Carol – Todd Haynes

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Entre extrême sensualité et chasteté absolue le film est bien l’émouvante histoire d’une rencontre amoureuse. Il faudra retenir le jeu des actrices puissant et précis.
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New York, 1952. Carol est une femme élégante, riche et sophistiquée. Maman d’une petite fille, elle vit un mariage douloureux qui bat de l’aile. En cette veille de Noël, Carol ère dans les rayons d’un grand magasin. C’est là qu’elle fera la rencontre de Thérèse, une jeune femme fragile et spontanée. Les deux femmes vont se revoir et commenceront à s’apprécier jusqu’à se laisser tenter par un voyage improvisé au cœur de l’Amérique. Si Carol est déjà initiée aux vertus saphiques, ce qui a ruiné son mariage, Thérèse, elle, découvre les plaisirs charnels et l’amour pour une femme. Ce road trip organisé en dernière minute va les changer à jamais et les faire s’aimer d’une passion inconsciente et impossible dans ce puritanisme américain des années 50. Après Loin du Paradis sorti en 2002, Todd Haynes rejoue la dramaturgie et l’esthétique des années 50. Les deux femmes opposées et programmées à ne jamais se rencontrer devront renaître au sein d’une vie qui ne sera plus jamais la même. L’auteur traite avec une grande simplicité l’homosexualité des deux femmes. Une clarté aux limites du dépouillement qui tend à creuser quelques longueurs dans le rythme et qui souligne quelques faiblesses scénaristiques. Entre extrême sensualité et chasteté absolue le film est bien l’émouvante histoire d’une rencontre amoureuse. Il faudra retenir le jeu des actrices puissant et précis qui révèlent des personnages émouvants et absorbés par la peur, la douleur et les sentiments.

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À peine j’ouvre les yeux – Leyla Bouzid

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À travers le portrait d’une insoumise, le film suscite l’admiration d’une génération qui a soif de liberté et d’émancipation. Le film qui déborde d’énergie est une belle réussite.
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Tunis, été 2010, quelques mois avant la révolution. Farah qui vient d’obtenir son baccalauréat, vit seule avec sa mère. Prédestinée à continuer ses études en médecine, celle-ci ne rêve que de musique. La jeune femme chante comme elle respire et avec ses amis musiciens et leur groupe de rock, ils se produisent dans des bars de la capitale. Mais voilà Farah prend des risques lorsqu’elle chante des paroles qui dressent un portrait peu flatteur des autorités et du régime. Inconsciente, elle se fait vite repérer. Sa mère, quelque peu démunie, craint pour la sécurité de sa fille et la rappellera à l’ordre. Mais Farah est rebelle. Elle ne se démonte pas, pas même lorsqu’après s’être fait refouler à l’entrée d’un concert elle chante sur le trottoir. L’arrestation de son petit ami et musicien du groupe sonnera comme un avertissement puis c’est Farah qui se fera arrêter par la police. Le film est audacieux et réactive l’aire Ben Ali. Une ambiance chargée de tension et de privation. La réalisatrice met l’accent sur le traitement policier sévère et sans retenue affligé à la jeune fille de 18 ans. Un ambitieux premier long métrage qui cogne fort, combinant convictions politiques et créativité musicale. On se laisse très facilement envoûter par la musique et le chant d’une belle qualité. À travers le portrait d’une insoumise, le film suscite l’admiration d’une génération qui a soif de liberté et d’émancipation. Le film qui déborde d’énergie est une belle réussite.

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Mia madre - Nanni Moretti

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Telle une comédie à l’italienne, l’auteur nous fait aller du rire vers les larmes. Une véritable comédie dramatique extrêmement personnelle et composée des thèmes chers au réalisateur.
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Margherita est réalisatrice de films. Elle travaille à une nouvelle œuvre pendant que sa mère, malade, est hospitalisée. C’est avec difficulté que la conquérante Margherita vit ses temps troubles. Elle remet en question ses compétences dans son travail, sa relation sentimentale au point de se séparer de son compagnon. Travaillant dur sur son prochain film, elle évite ainsi le piège de l’ennui et de la réflexion autour de la mort sans vraiment pouvoir y échapper. Le terrain du tournage, c’est une équipe technique difficile à gérer, un acteur principal exubérant et une responsabilité certaine. C’est l’occasion de découvrir l’envers du décor d’un tournage de cinéma. On comprend vite que Nanni Moretti veut nous offrir une partie de sa vision du cinéma et de sa vie. Le réalisateur a écrit ce film pour une femme qui se retrouve dans une position que lui-même a dû affronter quelques temps auparavant. Face à la maladie, face à la mort, face à la perte de l’être cher. Un film personnel donc, presque autobiographique. Après la thématique politique, Nanni Moretti revient à un cinéma plus intimiste. La justesse du ton et l’émotion ultra présente ne cache pas un humour quasi permanent. Telle une comédie à l’italienne, l’auteur nous fait aller du rire vers les larmes. Une véritable comédie dramatique extrêmement personnelle et composée des thèmes chers au réalisateur tels que l’engagement et les épreuves de la vie.

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Nous trois ou rien - Kheiron

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Le réalisateur transcende le contexte historique et sa dureté pour aborder avec beaucoup de douceur et d’humour ces moments de vie. Un film magnifique, très bien senti et abouti.
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Téhéran, 1971, alors que le Shah d’Iran conduit d’une main de fer son pays à la débâcle et mène une politique de répression, un jeune étudiant plein de fougue, Hibat Tabib, rejoint les rangs de l’opposition et milite contre l’injustice. Le jeune homme se fait arrêter et se retrouve en prison pour une peine de 10 ans. Pour autant le dénuement et la privation de l’incarcération n’altéreront en rien sa foi et sa soif de justice. C’est alors que la révolution islamique de 1979 éclate, faisant de lui un homme libéré et réhabilité. Il rencontre la jeune et belle Fereshteh qu’il épousera et qui lui donnera un fils. Mais la révolution iranienne a ses déçus et détracteurs. Le jeune Hibat en fait parti, ce qui le poussera à reprendre le chemin de la contestation jusqu’à se faire rechercher par la police. Poursuivi sans cesse par les hommes du régime, Hibat, sa femme et son fils se verront contraints de s’exiler de leur pays pour dans un premier temps poursuivre le combat sans être harcelés. Après une longue escapade vers l’Europe ils atterrissent en plein cœur de la banlieue parisienne. Le film retrace l’histoire vécue de Kheiron et ses parents. L’écriture est précise et très fine. Fort de son expérience de stand-up, le réalisateur transcende le contexte historique et sa dureté pour aborder avec beaucoup de douceur et d’humour ces moments de vie. Les acteurs sont tous plus formidables les uns que les autres. Un film magnifique, très bien senti et abouti.

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Marguerite - Xavier Giannoli

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Xavier Giannoli signe un film d’époque qui dépeint finement la haute société et les frasques et caprices d’une grande bourgeoise. Un film drôle et pittoresque.
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Dans le Paris des années 20 et de l’après guerre, Marguerite Dumont est une femme fortunée qui se passionne pour la musique d’opéra. Devant un cercle d’habitués déjà conquis mais néanmoins pas dupes, Marguerite qui est persuadée d’avoir un don, chante tragiquement faux sans que personne ne le lui dise. Entretenue dans ses illusions et sans que son entourage et son mari n’osent lui dire la vérité, elle se met en quête de se produire devant un vrai public dans un opéra. Dès lors une bande de courtisans et adeptes de la folie de cette riche illuminée l’entourent et la conseillent dans cette insensée course au ridicule. Xavier Giannoli nous propose un faux biopic follement habité par Catherine Frot. Un film d’époque qui dépeint finement la haute société et les frasques et caprices d’une grande bourgeoise. Marguerite est divinement incarnée par Catherine Frot qui en fait un personnage courageux et touchant dans son héroïsme. Ce que le réalisateur cherche aussi à nous montrer c’est que Marguerite, au-delà d’être un personnage futile et naïf, ne souhaite que l’amour de son mari gêné qui ne la regarde plus que comme un monstre. Si Marguerite se dédie entièrement à sa passion la musique c’est qu’elle a perdu l’amour de l’être aimé. Comme dans certaines de ses œuvres précédentes Xavier Giannoli s’interroge sur l’imposture humaine. Un film drôle et pittoresque.

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La belle saison - Catherine Corsini

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Bien rythmé et formidablement interprété, c’est dans un suspens haletant que l’on s’émeut pour ces deux jeunes femmes attachantes bien décidées à bousculer le patriarcat.
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Dans la Corrèze des années 70, Delphine aide ses parents sur l’exploitation agricole familiale. Une vie rurale difficile et de travail. Ses parents souhaiteraient la voir mariée à Antoine, un garçon du village mais Delphine est lesbienne. Elle vit la fin d’un amour dans son village et décide de changer d’air et partir pour Paris où elle prend un travail de bureau afin de s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre Carole, une vraie parisienne. Très vite la jeune fille tombe sous son charme. Carole est forte, indépendante et s’engage dans les luttes féministes. Delphine militera elle aussi pour le droit des femmes afin de s’approcher au plus près de celle qu’elle admire. Carole n’est pas lesbienne et vit avec Manuel mais envers et contre tout une véritable histoire d’amour va naître entre ces deux jeunes femmes. Malheureusement la réalité de la vie de Delphine va tout changer et forcer le destin. La passion de ses deux héroïnes, Catherine Corsini la filme en de longues étreintes, sensuelles et réalistes. Au delà du contexte de l’époque de l’après 68, la réalisatrice aborde l’homosexualité chez les femmes. L’acceptation et le désir de braver l’intolérance sont les valeurs clefs de ce beau film. Une thématique illustrée au travers des séquences parfaitement dialoguées. Bien rythmé et formidablement interprété, c’est dans un suspens haletant que l’on s’émeut pour ces deux jeunes femmes attachantes bien décidées à bousculer le patriarcat.

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Mustang - Deniz Gamze Ergüven

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Un scénario puissant et bouleversant. Chaque séquence est habitée par une énergie solaire qui colle parfaitement au tempérament des sœurs, héroïnes amazones qui luttent contre le sexisme dans une Turquie d’aujourd’hui.
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À l’est de la Turquie, dans un petit village sur les bords de la Mer Noire, vivent 5 sœurs. Leurs parents décédés, c’est leur grand-mère et leur oncle qui se chargent de leur éducation. À la sortie des classes, les filles bordent la plage et se mettent à chahuter dans l’eau avec des garçons qui se sont joints à la baignade improvisée. Les jeunes filles rentrent heureuses et les cheveux mouillés mais très vite les premières sanctions se font sentir. Les 5 sœurs se voient interdire presque tout si ce n’est ce qui peut les transformer en parfaites femmes d’intérieur et asservies à leurs futurs maris. La maison se barricade, le jardin et les fenêtres deviennent les seuls havres de liberté pour ces jeunes adolescentes pleines de vitalité. Indomptables, leurs insolentes aspirations à la liberté ne sont pas du goût de leurs aînés qui les contraignent à vivre encore plus cloisonnées du monde extérieur. Adieu les éclats de rire, études et promenades. Les murs sont surélevés et les barreaux apparaissent aux fenêtres. Puis les mariages forcés arrivent, stoppant net l’insouciance. Se soumettre ou résister ? Accepter l’inacceptable ou s’enfuir ? Le film décrit un réalisme rigoureux tiré d’un récit éclairé. Un scénario puissant et bouleversant. Chaque séquence est habitée par une énergie solaire qui colle parfaitement au tempérament des sœurs. La réalisatrice peint avec brio des héroïnes amazones qui luttent contre le sexisme dans une Turquie d’aujourd’hui.

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Qui c'est les plus forts ? - Charlotte de Turckheim

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Le scénario s’éparpille un peu mais a pour qualité de mettre à l’honneur des bat­tantes, des femmes qui luttent au quo­tidien. Excellentes interprétations d’Alice Pol et Alexandra Lamy qui dynamitent la comédie dra­matique.
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À Saint-Etienne, Samantha qui vient de perdre son emploi dans une usine à poulet se retrouve au chômage. Pom-pom girl à ses heures perdues, elle vit avec sa jeune sœur, Kim, et Céline sa meilleure amie et son plus grand soutien. Mais retrouver un travail n’est pas chose facile et si elle ne signe pas un contrat rapidement elle perd la garde de sa petite sœur Kim. Avec son amie fidèle et colocataire Céline, elles imaginent toutes sortent de solutions pour s’en sortir ensemble jusqu’au jour où un couple d’hommes sonne à leur porte pour proposer à Samantha d’être mère porteuse pour la somme de 200 000 €. La chose est illégale et Céline, considérant que son amie est prête à faire une grosse erreur, fera tout ce qui est en son pouvoir pour que Samantha refuse la proposition. Charlotte de Turckheim signe et persiste dans la réalisation de comédie populaire. Une co­médie sociale très féminine qui accu­mule quelques clichés sur la pauvreté dans la région de Saint-Etienne. Un film qui agglomère différents sujets bien à la mode comme le foot, le ma­riage pour tous et la GPA. Un scénario qui s’éparpille un peu mais qui a pour qualité de mettre à l’honneur des bat­tantes, des femmes qui luttent au quo­tidien. On remarquera les excellentes interprétations d’Alice Pol et Alexandra Lamy qui dynamitent la comédie dra­matique et son parfum légèrement subversif.

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Melody - Bernard Bellefroid

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Melody aborde avec sensibilité et délicatesse la question de la maternité et de la gestation pour autrui.
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Melody est une jeune coiffeuse itinérante. Modeste, les problèmes d’argent elle connaît mais la jeune femme a aussi ses rêves. Son grand projet, c’est d’ouvrir son propre salon de coiffure. Pour cela elle va décider de devenir mère porteuse. L’argent reçu en échange lui servira à engager les sommes nécessaires à l’ouverture du salon. La rencontre avec Emily, une riche anglaise et femmes d’affaires redoutable sera déterminante pour ces deux femmes. Celle-ci deviendra commanditaire du bébé qu’elle ne peut avoir. Grâce aux performances intenses de Rachel Blake et Lucie Debay, la relation qui s’installe entre Melody et Emily se révèle absolument bouleversante. Les deux femmes sont liées par la naissance de l’enfant mais aussi par leur amitié et le respect qu’elles ont l’une pour l’autre. Et c’est bien là tout l’intérêt du film, c’est à travers le langage et la transmission des émotions interprétées et moins grâce au récit que l’histoire s’avère riche et sincère. Le réalisateur Bernard Bellefroid l’a bien compris et utilise au mieux ses deux actrices pour qui chacune le défi est de taille. Ce couple de personnages leur vaudra le prix des meilleures actrices au Festival du Film du Monde de Montréal. Melody aborde avec sensibilité et délicatesse la question de la maternité et de la gestation pour autrui.

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Cerise - Jérôme Enrico

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L’humour présent d’un bout à l’autre du film nous fait oublier les quelques faiblesses dans l’écriture ce qui n’ôtera en rien les qualités indéniables de Zoé Adjani qui apporte un grand vent de fraîcheur.
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Cerise a 14 ans mais elle en paraît 20. Outrageusement maquillée et perchée sur ses hauts talons, elle est très superficielle, ne s’intéresse qu’à sa petite personne et se fait mettre dehors de son collège. Une fois de plus arrêtée pour vol, sa mère décide de l’envoyer auprès de son père qui vit en Ukraine. Pour cette jeune fille qui a grandi derrière le périphérique l’atterrissage dans la vraie vie va être cocasse. Le premier contact avec son père, interprété par Jonathan Zaccaï, est laborieux mais ces deux-là vont devoir cohabiter ensemble. Très vite, Cerise va se prendre d’amitié pour Nina, la femme de ménage de son père. Celle-ci va l’écouter, s’intéresser à elle et lui faire découvrir son pays, l’Ukraine. Toujours avec ses rêves d’enfant mais moins centrée sur elle-même, Cerise va découvrir un pays et un peuple en pleine révolution. L’apprentissage sera efficace, elle s’éveille et la jeune fille apprendra à être plus à l’écoute des autres. Après Paulette, Jérôme Enrico signe un film agréable mais sans trop de subtilité. Cerise ou les pérégrinations d'une adolescente à la recherche de l'amour absolu... à la recherche d'elle-même. Le scénario n’est pas mauvais mais la dramaturgie frise parfois la caricature. L’humour présent d’un bout à l’autre du film nous fait oublier les quelques faiblesses dans l’écriture ce qui n’ôtera en rien les qualités indéniables de Zoé Adjani qui fait ses premiers pas au cinéma et qui apporte à ce film un grand vent de fraîcheur.

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