Célian Ramis

Femmes animales, une première prometteuse

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Rennes
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Mathilde Pilon, jeune femme de 28 ans, s’est lancée dans la cour des grands avec une première exposition intitulée « Femmes-animales. ».
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Mathilde Pilon, jeune femme de 28 ans, s’est lancée dans la cour des grands avec une première exposition intitulée « Femmes-animales. ». Elle est visible jusqu’au 26 janvier à la Coopérative, à Rennes. L’artiste compile des poésies et des photographies autour de la question de la métamorphose.

Mathilde Pilon écrit depuis toujours. Dès l’école elle écrivait sur ses cahiers. La plume est pour elle une manière de s’exprimer naturellement. C’est sa rencontre avec une personnalité qu’elle qualifie de personne « spontanée et particulière » qui lui ouvre les portes de la photographie.

De cette rencontre, elle tire un texte qu’elle intitule « femme-loup » et le besoin de l’illustrer se fait sentir. Elle prend son appareil photo, et en improvisant sur le tas elle commence à illustrer ses poèmes avec « les images que j’avais en tête. » Elle a tout appris sur le tas et confesse : « La recherche de modèles, le travail sur Photoshop, le travail de scénographie, je n’y connaissais rien mais j’ai adoré le faire. »

Lancée, elle ne s’arrête plus et décline l’idée en une série de portraits, tous féminins et animales :  la « femme-cobra » serpente aux cotés de la « femme-chat » qui fait le dos rond à la « femme-caméléon », qui elle-même se camoufle de la somnolente « femme-marmotte ».

En tout c’est une quinzaine de portraits qui sont proposés dans cette exposition. Le travail s’est fait avant tout « sur la métamorphose. Ce qui m’a intéressé c’est l’anthropomorphisme, le côté hybride des choses et le fait qu’un seul être puisse avoir plusieurs facettes. »

Mais c’est aussi une histoire de vie et de femmes, de rencontres et de force. Elle s’est inspiré des personnes autour d’elle, de la vie, tout a été fait de manière intuitive. D’autres projets sont déjà en route pour la jeune femme. Elle a déjà pris contact avec une maison d’édition pour publier le travail qui est actuellement exposé: « Mais je ne peux pas vraiment le dire, rien n’a encore été signé. »

Célian Ramis

"Druckerozaure : Save the Dino" ou un grain de folie aux Beaux-Arts

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Beaux-Arts, Rennes
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L’exposition dûment nommée Druckerausore, save the Dino est l’œuvre de quatre étudiants de deuxième année, regroupés pour l’occasion dans le collectif 4 fromages.
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En passant le porche de l’école des Beaux-arts à Rennes, le risque n’est plus seulement de tomber sur des étudiants papier canson sous le bras et crayon à l’oreille. Depuis le 6 novembre et jusqu’au 29 novembre, les tyrannosaures et autres diplodocus ont élu domicile au pied des statues grecques du cloître. L’exposition dûment nommée Druckerausore, save the Dino est l’œuvre de quatre étudiants de deuxième année, regroupés pour l’occasion dans le collectif 4 fromages.

Le fil de l’exposition a été décidé sur un coup de tête : les dinosaures. Ils sont déclinés en plusieurs œuvres : tableaux, sculptures, photographies, cahier de coloriage… dont les titres humoristiques renvoient à la légèreté du collectif. Le nom le plus drôle étant attribué à l’une des sculptures réalisée par les deux filles de l’équipe, Mathilde et Laurence, nommée: « éclosion précoce ».

L’exposition nous plonge dans une fantasmagorie : et si les dinosaures avaient survécu et qu’ils cohabitaient avec l’être humain aujourd’hui ? Que seraient-ils devenus ? La réponse est apportée par petites touches : par exemple le dino market avec des boîtes de conserves contenant de la viande de dinosaure. Mais c’est surtout un code civil détourné, à l’origine destiné aux animaux, qui montre les dinosaures comme une espèce menacée et peu considérée par l’homme.

Les loges des Beaux-Arts permettent aux étudiants d’exposer tout au long de l’année, mais le calendrier est souvent plein. Profitant d’un trou dans ce planning surchargé, les quatre amis du collectif 4 fromages, Mathilde, Laurence, Julien et VM, se sont engouffrés dans la brèche afin de faire une exposition. « C’était dans l’urgence, on a commencé deux semaines avant mais en vérité on a fait la majorité du travail 48h avant ».

Le défi était de taille, et ils avaient peu de temps pour le relever. Néanmoins tout c’est fait dans la bonne humeur: « Le but premier c’était de rigoler ». En témoigne le titre de l’exposition : Druckerausore. « Michel Drucker est un dinosaure de la télévision, donc ça nous a parût marrant de détourner le nom », confie Laurence. Une des œuvres du collectif est d’ailleurs consacrée à ce personnage public…

Des critiques sur le manque de sérieux

« Surtout ne pas se prendre la tête » est le leitmotiv principal de ces jeunes étudiants. Ils refusent de conceptualiser un travail qui était avant tout une franche partie de rigolade. Mais ce refus d’intellectualiser les amène paradoxalement à donner un concept à l’exposition : le parti pris de la bonne humeur. Ils ont essuyé des critiques de la part d’étudiants des Beaux-arts anonymes, qui trouvaient que l’exposition n’était pas assez sérieuse.

Certes le trait du dessin est parfois un peu maladroit et ils avouent en rigolant que le jour du vernissage, toutes les toiles n’étaient pas sèches; mais peut-on vraiment le leur reprocher ? D’autant que l’exposition trouve un écho favorable auprès du public, le vernissage ayant été une réussite puisque de nombreuses personnes ont fait le déplacement. Parmi les présents, l’artiste de street art, Mardi Noir, intrigué par cette exposition qui reprenait le titre d’une de ses réalisations. Bon joueur, il est venu saluer l’initiative. Quant aux membres du collectif 4 fromages, ils nous confient: « évidemment que l’on connait son travail, mais on ne savait pas qu’il avait déjà utilisé ce titre… »

Célian Ramis

Migrant'scène : Les voix féminines de la migration 1/2

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Rennes
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Migrant’scène, organisé par La Cimade, revient pour la 2ème année consécutive à Rennes. Plusieurs événements ont eu lieu autour de la thématique suivante : la migration au féminin.
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Migrant’scène, organisé par La Cimade, revient pour la 2ème année consécutive à Rennes. Samedi 23 novembre, plusieurs événements ont eu lieu dans le centre ville de la capitale bretonne, autour de la thématique : migration au féminin.

« Nous avons choisi de parler de mobiles, de mobilité et de mobilisation, et non de migration ou d’immigration. Et ça, ça change déjà le regard », explique Marie Arlais, directrice artistique et membre du collectif nantais étrange miroir. Une quinzaine de personnes a participé à l’installation sonore, Mobiles illégitimes, exposée au café L’enchantée à Rennes, uniquement pour l’après-midi.

Pour Marie, « les témoignages sonores permettent de ne pas tomber dans la représentation stéréotypée avec des images de la femme victime, de la femme qu’il faut à tout prix aider ». En effectuant leurs recherches, les membres du collectif dégagent différents angles, décèlent les diverses thématiques liées au sujet, « y compris des choses auxquelles on ne pensait pas, comme le lien avec la mobilisation et le féminisme ou encore la sexualité des migrantes ».

Ils recueillent les histoires de plusieurs femmes venues d’Algérie, du Bénin, du Mozambique, d’Israël, d’Ecosse ou encore du Maroc, ainsi que des témoignages de sociologues, anthropologues, militantes, professeures, conseillère en insertion professionnelle.

De là est imaginée la structure qui voyage actuellement de ville en ville dans le cadre de Migrant’scène : une grande armoire en bois dont certains tiroirs demandent à être ouverts afin de libérer les paroles de toutes ces femmes. Dans les extraits, on peut entendre :

Luanda : « On appartient tous à quelque chose, on est tous nés quelque part »,

Maeva : « Si j’avais été un homme, ça aurait été plus facile. Mais j’ai osé (partir, ndlr), je suis allée au bout, j’ai relevé le défi et j’y suis arrivée » / « Je suis africaine, j’en suis fière et je ne serais jamais blanche. Je ne pourrais qu’être française d’adoption mais jamais de peau. Je peux modifier certaines choses pour l’intégration mais pas tout »,

Saïda : « La famille (dans laquelle elle travaillait, ndlr), je la respecte mais ils ont beaucoup abusé de ma situation. Ils n’ont fait aucun effort pour faire un courrier à la Préfecture alors que j’étais très utile pour leur fille handicapée »,

Sivan : « Quand tu vis dans un pays nouveau, il faut que tu changes ta langue, ça te fait changer ton rythme, tu vas plus lentement, tu cherches tes mots ».

La mobilité quotidienne

Le sujet est traité dans toute sa complexité et toute sa diversité avec l’objectif de mettre en avant des axes peu médiatisés. Avec les tiroirs, le collectif invite les visiteurs à aller chercher, fouiller, explorer par eux-mêmes les informations concernant la mobilité. « Ce thème illustre notre mode de penser actuel. Nous sommes une génération qui bouge beaucoup, se déplace pour des voyages ou le travail. Pour nous, c’est normal », explique Marie Arlais.

Les informations apportées au cours de cette exposition interactive sont appuyées et complétées par un éclairage avisé et alternatif. Pour la sociologue et anthropologue Nacira Guénif Souilamas, les femmes sont privées de toute capacité à se mouvoir : « Les différentes fonctions des femmes – religieuses, culturelles, familiales – les bloquent dans leur mobilité. C’est cette logique d’immobilisation qui renforce l’illégalité des mobilités des femmes ». De quoi faire réfléchir les auditeurs au-delà de la thématique. Jules Falquet est elle aussi sociologue et figure dans le kaléidoscope sonore proposé par étrange miroir. Dans un extrait, elle développe sa réflexion autour de la notion « To care », signifiant « prendre soin » en anglais.

Selon elle, les femmes seraient plus qualifiées pour s’occuper des personnes malades ou âgées, grâce à l’éducation reçue. « On appelle cela la crise du care ou la crise de la reproduction sociale car elles ne s’occupent pas uniquement des personnes âgées. On importe là aussi des femmes pour s’occuper des hommes valides. Il y a toujours moyen de se faire tailler une pipe pour pas cher. Tout ça, sans papiers, car sans papiers = sans droits », raconte l’experte.

Une installation sonore originale, interactive et riche de sens dont on voudrait pouvoir profiter plus longuement, dans un lieu plus propice et moins étroit.

Célian Ramis

Coup de fouet dans les abysses rennaises

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Rennes
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C’est aujourd’hui, vendredi 15 novembre, qu’est officiellement lancée l’exposition Des abysses et vous, proposée par le collectif Ouitisch. Une exposition subaquatique et itinérante.
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C’est aujourd’hui, vendredi 15 novembre, qu’est officiellement lancée l’exposition Des abysses et vous, proposée par le collectif Ouitisch. Une exposition subaquatique et itinérante.

Du 15 novembre au 4 février, les Rennaises et les Rennais pourront découvrir le travail du collectif Ouitisch, dont les clichés – qui ont été réalisés par Philippe Henry dans la fosse plongée des Gayeulles – sont exposés en grand format au fond des bassins rennais. « Nous nous permettrons de changer la disposition des triptyques selon les lieux« , nous explique Xavière Voisin, chargée des relations presse et de l’administration.

De manière itinérante, les neuf photographies seront installées dans les piscines durant 15 jours chacune, en commençant par la piscine Saint-Georges – puis dans l’ordre suivant : Villejean, Gayeulles et Bréquigny.

Hier soir, lors de l’inauguration, de nombreux courageux parfaitement équipés – maillots de bain, lunettes et palmes pour certains – se sont lancés dans le grand bain à la découverte des chimères abyssales, imaginées à partir de la méduse, de la pieuvre et du poisson. Originale, l’exposition se veut ludique pour les nageurs « qui arrêteront de voir simplement les carreaux de la piscine« , nous dit Anna Le Reun, la créatrice des costumes, et invite à plonger au coeur de l’univers abyssal dont la plupart des créatures sont encore méconnues des scientifiques.

+ d’infos sur le collectif et l’exposition Des abysses et vous : cliquez ici !

Célian Ramis

Terres-Neuvas aux Champs Libres : une histoire d'hommes ?

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Champs Libres, Rennes
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Le musée de Bretagne des champs libres et le musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc présentent une exposition en parallèle, d’octobre à avril sur les Terre-neuvas, ces pêcheurs qui partaient de longs mois en mer, en Atlantique nord.
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Le musée de Bretagne des champs libres et le musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc présentent une exposition en parallèle, d’octobre à avril sur les Terre-neuvas, ces pêcheurs qui partaient de longs mois en mer, en Atlantique nord. Le sujet semble empreint de virilité et ne laissant aucune place aux femmes, et pourtant…

En deux parties, l’exposition sur les Terre neuvas sera visible du 19 octobre 2013 au 19 avril 2014 : l’une à Rennes, l’autre à Saint Brieuc, avant de déménager à St Malo et Granville en juin 2014. Elle présente en deux volets, l’aventure de la pêche à la morue sur les côtes de Terre-neuve.

Des marins bretons et normands s’embarquaient pendant plusieurs mois pour profiter des réserves halieutiques, c’est-à-dire des richesses en poisson du Canada. Les conditions de vie sommaires, les techniques de pêche, le contexte socio-économique de l’époque ( etc …), sont autant de sujets abordés dans le cadre de l’exposition.

Un contexte masculin

Aux champs libres sont exposés cinq siècles de pêche morutière à travers un parcours qui reprend une démarche d’histoire sociale. Le quotidien de ces hommes est dévoilé à travers de nombreux objets, photos et documents. L’univers des marins est très bien restitué grâce à une scénographie efficace visuellement qui plonge le spectateur dans les eaux froides de Terre-Neuve, du labrador ou encore de Saint Pierre et Miquelon, à la recherche de morue. Les enfants sont les bienvenus grâce à la mise en place d’interactions et d’objets numériques.

À Rennes, il s’agit presque exclusivement de pêcheurs, même si, occasionnellement, des femmes ont pu embarquer pour aider à sécher ou à saler la morue.

Si la gente féminine se fait discrète dans le contenu de l’exposition, c’est une directrice, Céline Chanas, au musée de Bretagne qui a coordonné le travail en amont de l’exposition. Elle signale que lorsqu’ils ont commencé à travailler, le simple mot Terre-neuvas suffisait à réveiller une mémoire familiale chez ses interlocuteurs. Le recrutement des marins se faisait très loin à l’intérieur des terres, parfois même jusqu’à Rennes.

C’est pourquoi en Bretagne, le souvenir des Terre-neuvas est un sujet de mémoire très présent, qui alimente parfois des fantasmes. Céline Chanas a été accompagnée dans sa démarche par la directrice du musée d’art et d’histoire de Saint Brieuc, Elisabeth Renault, et par la conservatrice du musée du Vieux Granville, Michèle Chartrain.

Une réalité féminine

Le deuxième volet, présenté à Saint-Brieuc, est axé sur un thème précis: « Le temps de l’absence ». Il traite des personnes restées à terre, et notamment des épouses des marins. La littérature et l’art ont consacré l’image de la veuve éplorée ou celle de la femme scrutant l’horizon dans l’attente d’une voile de bateau. Ces images d’Épinal sont reprises, complétées par des faits précis.

Loin d’attendre au bout du quai en s’abîmant les yeux dans les flots de l’Océan, les femmes de marins maintenaient une activité professionnelle pour subvenir aux besoins de la famille. Pêcheuses à pied, lavandières, agricultrices, couturières, ouvrières dans les usines de conditionnement du poisson… les métiers ne manquaient pas.

Au-delà de leur activité professionnelle, elles s’occupaient également de la maison, des enfants; ce qui ne leur laissait que peu de temps pour attendre le retour des Terre-neuvas sur la jetée. Mais dans ce cas peut-on parler d’une libération des femmes avant l’heure de leurs consœurs? Pas complètement. Certes les épouses de marins étaient libres du contrôle d’un mari, pas de celui de la famille qui pesait encore sur leurs épaules.

L’exposition vient rappeler le rôle et la place des femmes, trop souvent occultés par les exploits ou les tragédies des marins.

Terre-Neuve/Terra-Neuvas bénéficie de deux volets très complets, qui fonctionnement de manière autonome. La visite des deux musées apporte néanmoins une meilleure compréhension du sujet dans sa globalité.

Célian Ramis

Bientôt la fin d'un ciel de photographies poétiques

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Rennes
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Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir l’exposition « Le ciel commence ici » réalisée par l’artiste Corinne Mercadier. Présentation.
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Depuis la rentrée, une série de photos grand format est présentée sur la place de l’hôtel de ville de Rennes, dans le quartier de la Courrouze et près de la faculté de droit. Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir l’exposition « Le ciel commence ici » réalisée par l’artiste Corinne Mercadier. Présentation.

Cette année et jusqu’au 20 octobre, la plasticienne Corinne Mercadier expose, en plein air, dans l’un des lieux les plus fréquentés de Rennes : la place de l’hôtel de Ville. Elle succède à Thierry des Ouches, Sebastiao Salgado, Steve MacCurry, Sabine Weiss et bien d’autres grands artistes… Tous ont fait l’objet d’une invitation les années précédentes. C’est Mirabelle Fréville, commissaire de l’exposition qui est à l’origine de cet évènement artistique. « J’avais envie de voir à cet endroit un artiste qu’on expose généralement dans les galeries et qui n’est pas facile d’accès ».

Comme chaque année, depuis 3 ans, elle propose un photographe (un documentaliste, un portraitiste..) aux élus et ces derniers font leur choix. Pour cette rentrée, c’est Corinne Mercadier qu’ils ont choisi. Ainsi, une quarantaine de photographies extraites, en partie, de 6 séries de polaroids, de photos numériques et des dessins (au Carré Sully de l’Opéra de Rennes) sont présentés : un condensé de 25 ans de création, tel un parcours sur l’évolution de son travail. Dans les années 80 et jusqu’en 2008, Corinne Mercadier photographie, avec un argentique, des paysages, des membres de sa famille, des objets en mouvements (en couleurs puis en noir et blanc) qu’elle recadre ensuite  avec un polaroïd SX70.

Une technique qui lui permet de filtrer l’image et d’apporter du mystère à ses œuvres. « C’est une photographe poète, qui à travers, ses photos, nous transmet ses émotions » explique Mirabelle Fréville. « Elle ne veut pas forcément démontrer ou saisir une cause, mais plutôt nous faire rentrer dans son univers doux et rempli de rêves. On est proche de l’abstraction ». Avec l’arrêt de la fabrication du polaroïd, Corinne Mercadier s’intéresse aux numériques. « Un nouveau départ, qui lui permet de renouveler sa création, avec un style et une narration différentes » confie la commissaire de l’exposition.

L’ensemble est à la vue du public jusqu’au 20 octobre et tente, selon l’artiste, de « donner une dimension à la vie, comme un idéal, même si on ne peut pas l’atteindre »…

Les Matières premières de Solange Reboul

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Si l’envie vous prend d’aller flâner rue du Chapitre, vous pourrez découvrir l’exposition, Matières premières, dans les jardins de la DRAC, visible jusqu’au 12 novembre.
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Si l’envie vous prend d’aller flâner rue du Chapitre, vous pourrez découvrir l’exposition, Matières premières, dans les jardins de la DRAC, visible jusqu’au 12 novembre. À l’origine de ce projet : la photographe Solange Reboul.

Matières premières est née d’un atelier photographique mené dans le lycée Freyssinet de Saint-Brieuc, proposé par la structure GwinZegal, une association guinguampaise composée de plusieurs photographes réunis dans le but de soutenir la création photographique et d’éduquer à l’image des publics divers. Cette année, Solange Reboul mènera des ateliers dans des lieux variés allant de l’école primaire à l’hôpital psychiatrique.

Pour Matières premières, c’est avec les élèves de bac pro Assistant d’architecture qu’elle a travaillé avec des lignes imposées. Le thème de la matière a été décliné autour de la masse, la résistance et du volume. La photographe est intervenue pour guider les lycéens dans leur recherche d’images, tout en leur laissant une grande liberté. Les photos questionnent le rapport aux matières techniques (briques, cordes, bois, sable, bâtiments…), avec lesquelles les élèves sont en contact quotidiennement dans le cadre de leur formation, et notre perception.

Au fil de l’exposition, le spectateur découvre des façons poétiques d’appréhender un univers qui n’a pourtant rien d’artistique à l’origine. Le contraste entre le magnifique hôtel de Blossac, siège de la DRAC classé Monument historique, et les photographies montrant des matériaux de construction moderne, apporte une valeur ajoutée et un regard décalé à l’exposition.

Solange Reboul n’en était pas à son premier atelier avec des adolescents et elle continuera d’en animer cette année. Elle constate qu’avec les lycéens, « la recherche se fait de manière dynamique » et que « les jeunes comprennent bien la démarche », alors qu’il s’agit de publics très éloignés du monde de la photo. Son objectif est de montrer que la photographie est un vrai langage et que l’image est un véritable outil de communication.

Pari réussi avec Matières premières dont elle est très satisfaite: « Je trouve ça super, même s’il se passe toujours quelque chose lors des ateliers, on ne va pas toujours aussi loin. ». Effectivement les œuvres des jeunes n’ont rien à envier à celles de véritables professionnels.

Lorsqu’on lui demande si elle a une approche spécifique en tant que femme, elle répond que non. « Chaque individu a une approche spécifique mais je n’ai pas conscience d’aborder les choses différemment parce que je suis de sexe féminin », explique-t-elle. Mais elle admet que dans les filières où les garçons sont majoritaires, elle se confronte à une vision machiste: « Je suis là pour renverser cette idée. Photographe, dans leur esprit, n’est pas un métier de femme. Je leur prouve qu’une femme ne reste pas forcément à la maison. »

Célian Ramis

Des abysses et elles : les créatures de Ouitisch

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Reportage au cœur des fonds marins, à la rencontre des quatre créatures « ouitischiennes » du projet.
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La semaine dernière, l’association Ouitisch plongeait la piscine des Gayeulles dans l’ambiance des abysses, transformant la fosse plongée en studio photo. Reportage au cœur des fonds marins, à la rencontre des quatre créatures « ouitischiennes » du projet.

Mercredi 14 août, 21h. Les derniers courageux effectuent des longueurs dans la piscine des Gayeulles, à quelques mètres de la fosse plongée dans laquelle est installé le studio photo de l’association Ouitisch. Le moment est venu, après deux ans de réflexion et de travail autour de leur projet !

Celui de réaliser et présenter une exposition subaquatique, sur le thème des abysses. Un milieu mystérieux et méconnu du grand public. Le livre de Claire Nouvian, Abysses, est leur Bible : « C’est notre coup de cœur. Nous sommes restés fidèles aux images du bouquin. Les dessins et créations d’Anna Le Reun sont très proches de celles-ci », explique Xavière Voisin, secrétaire de l’asso, en charge de l’administration et des relations partenaires.

Durant trois nuits, l’équipe de Ouitisch s’est dédiée à la réalisation des images de l’expo Des abysses et vous, qui sera présentée tour à tour dans les quatre piscines rennaises. « Une invitation à l’imaginaire », selon Xavière.

Une fois la nuit tombée, le shooting peut démarrer. Huit projecteurs sont installés à 6m de profondeur, l’appareil photo est déjà au fond de la fosse, une gueuse est mise en place pour une meilleure stabilité de la modèle, Jessica Josse… Cette dernière a enfilé son costume de méduse blanche, après avoir été maquillée par Vanessa Coupé, qui a en amont beaucoup collaboré avec Anna pour définir les différents maquillages.

« La texture des produits waterproof n’est pas du tout la même et je ne m’étais pas rendu compte de la difficulté au départ. On ne peut pas tirer la matière, la travailler… Et elle sèche aussitôt ! », confie Vanessa. Ce n’est pas pour autant que la jeune professionnelle se débine. Au contraire ! « Il suffit donc de travailler la base avec des produits gras, de faire le dégradé à ce moment-là et de rajouter la couche waterproof », explique-t-elle. Et le tour est joué pour un résultat impeccable, qui sera révélé dès le 15 novembre.

Dans l’univers abyssal

Il est temps pour Jessica de descendre sous l’eau. Doucement, un plongeur l’accompagne jusqu’au fond de la fosse. Anna est déjà dans l’eau, prête à réajuster le costume. L’équipe s’apprête à réaliser une séance de 20 à 30 minutes pendant laquelle Jessica alterne entre apnée et bouffée d’oxygène. Avec aisance, elle effectue des mouvements gracieux, en douceur. La jeune femme n’en est pas à son premier coup d’essai.

En effet, pendant 13 ans, elle a pratiqué la natation synchronisée et  participé à plusieurs courts-métrages en milieu aquatique, avec la réalisatrice Manon Le Roy. Son bonus : tenir en apnée pendant 2 minutes 30. Néanmoins, elle ne préfère pas tirer sur ses réserves pour cet exercice « déjà assez éprouvant ! ». Elle se souvient de la nuit précédente : « Au début, j’ai eu un moment d’angoisse : à 6 mètres de profondeur, dans le noir, il fait très froid, je portais un costume avec une grosse structure sur la tête… ». Après un temps d’adaptation, elle entre rapidement dans le personnage et renouvelle l’exercice à trois reprises dans la soirée.

Pour Anna, la satisfaction est grande. Après discussion autour de leurs envies, les membres de Ouitisch ont rapidement su ce qui ne voulaient pas niveau costumes : « Pas de rococo, d’angélique, de mousseux ou encore de fashion ». A la suite de nombreux tests effectués, la créatrice connaît les réactions des différentes matières au contact de l’eau et sait comment créer les trois créatures abyssales demandées.

« Je suis contente car le rendu durant le shooting est le même que sur les dessins. C’est cool ! », explique-t-elle. D’autres projets naissent dans les esprits « ouitischiens », « à force d’être ensemble et de discuter de nos envies, forcément c’est stimulant ». Mais avant tout il faudra présenter les 9 clichés grand format, placés dans des sarcophages en plexiglas, au fond des quatre piscines municipales. A vos masques et tubas, dès le 15 novembre, à la piscine Saint-Georges de Rennes.

Des créatures abyssales financées par le crowdfunding

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Le 30 juin, le collectif rennais Ouistisch devra avoir récolté 4 500 euros pour réaliser l’exposition originale « Des abysses et vous ».
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Le 30 juin, le collectif rennais Ouistisch devra avoir récolté 4 500 euros pour réaliser l’exposition originale « Des abysses et vous ». Un projet mis en lumière sur la plateforme de financement participatif Ulule, depuis le 1er mai

L’objectif est de trouver 4 500 euros en deux mois. Et pour l’atteindre, les membres du collectif Ouitisch ont trouvé la solution : le crowdfunding (financement solidaire qui fait appel à la générosité et au soutien des internautes). A l’heure où nous écrivons ces lignes, 3 813 euros, soit 84% de la somme globale, ont déjà été récoltés.

Ensuite, Ouitisch « pourra être soutenu financièrement par la Ville de Rennes » et pourra réaliser le shooting photo prévu pour réaliser l’exposition « Des abysses et vous », qui sera effectué dans un studio subaquatique. « Nous allons l’installer dans la fosse plongée de la piscine des Gayeulles, qui a une profondeur de 6 mètres », explique Philippe Henry, photographe. Pour sa part, pas d’inquiétudes puisqu’en travaillant pour Ocean71.com – un média numérique traitant de sujets qui se déroulent en mer – il a pris l’habitude d’exercer son métier sous l’eau.

Mais la star de l’exposition sera celle qui sera sur les photos grand format et qui devra pour cela rester en apnée lors de la séance photo (en plusieurs prises, rassurez-vous), la modèle Jessica Brouté ! Cette dernière sera habillée par Anna Le Reun, styliste du collectif qui confectionne pour l’occasion trois tenues en relation avec les créatures abyssales, inspirées du poulpe, de la méduse et du poisson.

Au total, neuf clichés seront réalisés et exposés – dans des sarcophages de plexiglas – dans le fond des quatre piscines municipales qui accueilleront « Des abysses et vous » durant 15 jours chacune. La scénographie (éclairages, costumes et maquillage), sur laquelle le collectif se montre pour l’instant discret, devrait être grandiose. De quoi attirer les Rennais dans les abysses des grands bassins en novembre 2013. « L’idée est de se confronter à quelque chose que l’on n’a pas l’habitude de voir, explique Philippe Henry. Puis de faire voyager l’expo dans d’autres villes ». Il ne reste plus que 19 jours pour atteindre l’objectif et pouvoir ensuite, cet été, passer en studio !

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