Célian Ramis

Migrant'scène : Les voix féminines de la migration 2/2

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Les femmes étaient à l’honneur pour la 2e édition de Migrant’scène. Deux groupes ont répondu à la thématique imposée – la migration au féminin – au Bar’Hic de Rennes : le chœur de La tête à l’est et Mariana Caetano.
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Les femmes étaient à l’honneur pour la 2e édition de Migrant’scène, organisé par La Cimade, samedi 23 novembre. Deux groupes ont répondu à la thématique imposée – la migration au féminin – au Bar’Hic de Rennes : le chœur de La tête à l’est et Mariana Caetano.

Aux alentours de 21h, le Bar’Hic est déjà rempli de monde ce samedi soir. Beaucoup sont venus pour assister au concert de La tête à l’est. Créée en 2009, l’association a pour vocation de promouvoir la musique et la danse d’Europe de l’Est dans la région Bretagne. Elles sont sept femmes ce soir-là à unir leur voix qui résonnent dans le bar aux sons des Balkans.

En chœur, parfois à l’unisson, elles interprètent des chansons traditionnelles de Roumanie et de Bulgarie, accompagnées par deux accordéons, des percussions, du violon et parfois des voix de quatre hommes. Certains morceaux sont doux et légers, similaires à des berceuses. D’autres sont nuancés et naviguent sur les flots de plusieurs voix qui jouent sur les intensités, agitant le chœur qui oscille entre chuchotements et notes très fortes et puissantes, qui font danser les spectateurs, qui pour bon nombre d’entre eux prennent des cours de chants avec l’association Tête à l’Est, entrainés à plusieurs reprises dans des rondes traditionnelles.

Après une courte pause, c’est au tour de Mariana Caetano, entourée de ses musiciens, de prendre place sur la scène, située au fond du bar. La chanteuse qui vient « d’un pays du soleil, très loin d’ici », arrivée en France depuis 2004, inonde ce lieu festif de la place des Lices des sons brésiliens qui rythment son deuxième album « Mé Ô mond », sur fond de guitares et de percussions.

Plaisir, solitude, amour, consommation… autant de thèmes abordés que de mimiques développées sur scène avec humour et singularité. Sa voix est envoutante, douce et grave. Sa musique est poétique et décalée, avec des influences rock, chanson française et pop. Mariano Caetano joue avec les mouvements musicaux de son pays, alterne entre MPB (Musica popular brasileira) et tropicalismo (mouvement culturel de la fin des années 60 qui contestait la musique populaire brésilienne), ne prenant que les particularités de chaque genre, sans se préoccuper des étiquettes.

En moins d’une heure, cette artiste originale nous dépayse à travers un voyage expérimental unique, nous baladant tranquillement d’un pays à un autre, d’un continent à un autre.

Les deux concerts nous offrent chacun un instant musicalement opposé. Une invitation au voyage dans les deux cas qu’on aimerait concrétiser plus longuement, à la rencontre d’autres cultures qui s’expriment à travers les voix de ses femmes.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Quand la cumbia laisse place à la rumba...

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Papa Noël et Viviane A ont soufflé un vent de magie et de pureté, sous le chapiteau du Grand Soufflet, vendredi 18 octobre à 18h. Un moment chaleureux et convivial qui s’est déroulé hors du temps, mais pas de l’espace.
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Papa Noël et Viviane A ont soufflé un vent de magie et de pureté, sous le chapiteau du Grand Soufflet, vendredi 18 octobre à 18h. Un moment chaleureux et convivial qui s’est déroulé hors du temps, mais pas de l’espace.

Lui est à la guitare. Elle à l’accordéon. Ensemble, ils forment un joli duo dont la musique est synonyme de douceur, de quiétude. Assis sur les gradins ou sur le sol, les spectateurs, dociles, se laissent envoûter par la magie de ce moment, par la magie du voyage dans lequel nous entrainent les deux compagnons.

Dans le parc national de Virunga, en République du Congo et dans les environs de l’Ouganda et du Rwanda, Papa Noël et Viviane A nous promènent amicalement et partagent leurs sentiments avec le public. « La première fois que je suis allée chez Nono, il m’a parlé de ce lieu en me disant : Virunga, c’est la jungle, les senteurs, le chant des oiseaux, les crapauds, les lions, la montagne… », dit-elle, avant de le laisser ajouter « qu’aux pieds des volcans, en Afrique, les animaux vivent et produisent des chants magiques ».

Une atmosphère ineffable et surnaturelle envahit le chapiteau, qui semble comme plongé dans un songe. L’instrument à bretelles produit des cris d’animaux et le son harmonieux de la guitare nous berce tandis qu’on imagine à Virunga la nature prendre vie, le jour se lever, la faune et la flore s’éveiller.

Puis c’est la rumba qui rythme notre périple dans cette Afrique qui prend parfois des airs de Cuba. Si « la rumba se joue normalement à plusieurs guitares et avec des percussions », les spectateurs participent, en frappant des mains, pour pallier leur absence de ces instruments. L’ambiance est familiale, l’humeur joviale.

Les lumières oranges et rouges, ainsi que le décor épuré de la scène, participent à nous baigner dans l’environnement décrit par la musique. Les deux musiciens, jusqu’à présent assis l’un à côté de l’autre au milieu de la scène, se lèvent, se laissant entrainer par leurs propres mélodies, et nous embarquent avec eux dans les nuits chaudes et sèches de La Havane. Jusqu’à nous amener à Brazzaville pour danser une rumba congolaise.

Timide, le public reste lové dans son petit havre de paix et ne semble pas pressé de sortir de son cocon. Seuls, quelques enfants s’agitent sur le plancher du chapiteau. « La rumba congolaise s’appelle Maziba. Car Maziba, c’est la source. La source, c’est la femme. C’est le sein qui nourrit et fait grandir l’enfant. Maziba, chez nous, c’est la vie ! », explique Papa Noël, d’origine congolaise.

La musique est pure, douce et belle. Le duo est harmonieux et généreux. La rencontre est simplement magique.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Un air de Tex-Mex avec Los Aztex

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Cette nouvelle édition du Grand Soufflet nous invite à voyager à travers la musique mexicaine. Après avoir présenté plusieurs spectacles de cumbia, le festival a proposé aux Rennais un autre style : la musique tejano, dite aussi Tex-Mex.
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Cette nouvelle édition du Grand Soufflet nous invite à voyager à travers la musique mexicaine. Après avoir présenté plusieurs spectacles de cumbia, le festival a proposé aux Rennais un autre style : la musique tejano, dite aussi Tex-Mex.

C’est un autre registre, la musique tejano. Rien de comparable avec la cumbia, de Captain Cumbia ou celle d’Amandititita, qui nous entraine sur la piste de danse sans hésitation. Mardi dernier, à 20h30, la tendance est toute autre, le style est différent, permettant ainsi de découvrir une autre facette de la musique mexicaine.

Avec Los Aztex, l’accordéoniste Joel Guzman s’entoure d’un percussionniste, d’un guitariste et d’une chanteuse, Sarah Fox. Ensemble, ils forment un groupe harmonieux et mettent à l’honneur cette musique Tex-Mex créée par les populations hispaniques du Texas, dans laquelle se mêle folk et pop.

Douceur, sourire et plaisir partagé sont les maitres mots de ce concert qui a du mal à attirer la foule. Pourtant, les festivaliers qui ont répondu présents sont bel et bien sous le chapiteau, prêts à danser, gentiment, dans la fosse ou simplement à apprécier les rythmes et le lyrisme latin dont nous font part les quatre musiciens de Los Aztex.

En ce 15 octobre, la soirée se déroule paisiblement sur les airs emprunts de l’histoire forte d’une communauté hispano-américaine qui lie la musique à la question de l’identité et de la fierté.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Le tourbillon d'anar-cumbia s'appelle Amandititita

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Mardi 15 octobre, à 18h, Amandititita se produisait sur la scène du Grand Soufflet. Sous le chapiteau, installé place du Parlement, la chanteuse mexicaine rencontrait, pour la première fois, son public français.
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Mardi 15 octobre, à 18h, Amandititita se produisait sur la scène du Grand Soufflet. Sous le chapiteau, installé place du Parlement, la chanteuse mexicaine rencontrait, pour la première fois, son public français.

Elle a un visage poupon, angélique et une voix aigüe, voire criarde, et perçante. Une frange bien coupée, un joli serre-tête rose. Sous ses airs angéliques et kitsch, Amandititita se révèle être un véritable électron libre. En effet, elle a déjà prouvé par le passé sa spontanéité, sa soif de scène et son envie de liberté. Sous le chapiteau, ce soir-là, la jeune chanteuse transmet une énergie presque surnaturelle.

Sa présence scénique impressionne et se partage dans le public, déchainé dans les premiers rangs d’une fosse qui semble électrisée. Amandititita nous fait franchir la barrière de la langue en s’exprimant directement en espagnol et ainsi, nous embarque dans son univers, nous fait comprendre ses paroles, son quotidien qu’elle décrit si bien. Elle mêle énergie contestataire, rage et humour, bonne humeur et légèreté.

Musicalement, elle nous emmène dans un milieu underground qui mêle cumbia et électro. Surnommée, la « reina de l’anar-cumbia », elle est une artiste controversée dans son pays natal, le Mexique.

Censurée à la télévision et à la radio, elle ne se décourage pas, poursuit sa route en défiant quiconque de se mettre en travers et utilise Internet et les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix et son message. Une chanteuse à la personnalité bien affirmée qui nous envoute et nous déstabilise en quelques minutes.

La jeune femme, qui écrit ses textes, puise son inspiration dans le quotidien du Mexique, qu’elle définit comme une « réalité surréaliste », dans un article publié sur le site Internet de Libération, le 13 octobre dernier.

Elle nous dévoile quelques une de ses chroniques urbaines mordantes et trépidantes en se mettant dans la peau d’un chauffeur de bus, d’un métrosexuel – chanson sur laquelle elle fait monter un homme et une femme sur scène pour danser et chanter avec elle – d’un tueur de personnes âgées, etc. Sur des musiques rythmées, des sonorités latinos, la reine du politiquement incorrect offre un spectacle généreux, engagé et original. Une belle première rencontre entre le public français – breton précisément – et cette toute petite petite Amanda.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : La cumbia dans tous ses états

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La cumbia, symbole d’un métissage de cultures à l’origine, était à l’honneur vendredi 11 octobre au Grand Soufflet.
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La cumbia, symbole d’un métissage de cultures à l’origine, était à l’honneur vendredi 11 octobre au Grand Soufflet. Dans le chapiteau, installé place du Parlement, la température est montée rapidement grâce à Captain Cumbia y El Piru.

Le programme annonçait un DJ set avec vidéos et projections de lucha libre. Hier soir, sous le chapiteau, le duo de Captain Cumbia en a décidé autrement. Accordéon, guitare et voix, tout simplement. Un aperçu de la proposition qu’ils présenteront à l’Ubu, ce soir de minuit à 6h, en compagnie des autres musiciens du groupe – Captain cumbia y su combo. Et c’est une réussite, les spectateurs se lèvent et rejoignent sans hésitation la piste pour danser.

Les rythmes sont entrainants, festifs, empreints d’une cumbia traditionnelle colombienne « ré-arrangée à la sauce western » et mélangée à des partitions klezmer et balkaniques, que l’on doit à la (très présente) clarinette. Le public, ravi et enthousiasmé par la proposition, se laisse entrainer par les temps et les contretemps d’une musique qui mêle énergie, vivacité et histoire forte.

Surnommé « Le Eastern Desperado » de Paris, il mixe cumbia originelle – qui vient des chants des esclaves africains en Colombie, des maracas et flûtes indiennes et de la poésie espagnole – à des styles divers tels que le ska, la dub ou encore l’électro, laissant penser au collectif Chinese Man pour certaines musiques.

Captain Cumbia nous emmène aussi dans d’autres contrées sud-américaines avec la cumbia argentine, dite cumbia villera, avec des rythmes saccadés et latinos qui font danser et déhancher les Rennais et les spectateurs qui revendiquent dans la salle leurs origines chiliennes, péruviennes ou encore argentines.

Célian Ramis

Bars'n Rennes : coup de coeur au féminin

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À l’occasion de Bars’n Rennes, qui s’est déroulé le 30 mai dans les bistrots rennais, YEGG revient sur deux coups de cœur de la soirée : Mister Wallas et Nefertiti in the Kitchen.
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À l’occasion de Bars’n Rennes, qui s’est déroulé le 30 mai dans les bistrots rennais, YEGG revient sur deux coups de cœur de la soirée : Mister Wallas et Nefertiti in the Kitchen.

Jeudi après-midi, l’émission 90B, diffusée sur Canal B, se déroulait au P’tit bar, sur la place Sainte-Anne. L’occasion pour ceux qui flânaient en terrasse de découvrir Mister Wallas, un groupe rennais singulier. Né de la rencontre entre des musiciens du Conservatoire de Rennes, le trio hybride nous emmène dans un univers soul et funk. Le coup de cœur de YEGG se porte évidemment en direction de la chanteuse à la voix surprenante et des costumes d’indien portés lors de leur concert au Ty Anna, le soir même.

Autre groupe qui n’est pas passé inaperçu : Nefertiti in the Kitchen, un duo rennais étonnant, accompagné de leurs instruments tels que le mellotron ou encore l’accordéon et la noisy drum. Jen Rival, la chanteuse-comédienne, attire le regard, et l’oreille ! Cette lady blues oscille entre jazz, rock et folk avec une voix et une manière de chanter qui nous rappelle Tom Waits. Le public de la Bernique hurlante en raffole et reprend les refrains en chœur. On adore !

Célian Ramis

Les Embellies : Ils font le festival 2/2

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Deuxième soir aux Embellies : à la rencontre des artistes.
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Vendredi 22 mars, le festival Les Embellies investissait L’Antipode. Rencontres avec Françoiz Breut et Mesparrow.

Sur scène, quatre groupes se succèdent : Piano Chat, Françoiz Breut, Mesparrow et BRNS. La salle est remplie. A quelques pas, dans le hall de l’Antipode, est exposé le travail de Françoiz Breut (lire notre article Les Embellies : des histoires poétiques en boite !).

Christelle, festivalière, flâne dans l’exposition : « Je suis venue justement pour Françoiz Breut, en tant que chanteuse. Et je découvre ses œuvres, j’aime beaucoup, c’est poétique ». Elle avait déjà assisté à la fin d’un concert de Piano Chat. Ce vendredi soir, elle arrive en retard « et le rate, n’entendant que la fin encore une fois ! ». Elle aura tout de même le temps de découvrir Mesparrow, qu’elle ne connaissait pas, mais insiste en rigolant : « Je suis surtout là pour Françoiz Breut ».

Et cette dernière, à la fin de son concert, vient discuter avec des amis à deux pas de son exposition. Si au départ, elle se destinait uniquement à une carrière dans le dessin, sa rencontre avec Dominique A va la mener à la chanson. « C’est comme ça que j’ai commencé à chanter et à monter sur scène. Puis il a composé mon premier album », explique-t-elle.

Petit à petit, la cherbourgeoise d’origine aujourd’hui bruxelloise d’adoption va faire son chemin et sa place dans la chanson française. « J’y prends beaucoup de plaisir. Et à partir du 4e album, j’ai commencé à composer, c’est agréable. J’aime jouer avec les mots, c’est infini et très ludique même si la langue française, qui est ma langue maternelle donc celle avec laquelle je me sens le plus à l’aise, n’est pas très malléable et moins souple que l’anglais par exemple », précise Françoiz. Elle aime aussi la scène et le rapport avec le public, qu’elle a rejoint le temps d’un duo lors de son concert : « J’aime être proche des gens et casser la distance avec le public ».

La soirée défile à toute vitesse. Mesparrow a terminé son concert et profite de quelques morceaux joués par BRNS. La Tourangelle connaît bien Rennes pour y avoir joué lors des Bars en Trans et des Tombées de la nuit. Elle connaissait aussi les Embellies et semble ravie de sa participation au sein de la programmation :

« L’accueil a été bon, je suis très contente ». Mesparrow a commencé la musique très jeune, « à l’école de musique, en faisant du piano et en étant dans une chorale ». Et elle n’a jamais laissé tomber la musique et s’est inspirée de différentes influences « allant du vieux jazz que mes parents m’ont fait écouter à des musiques inde, rock et folk, en passant par Barbara ».

Et ce mélange n’est pas pour nous déplaire ! Sa performance a particulièrement plu aux festivaliers. Seule sur scène, elle offre au public des chansons à voix puissante, qu’elle enregistre et répète grâce à une pédale à boucles et des sons enregistrés. Seule sur scène, ça lui plait : « J’ai eu plusieurs groupes de musique depuis le collège. Mais j’étais frustrée, je ne pouvais pas exprimer ce dont j’avais besoin ».

Elle se lance donc en solo et début mars, sort son premier album (lire notre critique dans notre prochain numéro de Yegg, avril 2013).

La soirée a été une réussite pour le festival Les Embellies qui a marié une programmation éclectique à une ambiance chaleureuse et festive.

Célian Ramis

Les Embellies : Piano Chat + Françoiz Breut + Mesparrow + BRNS

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Antipode, Rennes
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À l'occasion des Embellies, Piano Chat, Françoiz Breut, Mesparrow et BRNS se sont produits sur la scène rennaise de l'Antipode.
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L’Antipode était plein à craquer vendredi soir pour la très belle programmation, ultra éclectique, du festival Les Embellies.

Piano Chat a ouvert le bal, samplant sa voix, samplant sa guitare, s’offrant tout entier au public, le rejoignant souvent, et finissant d’ailleurs assis, au milieu de tous, pour une balade remplie d’émotion.

Françoiz Breut aussi s’est amusée avec le public : « il y a des loups à Cleunay ? » a-t-elle demandé avant de reprendre Werewolf, de Michael Hurley. Des hurlements lui ont répondu… et on peut dire qu’elle a su dompter les loups de l’Antipode. Françoiz Breut, accompagnée d’un guitariste, d’un batteur et d’un claviériste, joueuse, sensuelle, drôle, est venue chanter ses histoires, comptines pop et poésie rocks.

Des histoires de jeune autostoppeuse, courtement vêtue, « bretonne peut-être » s’est-elle amusée, des histoires de villes où il pleut, des histoires de chirurgie des sentiments. À chaque nouvelle chanson, Françoiz offre un nouvel univers. Un moment, on était dans un cabaret feutré, qu’on pouvait presque imaginer traversé de volutes de fumées. L’instant d’après, nous étions tous silencieux autour de Françoiz et de son guitariste, Stéphane Daubersy, venus chanter l’amour au milieu du public.

C’est ensuite au tour de Mesparrow d’emporter le public dans son univers. Et quel univers ! Comme Piano Chat, Mesparrow – habitée, concentrée – sample sa voix. Superposition incroyable de chuchotements, souffles, cris, choeurs, saccadés, pour ensuite poser sa voix douce, grave, puissante. Sur la scène, tout est contraste. Mesparrow, entre timidité assumée et exubérance cachée, son univers est un mélange d’étrangeté et de tranquillité, sa voix, entre fragilité et profondeur. On a beau écouter son premier album en boucle depuis près d’un mois, on découvre autre chose à la voir sur scène.

La formidable version jazzy et azimutée de My heart belongs to daddy ou celle mélodieuse et mélancolique de Stand by me y sont pour beaucoup. La pause nature, une version vocale, drôle et inquiétante, des bruits de la forêt, est impressionnante. Au fil des chansons, Mesparrow a scotché, comblé le public, pas étonnant qu’un admirateur n’ait pu s’empêcher de lui crier « je t’aime ».

Les belges de BRNS, un chanteur-batteur, un bassiste-claviériste-choriste, un guitariste-choriste et un percussionniste-choriste, ont confirmé leur incroyable énergie et inventivité sur scène. Avec leur post-rock progressif et contemplatif, BRNS a finit la soirée en beauté, et laissé le public en extase, qui ne voulait plus partir malgré les signes clairs de la salle qui rallumait les lumières.

Célian Ramis

Les Embellies : Des histoires poétiques en boite !

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Françoiz Breut ne se contente pas de mettre sa poésie intérieure en mots qu'elle chante sur scène, elle met aussi les mots en boite lors d'une exposition originale présentée à l'Antipode.
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L’Antipode accueille Books in boxes, une exposition originale et poétique de Françoiz Breut, visible jusqu’au 13 avril.

Après être passée par les Beaux-Arts de Caen, Dunkerque et Nantes, cette originaire de Cherbourg se lance dans l’illustration de presse, de pochettes d’album. « J’avais envie de raconter des histoires », commente-t-elle. Pendant longtemps, elle propose des maquettes de livres pour enfants aux éditeurs. Jusqu’au jour où elle se voit proposer d’exposer son travail.

Françoiz Breut décide alors de s’orienter vers une forme originale d’exposition, une forme interactive entre les œuvres et les visiteurs. « L’intérêt est que chacun puisse manipuler les objets », explique l’artiste.

À l’entrée de l’Antipode, une dizaine de boites de tailles différentes est accrochée aux murs. Les spectateurs sont invités à ouvrir les petites portes pour voir ce qui se cache à l’intérieur. Tout un univers se dégage de ces boites blanches : les fonds marins, des enfants qui dorment, la nature… Sous forme de collage ou de dessins faits au stylo noir ou bleu, les créations sont détaillées, brutes et réalistes.

Et à chaque fois, un livre à feuilleter, dont les pages ont été soigneusement cousues. Françoiz Breut et différents auteurs, tels que Olivier Adam ou Stéphane Daubersy (pour la chanson La chirurgie des sentiments), nous transportent avec poésie et optimisme dans les aventures de Salami, souffrant d’insomnies, de pépés et mémés, de princesses… « C’est une exposition pour tout le monde, aussi bien pour les petits enfants que pour les grands enfants. J’aime qu’il y ait une part d’enfance chez tout le monde », précise Françoiz.

Célian Ramis

Les Embellies : Ils font le festival 1/2

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Premier soir aux Embellies : à la rencontre des artistes.
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Cheek Mountain Thief et Florian Mona ont ouvert la 15e édition du festival Les Embellies, mercredi 20 mars à l’Ubu. Une première soirée calme et conviviale !

En ce début de festival, la salle de concert n’affichait pas complet. Pourtant les deux groupes annoncés sont attendus : Cheek Mountain Thief et Florian Mona. À l’entrée, Chloé, étudiante en 3e année d’information-communication à Rennes, est chargée du merchandising.

Elle est ici, pour la première fois, en tant que bénévole : « J’avais eu un écho positif de ce festival et j’étais curieuse de le découvrir par moi même ». Au début du mois, une réunion avait été organisée pour établir le planning et expliquer le rôle de chacun. Service, installation du matériel, préparation des soirées, merchandising, Chloé travaille sur différents postes. « C’est agréable, on discute avec les spectateurs, on entend la musique… », explique-t-elle, en profitant de la bonne humeur répandue par Cheek Mountain Thief.

À la fin de leur concert, les musiciens s’accordent un moment pour profiter du bar. Le groupe est en France pour une dizaine de dates : « Nous tournons seulement dans ce pays. Je crois que le disque est apprécié en France. En tout cas, dans Les Inrocks… (rires) », explique le chanteur, Mike Lindsay. Son nom peut sembler familier.

C’est le leader de Tuung, groupe anglais venu à Rennes en 2007 pour les Transmusicales. Quelques mois plus tard, il rencontre une fille en tournée et part en Islande pour la revoir. La suite, il nous la raconte sur scène : « Je suis allé dans le Nord et j’ai été tellement inspiré que je suis resté là bas, à Reykjavik et à Hùsavik, un petit village ». Entre temps, il a rencontré d’incroyables musiciens, revu la fille (et compte l’épouser, confie-t-il hors de la scène), enregistré un album de folk avec la formation Cheek Moutain Thief (et, à côté, un disque avec Tuung).

Avant de retourner avec ses musiciens, Mike Lindsay nous conseille trois groupes islandais qui l’ont inspiré : « Sin Fang, de la black pop, Soley, membre de Sin Fang qui a lancé son projet solo, et Gruska Babouchka, un mélange de choses hantées pour les enfants (rires)… C’est le groupe de ma copine ! »

Quelques heures plus tard, c’est au tour de Florian Mona de descendre de scène et de nous parler de son parcours musical. Au milieu des années 90, cet originaire de Laval (installé à Rennes depuis dix ans maintenant) se lance, avec des amis, dans le groupe Twirl Comics.

« Nous chantions en anglais, nous cherchions à avoir une envergure indé », explique-t-il. Cinq ans plus tard, le groupe s’arrête, « au bon moment puisqu’aucune amitié n’a été usée ». Et d’ailleurs, Florian Mona va poursuivre sa carrière avec un ami de Twirl Comics, Maël, qui monte à cette époque sa formation et cherche des musiciens : « Nous y avons participé avec Romuald, aujourd’hui ingé son sur la tournée ».

Si le premier album rencontre un grand succès, le deuxième peine à trouver sa place. Florian lance alors Monarica, un projet folk avec un DJ sur scène, dans lequel il n’arrive pas à se retrouver au bout d’un an. « Je voulais composer des choses plus personnelles », dit-il. En 2009, il sort son premier album solo chez Naïve et tourne pendant deux ans et demi.

Aujourd’hui, il revient sur le devant de la scène avec un spectacle en avant première puisqu’il est en résidence à l’Ubu pour le festival Les Embellies. Il est de retour aussi avec deux musiciens qu’il connaît bien : le batteur Mathieu Languille, de Montgomery, et le bassiste-claviériste Samuel Chapelin, de Manceau. Deux groupes qu’il invite à monter sur scène ce mercredi 20 mars : « Ce n’est pas uniquement parce qu’ils bossent avec moi sur ce spectacle. Ils font partis de ma famille musicale et leur musique me parle ». Autre artiste que Florian connaît bien : Yann Tordeonde Lesueur, qui a réalisé le clip de son titre Le Large.

« Il a bossé aussi avec Montgomery, a joué à la Route du Rock… Et puis nous avons une culture ciné commune (Michel Gondry pour n’en citer qu’un, ndlr). Musicale aussi ! », précise-t-il. Le chanteur, fatigué après sa performance, nous livre tout de même quelques projets futurs : des premières parties de concert, des dates à l’étranger, des titres en radio, voire en télé… Florian Mona semble s’être retrouvé avec des chansons en français, dans un style « plus noisy pop et moins folk que d’habitude » et une scénographie simple, composée de quelques néons. Celui qui souhaitait revenir à une musique proche de ses influences (New Order, Grandaddy,…) nous livrera son deuxième album Les Héroïnes, le 29 avril prochain. Un deuxième album très attendu !

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