Écumes - Ingrid Chabbert et Carole Maurel

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Si Écumes navigue dans les eaux troubles d’une problématique doublement taboue, l’auteure et la dessinatrice nous bercent dans les vagues apaisantes de la résilience et de l’humanité.
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Ça y est, elles vont enfin avoir l’enfant désiré depuis si longtemps. Malheureusement, ce bonheur sera de courte durée. Elles ne connaitront jamais cet enfant. Va alors s’en suivre une longue période de reconstruction, de doutes et de douleurs, qui vont remplir de nombreux carnets.

Inspirée par son histoire personnelle, Ingrid Chabbert livre ici un roman graphique aussi poétique que haletant, tant la situation nous saisit. Au fil des pages, les émotions se multiplient et se décuplent, le choix du noir et blanc ponctué de quelques couleurs mettant en relief les ressentis et les étapes du deuil.

La bande dessinée nous interroge de par tous les détails implicites : quel parcours les couples lesbiens doivent-ils affronter pour accéder à la parentalité ? Quand mettra-t-on réellement le sujet de la procréation médicalement assistée pour les homosexuelles sur le tapis en France ?

Si Écumes navigue dans les eaux troubles d’une problématique doublement taboue – homoparentalité / perte d’un enfant – l’auteure et la dessinatrice nous bercent dans les vagues apaisantes de la résilience et de l’humanité.

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Janvier 2017

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Marine Combe
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Marine Combe
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Oh oui, on a plaisir à y croire ! Tout comme la canadienne Lori Malévart-Traversy qui signe en 2016 Le clitoris*, un documentaire animé entièrement dessiné à la gouache et brillamment orchestré pour terrasser les théories fumeuses de Sigmund Freud… Qui établit le seul organe destiné au plaisir au rang d’ennemi public numéro 1 et le relègue au banc des petits joueurs. Autorisé à intervenir simplement en début de partie !

L’an dernier, les langues se déliaient et les discours s’élevaient enfin pour rejoindre ceux des féministes qui prônent la réappropriation du corps des femmes, sans tabous, sans honte, ni invectives. Houda Benyamina mettait les points sur les I avec Divines, en inscrivant la réplique « T’as du clito » dans le langage courant, l’imprimante 3D donnait enfin du relief et donc une perspective à cette partie du corps et Lori Malévart-Traversy l’animait dans un court-métrage contre « l’obscurantisme clitoridien ». Dans le but de démystifier la sexualité féminine et stopper les idées reçues autour du match Vagin VS Clito.

Pourquoi choisir un camp et se priver de toutes les possibilités offertes par notre anatomie ? D’où l’importance d’une information de qualité, accessible à tou-te-s, que ça plaise ou non. Le clitoris n’est plus un mythe, il est le sésame d’une jouissance illimitée pour qui le possède et qui le caresse.

 

*Le court-métrage devrait être visible courant 2017, une fois le documentaire présenté dans tous les festivals sélectionnés.

Text: 

S’il est indéniable que des progrès et des avancées sont à saluer en matière de droits humains, le contraire est à constater également. Après avoir supprimé en avril 2016 le Pass Contraception en Ile-de-France, la présidente LR Valérie Pécresse a annoncé en décembre dernier que la région ne financerait désormais plus les études sur le genre, les inégalités et les discriminations, soutenues depuis dix ans.

Dans son article du 14 décembre, Libération rappelle les dires de l’élue flirtant avec la Manif pour tous : « Je suis pour l’égalité homme-femme, c’est à la racine de mes convictions. L’égalité oui, mais pas l’indifférenciation des sexes (qui est) un projet politique, une idéologie. On ne subventionnera pas la théorie du genre. »

Mi-décembre, son homologue masculin Laurent Wauquiez, présidant la région Auvergne-Rhône-Alpes, a coupé de 12 000 euros les subventions aux festivals LGBT du territoire. Face au mouvement contestataire du Mariage pour tous, il ne sourcillait pas et assurait être favorable à l’abrogation de la loi Taubira.

Fin décembre, le quotidien national de gauche offrait une tribune à l’anthropologue et psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, intitulée « Procréation assistée : le déni familial de la gauche », qui souligne qu’en matière de modèle familial, les deux camps politiques ennemis se retrouvent dans leur esprit traditionnaliste. Loin d’être rassurant…  

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Title: 
Le clitoris ne serait plus l'ennemi public n°1 ?
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Un pas en avant, trois pas en arrière...
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Oh oui, on a plaisir à y croire ! Le clitoris n’est plus un mythe, il est le sésame d’une jouissance illimitée pour qui le possède et qui le caresse.
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Les esprits réac' décomplexés = pertes sèches pour les études de genre, les droits LGBTI et l'évolution des mentalités...

Comment va le monde ? - Laure Flavigny – Jessie Magana – Aurélie Boissière – Séverine Assous

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Un véritable guide ludique qui accompagne les enfants tout au long de leur construction personnelle et de leur apprentissage. Et les adultes trouveront également leur compte !
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L’atlas imaginé et rédigé par Laure Flavigny et Jessie Magana, cartographié par Aurélie Boissière et illustré par Séverine Assous est un véritable guide ludique qui accompagne les enfants tout au long de leur construction personnelle et de leur apprentissage. Et les adultes trouveront également leur compte au fil des 22 cartes que l’on scrute, détaille et observe un long moment, avant de refermer le bouquin et d’y revenir plus tard.

Ainsi, c’est une invitation à de multiples voyages que nous lancent les quatre réalisatrices de l’ouvrage. On se balade avec joie, nostalgie, tristesse, terreur et espoir d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, d’une problématique à une autre, d’un mode de vie à un autre. La migration, la mondialisation, la répartition des richesses, le travail des enfants, la parité au Parlement, mais aussi les langues, les habitudes alimentaires, les danses, les religions, etc.

Sans oublier la préservation de la planète et de ses ressources, en proposant un tour d’horizon des alternatives naissantes aux quatre coins de la planète. La preuve que l’on peut parler de tout aux enfants et faire résonner le discours sur les adultes. Un outil incontournable !

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Octobre 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Depuis le 8 septembre dernier, et jusqu’au 8 mars prochain, un plan national d’actions et de mobilisation a été mis en place pour lutter contre le sexisme qui résiste malgré les lois et les mouvements féministes. Au lancement de la campagne « Sexisme pas notre genre ! », Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, a rappelé qu’il est essentiel de passer à la vitesse supérieure.

Voilà qui nous plait. Encore faut-il que ce ne soit pas un simple effet d’annonce. Une plateforme numérique permet aux citoyen-ne-s de témoigner de situations vécues relevant du sexisme et de soumettre des initiatives destinées à faire changer les mentalités et faire reculer, jusqu’à faire disparaître (mais ça n’arrivera pas en 6 mois, hélas), les comportements sexistes.

Ces dernières, si elles sont acceptées, sont ensuite labellisées « Sexisme pas notre genre ! », comme tel est le cas de la nouvelle série d’affiches et de flyers proposés par le collectif Stop harcèlement de rue Rennes. La structure a présenté mardi 4 octobre - entre 12h et 14h devant le restaurant universitaire de Rennes 2 à Villejean - ses dernières créations signées Thomas Mathieu, plume et dessinateur du célèbre Projet crocodiles.

Une belle manière d’illustrer le quotidien des femmes qui subissent des violences verbales dans l’espace public et de donner des billes pour réagir et ne plus rester passifs/passives dans ces cas-là.

Text: 

Dire qu’en 2016 les femmes n’ont toujours pas le droit de disposer librement de leurs corps, c’est s’exposer à la crispante réflexion « Tu exagères… », accompagnée d’une moue horripilante et des yeux en l’air. Et dire qu’en 2016, les droits des femmes ne sont pas acquis, mais alors vraiment pas acquis, c’est comme pisser dans un violon.

En Europe, on serait soi-disant « bien loties ». La preuve : deux ans après le projet de loi espagnol, visant à restreindre le droit à l’avortement, c’est au tour de la Pologne et de son gouvernement conservateur de la jouer catho catho. Encore plus qu’aujourd’hui on veut dire. Car depuis 1993, l’accès à l’IVG chez nos voisins polonais ne se fait que sous condition : grossesse à risque sur la vie ou la santé de la femme, malformation grave du fœtus ou acte illégal comme le viol (et l’avortement doit être autorisé par un juge).

Le 22 septembre, le Parlement polonais a adopté en première lecture un projet de loi visant à interdire et pénaliser le recours, la pratique et l’incitation à l’avortement Même cas de figure qu’en Espagne, la population s’insurge et se soulève contre cette privation de liberté. Le 3 octobre, les femmes polonaises se sont mises en grève pour protester et à Rennes, un rassemblement de soutien a été organisé place de la Mairie.

Dire qu’en 2016 on doit le rappeler : « Mon corps, mon choix », « Un enfant si je veux, quand je veux ! ». Alors non, bordel, on n’exagère pas !  

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Le Crocodile contre le sexisme dans les rues de Rennes
Title: 
Non, les femmes ne disposent pas de leurs corps
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Une belle manière d’illustrer le quotidien des femmes qui subissent des violences verbales dans l’espace public et de donner des billes pour réagir et ne plus rester passifs/passives.
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Dire qu’en 2016 on doit le rappeler : « Mon corps, mon choix », « Un enfant si je veux, quand je veux ! ». Alors non, bordel, on n’exagère pas, on ne dispose toujours pas librement de nos corps...

Septembre 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Résistante communiste, engagée dans l’action syndicale et politique, la dernière survivante des 33 femmes élues à la première Assemblée constituante de la IVe République s’est éteinte le 17 juillet à l’âge de 100 ans. « La Marseillaise » a retentit, lundi 25 juillet, lors de l’hommage national rendu à Raymonde Tillon-Nédélec, à Rennes, place du Parlement.

Ce jour-là, c’est la mémoire d’une femme éprise de liberté et de justice et une combattante de l’arbitraire qui fut saluée à travers les discours et « Le chant des marais » (aussi appelé « Le chant des déportés », dont l’air sera repris pour « L’hymne des femmes »). « Une femme trop peu connue, une femme à qui la Patrie doit sa reconnaissance », précisera Mr Foulon lors de l’éloge funèbre qui terminera son intervention par une citation de son mari, Charles Tillon : « En Bretagne, la terre, la mer et la chanson du vent parlent toujours de liberté. »

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, également président de la région, rappellera la nécessité vitale pour Raymonde Tillon-Nédélec de s’arracher à sa condition en s’échappant de l’orphelinat avant sa majorité, en refusant la défaite de 1940 entrant ainsi en résistance et en en payant les conséquences au prix de 20 ans de travaux forcés, avant d’être livrée aux nazis et déportée en 1944, en Allemagne et en Autriche. Là-bas, elle choisira de saboter les obus, d’aider la jeunesse et d’échapper aux soldats SS malgré ses 35 kg.

Désormais enterrée au cimetière de l’Est, à Rennes, son parcours qui symbolise le courage et la responsabilité individuelle nous rappelle l’importance de la lutte pour la solidarité, l’égalité et la liberté.

Text: 

Battons-nous pour notre liberté ! À disposer de nos propres corps ! À choisir ! Mais entendons-nous. Pas le choix dicté par la pression sociale et la culpabilité mais celui de la décision individuelle, selon son libre arbitre. Ne rien lâcher. Aujourd’hui comme demain. Car là où nos ainées, dans les années 60 et 70, ont gratté du terrain en matière d’émancipation, de contraception et de droit à l’avortement, nous, dans les années 2010, régressons.

Les détracteurs du « syndrome des survivants de l’avortement » réhabilitent les théories des psychiatres Philip G. Ney et Marie A. Peeters pour bâtir un discours anti-IVG. La Manif pour tous tente un retour (fumeux et foireux). L’Unicef assène sur Twitter que l’allaitement « stimule la santé d’un enfant, son QI, ses performances scolaires et son revenu à l’âge adulte. » Et même si on se délecte des détournements immédiats de la campagne pro-allaitement, on tressaille et on voit trouble.

Parce qu’en parallèle, l’Ordre des pharmaciens demandent à ses adhérents de s’exprimer – par le vote, jusqu’au 31 août – sur une clause de conscience du nouveau code de déontologie qui permettrait à chaque praticien-ne de choisir de délivrer ou non la contraception d’urgence.

Chaque polémique, fondée ou non sur des « malentendus » ou des « incompréhensions », justifiée par une idéologie – religieuse ou non – ou une niche économique, est fatigante et nocive pour la liberté fondamentale à disposer de son propre corps. Vivement le débat sur l’obligation à porter des sous-vêtements en toile de jute, des corsets et des jupons !

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Raymonde Tillon-Nédélec, résistante communiste engagée et inspirante !
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Carnage au pays de la liberté !
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Décédée à l'âge de 100 ans, son parcours qui symbolise le courage et la responsabilité individuelle nous rappelle l’importance de la lutte pour la solidarité, l’égalité et la liberté.
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Chaque polémique, justifiée par une idéologie ou une niche économique, est fatigante et nocive pour la liberté fondamentale à disposer de son propre corps.

La révolution dans la peau - Serge Rubin

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L’ouvrage se dévore, rappelant ainsi une partie de l’histoire de France et de ses colonies qu’il est bon de ne pas oublier. Une histoire de choix, de convictions et de liberté qui fait du bien, aux petit-e-s comme aux grand-e-s.
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1789. Lucile est une jeune femme Blanche qui vit en Guadeloupe. Elle s’enthousiasme à l’idée d’épouser son voisin Pierre, à la condition irréprochable. Ensemble, ils aspirent à une vie prospère entre le fruit de leur exploitation de canne à sucre et la maitrise de leurs esclaves nègres marrons, pour qui elle n’a pas d’empathie, si ce n’est pour Rose, sa nounou.

Petit à petit, Lucile, éduquée libre, se désole de l’obéissance qu’elle doit systématiquement à son époux. La même obéissance qu’un esclave doit à son maitre. Et lorsque, enceinte, elle découvre qu’elle est en réalité une femme Noire à la peau blanche, sa prise de conscience fera basculer son existence.

L’auteur se saisit de la collection pour enfants « Livres et égaux » de la maison d’édition Talents hauts, pour mettre en perspective, avec finesse et intelligence, l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que l’égalité entre les Noir-e-s et les Blanc-he-s.

Et l’ouvrage se dévore également lorsque l’on est adulte, rappelant ainsi une partie de l’histoire de France et de ses colonies qu’il est bon de ne pas oublier. Une histoire de choix, de convictions et de liberté qui fait du bien, aux petit-e-s comme aux grand-e-s.

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Women's power, les nouveaux féminismes - Charlotte Bienaimé

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On se délecte de la qualité et de l’engagement de cette série moderne et ouverte sur l’ailleurs et l’après. Marre d’être femme mais fière d’être femme, peut-on entendre. On est d’accord.
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« Je voudrais donner une petite explication à ceux et celles qui nous écoutent. Peut-être pensez-vous déjà que l’élément féminin du journal a fait cette nuit sa révolution. Une révolution victorieuse qui a chassé, en bloc, tous les hommes du micro. Et bien soyez rassuré-e-s, il n’en est rien. »

Du 22 au 26 août, auditeurs et auditrices qui branchaient leur radio sur France Culture pouvaient entendre cette phrase intrigante dès 9h. En effet, l’émission Grande Traversée proposait tous les jours de la semaine un épisode de « Women’s power, les nouveaux féminismes », série initiée par la journaliste Charlotte Bienaimé (auteure de l’ouvrage Féministes du monde arabe). Cinq chapitres articulés autour de la condition des femmes, mêlant témoignages d’anonymes du quotidien, expertes mais aussi artistes musiciennes.

Avec talent et subtilité, la journaliste, ainsi que toute son équipe, met en lumière les difficultés, les réalités, les constats et les initiatives portées par les femmes d’aujourd’hui et brise les tabous des violences, des rapports de domination insidieux entre les sexes, de la hiérarchisation établie entre blanches et non-blanches, de la pression, de la norme et des non-dits. Tout y passe, rien n’est laissé au hasard ou sur le côté.

Et même quand on est sensibilisé-e-s à ces questions, on se délecte de la qualité et de l’engagement de cette série moderne et ouverte sur l’ailleurs et l’après. Marre d’être femme mais fière d’être femme, peut-on entendre au début de l’épisode « Quand c’est non, c’est non ! ». On est d’accord.

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Juillet/Août 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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1 fille de 15 ans sur 4 ne sait pas qu’elle possède un clitoris. 1 collégienne sur 5 déclare avoir subi de la cyberviolence. 60% des lesbiennes déclarent avoir été victimes d’actes homophobes. Des affirmations effarantes ! Et révélatrices d’une société qui véhicule et perpétue des clichés de genre et qui diffuse et décomplexe le sexisme et l’homophobie dès le plus jeune âge. Révélatrices également d’un manque d’information et de sensibilisation aux sexualités.

Pourtant, la loi de 2001, relative à la contraception et l’interruption volontaire de grossesse, prévoit qu’une information régulière sur la sexualité soit dispensée tout au long de la scolarité, à raison de 3 séances annuelles par groupe d’âge homogène. Mais c’est encore trop faible et les volontés individuelles pour renforcer cet accompagnement ne sont que trop rares.

C’est ce que souligne à juste titre le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes dans le rapport « Education à la sexualité : Répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes », remis le 15 juin dernier à la ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et à la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol.

Un rappel utile et essentiel qui vient souligner l’urgence à déconstruire les tabous liés aux sexualités à travers par exemple l’embauche de 22 délégué-e-s de l’EN chargés de piloter cette politique dans les écoles, collèges et lycées.

Text: 

Mi mai, la Ville de Rennes tentait de camoufler les tensions internes entre manifestant-e-s, municipalité et forces de l’ordre, entre manifestations contre la loi Travail, violences policières et évacuation de la salle de La Cité… Comment ? En lançant le #Rennesquonaime, qui sera très rapidement, et heureusement, détourné sur les réseaux sociaux.

Alors qu’une partie de la population exprime sa contestation (qui rappelons-le est un droit) et pour certain-e-s leur souffrance quotidienne et leur détresse face à une précarité ambiante et croissante, la réponse des forces de l’ordre est le matraquage des manifestant-e-s et celle de nos élu-e-s réside dans la création d’un hastag ? Écœurant.

Et la municipalité ne s’arrête pas là. Dans la matinée du 16 juin, en toute discrétion, employés de la Ville et agents de police se sont rendus aux prairies Saint-Martin pour détruire les installations – cabanes, pont en bois, toilettes sèches,…- fabriquées par les habitant-e-s du quartier et les enfants et y déloger les opposant-e-s au projet de parc urbain voté l’an dernier.

Vidéos à l’appui, publiées sur Youtube et sur la page Facebook du groupe Protégeons les prairies Saint-Martin, le collectif démontre, si l’on n’en doutait, une violence policière nauséabonde exercée envers des citoyen-ne-s rennais-es (présumés militant-e-s radicaux/cales d’extrême gauche), dans une zone laissée pour le moment à l’abandon. C’est ça, le Rennesquonaime ?

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Title: 
Briser le tabou par l'éducation aux sexualités
Title: 
#Rennesquonaime (ou pas !!!)
Summary: 
Le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes rappelle à très juste titre l'importance de l'éducation aux sexualités pour combattre le sexisme et l'homophobie.
Summary: 
Alors que les manifestant-e-s expriment leur contestation face à la loi Travail, que les forces de l'ordre bafouent la dignité humaine, la municipalité rennaise lance #Rennesquonaime. On croit rêver...

Juin 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

Du 24 mai au 5 juin, la Bretagne se faisait terre d’accueil de huit nations - Allemagne, Brésil, Cameroun, Canada, Corée du Sud, Etats-Unis, France et Pays-Bas – pour la première Coupe du monde militaire de football féminin. Un événement surprenant et inattendu qui s’est déroulé à Rennes pour l’ouverture du championnat avec l’équipe de France et certains matchs de poule au stade du commandant Bouguoin. Le reste de la compétition était à suivre à Chantepie, Cesson-Sévigné ou encore Saint-Malo, Saint-Brieuc et Vannes.

L’occasion de découvrir des équipes féminines internationales mais aussi de s’intéresser à l’équipe nationale – composée de 23 joueuses de l’armée de Terre, de l’armée de l’Air, de la Gendarmerie Nationale et de réservistes - qualifiée d’office puisque victorieuse lors du premier tournoi européen de football féminin militaire en mai 2014 et médaillée d’argent aux jeux mondiaux militaires lors de l’été 2015.

On n’oublie cependant pas que les femmes ne représentent encore que 15% des effectifs de l’armée française (ce qui la propulse au 4e rang des armées les plus féminisées au monde, on n’ose à peine imaginer les chiffres des autres pays…). Mais à quelques jours de l’Euro masculin, en France du 10 juin au 10 juillet, on est ravi-e-s d’avoir braquer les regards sur une équipe féminine méconnue. Il faudra maintenant attendre 2017 pour que les féminines tricolores (non militaires cette fois) disputent leur Euro de football !

Text: 

L’initiative d’Orange qui en 2011 s’entoure d’entreprises partenaires comme Airbus, Nokia, Vinci, STMicroelectonics ou encore France Télévisions pour fonder l’association Capital Filles est à saluer. Basée sur le marrainage, elle favorise la mixité dans les secteurs professionnels – et pas uniquement dans le social ou l’éducation - en informant les jeunes filles sur les métiers d’avenir et en leur donnant accès à la découverte des formations et des entreprises.

Le 26 avril dernier, l’hôtel de Rennes Métropole accueillait le forum « L’égalité des chances au féminin » et regroupait environ 150 filleules Capital filles de la capitale bretonne, de Bruz, de Lannion ou encore de Guingamp. Les échanges tournent autour de la féminisation des métiers, des écarts de salaires et de la difficulté pour les femmes de s’imposer dans les professions pensées masculines, comme l’industrie, l’ingénierie, les postes techniques, etc.

Mais lorsque Christine Porte, employée de Météo France déclare « Je ne suis pas féministe, j’aime aussi travailler avec des hommes », ça nous heurte profondément. Personne ne réagit. Pourtant, en tenant de tels propos, on perpétue les clichés. En 2016, il faut encore le rappeler, le féminisme, c’est la lutte pour l’égalité des sexes, c’est le combat contre les conséquences du patriarcat instauré et ancré dans les mentalités. Quelle tristesse de l’entendre dans un tel moment, dans la bouche d’une femme… Rageant !

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Title: 
Les militaires, le foot et la Bretagne ?
Title: 
Arrêtons de perpétuer les clichés !
Summary: 
La Bretagne accueillait la première coupe du monde militaire de football féminin, Rennes participait à l'événement.
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En 2016, entendre une femme déclarer qu'elle n'est pas féministe car elle aime travailler avec des hommes... C'est navrant !

Dégradé - Arab et Tarzan Nasser

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Aborder les joies et peines des femmes palestiniennes, malgré des personnages un peu caricaturaux, semble être l’objet assumé de ce premier film audacieux. Un film plein de lumière qui sensibilise.
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Dans la bande Gaza de nos jours, le salon de beauté de Christine, jeune immigrée russe, déborde de clientes. C’est toute une mosaïque de femmes de notre époque : une jeune fille en passe de se marier, la mère et la belle-mère de la future mariée, une divorcée amère, une religieuse, une toxicomane lunatique ou encore une femme enceinte et sa sœur.

Comme un havre de paix ce salon est la promesse d’un moment de partage et de détente. L’attention sera pourtant détournée et le moment interrompu par des coups de feux dans la rue. Un conflit entre une famille mafieuse et le Hamas a lieu dans les rues voisines du salon. Prises au piège, les femmes se retrouvent coincées dans le salon. Ce sera pour elles le moment de se dire les choses.

Les esprits s’échauffent et les comptes se règlent. Dégradé est une comédie noire. Si le contexte est éprouvant pour ces femmes, le huit clos prend une tournure tragico-comique. C’est avec beaucoup de sarcasmes que chacune affrontent l’adversité. Les réalisateurs attirent notre regard sur la double peine du peuple palestinien qui subit occupation israélienne et conflit interpalestinien.

Pour ces femmes victimes de la violence qui s’infiltre partout dans leur quotidien, le temps des coquetteries n’échappe hélas pas à la règle. Si les personnages tendent à être quelque peu caricaturaux, aborder les joies et peines des femmes palestiniennes semble être l’objet assumé de ce premier film audacieux. Un film plein de lumière qui sensibilise.

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