall - Ken Loach

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Ken Loach reste maître de la poésie humaniste autour d’une justice sociale revendiquée et appuyée par les combats de l’histoire.
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1932, Jimmy Gralton, irlandais de la province de Leitrim, revient vivre sur ses terres qu’il a dû fuir 10 ans plus tôt. Un exil forcé et politique à la suite de la guerre civile qui n’aura pas entamé les valeurs et le militantisme de l’homme. Il s’installe auprès de sa vieille mère dans la ferme familiale. Poussé par la jeunesse du comté et par l’ardeur de ses vieux amis, Jimmy va rouvrir le dancing. La structure remise en état et en activité, ses ennemis d’hier rejaillissent et c’est avec une sévère violence et une certaine impunité qu’ils mettront tout en œuvre pour détruire ce lieu unique. À travers quelques personnages affiliés au dancing, Ken Loach acte et incarne autant l’envie d’étudier et de discuter en toute liberté que de se divertir et danser dans cette époque ravagée par la crise. Ce cadre progressiste sera vécu comme un affront aux yeux des propriétaires terriens et de l’église qui ne voient pas d’un bon œil une alternative à la conduite à suivre pour cette jeunesse irlandaise. Un biopic finement mis en scène qui ne submerge pas le spectateur de détails historiques et qui recèle d’histoires de vie de ces hommes et femmes. Un récit inscrit dans un contexte de tensions sociales qui pour autant n’est pas dénué de romance et sentiments. Ken Loach reste maître de la poésie humaniste autour d’une justice sociale revendiquée et appuyée par les combats de l’histoire. Petits comme grands. Ici c’est l’histoire avec ce petit h qui nous émeut et nous affecte avec sensibilité.

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Sous les jupes des filles - Audrey Dana

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Si l’idée est simple - une sorte de mosaïque contemporaine et moderne de la féminité - ce qu’il en sort est nauséabond de clichés.
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Si l’idée est simple, réunir 11 femmes en faisant une sorte de mosaïque contemporaine et moderne de la féminité, ce qu’il en sort est nauséabond de clichés. Du très improbable kaléidoscope de la femme de la réalisatrice Audrey Dana en résulte une image superficielle et totalement hors de la réalité. Sous les jupes des filles s’emploie à énumérer les travers et faiblesses de tous ces personnages à travers des vies qui les opposent et qui, de part leur appartenance à la gente féminine, les rapprocheraient tout de même. On pourrait juger d’un sens de la comédie assez moyen et d’une mise en scène approximative mais ce qui visiblement échappe à l’auteure c’est que les femmes auront bien du mal à se reconnaître en ce bel assemblage de conditions bourgeoises. À peine le début de questionnement autour de et sur la femme sans jamais la moindre réflexion sur le sujet énoncé, pas même en digression. Qu’il en soit de la pression sociale d’être une mère, une femme dévouée, du monde du travail ou du plaisir sexuel, rien n’est abordé avec sérieux. Tout n’est que visibilité potache et légèreté insignifiante. Un probable éparpillement qui n’apportera pas la moindre once de contenu. Audrey Dana qui, on s’en doute bien, aura cherché à cerner la féminité à notre époque n’aura rien de très concret à proposer aux femmes qui vivent de vraies vies de femmes, loin de ces personnages traités incarnant de navrants archétypes. Le talent du casting aurait dû signer de bons moments de cinéma. Dommage!

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24 jours - Alexandre Arcady

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Alexandre Arcady pose les fondements du crime qui, selon lui et cette famille française et républicaine, relève d'un crime antisémite.
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Tiré de l'histoire vraie de l'enlèvement et la séquestration d'Ilan Halimi, en 2006 en région parisienne, 24 Jours nous immerge avec passion, à travers les faits, au plus près de la douleur et du harcèlement vécus par la famille et tout particulièrement par la mère de la victime. Ceux que l'on appellera le "Gang des barbares" seront les tortionnaires et bourreaux d'Ilan. Il sera affamé et torturé pour être, au bout de 24 jours d'échec de négociations éreintantes, laissé pour mort dans les bois. Si le cinéaste consent à vouloir présenter cette femme et mère comme représentant LA figure maternelle, cette volonté peut être, au vu des faits, perçu comme complexe et ambiguë. En effet si Ruth Halimi est la maman d'un jeune comme les autres, tout le film choc vise à revisiter l'histoire à travers un polar dont l'issue dépend de l'identité juive du jeune homme. C'est en cela qu'Alexandre Arcady pose les fondements du crime qui, selon lui et cette famille française et républicaine, relève d'un crime antisémite. Si ce dernier reste incompris par l'opinion, l'est-il sur la base d'une bonne présentation des faits ? C'est bien LA question que soulève l'histoire de ce fait divers et non le film. Au-delà du récit, doit-on juger le crime comme antisémite - ce que les auteurs (livre & film) s'attèlent à démontrer - ou doit-on se forger bien malgré le propos une réelle opinion personnelle sur l'enlèvement et le terrible supplice de ce jeune français ?

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