Aventine - Agnès Obel

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Doux et un peu mélancolique, un peu inquiétant, on craint de s'ennuyer et on découvre un monde fantastique.
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Trois ans après son premier album Philarmonics, la danoise Agnes Obel revient avec le fascinant et envoûtant Aventine et c'est un peu comme un automne (en Bretagne) : doux et un peu mélancolique, un peu inquiétant, on croit qu'on va s'ennuyer et on découvre un monde fantastique où les gouttes de pluie (arpèges espiègles) jouent avec le vent (tempos languissants) et le temps (silences suspendus). Agnes Obel a composé, écrit, interprété, enregistré, réalisé et mixé l'album quasiment seule. Sa personnalité timide et secrète se dessine et se dévoile dans ce disque minimaliste et gracieux, simplement porté par le piano, le violoncelle et sa voix voluptueuse. « La musique doit humblement chercher à faire plaisir, l'extrême complication est le contraire de l'art » a dit Debussy, dont Agnes Obel est une grande admiratrice. Le plaisir ressenti en écoutant Aventine est simplement exquis.

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Blue Jasmine - Woody Allen

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Cate Blanchett promet à elle seule un bon moment de cinéma sans pour autant porter l'œuvre de Woody Allen parmi ses plus belles réussites.
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Woody Allen pose ses caméras aux USA mettant fin à une longue période de production européenne. Jasmine, arrivant de la côte Est, pose elle ses valises à San Francisco, chez sa sœur. Trahie, humiliée et ruinée, elle cherche désespérément à se reconstruire. De là va naître une volonté de se réinventer. Le personnage de Cate Blanchett incarne à lui seul la quasi-intégralité dramatique du scénario. Prétentieuse ridicule ou hautaine agaçante, elle incarne une femme à la dérive et terriblement angoissée. Alcoolique, dépressive et surmédicamentée elle se débat tant bien que mal pour ne pas sombrer dans la folie la plus pure. L’actrice est d’une vraisemblance impressionnante mais n’en demeure pas moins un personnage doté d’un potentiel comique assez limité. Pathétique et désagréable, le personnage ne suscite pas la compassion. Une comédie certes mais qui révèle chez l’auteur une étonnante absence d’émotion. Une finalité éloignée des envolées lyriques et souvent optimistes des conclusions du réalisateur. La prestation de Cate Blanchett promet à elle seule un bon moment de cinéma sans pour autant porter cette œuvre de Woody Allen parmi ses plus belles réussites.

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Les saisons de Louveplaine - Cloé Korman

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La jeune écrivain confirme son talent et son originalité, son sens pour une poétique des déracinés, en quête d'un ailleurs.
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Nour, jeune algérienne, arrive à Louveplaine, cité imaginaire du 93, à la recherche de son mari qui lui avait promis une nouvelle vie en France et qui ne donne plus de nouvelles. Elle découvre un appartement vide et sans meubles, mais aussi les tours, les habitants, les flics...C'est à travers ses yeux que Cloé Korman brosse un portrait des cités, hors des clichés et des caricatures, à travers sa quête et ses rencontres que le quotidien des tours est décrit avec un réalisme qui ressemblerait plus à un documentaire qu'à une fiction si le périple de Nour n'était pas un voyage initiatique, entre surprises, souvenirs et déconvenues et si l'écriture de l'auteure n'était pas si intelligente, dense, farouche. Trois ans après son premier roman Les Hommes couleurs, la jeune écrivain confirme son talent et son originalité, son sens pour une poétique des déracinés, en quête d'un ailleurs.

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Jeune et jolie - François Ozon

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Un sujet de société personnifié mais qui semble n’être qu’un prétexte afin d’aborder l’apprentissage et la recherche de vécu d’une adolescente.
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Isabelle est une jeune lycéenne parisienne de 17 ans qui ne laisse pas insensibles les hommes autour d’elle. Elle le sait et va très vite vouloir affronter ses propres limites. Offrir sa virginité lors des vacances à un bel étranger estival ne sera qu’une formalité. De retour à sa vie citadine la jeune fille devenue femme se laissera emporter par ses désirs de vivre des expériences beaucoup plus sulfureuses. Après avoir un jour été abordée par un homme, Isabelle loue son corps contre rémunération. La jeune héroïne est remarquable par son physique et déroutante par ses choix. Elle ne cherche pas à être, comme les jeunes de son âge, mais plutôt à vivre. Elle s’invente un personnage sans jamais afficher de plaisir à le faire. Une fois encore, Ozon perturbe et dérange. Le spectateur ne dispose pas d’élément de réponse quant à cette prostitution qui n’a pas de réel motif en dehors de l’expérimentation pure. Un sujet de société personnifié mais qui semble n’être qu’un prétexte afin d’aborder l’apprentissage et la recherche de vécu d’une adolescente. Un film un brin voyeuriste et sans jugement qui dévoile et invoque dans la douleur et la beauté.

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Orange is the new black - Jenji Kohan

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Une Dramédies à l’américaine. Humour noir et outrances, le tout flirtant avec le féminisme et la satire sociale.
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Impossible de passer à côté de la petite merveille diffusée par Netflix depuis juillet dernier en flux continu sur Internet. Une création originale adaptée des mémoires écrites par (de) Piper Kerman en 2011. Un scénario qui nous fait suivre les pérpéthies de Piper, une jeune trentenaire américaine se faisant rattraper par son passif de jeune adulte qui aimait se mettre en danger. Malgré une vie ajustée depuis et en accord avec son compagnon, elle va devoir purger une peine de 15 mois de prison jusque-là en suspend. Notre héroïne va devoir découvrir assez brutalement et composer avec les règles d’une prison fédérale pour femmes. Jolie, charmante et plutôt futée notre personnage aura bien du mal à œuvrer en sa faveur. Sa bienveillance et sa sincérité, qui flirtent avec une certaine naïveté, seront misent à rude épreuve par le système pénitentiaire. On doit cette excellente réalisation à Jenji Kohan (Weeds). Une Dramédies à l’américaine. Humour noir et outrances le tout flirtant avec le féminisme et la satire sociale. Un Ensemble show qui nous dévoile une pléiade de personnages tous très attachants. Et c’est bien la force de ce programme, nous faire passer par toutes les émotions. Après House of Cards, Netflix entre dans la cour des grands avec ce lancement spectaculaire. Une série à ne pas manquer.

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Archipel - Peau

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Le résultat est délectable, c’est l’électricité et le tourbillon d’une mise à nu, le voyage dans des archipels inexplorés et lumineux, à découvrir.
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Trois ans après l’excellent et prometteur Première Mue, Peau, alias Corinne Faillet, auteur compositeur et interprète grenobloise, sort nos sens de leur léthargie estivale avec Archipel. Une rencontre géniale entre poésie sonore et expérimentale et électro légère, tourbillonnante et aérienne. Peau s’amuse avec les mots et les sons, les chargent d’émotions et de sentiments contrastés. Sur dix morceaux d’une formidable diversité, les rythmes parfois saccadés et virevoltants, parfois doux et entêtants des arrangements de Dan Bartoletti, accueillent la voix mystérieuse et sensible de Corinne Faillet. Le résultat est délectable, c’est l’électricité et le tourbillon d’une mise à nu, le voyage dans des archipels inexplorés et lumineux, à découvrir.

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Faillir être flingué - Céline Minard

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Il y a surtout dans Faillir être flingué cette beauté propre au western qui excite toujours autant notre imaginaire.
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Dans le mythologique Far West, aux alentours d'une ville naissante, les frères McPherson traversent la plaine dans un chariot tiré par des bœufs, Bird Boisverd poursuit l'homme qui lui a volé son cheval et une indienne solitaire aux pouvoirs chamaniques laisse la vie sauve au médecin blanc tourmenté par ses erreurs passées. Céline Minard s'est emparé d'un genre, le western, qu'on avait vaguement oublié. Et au delà de l’exquise surprise de découvrir l’aisance avec laquelle une écrivain française s'approprie, avec poésie et sans parodie ni cliché, un objet maître de la culture populaire macho américaine, il y a surtout dans Faillir être flingué cette beauté propre au western qui excite toujours autant notre imaginaire : celle d'un face-à-face entre nature et civilisation, de l'épopée de personnages, violents ou rêveurs, terriblement humains, et du mythe des grands espaces, sauvages, immenses, à conquérir.

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Juveniles - Juveniles

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Un savant mélange d’electro pop frenchy, new wave et rock british des eighties qui promet des nuits blanches et dansantes.
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Ce n’est pas (que) par chauvinisme qu’on se délecte du premier album éponyme des rennais, mais parce qu’il réussit là où la météo échoue lamenta­blement depuis des mois : en appor­tant cette sensation de chaleur, de dou­ceur et d’insouciance qu’on n’attendait même plus. Formé en 2011, le groupe a vite séduit, s’est un peu rapidement fait estampillé pop-new wave-froide-et-synthétique, et s’est vu offrir deux EP chez Kitsuné. C’est dire si leur pre­mier album était attendu. Résultat : un savant mélange d’electro pop frenchy, new wave et rock british des eighties (bizarrement, on ne peut s’empêcher de penser aux Smiths), une synth pop branchée, funky et élégante qui promet des nuits blanches et dansantes et des vacances gentiment décadentes (cf. le clip sexy et ultra hypster de Fantasy).

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La fulguration - Karim Kara Mosli

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Karim Kara Mosli signe un roman intelligent et captivant, qui mêle psy­chologie et fantastique pour explorer le refus de l’engagement.
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Comment un jeune employé de bureau soli­taire, rêveur et orgueilleux, préférant l’obs­curité à la lumière et les désirs inassouvis à l’action, se métamorphose en monstre élec­trique et dévastateur. À la fin des années 20, dans une cité méditerranéenne sous occu­pation française, Beyrem observe les gens et la ville, sans jamais vouloir participer ; il est heu­reux dans son quotidien mêlant habitudes et rêveries, jusqu’à ce qu’il soit victime d’un coup de foudre (au sens littéral du terme) dont il sort miraculeusement vivant et muni de dons difficilement contrôlables, allant des visions prémonitoires à la capacité d’électro­cuter du bout des doigts. Pour ce second ro­man, paru chez l’éditeur rennais Les Éditions de la rue nantaise, Karim Kara Mosli signe un roman intelligent et captivant, qui mêle psy­chologie et fantastique pour explorer le refus de l’engagement et certaines noirceurs de l’âme humaine.

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Joséphine - Agnès Obadia

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Une réalisation aboutie et très bien rythmée par la succession de déboires et cocasseries plutôt efficaces dans le registre de la comédie.
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Joséphine a 29 ans. Elle ne mène pas la vie dont elle rêve. Son homme idéal qui la prendrait dans ses bras tous les soirs n’existe pas. Mais ce sont surtout ses fesses et leur taille disproportionnée qui la complexent. Ses amis très présents, l’espoir de trouver l’amour et surtout son chat Brad Pitt qui lui sert consciemment de substitut affectif remplissent sa vie. Joséphine survie au néant romanesque jusqu’au jour où sa soeur trop parfaite lui annonce son mariage à venir. Dès lors notre héroïne va s’inventer une histoire d’amour avec un chirurgien brésilien et affabuler des projets grandiloquents auprès de ses proches. Cette situation intenable la fera s’enfoncer un peu plus chaque jour dans le mensonge, provoquant de nombreuses situations grotesques et ridicules. Le récit trouve sa source dans la BD Joséphine et les personnages créés par Pénélope Bagieu. Une réalisation aboutie et très bien rythmée par la succession de déboires et cocasseries plutôt efficaces dans le registre de la comédie.

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