Eté 2019

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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C’est un hommage qu’on a envie de rendre à Anaïs Bourdet. Après avoir fondé et porté pendant 7 ans la charge de Paye Ta Shnek, sa créatrice a annoncé le 23 juin 2019 que le formulaire permettant d’ajouter des témoignages au Tumblr serait désormais désactivé. Épuisée et terrorisée, dit-elle, elle explique, dans un message publié sur son compte Facebook :

« Ça n’a, aujourd’hui, plus autant de sens : après balance ton port, metoo, et toutes les prises de parole, il faut passer à l’étape suivante. Témoigner ne suffit plus : rien n’a changé, les hommes sont toujours aussi violents. Oui, les hommes. J’ai bien dit les hommes. Toujours trop nombreux à nous traumatiser, toujours pas assez nombreux à nous aider pour que ça pèse dans la balance. »

Son texte est extrêmement émouvant et puissant. Parce que la violence envers les femmes est trop grande. Parce que la violence envers les femmes est omniprésente. Elle tire sa révérence, selon ses dires. Mais Anaïs Bourdet laisse en ligne tous les récits reçus et retranscris pendant ces 7 années d’écoute, de partage et de bienveillance. « Histoire qu’on n’ait pas fait ça pour rien. », précise-t-elle.

Si Paye Ta Shnek n’a pas réduit les violences patriarcales, elle a permis de libérer la parole et faire comprendre à de très nombreuses personnes qu’elles n’étaient pas responsables des insultes et agressions subies dans l’espace public (et privé aussi d’ailleurs). On salue son initiative, sa persévérance, son courage et sa force, on la soutient et on lui souhaite une bonne continuation, entourée de sororité. 

Text: 

La société marche sur la tête. Nouvelle preuve en est avec ce que Le parisien catégorise de « faits divers » : le refus des forces de l’ordre de prendre la plainte d’une femme agressée par un homme, rencontré sur Tinder. Elle refuse ses avances, il la frappe à plusieurs reprises. Elle appelle la police, elle se retrouve en garde à vue. Pour alcoolémie, pour hystérie, pour outrage et rébellion.

Ras-le-cul ! Quand va-t-on cesser de remettre en cause la parole des femmes ? Et de transformer la victime en coupable ? Qu’elle ait bu ou non, se faire claquer une porte plusieurs fois sur le corps avant d’être saisie à la gorge parce qu’elle a dit non à une personne chez qui elle est allée de son plein gré après avoir discuté avec sur un site de rencontre est intolérable et doit être puni par la loi.

Pourtant, son cas n’est pas un cas isolé. Nombreuses sont les femmes à subir un traitement humiliant similaire. Si elle a pu depuis porté plainte contre son agresseur (et également auprès de l’IGPN pour violences policières), c’est parce qu’elle a rendu son histoire publique sur les réseaux sociaux.

Il faut indigner l’opinion publique pour que les forces de l’ordre acceptent de faire leur travail. Il faut faire des appels à témoins pour qu’une femme ose aller porter plainte après avoir été droguée et après avoir subi un viol lors de la dernière édition du Hellfest, fin juin 2019. Il faut tous les jours sur Facebook inscrire le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex conjoint depuis janvier pour susciter un léger sursaut… On en est là et ça ne choque personne.

Posts section: 
Title: 
Clap de fin pour Paye Ta Shnek, bravo à Anaïs Bourdet
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Violences continues et impunies
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Paye Ta Shnek a permis de libérer la parole et faire comprendre à de très nombreuses personnes qu’elles n’étaient pas responsables des insultes et agressions subies dans l’espace public.
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Ras-le-cul ! Quand va-t-on cesser de remettre en cause la parole des femmes ? Et de transformer la victime en coupable ?

Avril 2019

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

Taper sur un moteur de recherche « inventrices et leurs inventions » et automatiquement, le correcteur vous propose « inventeurs et leurs inventions ». Franchement, ça fait mal le coup du « Essayez avec cette orthographe »…

Heureusement, les Éditions des éléphants prouvent que nous avons raison de lancer la recherche au féminin. En mars 2019, Inventoras y sus inventos d’Aitziber Lopez et Luciano Lozano est traduit en français et nous permet de découvrir 15 femmes et leurs créations, très utiles à la modernisation lors du siècle dernier.

Margaret A. Wilcox, Elizabeth Magie Phillips, Marion O’Brien Donovan, Josephine Garis Cochrane, Stephanie Kwolek ou encore Martha Coston et Letitia Mumford Geer ont toutes en commun d’avoir été oubliées de l’Histoire. Elles sont pourtant à l’origine du chauffage pour les voitures, du Monopoly, des couches lavables, du lave-vaisselle, du kevlar, des fusées de signalisation ou encore de la seringue médicale.

L’album jeunesse Les inventrices et leurs inventions réhabilite, dans des textes courts et pédagogiques – et des illustrations souvent rigolotes – ces individus à qui on doit aujourd’hui le progrès et le confort. Et permet ainsi de démontrer que l’intelligence et la créativité n’ont pas de sexe et de genre.

Si l’ensemble des inventrices sont ici américaines, on espère voir d’autres tomes poursuivre cet excellent travail de mémoire. Parce que l’Histoire a besoin d’être réécrite pour que les héroïnes d’hier le soient encore aujourd’hui et que les petites filles puissent inventer leur futur. Sans barrières. 

 

Text: 

C’est une semaine noire qui nous propulse dans le mois d’avril et pourtant c’est une semaine ordinaire. Le 31 mars, Julia est agressée place de la République à Paris parce qu’elle est une femme transgenre. Le 3 avril, le sultanat de Bruneï (Asie du Sud-Est) adopte la peine de mort, par lapidation, pour les homosexuels – les lesbiennes ayant des rapports seront susceptibles quant à elles d’être condamnées à 10 ans de prison – et pour les adultères. Le 7 avril, en France, on compte 41 femmes tuées depuis le 1erjanvier par leur compagnon ou ex-compagnon.

Et ça, on en parle parce qu’une vidéo a fait le tour des réseaux sociaux, que la communauté internationale s’est un peu réveillée et que les militantes féministes veillent pour alerter l’opinion publique. Il y a tout ce dont on ne parle pas, tout ce qui est passé sous silence parce qu’il n’y avait pas de témoin, parce que la victime a eu peur de pousser la porte du commissariat et d’y être malmenée, voire violentée, parce que personne n’a voulu la croire quand elle a commencé à parler de ce qu’elle subissait…

L’horreur, on préfère la regarder de loin et la critiquer, au prétexte qu’elle serait motivée par telle ou telle religion. Arrêtons l’hypocrisie. Cette horreur, elle s’appelle l’intolérance et elle répond à des siècles et des siècles de domination et d’oppression masculine.

Cette horreur, elle s’appelle le patriarcat et mène aux violences sexistes et sexuelles envers toutes les femmes et les personnes LGBTIQ+. Tant qu’on ne l’admet pas, elle continuera de se répandre. Partout.

Posts section: 
Title: 
Inventons notre futur, sans barrières
Title: 
Quand l’intolérance se répand partout dans le monde
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L’album jeunesse Les inventrices et leurs inventions réhabilite celles à qui on doit aujourd’hui le progrès et le confort. Et permet ainsi de démontrer que l’intelligence et la créativité n’ont pas de sexe et de genre.
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Cette horreur, elle s’appelle le patriarcat et mène aux violences sexistes et sexuelles envers toutes les femmes et les personnes LGBTIQ+. Tant qu’on ne l’admet pas, elle continuera de se répandre. Partout.

Février 2019

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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En découvrant récemment la bande-dessinée Wotan, trilogie créée par Eric Liberge – dont l’intégrale a été publiée chez Dupuis en 2014 – on a été interpelé-e-s par le trio choisi par l’auteur : un enfant, Louison, un homme, Etienne, et une femme, Yin Tsu, photographe japonaise, qui au fil de la guerre va être chargée d’espionner Himmler.

S’il est rare dans les œuvres littéraires grand public de trouver des traces de femmes, d’autant plus non européennes, durant la Seconde guerre mondiale, il est encore plus difficile que celles-ci soient intégrées à l’Histoire dans un rôle équivalent à un autre personnage, sorti de l’héroïsme fantasmé, tandis que l’auteur s’attache à montrer l’horreur de la Shoah, des camps de concentration et des expériences « scientifiques » sur les cadavres.

Cinq ans plus tard, l’œuvre reste inédite et subjuguante. Et on se réjouit de constater que les éditions Dupuis se sont depuis équipées d’une autre bande-dessinée présentant un volet que les Français-es connaissent moins, sur cette période : la situation en Belgique.

Flore Balthazar dans Les louves nous invite à suivre le quotidien des filles de la Louvière – principalement celui de Marcelle et Yvette – conscientes, soucieuses et impliquées dans cette période trouble. Que ce soit avec Liberge ou Balthazar, on aime découvrir ces personnalités féminines trop longtemps laissées en marge de l’Histoire.

Text: 

C’est délirant la mauvaise foi du patriarcat… C’est consternant même. La guerre à la parité, on ne l’avait pas vu venir dans ce sens-là à Sarcelles, ville dans laquelle, fin janvier, le nouveau maire Patrick Haddad (PS) a été contraint par la justice de rétablir l’équilibre entre ses adjointes et ses adjoints, ces derniers étant moins nombreux… Huit femmes, six hommes.

À parité dans la connerie, ce sont deux élu-e-s de l’opposition, Chantal Grollier (UDI) et David Grandon (LREM) qui ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour dénoncer un scandaleux manque de parité. Le tribunal acquiesce : il y a bien de trop de femmes adjointes à la mairie de Sarcelles.

Le juge explique que, pour les communes de 1 000 habitant-e-s et plus, le principe de parité impose l’obligation de présenter une liste où chaque sexe est représenté à parité, à au plus une unité près. On est d’accord, la parité, c’est important. C’est même une nécessité pour faire avancer les mentalités.

Bizarrement, cette obsession du respect de la parité, on la retrouve que quand il y a « trop » de femmes. Ça ne choque personne quand il y a trop d’hommes, ce qui est très fréquent. Ah si, c’est vrai, le nouveau gouvernement a fait récemment tiquer : la nomination d’Adrien Taquet fait basculer le compte des ministres à 19 hommes et 17 femmes.

Mais grâce à un tour de passe-passe – en disant que le Premier ministre ne compte pas (ce qu’on apprécierait grandement) – la parité est respectée à une personne près. Ouf, les hommes ne sont pas lésés…

Posts section: 
Title: 
Une autre représentation des femmes en 39 - 45
Title: 
Invasion de femmes adjointes à Sarcelles
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Que ce soit avec Liberge ou Balthazar, on aime découvrir à travers deux subjuguantes BD ces personnalités féminines trop longtemps laissées en marge de l’Histoire.
Summary: 
À parité dans la connerie, ce sont deux élu-e-s de l’opposition qui ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Le tribunal acquiesce : il y a bien de trop de femmes adjointes à la mairie de Sarcelles.