Célian Ramis

#Trans2018 : Les reines de la scène

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Jeudi 6 décembre. Premier soir au Parc expo à l’occasion des 40èmes rencontres Transmusicales et déjà les artistes féminines marquent leur présence par leur énergie débordante et leur manière d’occuper la scène.
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Jeudi 6 décembre. Premier soir au Parc expo à l’occasion des 40èmes rencontres Transmusicales et déjà les artistes féminines marquent leur présence par leur énergie débordante et leur manière d’occuper la scène.

PONGO – HALL 8 – 0h30

Si au départ on ne sait pas très bien ce qu’est de « l’afropop kuduro », Pongo nous fait rapidement découvrir le sens de cette catégorie, conçue pour elle. Enfant lorsqu’elle a du fuire avec ses parents la guerre civile en Angola, elle a ensuite grandi imprégnée de la musique de son pays natal.

Mélange de break dance, de semba angolaise et d’électro, le kuduro vient s’entremêler à un afrobeat électrisé qui fait instantanément danser la foule. Et la chanteuse, évidemment, dont le passé de danseuse reste tatoué dans son corps et sa façon de se mouvoir.

Elle s’éclate et le partage. C’est communicatif et viral. Le hall se remplit très vite et gagne rapidement en densité et en intensité, suivant Pongo dans son atmosphère survoltée à l’esprit combattif et enjoué.

Il y a dans sa musique des tonnes de sonorités et d’influences qui s’entrechoquent et se répondent, formant une alliance rafraichissante avec du rap, un côté r’n’b, mêlé à des instruments et sonorités orientales avant de frôler l’électro zouk.

C’est réjouissant. Les bassins remuent, les épaules et les têtes se secouent, les hanches roulent et les fesses tremblent. Tout le monde est embarqué par la puissance vocale mais aussi la posture et la présence de la leadeuse, de qui se dégagent la force et l’énergie de la combattante.

Son flow impressionne et ses refrains déchainent les festivalier-e-s, bien décidé-e-s à ne plus toucher terre. Au moins le temps de son concert sulfureux et endiablé qui agit comme un coup de pied dans la world music électronique.

La foule est réceptive et totalement enivrée par la chanteuse guerrière à la combinaison argentée qui nous propose non seulement un instant décoiffant mais aussi des textes forts et engagés dont plusieurs livrent des parcours ou des portraits de femmes fortes, résistantes et/ou abandonnées.

Elle a quelque de chose de particulièrement captivant. Qui réside principalement dans la manière dont elle occupe l’espace scénique qui lui appartient entièrement, sans remise en cause possible.

Pongo maitrise les éléments et entraine tout le monde dans son délire, avec des rythmes variés et libérateurs qui n’oublient pas de livrer des émotions plus fragiles et intimistes auxquelles on ne résiste pas.

Entre profondeur et suspension, elle est une insaisissable boule d’énergie qui vibre dans toutes les sonorités, venues du monde entier.

 

O’SISTERS – HALL 8 – 1H50

En ligne, dans leur combinaison psychédélique noire et blanche, elles sont des boxeuses guerrières qui sonnent le glas d’un combat sans merci. Parce qu’une fois qu’elles auront rejoint leurs places (une aux platines, une aux percussions, trois au chant), elles n’accorderont à leur audience aucun répit.

La transe guerrière commence. Le temps d’adaptation à leur rite initiatique ne dure que quelques secondes. Très vite, on rejoint la sororité des O’Sisters qui soignent notre ébullition aussi bien sonore que visuelle.

On en prend plein les oreilles et les mirettes. Plein la tronche. Face à cette tribu de guerrières résolument entières, affranchies et assumées, on reste hypnotisé-e-s.

Et pourtant, le mouvement est perpétuel. Le mouvement est un personnage scénique à part entière.

Elles dansent, invoquent et convoquent les énergies, elles nous tiennent en haleine, en nous coupant le souffle et nous bloquant toute envie d’être ailleurs que là où nous sommes. Et quand on pense avoir vu et compris le concept de la proposition, elles nous étonnent et font venir quatre danseuses sur scène pour parfaire le show.

Elles ont l’art et la manière de le faire. Et l’énergie ne faiblit pas. Ne vacille même pas. À aucun moment. Dans un savant mélange de percussions faites maison, de sonorités très électroniques et de mix de presque tous les genres musicaux, les cinq énergumènes se complètent dans un tourbillon ovniesque.

Et pour cause, à l’initiative de cette incroyable formation : Missill. Connue et reconnue des Transmusicales, pour y avoir déjà enflammé la scène à plusieurs reprises, elle est une performeuse hors pair. Elle touche à tout et transforme tout en spectacle intelligemment barré.

Pas étonnant donc de la retrouver derrière, devant ou sur les platines, sauter, danser, chanter, crier avec panache et second degré. Et ça ouvre la performance à une autre dimension. Celle qui met la forme au service du fond, de l’engagement profond qui se niche dans chaque geste et chaque chanson.

Sur scène, dans les corps comme dans les voix, il y a de la puissance, de la sensualité, de la profondeur, de l’excentricité, de l’agressivité, de la détermination, de l’ambition, de la tradition, du métissage, de la communion, de la magie et de la force.

Les cinq artistes osent tout et ne se refusent rien. Ainsi, elles prennent la scène, captivent l’audience totalement charmée et abasourdie par la proposition et enflamment le hall du parc expo. Bravo.

Célian Ramis

Décoloniser les arts : Déconstruire l'impact de l'imaginaire colonial

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L’ouvrage "Décolonisons les arts" est rythmé par la pluralité des styles et des voix. Chacun-e explore l’expression de la colonialité dans sa discipline, à partir de son point de vue, à l’endroit où se recoupent le professionnel et le personnel, le politique et l’intime.
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« Désamorcer l’exotisme, déjouer les clichés ethniques, sont d’autres principes que j’essaie d’éprouver dans mon travail d’autrice et de metteuse en scène. Tout en ayant conscience que mon regard n’est pas exempt d’imaginaire colonial. Que la décolonisation est un processus exigeant de désaliénation et déconstruction, intérieure autant qu’extérieure. Faire apparaître des personnages ou des corps racisés sur le papier ou sur la scène implique une prudence, une responsabilité, où l’on n’est jamais à l’abri des tergiversations et des erreurs. », écrit Marine Bachelot Nguyen, membre de Décoloniser les arts, présidente d’HF Bretagne et membre du collectif Lumières d’août, installé à Rennes. Ce texte, elle le signe dans l’ouvrage collectif Décolonisons les arts !,publié en septembre 2018 aux éditions L’Arche.  

« Nous nous engageons à combattre le racisme, car la décolonisation des arts participe à nos yeux à la décolonisation de la société française. Nous estimons que nos voix, nos narrations, nos histoires, nos formes d’expression et de représentation méritent d’être reconnues comme d’être soumises à la critique. Nous ne sommes pas dupes des tentatives de récupération. Nous revendiquons le droit de déranger, de bousculer, comme celui de faire des erreurs. » 

C’est ainsi que conclut Françoise Vergès, politologue et activiste féministe anti-impérialiste et antiraciste, dans le livre Décolonisons les arts ! rédigé sous sa direction ainsi que celle de Leïla Cukierman, ancienne directrice du théâtre d’Ivry-Antoine Vitez, et Gerty Dambury, auteure, metteure en scène et militante afro-fréministe. Un livre auquel ont participé 15 artistes, membres ou non du collectif d’artistes racisé-e-s mixte Décoloniser les arts !, initié à l’automne 2015. 

« L’asso est née dans les suites d’un débat houleux lors la soirée Premier acte (mars 2015) au Théâtre de la Colline. Sur la scène, il n’y avait que des personnes blanches. Le mouvement vient alors interroger la place des personnes racisées dans les programmations, les spectacles, les postes de direction, etc.», explique l’auteure et metteuse en scène rennaise Marine Bachelot Nguyen. 

Dans la foulée, le festival d’Avignon organise un débat autour de la thématique « Femmes artistes et non blanches », auquel elle participe au nom d’HF Bretagne :

« Il y avait beaucoup de femmes. J’ai découvert que l’on avait plein de points communs. On s’est revu-e-s quelques mois plus tard et on a lancé Décoloniser les arts ! qui réunit des artistes noir-e-s, arabes, maghrébin-e-s, asiatiques…Pour interroger le système raciste et la puissance des imaginaires coloniaux. Pour que la question des récits sur l’esclavagisme et la colonisation soit davantage présente dans le milieu de la culture et des arts. »

UN PROCESSUS EXIGEANT

L’ouvrage est rythmé par la pluralité des styles et des voix. Chacun-e explore l’expression de la colonialité dans sa discipline, à partir de son point de vue, à l’endroit où se recoupent le professionnel et le personnel, le politique et l’intime.

Pas question de pointer du doigt des coupables ni de déculpabiliser leurs descendant-e-s. Mais au travers de textes prenant tantôt la forme d’un manifeste, tantôt la forme d’une analyse socioculturelle, ou encore la forme d’un point de vue professionnel, les auteur-e-s soulignent des vécus et ressentis communs.

Tou-te-s sont invité-e-s à répondre aux trois points suivants :

1. Décrivez votre pratique artistique dans sa dimension décoloniale ;

2. Vous décrivez-vous comme racisé.e et pourquoi ? ;

3. Pour Frantz Fanon, le racisme fonctionne comme un jeu de légitimations et de délégitimations, qui constitue des formes d’exister, des façons d’être au monde, d’interagir avec autrui et avec l’environnement. Pensez-vous que la décolonisation des arts dans votre champ permettrait de dénationaliser, de désoccidentaliser la version française de l’universel ?.

Tou-te-s s’accordent à dire que le processus de décolonisation des arts est exigeant.

« C’est un travail historique, sociologique, passionnant. On n’aime pas trop le terme « diversité » qui sert à désigner ceux qui ne sont pas blancs. Sinon, c’est réaffirmer qu’il y a une norme. Décoloniser les arts pour moi est bien plus exigeant. Ça passe par la déconstruction, l’auto-analyse, tu réinterroges les assignations. »
souligne Marine Bachelot Nguyen. 

INTERROGER LES ASSIGNATIONS

À propos de l’assignation des personnes racisées à être des personnages secondaires, souvent de serveurs, dealers de drogue, fainéants, etc. Daïa Durimel, interprète lyrique, écrit dans le livre :

« Il existe aussi un racisme culturel établi : dans ma vie professionnelle, le public ou les intervenants me prennent rarement pour une des leurs : « Ah excusez-moi, je vous ai pris pour le femme de ménage. » (laquelle n’a même pas droit à un bonjour ou un regard bienveillant). J’entends parfois des propos aberrants de bêtise : « Tu ferais mieux de rentrer dans tes îles. », « Désolé, la voix est magnifique mais nous avons dépassé notre quota, il y a déjà un ténor noir dans la distribution. », « La Carment est noire, ça fait bizarre mais elle chante bien quand même ! ». » 

Carmen, Bérénice, Juliette et les autres sont blanches dans l’imaginaire collectif et les représenter autrement choque.

« Il y a aussi une autre difficulté, notamment dans le théâtre. Quand j’aborde la question de l’esclavagisme et de colonisation de mes pays d’origine, il y a le « Fais attention, tu n’es pas objective, il y a trop de proximité avec ton sujet. Par contre, un artiste blanc qui parle de racisme inspire toujours la prise de conscience. Ça bouge un peu mais… On évite toujours la question du racisme en France et de l’impact de l’imaginaire colonial.

Et d’un autre côté, je prends un exemple au hasard, une artiste indienne monte un premier spectacle dans lequel elle parle de ses origines. Elle veut pour son deuxième spectacle monter une pièce de Shakespeare. On lui dira alors qu’elle ferait mieux de rester sur l’histoire de ses origines, ça, c’est bien, hein… », précise Marine, dénonçant « un jeu perpétuel d’injonctions contradictoires qui te cantonnent, t’assignent à tes origines. » 

La réalisatrice Amandine Gay a signé l’an dernier Ouvrir la voix– qui sera projeté le 13 novembre prochain au Tambour, à Rennes (campus Villejean), dans le cadre des Mardis de l’égalité – un long-métrage qui donne la parole aux femmes noires. Elle expliquait alors les difficultés, en France, à produire un film dont le personnage principal serait une femme noire viticultrice lesbienne. Pas assez réaliste, lui a-t-on répondu.

Une telle personne n’existerait donc pas dans l’hexagone ? Elle mêle les voix, les visages, les expériences, les parcours, les orientations sexuelles, les réflexions autour du racisme et du féminisme pour faire apparaître la multiplicité des personnalités qui pourtant ont toutes dû se construire confrontées aux discriminations racistes, sexistes et LGBTIphobes. 

Dans Décolonisons les arts, Amandine Gay écrit alors : « L’intérêt de considérer la racisation comme un processus, c’est que cela permet aussi d’interroger la norme et le pouvoir, face auxquels nous sommes construits comme « Autres ». Je suis Noire à mes yeux (la catégorie « Noire » est certes une assignation raciale mais je choisis aussi de le revendiquer politiquement : je m’approprie le terme Noire, pour ne pas être définie de l’extérieur et en négatif, je m’autodétermine en définissant ma négritude), mais je suis aussi Noire dans les yeux des Blancs.

Dans le contexte français, mon assignation raciale a un sens particulier pour celles et ceux qui appartiennent à la norme et donc à l’histoire de la domination, de l’extermination et de l’asservissement de nombreuses minorités. Comment, dans ce contexte-ci, identifier et nommer mon expérience de vie qui est différente de celle d’une personne blanche, sans le concept de racisation ?

Et quand on me rétorque que le terme racisé risque de faire revenir le racisme biologique, je réponds qu’on se situe sur le plan pratique et politique, pas sur le plan moral ou théorique : ma vie, au quotidien, est déterminée par le fait que je suis identifiée comme Noire, c’est ma réalité, peu importe les idéaux universalistes, mon expérience est celle du traitement différencié et des discriminations. »

L’œuvre collective décrypte alors la nécessité « de se réapproprier les matériaux esthétiques dont disposent les racisé-e-s et de les confronter aux regards internationaux, en cherchant les structures soutenant la production et la diffusion en dehors des lieux dédiés du territoire français. », comme le signale Sandra Sainte Rose Fanchine, danseuse et chorégraphe, rejointe par Mohamed Guellati, comédien, auteur et metteur en scène : 

« Décoloniser les arts ce n’est pas chercher des coupables, descendants de colons. Il faut avoir le courage d’ajouter au roman national, des chapitres, nuancés, complexes, sombres mais pas seulement. L’apaisement et la cohésion s’appuient sur cette reconnaissance. Il nous faut des outils d’appropriation. Il nous faut autoriser ouvertement les récits de toutes les composantes de la société française, particulièrement des trente pour cent d’individus non blancs chez qui déjà depuis des décennies des formes artistiques vivifiantes. »

LA VOLONTÉ D’AVANCER

Décolonisons les arts !est un manuel que l’on ne range jamais vraiment. On le lit par morceaux ou bien d’une traite, et on y revient. Pour comprendre des choses que l’on n’avait pas saisi au moment de la lecture et que l’on peut, après des recherches, des lectures d’ouvrages et d’articles, de l’écoute de la parole des concerné-e-s, après être s’est rendu dans les cinémas, les théâtres, les salles de concerts, les librairies, les bibliothèques, les salles de danse, peut-être cerner davantage. 

Pour avancer individuellement, sans constamment mettre en avant nos efforts de Blanc-he-s qui pourtant refusons l’héritage douloureux d’un monde que l’on passe sous silence. Par confort de privilégié-e-s.

À la question initiale de Françoise Vergès, Leïla Cukierman et Gerty Dambury, la commissaire d’expositions et artiste cinéaste Pascale Obolo répond ainsi :

« Racisée ? Oui. Les artistes de la communauté noire (et j’assume cette expression) produisent dans un contexte socio-politique qui les invisibilise en raison de leur phénotype. La décolonisation des esprits en France s’est arrêtée en chemin et il y a aujourd’hui nécessité de procéder à une relecture de l’histoire coloniale. »

Un processus long, exigeant et impératif. Un processus rigoureux qui mérite une vigilance absolue pour ne pas tomber dans le côté « vitrine Benetton », comme le souligne Marine Bachelot Nguyen. Parce que le glissement s’effectue rapidement. Et symbolise principalement le manque d’intérêt et de compréhension de la problématique profonde, telle que Gerty Dambury la pose :

« Il convient maintenant de poser la question suivante : ces êtres, les Noirs ou les colonisés, et leurs descendants, qui ont été classés, essentialisés dans le rôle des subalternes, relégués au domaine du profane, le plus loin possible du corps sacré, peuvent-ils naturellement et sans réticences être admis à exercer leur imaginaire dans les divers temples qui manifestent le pouvoir et la domination de l’homme blanc ? »

Elle poursuit :

« Aujourd’hui, il nous appartient, sans l’ombre d’un doute, de faire la démonstration, sur les plateaux de télévision, de théâtre, de cinéma, de danse, dans les musées et partout ailleurs où l’art et la culture ont leur place, que nous sommes à même de « déracialiser » notre vision du monde dans lequel nous vivons, ensemble. »

Parce que « Les racisé-e-s sont pourtant chaque jour requis d’expliquer que le racisme et les discriminations existent. On leur demande de prouver à tout moment leur allégeance à un discours abstrait sur les droits – abstrait car il ne prend pas en compte les différences de classe et de genre, héritées d’une histoire patriarcale, misogyne et coloniale -, alors que leur droit à l’égalité est régulièrement dénié. », Françoise Vergès attire l’attention sur un point capital et primordial : l’éducation. 

« Elle (la décolonisation des arts) exige un énorme effort, car il faut désapprendre pour apprendre, il faut développer une forme de curiosité qui demande toujours, comment, qui, pourquoi et pour qui. Or l’éducation nous apprend à ne pas être curieuse/curieux mais à nous déconnecter de notre monde et du monde. (…) Qui ne se souvient pas d’avoir été prié-e, enfant, de cesser de poser des questions car elles « fatiguent » les adultes. C’est encore plus prononcé pour les enfants racisés. »

À la demande, voire à l’obligation, imposée aux artistes (et plus largement aux individu-e-s) racisé-e-s de « pacifier » leurs discours, de « ne rien montre de sa colère, ou accepter d’être sali.e », dans le but d’être écouté-e-s, Leïla Cukierman répond :

« Les résistances passent par les capacités créatrices. Grâce à elles, des soulèvements reconfigurent les possibles. Libération des oppressions et dépassement des traumatismes se saisissent ensemble. (…) Le besoin vital de se projeter et d’advenir passe par la nécessité de se composer un nouvel imaginaire. »

« Les dominants le craignent : QUE LES DOMINÉS S’EMPARENT DU TRAVAIL D’ÉLABORATION SYMBOLIQUE parce que de toute façon les opprimés se révoltent, se lèvent, s’inventent. »

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