Mai 2016

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Ce n’est pas la route de l’exil qu’elles empruntent mais la route de la mort. Pas toujours la mort physique mais à coup sûr l’anéantissement psychologique. Les migrantes centraméricaines fuient leur pays et cherchent sans répit leurs enfants kidnappés, disparus, violées et/ou prostituées pour les filles. Sans doute tué-e-s.

La journaliste Camilla Panhard les a suivies pendant 5 ans et retranscrit l’horreur de leur quotidien et la bravoure dont elles font preuve dans le livre No women’s land, publié aux éditions Les arènes en janvier dernier. Elle a accompagné ces femmes parties du Honduras, du Guatemala, du Nicaragua, du Salvador. Elle a pris part aux conditions des femmes migrantes, constaté la violence inouïe de ce que les unes et les autres racontent, vu de ses propres yeux celles et ceux qui se battent pour survivre et traverser l’Amérique centrale jusqu’aux Etats-Unis, en passant par le Mexique.

Entre gangs, cartels, braquages, agressions sexuelles, enlèvements de filles, féminicides, corruption et gouvernements démissionnaires, c’est la peur au ventre que l’on dévore cet ouvrage, témoin d’un monde qui engloutit tout espoir et toute la beauté de la vie. Camilla Panhard a le courage de réhabiliter ces femmes, leur redonner un visage et une histoire, et de les inscrire noir sur blanc dans la férocité de la lutte qu’elles livrent au jour le jour. Un récit poignant.

Text: 

Si le tennis est un des sports les plus égalitaires qui soient à l’heure actuelle, le sexisme n’en est pas exclu. Le 21 mars dernier, Raymond Moore, directeur du tournoi Indian Wells, a démissionné après avoir déclaré, la veille : « Si j’étais une joueuse, je me mettrais à genoux pour remercier Dieu que Roger Federer et Rafa Nadal aient vu le jour, car ils ont porté notre sport. »

Ce à quoi le n°1 mondial, Novak Djokovic a réagi, enfonçant le clou du sexisme. Au sujet du prize money, qui selon lui serait injustement égalitaire entre les joueurs et les joueuses de tennis. Le 10 avril, le sexisme a (encore) frappé dans les gradins du Vélodrome à Marseille à l’occasion du match OM – Bordeaux. Du côté des supporteurs Yankee Nord Marseille, des banderoles affichent : « Margarita, retourne à ton vrai métier, femme au foyer ». Margarita, c’est Margarita Louis-Dreyfus, propriétaire du club phocéen, surnommée « La blonde ». Normal dit-on, car le directeur du club se nomme Labrune !

Nous manquons sans doute d’humour... Tout comme quand L’Obs la qualifie, en titre, de « redoutable femme d’affaires aux allures de poupée Barbie », là où Le Parisien préfère se concentrer sur la mise en vente de l’OM et d’en conclure que la riche milliardaire a « fini de jouer à la baballe » ! Belle preuve de condescendance et de sexisme… qui laisse franchement angoissé-e-s pour l’avenir.

Posts section: 
Title: 
Migrantes, la mort les tient en vie
Title: 
Le sexisme dans le sport se porte bien !
Summary: 
La journaliste Camilla Panhard offre un récit poignant et redonne un visage et une histoire à toutes celles qui fuient leurs pays.
Summary: 
Côté sport, le sexisme a la vie longue et les clichés, la vie dure... Il serait temps d'en finir avec les comportements machistes.

Janvier 2016

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Nous voulons faire découvrir aux enfants de nouveaux modèles inspirants, et faire en sorte que les petites filles puissent s'imaginer aventurière, scientifique ou aviatrice aussi bien que danseuse ou princesse : chacune à le droit de faire ce qu'il lui plaît. », expliquent Alice Four, Amandine Crépin et Marie Leprince. Elles sont étudiantes en 5e année à LISAA (Arts appliqués) à Paris, en direction artistique numérique, et depuis juin 2015 travaillent à l’application tablette « Quand je serai grande ». Destinée à un public jeunesse, elle est innovante, pédagogique et militante, valorisant celles qui ne sont que trop oubliées de l’Histoire : les femmes, du 15e siècle avant J.C à aujourd’hui. Dix personnages féminins seront présentés, sous forme de biographie, illustrée, interactive et contée directement par l’héroïne : « Nous nous sommes efforcées de couvrir à la fois différentes activités, périodes historiques ainsi qu'origines géographiques. L'important est d'offrir un choix à l'enfant pour qu'il puisse s'identifier. » On se réjouit que fin 2016 l’application soit, en principe, lancée et que les petites filles comme les petits garçons (et les adultes !!!) puissent découvrir les noms et aventures entre autres de l’exploratrice française Alexandra David-Néel*, de la peintre japonaise O-EI Hokusai, de la 1e femme médecin en Grèce Hatchepsout ou encore de la cosmonaute russe Valentina Terechkova.

* Un ouvrage s’y consacre aux éditions Grand Angle, Une vie avec Alexandra David-Néel, sortie prévue en février 2016.

Text: 

Impossible de rester insensible à l’affaire Jacqueline Sauvage. Pour rappel, en 2012, elle tue son mari de 3 coups de fusil dans le dos après avoir subi des violences physiques et sexuelles pendant des années. Viols et coups sur elle, ses 3 filles et coups sur son fils, qui se suicide la veille du crime. En 2014, non considérée comme une victime, elle est condamnée à 10 ans de prison. Début décembre 2015, la cour d’appel confirme le jugement délivré en première instance. Sans dire que le meurtre devrait rester impuni, et comprenant que la légitime défense ne puisse être invoquée - la menace doit être imminente et non a posteriori (c'est donc le principe de légitime défense qui demande à être revu) - l’annonce du verdict est toutefois tombée comme un couperet, nous laissant le souffle coupé. L’an dernier, Osez le féminisme entre autre s’indignait. Aujourd’hui, ce sont 30 parlementaires, guidés par Valérie Boyet, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône, qui demandent au président Hollande de gracier Jacqueline Sauvage, en vertu de l’article 17 de la Constitution (permettant au Président de la République de supprimer ou de réduire une peine, sans en éliminer la trace, restant dans le casier judiciaire, à la différence de l’amnistie, ndlr). Pour une fois, on s’accorde avec les élu-e-s de droite quant à une Justice qui aurait oublié les victimes de cette histoire et les conséquences de décennies à subir des violences… Fin 2015, ça fait mal ! L’instruction de la grâce est en cours. Advienne que pourra.

Début 2016, la mobilisation se durcit grâce à l'appel au soutien de Karine Plassard, via la plateforme de pétition Change.org, les médias multiplient les articles sur la grâce de Jacqueline Sauvage et François Hollande signale prendre en compte l'avis de l'opinion publique mais ne se prononce pas encore...

Posts section: 
Title: 
Quand je serai grande, je ferai ce que je veux !
Title: 
Graciera ou graciera pas ?
Summary: 
Destinée à un public jeunesse, l'application est innovante, pédagogique et militante, valorisant celles qui ne sont que trop oubliées de l’Histoire : les femmes, du 15e siècle avant J.C à aujourd’hui.
Summary: 
Viols et coups sur elle, ses 3 filles et coups sur son fils, qui se suicide la veille du crime. En 2014, non considérée comme une victime, elle est condamnée à 10 ans de prison.

Décembre 2015

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 
  • Tu mélanges tout ! Tu vas trop vite ! L’heure est à l’unité ! Tu fais peur à tout le monde, avec tes revendications guerrières !
  • À tout le monde ? Vraiment ? Ou à une poignée de vieux mâles trop gras qui prétendent tenir les femmes à l’écart des affaires pendant encore un siècle ou deux ?
    (extrait du Tome 2 de la série Communardes ! – L’aristocrate fantôme (pages 18 & 19)

Qui étaient-elles et quel rôle ont-elles joué dans la Commune de Paris, période insurrectionnelle brève de 3 mois en 1871 ? Le scénariste nantais Wilfried Lupano s’en passionne, et nous avec. En septembre 2015, les deux premiers tomes de la BD Communardes ! paraissent aux éditions Vents d’Ouest (Glénat) : Les éléphants rouges (illustré par Lucy Mazel) et L’aristocrate fantôme (illustré par Anthony Jean). On y découvre un Paris secoué par le siège des Prusses lors de l’hiver 1870 et le Paris révolté de 1871, lors de la Commune. La famine frappe la capitale, le peuple gronde. Et parmi les insurgés, des femmes. Elles sont de celles qui refusent de se laisser abattre, qui luttent pour leurs droits, qu’elles soient filles, mères, bourgeoises, aristocrates, prostituées, ouvrières, françaises ou étrangères. Et de celles qui souhaitent prendre les armes et monter sur les barricades comme la va-t-en guerre russe, Elisabeth Dmitrieff, présidente de l’Union des femmes pour la défense de Paris et l’aide aux blessés, véritable organisation féministe. Le contexte et les faits sont historiques, l’émancipation des femmes réelle. La série Communardes ! - complétée d’un troisième opus en 2016 (sur la semaine sanglante et le procès des femmes qui seront tenues responsables du Paris brûlé) – est un chef d’œuvre qui remet à leur place les femmes de cette époque : dignes et égales aux hommes. Pourtant, l’Histoire dira le contraire. Aujourd’hui, encore…

Text: 

En novembre des journaux ont titré : « Tâches ménagères : les hommes en font plus ». Champagne ! Ô joie ! Et puis, finalement, Ô désespoir. Rien ou presque n’a changé. C’est le constat que fait l’INSEE dans sa récente synthèse des données collectées sur le sujet entre 1974 et 2010 parue dans sa revue Economie et Statistique - celle mal interprétée par certaines rédactions. Il en résulte que les femmes travaillent plus et que leur vie domestique est soulagée par le « progrès technique » : elles ne lavent plus le linge à la main et celui-ci ne se froisse plus, elles se font livrer leurs courses, ont un congélateur rempli de plats préparés et tout un tas d’aides payantes externalisées… Si cela leur permet de passer 10 heures de moins par semaines aux tâches ménagères, elles continuent de se taper tout le reste. En outre, leurs cerveaux restent encombrés par tout ce à quoi il faut penser pour faire tourner la maison : payer la nounou, faire les courses en ligne, amener le grand chez l’ORL et la petite au judo, étendre la lessive en rentrant… Et ces messieurs, que font-ils de plus alors ? Ils consacrent 50 minutes de plus par semaine à… leurs enfants. Ils assument un peu plus leur rôle de père, ni plus ni moins. Au final, les mères assurent toujours 70 % des tâches parentales. Il est où le mieux ? Nulle part, ou presque.

Posts section: 
Title: 
Aux armes, communardes !
Title: 
Tâches ménagères, non, les hommes n'en font pas plus
Summary: 
Qui étaient-elles et quel rôle ont-elles joué dans la Commune de Paris, période insurrectionnelle brève de 3 mois en 1871 ? Le scénariste nantais Wilfried Lupano s’en passionne, et nous avec.
Summary: 
Triste constat que fait l’INSEE dans sa récente synthèse des données collectées sur le sujet entre 1974 et 2010, mal interprétée par certaines rédactions.

Juillet-Août 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Haut symbole de la culture bretonne, la coiffe fait partie intégrante du folklore régional. Et pourtant, rares sont celles et ceux qui en connaissent les spécificités et les représentantes. Depuis le 6 juin, et jusqu’au 30 août, le musée de Bretagne accueille Bretonnes, une exposition regroupant 70 photographies réalisées par Charles Fréger, parti à la rencontre des femmes membres de divers cercles celtiques. Il y témoigne d’une identité régionale forte inscrite dans le vêtement traditionnel à travers des tableaux à l’esthétique impeccable que l’on apprécie de contempler. On adore le côté carte postale kitch, accentué par les portraits et les regards mélancoliques des modèles, auquel il donne de la profondeur de par un second plan brumeux et en mouvement qui nous laisse comme hypnotisés. Pourtant, derrière les stéréotypes qui ont nourri la réflexion et le regard du professionnel, Charles Fréger interroge nos connaissances et intérêts pour nos traditions. Que savons-nous de ces habits ? De ces coiffes ? Sommes-nous capables de différencier celle de Vannes de celle de l’Île de Sein ? Et pouvons-nous repérer les références anachroniques dissimulées dans les œuvres ? Des questions fondamentales pour la bonne transmission de notre identité et histoire aux générations futures.

Le musée de Bretagne s’associe à cette occasion au musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, au musée bigouden de Pont-l’Abbé et à l’association GwinZegal de Guingamp.

Text: 

Parmi les irrespectueux harceleurs de rue témoignant d’une incroyable bêtise en se permettant de faire des réflexions aux femmes qui aiment les femmes, il y a les dégoûtés et les excités. « Vous allez finir en enfer », « Si vous aviez été des mecs, on vous aurait pété la gueule. Mais là, ça nous excite », « Oh des pédés de filles ! », « Vous êtes en couple ? On peut coucher ensemble ? » ou encore « Je vous ai vue embrasser votre copine, vous n’avez aucun respect pour vous afficher, surtout devant mes enfants » et « Hitler a pas fini le boulot, dégagez ! »… Des phrases d’une extrême violence formulées en Belgique, en France, aux Etats-Unis, au Maroc, en Angleterre… pour n’en citer que quelques-uns, et qui symbolisent l’ignorance, la méconnaissance et le non-respect envers les femmes, parce qu’elles sont femmes, mais aussi à cause de leur orientation sexuelle. À la manière de Paye ta shneck (lire notre Coup de cœur – YEGG #19 - Novembre 2013), le tumblr Lesbeton entend dénoncer les réactions stupides que déclenchent la vue d’un couple lesbien ou la découverte de la sexualité d’une belle femme, vécue alors comme « du gaspillage ». Si nous sommes séduites par le procédé, visant à lutter contre ce phénomène immoral, chaque phrase publiée sur le site nous hérisse les poils et nous file la nausée !

Posts section: 
Title: 
Fières de la coiffe
Title: 
Lesbeton les réflexions !
Summary: 
L'exposition Bretonnes témoigne d’une identité régionale forte à travers des tableaux à l’esthétique impeccable que l’on apprécie de contempler et interroge nos connaissances et intérêts pour nos traditions.
Summary: 
Si nous sommes séduites par le procédé, visant à lutter contre le phénomène immoral du harcèlement de rue (ici envers les femmes qui aiment les femmes), chaque phrase publiée sur le site nous hérisse les poils et nous file la nausée !

Tiens-toi droite - Katia Lewkowicz

Posts section: 
List image: 
Summary: 
Si le film est curieux et volon­tairement chaotique et décousu il tente tant bien que mal de défier dans la dou­leur les conventions du cinéma populaire français à travers un féminisme plus hu­maniste que politique.
Text: 

Tiens-toi droite c’est le destin de trois femmes qui gravitent dans le même monde mais dont les préoccupations et réflexions sur ce monde sont très différentes. Sam est mère de plusieurs enfants et en attend deux autres. Dans sa vie de maman et de femme, Sam est au bord du burn out. Elle travaille dans une usine à poupée où elle croise Louise, une femme ambitieuse et volontaire qui vient de quitter le pressing familial pour un poste de cadre dans l’entreprise de son amant. Lili a elle été élue Miss Calédonie et va prêter ses mensurations à la fameuse poupée en élaboration. Très naïve et candide Lili est assez mal adaptée à ce monde qu’elle côtoie. Katia Lewkowicz réalise un film qui s’éparpille un peu. Une comédie qui cristallise l’hystérie féminine en mettant délibérément assez mal ses sujets en valeur. Au bord de la crise de nerf, ces trois femmes qui ne se connaissent pas ont la volonté farouche d’évoluer au sein de leur milieu. C’est ce qui va les faire se rencontrer, se juxtaposer. Si les hommes sont peu pré­sents et disparaissent peu à peu, la pres­sion des mères est bien présente. Une multiplication des points de vue et un questionnement sur l’image de la femme et son corps. Si le film est curieux et volon­tairement chaotique et décousu il tente tant bien que mal de défier dans la dou­leur les conventions du cinéma populaire français à travers un féminisme plus hu­maniste que politique.

Main image: 

Juin 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Blanc. La couleur de la pureté, de la perfection, de la virginité. Blanc. La couleur de l’enfermement, la solitude, la folie. Pourtant, Paloma Fernandez Sobrino, metteure en scène et comédienne associée à L’âge de la tortue, à Rennes, se passionne pour le gris (lire notre interview YEGG #36 – mai 2015 – p.22 et 23). Et c’est ce qu’elle nous montre avec son spectacle Déroute(2), présenté en avant-première dans le théâtre du Vieux St-Etienne, le 15 mai dernier, avec la chanteuse lyrique Justine Curatolo. Inspirée par le vécu de sa grand-mère, mariée à l’église par amour et enfermée dans sa solitude, et les témoignages de nombreuses femmes, l’artiste espagnole explore la capacité d’un individu à s’épanouir et à trouver du bonheur malgré la désillusion. L’esthétique et l’originalité de la proposition vont de pair dans une mise en scène soignée aussi bien au niveau de la disposition intimiste qu’au niveau de la parole, soufflée, murmurée, intense, chantée – en français et en espagnol – et des odeurs de lessive - retour à la propreté et à la pureté – qui nous saisissent les narines et nous ramènent dans les draps vieillis de notre enfance. Tout dans cette création est fait pour nous emporter dans un univers peu familier mais qui résonne dans nos entrailles. Loin d’une leçon moralisatrice, Paloma Fernandez Sobrino et Justine Curatolo – et toute l’équipe – réussissent à nous bercer entre apaisement et violence d’un instant suspendu et déstabilisant. À découvrir lors du festival Les Tombées de la nuit, les 3 et 4 juillet au théâtre La Paillette à Rennes (deux représentations par jour : 17h30 et 19h30).

Text: 

1981, François Mitterand est élu. Yvette Roudy devient ministre des Droits des femmes, et instaure en 1983 la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes en entreprise. Plus tard, elle œuvre pour la féminisation des noms de métiers, grades et fonctions, mais aussi pour la parité dans les institutions et la constitution, en créant L’Assemblée des femmes, en signant et initiant plusieurs manifestes en ce sens également, etc. Un matin de mai 2015, Yvette Roudy, 86 ans, se lève, découvre l’actualité et trésaille. On la comprend. L’actuel ministre du Travail, François Rebsamen, propose un projet de loi voué à simplifier le dialogue social. Bémol : les outils de l’égalité professionnelle, tels que le Rapport de Situation Comparée ou la Commission égalité pro’ – visant à analyser les différences entre les femmes et les hommes, permettant de réduire les écarts de salaire - seront supprimés. Les associations féministes montent au créneau, à l’initiative d’Yvette Roudy, et lancent une pétition sur le site #SOS Égalité professionnelle ; le ministre parle de « malentendu » et promet un amendement pour calmer les énervées. Nous pourrions nous essuyer le front et souffler de soulagement, mais non : l’égalité des sexes n’est toujours pas prise en compte par les hommes politiques et constitue une bataille de tous les jours. Aucun droit n’est jamais acquis, loin de là. #Fatigue #Onnelâcherarien

Posts section: 
Title: 
Déroute esthétique
Title: 
L'égalité pro, on s'en fout ?
Summary: 
Paloma Fernandez Sobrino, comédienne et metteure en scène, et Justine Curatolo, chanteuse lyrique, explorent une facette intime d'une femme prisonnière de son mariage vers son acceptation, dans une esthétique irréprochable.
Summary: 
Aussi mal appliquées soient-elles, les lois visant à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes existent depuis plus de 30 ans. Aujourd'hui menacées, le combat pour les droits des femmes est plus que jamais nécessaire.

Mai 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Et vivre était sublime », une ode à la vie, à l’amour, au sexe, aux femmes et aux hommes. C’est ce que propose le duo des « garçons manqués » dans cette lecture musicale présentée lors du festival Mythos, à Rennes, un vendredi soir d’avril. Le 10 précisément. Un duo qui réunit l’écrivain Nicolas Rey et le musicien Mathieu Saïkaly, au centre d’un auditoire disposé en cercle autour de ces deux hybrides. Tout de suite, un coup de cœur. Une évidence foudroyante. D’un côté, Nicolas Rey, qui lit des textes d’Albert Cohen, de Céline ou encore de Boris Vian, avec une voix unique, tremblotante, chargée de ses histoires à lui qui a souvent été piqué à vif. D’un autre, Mathieu Saïkaly, qui gratte délicatement les cordes de sa guitare et interprète les chansons de Bob Dylan, des Stones ou encore de Johnny Cash, avec une voix douce, teintée de folk et bercée de sa candide jeunesse. Les textes dévoilent des figures féminines fantasmées et fantasmantes, empreintes de réalisme. La pureté romantique emboite le pas à la description très crue de la rencontre, du sentiment amoureux et de la relation sexuelle, sans occulter l’angoisse ressentie par un homme avant de s’abandonner aux plaisirs de la chair. La vision de la Femme, sortie de la plume d’auteurs masculins et déclamée par les bouches fragiles de deux hypersensibles bien assumés, est belle, libératrice et moderne.

Text: 

La course à la présidence de France Télévisions par le CSA – Conseil Supérieur de l’Audiovisuel – a agité les chaines de télé et les médias. Mi-avril, le collectif de femmes journalistes « Prenons la Une », visant à lutter contre le sexisme dans les médias, a adressé une lettre ouverte aux candidat-e-s à la présidence de France Télévisions, les interpelant sur le faible chiffre d’expertes invitées sur les plateaux télés (- de 20%). Rappelant aussi l’engagement du groupe des chaines publiques lors de l’événement « En avant toutes », en mars 2014 : atteindre 30% d’expertes dans les émissions d’information (le directeur de l’information parlait même de 35% d’ici fin 2015). Et l’enthousiasme s’en est allé, visiblement, puisqu’aucune communication, ni rapport public, n’ont ensuite été faits sur d’éventuels chiffres prouvant une évolution positive dans ce domaine. Le collectif saisit alors le ou la future président-e, soulignant qu’il en est de son rôle de mettre l’égalité sur les plateaux. De toute urgence. Tout comme « Prenons la Une », nous nous mobilisons contre les stéréotypes, pour l’égalité des sexes et pour une juste représentation des femmes dans les médias. Ceci est donc un coup de gueule préventif… Une bonne chose alors que la future présidente (août 2015), Delphine Ernotte-Cunci se définisse comme une militante de l’égalité professionnelle !

Posts section: 
Title: 
Libérer la figure féminine
Title: 
L'égalité à la télévision française ?
Summary: 
La vision de la Femme, sortie de la plume d’auteurs masculins et déclamée par Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly, est belle, libératrice et moderne.
Summary: 
Les femmes sont minoritaires sur les plateaux de télévision. La future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, fera-t-elle bouger les lignes ?

Avril 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Depuis plusieurs dizaines d’années, le corps féminin est devenu l’objet d’un business hallucinant, vendant un modèle unique, mince, à la peau blanche et parfaitement lisse. Revendiquer un corps ne correspondant pas à la foutue norme n’est pas tâche aisée, l’accepter encore moins, le faire accepter, n’en parlons pas. Si la prise de conscience commence à peine, le chemin de l’action et du changement reste encore bien tortueux. On ne peut alors que se réjouir d’assister à la naissance du projet Hors-normes, groupe rennais lancé le 26 mars dernier par Manon Deniau, étudiante à Rennes 2 et journaliste pour YEGG, ne nous en cachons pas - l’initiative étant parfaitement indépendante de notre rédaction. C’est par les réseaux sociaux Facebook et Twitter qu’elle choisit d’impulser cette dynamique issue du « body positivism », dont l’objectif est de relayer auprès de ses membres des informations destinées à promouvoir la diversité des corps et leur beauté. Peu importe la forme et l’aspect de notre enveloppe corporelle, la lutte contre la pression sociale et médiatique doit être engagée à titre individuel et collectif. Le groupe permet d’interpeller notre rapport au corps et de débattre en s’affranchissant des jugements répressifs et oppressants. Manon Deniau indique vouloir à l’avenir créer des cafés-discussions, à Rennes. Forcément, on aime et on soutient !  

Text: 

Nous évoquions le projet dans nos colonnes, en septembre 2014, lorsque le mouvement HF Bretagne recrutait 2 personnes pour réaliser un diagnostic sur la place des femmes dans les arts et la culture en région. Le 25 mars dernier, au Triangle, Marion Indo – partie Spectacle vivant – et Zoé Haller – partie Arts plastiques – dévoilaient les résultats de leur étude, réalisée à l’automne dernier durant 2 mois, à partir des informations disponibles sur Internet ou dans les plaquettes de saison 2014-2015 sur 2448 spectacles (pour Spectacle vivant) et à partir des informations disponibles sur Internet pour les années 2013 et 2014 (pour Arts plastiques). Nous n’attendions pas des chiffres mirobolants mais ceux délivrés dans la plaquette – étude complète sur la page Facebook de HF Bretagne – sont effarants. Les femmes sont majoritaires, entre 71 et 87%, dans les domaines de l’administration, la médiation, la communication ou encore de la billetterie. Mais ne sont que 17% à diriger les spectacles que nous voyons. Ne sont que 22% à la tête des structures culturelles et 15% à écrire ou composer les textes et musiques que nous entendons. Concernant les arts plastiques, elles n’étaient que 29% à être exposées, sur 36 lieux et 5 manifestations d’art contemporain. La Bretagne est loin de l’excellence prétendue dans de nombreux domaines. Niveau prise de conscience et évolution, on mettrait bien un zéro pointé. Honteux !

Posts section: 
Title: 
À la poubelle la norme corporelle
Title: 
Des inégalités bien cultivées
Summary: 
Le chemin pour s'affranchir de tous les jugements et de toutes les pressions sociales et sociétales et trouver son corps beau, tout simplement.
Summary: 
Le mouvement HF Bretagne publie son diagnostic sur la place des femmes dans les ars et la culture : les chiffres sont effarants !

Décembre 2014

Writers: 
Clara Potier
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

Le XXIème siècle sera féminin ou ne sera pas… Le recueil de 12 photoreportages Le Siècle des Femmes, édité par Les Arènes et 6Mois, tend à le prouver, avec grâce et profondeur. À l’origine du projet, Marie-Pierre Subtil, rédactrice en chef de 6Mois, explique ce qui a mené au choix des 12 histoires de femmes racontées ici. Elle rappelle ainsi que si « l’égalité entre femmes et hommes est inscrite dans les tablettes des Nations Unies depuis 1945 », ce n’est qu’en théorie, et que les victoires obtenues pour la cause des femmes ne concernent que l’Occident. Ailleurs, les femmes restent brimées. Elles sont pourtant au cœur des solutions à inventer face aux menaces qui pèsent sur le monde (sur-population, pauvreté, climat…etc.). Dans ce combat, les images sont  essentielles. Or, elles montrent la femme inévitablement jeune et jolie, s’éloignant toujours plus de la réalité. Ce livre les dévoilent telles qu’elles sont. Hessa, son tchador et ses talons aiguilles ; Filda l’Ougandaise, qui survit avec le poids de ses deuils ; Erika, la médecin qui aide les gens à mourir dignement ; les nouvelles concubines de l’Empire du Milieu ; les filles-mères de Naples ; les Walés et leurs corps nus recouverts de terre orange… La beauté brute qui émane de ces photos donne au quotidien ordinaire, et difficile de ces femmes, une dimension inattendue, puissante et touchante.

Text: 

Comme l’a rappelé lundi 24 novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, la femme n’est naturellement pas l’égale de l’homme. C’est donc pourquoi, dans notre société, à temps de travail égal dans le secteur privé, elle gagnera moins que la gent masculine. Elle touchera également une retraite moindre puisque ses trois grossesses l’auront empêchées de travailler efficacement. Normal donc qu’elle paye aussi plus cher dans les magasins. Women-Taxe, Taxe rose, Femini taxe, peu importe sa dénomination, la définition reste la même : brosses à dents, rasoirs, déodorants, les produits du quotidien pour femmes coûtent plus chers que les produits pour hommes… même lorsqu’ils sont identiques. Formulé par le collectif féministe « Georgette Sand », début septembre, ce constat a alerté le gouvernement qui a lancé le 3 novembre dernier une enquête pour « mesurer la réalité du phénomène ». On imagine déjà que, par souci d'égalité, les marques choisiront d'augmenter les prix au rayon homme. Pour notre part, on peut aussi choisir, par souci citoyen, d'y réfléchir à deux fois avant de foncer tête baissée dans ce type d'achat. Taxe rose, taxe bleu, qu'importe la couleur tant qu'il y a de la consommation. Pour 2015, nous, on passe au vert !

Posts section: 
Title: 
Saine lecture
Title: 
Merde à la taxe rose !
Summary: 
La beauté brute qui émane des photos du Siècle des femmes donne au quotidien ordinaire, et difficile de ces femmes, une dimension inattendue, puissante et touchante.
Summary: 
Women-Taxe, Taxe rose, Femini taxe, peu importe sa dénomination, la définition reste la même : les produits du quotidien pour femmes coûtent plus chers que les produits pour hommes… Ras-le-bol !

Mai 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Le 12 avril dernier, le Forum Libé interrogeait l’avenir de la France à travers différents prismes, dont celui du féminisme. 2030 : un vent nouveau ? Pas de réponse. Pas de prise de risque pour les 4 intervenantes invitées, seulement des utopies idéalistes et légèrement Bisounours. De leur côté, Mathilde Joubaud – lycéenne à Saint-Martin en option Cinéma – et Paul Marques Duarte – étudiant en Arts du spectacle à Rennes 2 – ont décidé de prendre le contrepied de cette minauderie pour frapper un grand coup. Fin mars, ils diffusent sur Vimeo leur très court métrage Désirée, dont le synopsis, simple et efficace, se veut percutant. L’histoire d’une jeune fille, de 18 ans, qui se rend chez le médecin pour avorter et qui se retrouve face à un mur : « Pas violée, pas d’IVG », lui répond-il. Une réplique fracassante qui résonne dans l’actualité espagnole depuis décembre dernier, moment où le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté la loi anti-IVG, restreignant l’avortement à deux cas seulement : viol ou danger pour la santé de la mère. À la manière de Lisa Azuelos ou Éléonore Pourriat, les deux jeunes rennais transposent une situation soi-disant irréaliste à notre quotidien pour créer un choc, une prise de conscience. Une bien belle initiative qui nous fait réaliser qu’aucun droit n’est jamais acquis. Désirée insuffle en nous un vent de militantisme et cristallise certaines horreurs qu’il est important de combattre pour préserver le futur de toutes les femmes. Plus d’infos sur yeggmag.fr – Droit à l’avortement : Désirée ou l’art du court-métrage rennais – 28 mars 2014.

Text: 

Alerté par le SDAS FO 35 sur l'absence d’un centre IVG à l’hôpital de Vitré, YEGG a enquêté. Face à la difficulté d’obtenir des réponses, le sujet s’est révélé sensible, voire brûlant. Si le Conseil Général a signé en 2012 une convention avec les hôpitaux et la CPAM pour une « la mise en œuvre de l’IVG médicamenteuse dans les centres de planification ou d’éducation familiale départementaux », celle-ci a depuis pris beaucoup de retard. Vincent Lavoué, gynécologue-obstétricien au CHU de Rennes, qui a formé la responsable du centre de Vitré, CPEF volontaire pour l’expérimentation, s’en étonne. Il décrit, en outre, la position du centre hospitalier : « Légalement le directeur ne peut pas obliger les gynécologues à pratiquer l’IVG, mais pour maintenir sa maternité, il a besoin d’eux. C’est la quadrature du cercle. Le cas se pose dans beaucoup de petites villes. À Vitré les choses sont en train de se régler, mais le problème va se poser à Redon ». Selon lui, le débat est plus large : « Nous dépendons d’administrations distinctes, les centres de planification du Conseil Général, les centres IVG de la Sécu, deux instances décisionnelles qui ne se parlent pas en Ille-et-Vilaine. Il y a un manque de lisibilité et de coordination des différents intervenants, alors qu’on devrait travailler ensemble, en bonne intelligence, pour une action construite et cohérente, comme dans le Morbihan ». La rédaction de YEGG ne manquera pas de revenir plus longuement sur ce sujet dans un prochain numéro. 

Posts section: 
Title: 
Un film désiré
Title: 
L'avortement : quel avenir ?
Summary: 
Et si l'avortement n'était pas légalisé en France ?
Summary: 
Manque de centre IVG dans le département = sujet sensible...

Pages