Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Quand la cumbia laisse place à la rumba...

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Papa Noël et Viviane A ont soufflé un vent de magie et de pureté, sous le chapiteau du Grand Soufflet, vendredi 18 octobre à 18h. Un moment chaleureux et convivial qui s’est déroulé hors du temps, mais pas de l’espace.
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Papa Noël et Viviane A ont soufflé un vent de magie et de pureté, sous le chapiteau du Grand Soufflet, vendredi 18 octobre à 18h. Un moment chaleureux et convivial qui s’est déroulé hors du temps, mais pas de l’espace.

Lui est à la guitare. Elle à l’accordéon. Ensemble, ils forment un joli duo dont la musique est synonyme de douceur, de quiétude. Assis sur les gradins ou sur le sol, les spectateurs, dociles, se laissent envoûter par la magie de ce moment, par la magie du voyage dans lequel nous entrainent les deux compagnons.

Dans le parc national de Virunga, en République du Congo et dans les environs de l’Ouganda et du Rwanda, Papa Noël et Viviane A nous promènent amicalement et partagent leurs sentiments avec le public. « La première fois que je suis allée chez Nono, il m’a parlé de ce lieu en me disant : Virunga, c’est la jungle, les senteurs, le chant des oiseaux, les crapauds, les lions, la montagne… », dit-elle, avant de le laisser ajouter « qu’aux pieds des volcans, en Afrique, les animaux vivent et produisent des chants magiques ».

Une atmosphère ineffable et surnaturelle envahit le chapiteau, qui semble comme plongé dans un songe. L’instrument à bretelles produit des cris d’animaux et le son harmonieux de la guitare nous berce tandis qu’on imagine à Virunga la nature prendre vie, le jour se lever, la faune et la flore s’éveiller.

Puis c’est la rumba qui rythme notre périple dans cette Afrique qui prend parfois des airs de Cuba. Si « la rumba se joue normalement à plusieurs guitares et avec des percussions », les spectateurs participent, en frappant des mains, pour pallier leur absence de ces instruments. L’ambiance est familiale, l’humeur joviale.

Les lumières oranges et rouges, ainsi que le décor épuré de la scène, participent à nous baigner dans l’environnement décrit par la musique. Les deux musiciens, jusqu’à présent assis l’un à côté de l’autre au milieu de la scène, se lèvent, se laissant entrainer par leurs propres mélodies, et nous embarquent avec eux dans les nuits chaudes et sèches de La Havane. Jusqu’à nous amener à Brazzaville pour danser une rumba congolaise.

Timide, le public reste lové dans son petit havre de paix et ne semble pas pressé de sortir de son cocon. Seuls, quelques enfants s’agitent sur le plancher du chapiteau. « La rumba congolaise s’appelle Maziba. Car Maziba, c’est la source. La source, c’est la femme. C’est le sein qui nourrit et fait grandir l’enfant. Maziba, chez nous, c’est la vie ! », explique Papa Noël, d’origine congolaise.

La musique est pure, douce et belle. Le duo est harmonieux et généreux. La rencontre est simplement magique.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Les portes-jarretelles au service d'un show (u)burlesque

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Carton plein pour « Porte-jarretelles et piano à bretelles », le french burlesque show présenté mercredi 16 octobre à Rennes, à l’occasion du Grand Soufflet.
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Carton plein pour « Porte-jarretelles et piano à bretelles », le french burlesque show présenté mercredi 16 octobre à Rennes, à l’occasion du Grand Soufflet. On doit la réussite de cette soirée à trois sublimes effeuilleuses, un meneur de revue crapuleux et une accordéoniste farfelue.

C’est un mélange étonnant, délirant et explosif que nous propose Etienne Grandjean, à la fois directeur artistique du festival et directeur artistique du spectacle. Le burlesque dans toute sa splendeur ! On y retrouve l’ambiance de Pigalle à la fin du XIXe siècle mais aussi l’atmosphère festive des années folles du Paris des années 20. On pense à Toulouse-Lautrec et ses peintures de la vie au Moulin Rouge, à Joséphine Baker, meneuse de revue aux Folies Bergères et à Alain Bernadin, créateur du cabaret parisien Crazy Horse – dans les années 50 – grand admirateur des femmes, fasciné par les Etats-Unis.

Sans oublier, le clin d’œil à Tournée, film réalisé en 2010 par Matthieu Amalric dans lequel une troupe d’effeuilleuses déboule tout droit des USA pour entamer une tournée en France. De Las Vegas à Paris, en passant par Rennes, le résultat s’intitule « Porte-jarretelles et piano à bretelles ». Le tout est réuni sous le chapiteau du Grand Soufflet, installé sur la place du Parlement.

« Really glad to be in France, the land of love. And of french kiss ! How do you say in french ? … Vous roulez les pelles ? Comme une pelle pour faire des trous ? » 
Francky O’Right

Mercredi soir, le public rennais est au rendez-vous – tout comme il l’avait été lors de la première présentation de Porte-jarretelles et piano à bretelles en 2011, dans le même festival. Plus que ça, la salle est pleine à craquer, en sur-jauge même et de nombreux spectateurs se tiennent debout. Rien ne les empêchera d’assister à ce show burlesque spécial frenchy ! Dans les coulisses, ça ricane, ça pouffe de rire, ça piaille. L’accordéon, instrument central de ce festival, se fait entendre sur une musique qui sonne très France du début XXe siècle.

Louis(e) de Ville, Loolaloo des Bois, Miss Vibi, Jasmine Vegas et Francky O’Right, qui semblent tout droit sortis d’un film des années 20, la couleur en plus, débarquent sur la scène et nous plongent immédiatement dans l’ambiance. Des sourires charmeurs, des regards allumeurs, des gestuelles sensuelles et une bonne dose d’humour. « We are really glad to be in France, « capitale de la culture française ». If you don’t understand, it’s okay, I don’t care...», s’écrie le meneur de revue, Francky O’Right.

Burlesque ubuesque

Son personnage, inspiré des films de gangsters et des comédies musicales qu’il chérit tant, est exubérant, a une dégaine de mafieux gominé, enchaine clowneries et mimes, et part dans des trips délirants, qui lui vaudront de se retrouver entièrement nu à un certain moment du spectacle, pour le plus grand plaisir des dames, d’abord surprises puis très enthousiastes – certaines mettront plusieurs minutes à s’en remettre.

Distribution de cigarettes, de bières à partager entre spectateurs, de cocaïne et d’extasy, il sait assurément comment chauffer le public en attente des sexy protagonistes du spectacle. Place alors au charme, à la sensualité, à l’évasion, à l’éveil des sens avec un premier numéro qui appelle justement à l’imaginaire, en ombres chinoises. L’effeuilleuse – on reconnaitra la silhouette et la chevelure de Louis(e) de Ville – entame son strip-tease, dissimulée derrière un voile blanc, en retirant langoureusement ses gants, sa nuisette, son bustier et son soutien-gorge.

La tension est palpable dans la salle. Les spectateurs sont avides de découvrir celle qui se cache derrière le rideau, qui se lève, se baisse, se lève et se baisse à nouveau, avant de se lever entièrement et de se laisser apparaître… Jasmine Vegas. Fameuse accordéoniste et chanteuse, elle est aussi une drôle de meneuse de revue. Une perruque en plumes vissée sur la tête, un accoutrement grotesque, des bottes de cow-girl, la talentueuse joueuse de piano à bretelles illustre à merveille le côté burlesque italien dans son sens premier, à savoir la farce.

Elle force le rire, exagère les traits comiques et emploie des termes vulgaires. Elle chante en français et flirte avec le registre d’Edith Piaf : « Il me dit des mots d’amour, des mots de tous les jours – connasse, salope (…) Il est entré dans mon cu…cœur… ».

« Je suis venue en France pour un homme et je suis restée pour le fromage ».
Jasmine Vegas

Entre les nombreuses loufoqueries des deux meneurs de revue, les stars du new-burlesque font leur apparition. Tout à tour, elles nous en mettent plein la vue, que ce soit dans le registre dramatique type Lady MacBeth avec Louis(e) de Ville, autour d’une barre de pole dance avec Miss Vibi ou dans un show plus intimiste avec Loolaloo des Bois, seule face à ses proies. Elles alternent entre numéros individuels d’effeuillage affriolants (peu nombreux par rapport au Breizh Burlesque Festival dans lequel on a retrouvé Miss Anne Thropy qui figurait dans la distribution du french burlesque show en 2011) et mises en scène en trio.

Ensemble, elles sont secrétaires, cow-girls, divas ou encore hôtesses de l’air, manient l’art de se déshabiller à merveille, de dévoiler leurs atouts de manière gracieuse et élégante et jouent malicieusement avec les clichés. Elles sont splendides, tapent fort sur le côté potiche, rient aux éclats et sourient comme des danseuses de charleston. Les Burlesque women, dont la féminité n’est pas plus à prouver, ont le don de « libérer les consciences en titillant les inconscients » dans un show détonnant qui se joue des stéréotypes sur les français – baguettes de pain dans la valise et robe en Tour Eiffel à la Jean-Paul Gauthier entre autres – et qui se nourrit sauvagement du registre érotico-comique, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Un air de Tex-Mex avec Los Aztex

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Cette nouvelle édition du Grand Soufflet nous invite à voyager à travers la musique mexicaine. Après avoir présenté plusieurs spectacles de cumbia, le festival a proposé aux Rennais un autre style : la musique tejano, dite aussi Tex-Mex.
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Cette nouvelle édition du Grand Soufflet nous invite à voyager à travers la musique mexicaine. Après avoir présenté plusieurs spectacles de cumbia, le festival a proposé aux Rennais un autre style : la musique tejano, dite aussi Tex-Mex.

C’est un autre registre, la musique tejano. Rien de comparable avec la cumbia, de Captain Cumbia ou celle d’Amandititita, qui nous entraine sur la piste de danse sans hésitation. Mardi dernier, à 20h30, la tendance est toute autre, le style est différent, permettant ainsi de découvrir une autre facette de la musique mexicaine.

Avec Los Aztex, l’accordéoniste Joel Guzman s’entoure d’un percussionniste, d’un guitariste et d’une chanteuse, Sarah Fox. Ensemble, ils forment un groupe harmonieux et mettent à l’honneur cette musique Tex-Mex créée par les populations hispaniques du Texas, dans laquelle se mêle folk et pop.

Douceur, sourire et plaisir partagé sont les maitres mots de ce concert qui a du mal à attirer la foule. Pourtant, les festivaliers qui ont répondu présents sont bel et bien sous le chapiteau, prêts à danser, gentiment, dans la fosse ou simplement à apprécier les rythmes et le lyrisme latin dont nous font part les quatre musiciens de Los Aztex.

En ce 15 octobre, la soirée se déroule paisiblement sur les airs emprunts de l’histoire forte d’une communauté hispano-américaine qui lie la musique à la question de l’identité et de la fierté.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Le tourbillon d'anar-cumbia s'appelle Amandititita

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Mardi 15 octobre, à 18h, Amandititita se produisait sur la scène du Grand Soufflet. Sous le chapiteau, installé place du Parlement, la chanteuse mexicaine rencontrait, pour la première fois, son public français.
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Mardi 15 octobre, à 18h, Amandititita se produisait sur la scène du Grand Soufflet. Sous le chapiteau, installé place du Parlement, la chanteuse mexicaine rencontrait, pour la première fois, son public français.

Elle a un visage poupon, angélique et une voix aigüe, voire criarde, et perçante. Une frange bien coupée, un joli serre-tête rose. Sous ses airs angéliques et kitsch, Amandititita se révèle être un véritable électron libre. En effet, elle a déjà prouvé par le passé sa spontanéité, sa soif de scène et son envie de liberté. Sous le chapiteau, ce soir-là, la jeune chanteuse transmet une énergie presque surnaturelle.

Sa présence scénique impressionne et se partage dans le public, déchainé dans les premiers rangs d’une fosse qui semble électrisée. Amandititita nous fait franchir la barrière de la langue en s’exprimant directement en espagnol et ainsi, nous embarque dans son univers, nous fait comprendre ses paroles, son quotidien qu’elle décrit si bien. Elle mêle énergie contestataire, rage et humour, bonne humeur et légèreté.

Musicalement, elle nous emmène dans un milieu underground qui mêle cumbia et électro. Surnommée, la « reina de l’anar-cumbia », elle est une artiste controversée dans son pays natal, le Mexique.

Censurée à la télévision et à la radio, elle ne se décourage pas, poursuit sa route en défiant quiconque de se mettre en travers et utilise Internet et les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix et son message. Une chanteuse à la personnalité bien affirmée qui nous envoute et nous déstabilise en quelques minutes.

La jeune femme, qui écrit ses textes, puise son inspiration dans le quotidien du Mexique, qu’elle définit comme une « réalité surréaliste », dans un article publié sur le site Internet de Libération, le 13 octobre dernier.

Elle nous dévoile quelques une de ses chroniques urbaines mordantes et trépidantes en se mettant dans la peau d’un chauffeur de bus, d’un métrosexuel – chanson sur laquelle elle fait monter un homme et une femme sur scène pour danser et chanter avec elle – d’un tueur de personnes âgées, etc. Sur des musiques rythmées, des sonorités latinos, la reine du politiquement incorrect offre un spectacle généreux, engagé et original. Une belle première rencontre entre le public français – breton précisément – et cette toute petite petite Amanda.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Une lucha libre violente et trépignante

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Un des grands moments du Grand Soufflet restera le combat de catch mexicain. Les spectateurs ont rapidement pris part au jeu en criant, sifflant, huant et en acclamant les quatre champions.
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Un des grands moments du Grand Soufflet restera le combat de catch mexicain. Samedi dernier, à 15h, un vent de lucha libre soufflait dans le chapiteau, place du Parlement. Les spectateurs ont rapidement pris part au jeu en criant, sifflant, huant et en acclamant les quatre champions.

Trois manches vont se succéder jusqu’à la victoire du clan des Tecnicos. Il faudra une heure, et des sacrés coups dans la gueule et dans le dos, à Casandro El Exotico -  « le clo clo mexicain, roi de la prouesse technique et lutteur exotique, glamour et paillettes » en majestueux justaucorps rose brillant et au brushing irréprochable – et à Mascara Dorada – « celui qui cumule 4 titres de champion du monde en même temps, qui est le fils de la déesse du vent » et qui brandit fièrement le drapeau breton à son arrivée – pour venir à bout des deux monstres de la lucha libre qui forment le clan des Rudos (écrit en rouge sur l’arrière du slip de Dragon Rojo Jr). Une victoire qui ne sera pas facile à remporter.

Mais avant toute chose, Fanny Pascual de Guayaba, la présentatrice et chauffeuse de salle, introduit le spectacle qui va se dérouler sous les yeux ébahis du public : « Le public doit choisir son camp et le soutenir. D’un côté les Tecnicos, ceux qui respectent les règles. De l’autre, les Rudos, avec qui tous les coups sont permis. Vous allez assister à un éclatage de face en bonne et due forme ».

Le ton est donné. Et pour arbitrer cette lutte acharnée et quasi anarchique, Orlando El Furioso, « un arbitre bretonnant ». Si tous les coups sont permis chez les Rudos, des règles existent en lucha libre : interdiction de quitter son masque, de tirer les cheveux, de donner des coups bas… « C’est parti les cabrones », crie l’arbitre. Le premier quart d’heure va être dédié à la présentation des luchadores, qui débarque un à un sur le ring.

La pression monte, les catcheurs font le show, masques sur la tête (excepté pour Casandro), torses ultra musclés luisants, cris de guerre et débordements de testostérone. Les spectateurs sont en ébullition, ils trépignent d’impatience autour du ring, crient, applaudissent, huent, sifflent, encouragent, hurlent en espagnol et se prennent au jeu très rapidement. « Légendes de la technique », « pros du saut aérien », « véritable sang aztèque », « peuple belliqueux »… Les mots prononcés par la présentatrice résonnent de plus en plus sous le chapiteau et font monter la température en quelques secondes.

Entre sifflements et acclamations, les luchadores se confrontent en face à face ou en duo, cherchant chaque occasion de faire le show mais aussi une opportunité de soumettre son adversaire par une prise de leur choix ou en le clouant au sol, minimum 3 secondes, les deux solutions pour mener son clan à la victoire.

Si la première manche est remportée facilement semble-t-il par les Tecnicos, les Rudos vont reprendre le dessus dès le début du deuxième round. Sangre Azteca se précipite sur Casandro, qui parade sur les cordes du ring, le met à terre et le roue de coup de pieds dans le dos.

Ensemble, les quatre catcheurs exécutent une chorégraphie de brutalité orchestrée, durant laquelle ils encaissent les coups, les donnent, se gifflent violemment (torses et visages), s’envoie des coups dans l’entrejambe, prennent appui dans les cordes pour se projeter sur les adversaires mais aussi pour les envoyer valdinguer dans les coins et les renverser au sol après plusieurs cabrioles – dont la très impressionnante prise Headscissors takedown dans laquelle l’attaquant met ses chevilles autour du cou de son adversaire et le fait tomber à terre.

Les champions de la lucha libre nous offrent un show étonnant, impressionnant et insolite tandis que les spectateurs vivent chaque instant avec rage, force et compassion alternant entre cris d’encouragements, « bisous » pour les Tecnicos, et insultes, « en**lés » pour les Rudos.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : La cumbia dans tous ses états

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La cumbia, symbole d’un métissage de cultures à l’origine, était à l’honneur vendredi 11 octobre au Grand Soufflet.
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La cumbia, symbole d’un métissage de cultures à l’origine, était à l’honneur vendredi 11 octobre au Grand Soufflet. Dans le chapiteau, installé place du Parlement, la température est montée rapidement grâce à Captain Cumbia y El Piru.

Le programme annonçait un DJ set avec vidéos et projections de lucha libre. Hier soir, sous le chapiteau, le duo de Captain Cumbia en a décidé autrement. Accordéon, guitare et voix, tout simplement. Un aperçu de la proposition qu’ils présenteront à l’Ubu, ce soir de minuit à 6h, en compagnie des autres musiciens du groupe – Captain cumbia y su combo. Et c’est une réussite, les spectateurs se lèvent et rejoignent sans hésitation la piste pour danser.

Les rythmes sont entrainants, festifs, empreints d’une cumbia traditionnelle colombienne « ré-arrangée à la sauce western » et mélangée à des partitions klezmer et balkaniques, que l’on doit à la (très présente) clarinette. Le public, ravi et enthousiasmé par la proposition, se laisse entrainer par les temps et les contretemps d’une musique qui mêle énergie, vivacité et histoire forte.

Surnommé « Le Eastern Desperado » de Paris, il mixe cumbia originelle – qui vient des chants des esclaves africains en Colombie, des maracas et flûtes indiennes et de la poésie espagnole – à des styles divers tels que le ska, la dub ou encore l’électro, laissant penser au collectif Chinese Man pour certaines musiques.

Captain Cumbia nous emmène aussi dans d’autres contrées sud-américaines avec la cumbia argentine, dite cumbia villera, avec des rythmes saccadés et latinos qui font danser et déhancher les Rennais et les spectateurs qui revendiquent dans la salle leurs origines chiliennes, péruviennes ou encore argentines.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Tendre Coeur de Pirate

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Dimanche, en fin d’après-midi, la chanteuse Cœur de Pirate a bordé les spectateurs du Thabor, pour le dernier jour du festival Mythos.
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Dimanche, en fin d’après-midi, la chanteuse Cœur de Pirate a bordé les spectateurs du Thabor, pour le dernier jour du festival Mythos.

C’est dans l’ambiance intimiste du Magic Mirror que les festivaliers ont pu assister au concert de la jeune chanteuse, Cœur de Pirate. Pour sa tournée, au cours de laquelle elle présente son deuxième album, Blonde, elle a opté pour un duo piano/voix. Sur la scène, un décor très épuré. Deux instruments seulement. Et des guirlandes lumineuses. Béatrice Martin, de son vrai nom, nous transporte dans son univers qu’elle chante le sourire aux lèvres et la mine enjouée. Derrière son visage poupon et sa voix cristalline, Cœur de Pirate dévoile sa propre sensibilité et sa propre fragilité, à travers des textes orientés sur le thème de l’Amour. Des couples plus exactement.

Son concert solo, avec simplement son piano, donne de la pureté à cette voix particulière. Au-delà de sa timidité apparente, la chanteuse se livre auprès du public. Que ce soit dans ses chansons ou dans les interludes qu’elle partage avec les spectateurs. Son deuxième album, sorti en novembre 2011, se veut plus pop, empreint des sonorités des années Yéyé (genre musical des années 60 en France et au Canada) et léger. Mais ce n’est pas pour autant que la jeune québécoise en oublie d’explorer le côté sombre de son thème de prédilection et nous offre par moments des textes plus sombres, plus noirs. Mélodies tendres, poésie et profondeur se mêlent dans les morceaux de la jolie blonde.

Après une heure de concert, quelques minutes de bavardage avec le public et quelques morceaux timides à la guitare, Cœur de Pirate achève sa tournée rennaise : « Je reviens quand vous voulez ! »

Célian Ramis

Mythos 2013 : Quand les conteurs courent un marathon de la parole

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Dimanche après-midi, quelques conteurs de la grande famille de Mythos se sont lancés le défi de courir le marathon du conte.
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Dimanche après-midi, quelques conteurs de la grande famille de Mythos se sont lancés le défi de courir le marathon du conte. En réalité, ils n’ont pas couru mais ils ont conté, laissant s’échapper un peloton de mots dans les jardins du Thabor. 

Dans le théâtre de verdure, situé dans le parc du Thabor, tous les festivaliers, dont beaucoup sont venus en famille, sont assis dans l’herbe ce dimanche après-midi. Il fait beau, presque chaud (en tout cas, pas très froid). De 15h à 17h, plusieurs conteurs vont se succéder sur la scène, se passer le flambeau de la parole. Alain Le Goff, Achille Grimaud, Pépito Matéo, Gigi Bigot, Yannick Jaulin ou encore Nicolas Bonneau accompagné de la musicienne Fannytastic… ils sont bien connus du public de Mythos.

Des contes merveilleux, des jeux de mots, des chansons, quelques mimes, des histoires trash, du rire, de l’effroi, de la rêverie, des balades verbales… Ils nous bercent au son de leur poésie, de leurs créations, de leurs inspirations, de leur parole tout simplement. Un agréable moment à flâner dans les jardins, se reposer et à écouter les coureurs des mots.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Fauve, une rage animale

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Au tour du collectif Fauve de lever le poing bien haut et de rugir. Dans le Magic Mirror se dégage alors une ambiance sauvage et animale…
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Samedi soir, après la satirique Grande saga de la Françafrique, c’était au tour du collectif Fauve de lever le poing bien haut et de rugir. Dans le Magic Mirror se dégage alors une ambiance sauvage et animale…

Collectif de musiciens et de vidéastes, Fauve représente la scène Découverte lors du festival Mythos. Pourtant, la Corporation s’est lancée il y a quelques années maintenant. Sur Internet, les parisiens de Fauve diffusent des morceaux comme Kané et Sainte-Anne. Et là, la machine s’emballe.

Depuis ils enchainent les dates et déchainent les foules. Samedi soir, à Rennes, les spectateurs étaient nombreux au rendez-vous, au grand désarroi de ceux qui jusqu’à la dernière minute cherchaient des places pour ce concert.

Concrètement, Fauve, c’est un collectif de potes avant tout, mais aussi et surtout de musiciens, réunis par leur désir d’exprimer ce qu’ils ressentent.

« Paris
Paris la nécropole
Paris qui sent la carne
Paris qui petit à petit entraîne dans sa chute
Des fragments de nos vies
Paris c’est tellement sain, et nous sommes des gens biens
Tellement biens qu’on est trop biens pour nos voisins
Auxquels on prête pas plus d’attention
Qu’à la pisse derrière la cuvette des chiottes »

Lassés de leur vie parisienne et quotidienne, ils clament haut et fort un ras-le-bol général, sur fond de malaise et mal-être générationnel et sociétal. Parfois dits de manière vulgaire, parfois dits de manière simple ou encore parfois dits de manière poétique, les textes sont souvent brutaux, heurtants et percutants. Comme un coup de poing dans la gueule, ils nous jettent leurs coups de sang en pleine face, comme un besoin vital, viscéral.

Dans leur proposition artistique, on ressent une agressivité libératrice, qui nous envahit petit à petit, jusqu’à nous donner la rage et l’envie de hurler, de s’indigner. Pourtant, l’espoir et l’optimisme règnent en maitres dans les morceaux de ces lions qui chantent et jouent avec leurs tripes. Comme une thérapie pour mettre en mots les maux d’aujourd’hui.

« Mais il faut pas que tu désespères
Perds pas espoir
Promis juré qu’on la vivra notre putain de belle histoire
Ce sera plus des mensonges
Quelque chose de grand
Qui sauve la vie / qui trompe la mort / qui déglingue enfin le blizzard 
»

Fauve, c’est aussi une esthétique. Sonore avec un mélange de rock, de hip hop, d’électro et un parlé brutal. Visuel grâce à des images projetées directement sur la scène, sur les musiciens. Ceux qui se réclament du Do it yourself offrent aujourd’hui un renouveau à cette philosophie en alliant débrouillardise, professionnalisme et esthétisme. Ils sont sans conteste en plein essor, et c’est incontestable que le public sera au rendez-vous dans les mois à venir. En attendant qu’ils repassent en pays breton, leur EP, Blizzard, sortira le 20 mai !

Célian Ramis

Mythos 2013 : Une croustillante satire

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L'histoire de la Françafrique vue par Les 3 points de suspension, c'est mordant, cynique et drôle. Un spectacle comme on les aime.
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Lors de l’inauguration du festival Mythos, Maël Le Goff, directeur, annonçait une édition composée d’artistes souhaitant « lever le poing ». C’est chose faite avec l’équipe des 3 points de suspension, samedi dernier dans le Magic Mirror du Thabor, qui a présenté son spectacle La grande saga de la françafrique.

« 55 ans d’histoire vus en 1h20 », commence Jérôme Colloud, seul sur scène pour cette représentation originale. Nous sommes en 1958, en Afrique, à l’aube des indépendances. Jacques Foccard, qui sera secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, découvre le Livre du Mal, un objet qui permet à son détenteur de devenir Maitre de l’Afrique.

Un Livre qui l’aide à développer des réseaux occultes permettant à la France de garder la mainmise sur les richesses de leurs colonies africaines.

Le comédien nous offre un one man show documentaire croustillant pendant lequel il passe en revue, et tourne en dérision, tous les présidents de la Ve République, du général de Gaulle à un Nicolas Sarkozy à l’accent chinois, en passant par Valéry Giscard d’Estaing en super-héro et François Mitterand, revenu d’entre les morts.

Détournements de fonds, financements des partis politiques, discours célèbres… rien n’échappe à l’œil acerbe de Jérôme Colloud, qui mêle parodies burlesques et cynisme. C’est avec beaucoup d’humour qu’il dénonce la grande saga de la Françafrique, de 1958 à aujourd’hui. Il conclut par le bilan de François Hollande : « Rien n’a changé depuis 10 mois mais il nous faudra 20 minutes supplémentaires à l’avenir pour en parler ».

Cette proposition satirique, qui a visiblement séduit à l’unanimité les spectateurs, se démarque du reste de la programmation avec une offre originale et un regard critique sur des événements majeurs de notre histoire.

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