Lost - Camelia Jordana & Laurent Bardainne

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En anglais, en français et en arabe, elle nous met totalement en déroute avec des propositions auxquelles nous n'étions pas encore habitué-e-s.
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« Je chanterais plus fort / Si ton espoir se meurt / Nos forces portent un tout / Lorsque les plaintes s’achèvent » chante Camélia Jordana dans la chanson « fi 3lemi ». En juin dernier, elle revenait sur les écrans, dans le film de Sou Abadi, Cherchez la femme, et faisait également son retour avec le clip de « Big Party », issue du projet LOST qu’elle mène en collaboration avec Laurent Bardainne, depuis environ un an.

Et ça dépote. On a du mal à croire ce que l’on entend et ce que l’on voit. « Real woman », dit-elle dans ses paroles, et ça on n’a pas de mal à la croire. Elle apparaît comme grandie, transcendée par le message qu’elle veut faire passer, un message qu’elle semble plus assumer qu’auparavant. Peut-être parce que ce projet lui ressemble davantage et que c’est l’avant LOST qui était encore légèrement bancal ?

En anglais, en français et en arabe, elle nous met totalement en déroute avec des propositions auxquelles elle ne nous avait pas encore habitué. Elle nous montre une facette plus engagée, plus affranchie des codes, évoquant au fil des différents titres la perte de repères, qu’ils soient géographiques ou politiques. On est ok pour se perdre avec elle.

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Ouï - Camille

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Camille maitrise l’art de la surprise et nous emmène d’une chanson à l’autre sur des chemins intimes, grandiloquents, poétiques ou encore érotiques, de manière toujours inattendue.
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Dans la chanson française actuelle, Camille n’a pas d’égal-e. Chanteuse-compositrice-auteure-interprète, elle n’a pas seulement plusieurs casquettes mais aussi une multitude de voix, d’instruments et d’idées brillantes. Voilà pourquoi ses six années à attendre son nouvel album ont été longues. Début juin, elle a dévoilé l’intégralité de son nouvel opus, Ouï.

On écoute, on savoure, on s’extasie du talent de celle qui malaxe les mots avant autant de finesse. Les allitérations, nombreuses, de « Sous le sable » et « Lasso », sont divines et délicieuses. À la première écoute, c’est un régal pour l’oreille, et on aime réécouter, découvrir des sonorités que l’on avait manqué, entendre les mots comme pour la première fois. C’est un délice pour les papilles qui cherchent à recréer ces milles saveurs, pour les prononcer en boucle, en murmurant.

Et son ingéniosité ne s’arrête pas là, puisque Camille maitrise l’art de la surprise et nous emmène d’une chanson à l’autre sur des chemins intimes, grandiloquents, poétiques ou encore érotiques, de manière toujours inattendue. Une expérience sonore inouïe pour laquelle on est tout « ouï ».

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Pleasure - Feist

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Le voyage qu’elle nous propose aujourd’hui semble plus intime et moins pop que son précédent album, pour un plaisir encore plus intense.
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Voilà six ans que la chanteuse canadienne n’avait pas réjoui le public d’un nouvel album. C’est désormais chose faite depuis le 28 avril, date à laquelle elle a dévoilé l’intégralité de son opus, Pleasure. Un titre risqué lorsque l’on revient après une si longue période.

Mais le pari est réussi et l’attente n’aura pas été vaine puisque le résultat est divin, parfaitement dosé en sensualité et en sensibilité. La voix délivre une fragilité intense et le disque, au style épuré, nous emporte dans une dynamique aussi curieuse qu’intéressante puisque du solo au collectif, Feist passe avec aisance et agilité, prenant toujours le parti pris de nous surprendre à la fin des chansons.

Le voyage qu’elle nous propose aujourd’hui semble plus intime et moins pop que son précédent album, pour un plaisir encore plus intense. On plonge dans l’intériorité à laquelle nous force le miroir que Leslie Feist dresse devant nous. Loin de se regarder le nombril, on part explorer des contrées plus complexes et inédites, pleines de douceur et de vivacités.  

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Al Jamilah - Yasmine Hamdan

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Et si la douceur borde les chansons, Yasmine Hamdan ne conte pas uniquement les bonheurs et les plaisirs de la vie mais aussi les guerres, les révolutions arabes et les femmes
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Elle est une des grandes figures underground de la scène pop folk arabe. La chanteuse libanaise Yasmine Hamdan revient avec un nouvel album qui encore une fois fait voyager. La musique traditionnelle orientale épouse l’électro et la folk dans un ensemble farouchement doux et envoutant.

L’artiste est une nomade, elle ne peut envisager le quotidien sans des voyages et des rencontres. Pour comprendre la société. Pour comprendre le monde. Et son album est le fruit de cette approche. Et si la douceur borde toutes les chansons, Yasmine Hamdan ne conte pas uniquement les bonheurs et les plaisirs de la vie mais aborde la question des guerres, des révolutions arabes dans « Douss » par exemple, et des femmes puisque son disque empreinte son titre à un grand poète palestinien du XXe siècle, Mahmoud Darwich.

Et la chanson qui en découle, « Al Jamilat » (qui signifie Les magnifiques, au féminin), est une des plus somptueuses propositions de cette artiste à découvrir absolument.

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En terrain tendre - Maud Octallinn

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À chaque chanson, elle nous emmène là où on ne l’attend pas. Ça dépote, ça choque, ça dérange, ça met les tripes en vrac. Et ça nous remue les entrailles à coups de bulldozer.
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Munie de sa pioche, Maud Octallinn nous propose une épopée vers l’inconnue. Et l’inclassable. Sa voix est légère et aigue. Elle a un air rétro. Et sur ses musiques, on dodeline. Et on aurait même tendance à afficher une attitude totalement désinvolte. Mais c’est sans compter sur le second degré de la chanteuse, son humour grinçant, sa noirceur et sa poésie.

À chaque chanson, elle nous emmène là où on ne l’attend pas. Ça dépote, ça choque, ça dérange, ça met les tripes en vrac. À l’instar de « Prends moi », par exemple. Son premier album, sous des airs parfois enfantins, est pourtant très mature, très sensuel et charnel, et particulièrement bien écrit.

On aime prêter attention à ses textes entre rêves, désirs, sexes, souvenirs amers et récits âpres que l’on voudrait recracher. Elle joue avec les mots finement, subtilement, allégoriquement dans « Les truites ressuscitées », par exemple (Je suis la truite /  Tu es la truite / Nous sommes détruites) et nous remue les entrailles à coups de bulldozer.

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All was bright - Bumpkin Island

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On pourrait penser à un joyeux bordel bien orchestré dont Mermonte et Totorro ont le secret et le talent mais il y a quelque chose chez Bumpkin Island de plus organique, de plus hypnotisant.
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On pouvait depuis le 25 novembre 2016 écouter en avant-première la chanson « Head over heels » et se mettre l’eau à la bouche jusqu’à la découverte de l’album entier, All was Bright, sorti début février. Et l’attente n’aura pas été vaine puisque les 10 morceaux figurant sur ce nouvel opus sont planants et envoutants.

Le groupe rennais, composé de huit musiciens, sait parfaitement incarner et interpréter des ambiances a priori sereines et sécurisantes. Mais c’est sans compter sur leur délirant grain de folie qui rythme et dynamise leur pop-rock mélodieuse et impalpable, cuivrée et électronique. La voix ambiancée de la chanteuse, Ellie James, consolide ce disque nuancé et moucheté de toute une résonnance de détails.

On pourrait penser à un joyeux bordel bien orchestré dont Mermonte et Totorro ont le secret et le talent mais il y a quelque chose chez Bumpkin Island de plus organique, de plus hypnotisant. À confirmer en live le 10 mars prochain, à l’Ubu, pour Les Embellies.

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Kokoro - El perro del mar

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C’est un plaisir de se laisser guider par sa voix vaporeuse dans des atmosphères mystérieuses, planantes et envoutantes. On aime et on reprend !
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El Perro del Mar est une parfaite invitation au voyage. Un pseudonyme espagnol, une chanteuse-auteure-compositeure suédoise et un 6e album basé sur des sonorités asiatiques. Depuis plus de 10 ans, l’artiste distille son style indie pop au service de sa sensibilité qu’elle partage avec aisance.

Et c’est un plaisir de se laisser guider par sa voix vaporeuse dans des atmosphères mystérieuses, planantes et envoutantes. Le succès de cet opus réside sur la force de l’ensemble instrumental, composé de percussions et de cordes, mélangé à la fragilité et la sensualité du chant, soutenu par une base électro planante et aérienne. Kokoro nous embarque hors du temps – on regrette que l’album entier ne dure que 35 minutes – dans une expérience sensorielle inédite.

On se surprend à danser au milieu d’un kaléidoscope sur « Kouign-Amman », à s’hypnotiser sur « Hard soft hard » ou encore à frissonner sur « Clean your window ». L’effet de bien-être et zénitude se poursuit après l’écoute du disque qui agit tel un psychotrope. Attention à la descente. On aime et on reprend !

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La tresse - Laetitia Colombani

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Un roman à couper le souffle qui nous plonge au cœur de trois histoires, dans l’espoir des grandes batailles qu’elles vont livrer. Un récit féministe empli d’humanité et d'humanisme.
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En Inde, Smita se bat pour que sa fille accède à l’école et ne suive pas ses pas à elle, qui récure les toilettes de la caste supérieure. En Sicile, Giulia travaille comme ouvrière dans l’atelier familial, qui traite les cheveux. Au Canada, Sarah est une avocate réputée pour qui la carrière professionnelle passe avant la famille.

Les trois femmes vont devoir affronter des épreuves imprévues auxquelles elles ne sont pas préparées. Mais, chacune à sa manière, avec ses armes et ses traits de personnalité, va se battre et refuser de se résigner. Refusant la fatalité, les assignations genrées et les codes sociaux, elles vont faire le choix de la liberté et de l’émancipation.

Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne, et signe ici son premier roman. Un roman à couper le souffle qui nous plonge au cœur de trois histoires dissociées qui peu à peu vont se lier, sans le savoir, dans l’intimité de la lutte personnelle que chacune vit et dans l’espoir des grandes batailles qu’elles vont livrer pour s’en sortir et avancer selon leur volonté. Un récit féministe empli d’humanité, d’humanisme et de douceur, malgré tout.

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Le nid - Sandra Le Guen & Coralie Saudo

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Sous la fine plume de Sandra Le Guen, l’amour, l’attente de l’enfant et l’adoption sont traités avec sensibilité et poésie et offre un regard tendre sur un sujet douloureux.
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En décembre 2016, on avait été immédiatement séduit-e-s par L’apachyderme (éditions La palissade), album jeunesse sur la thématique de la différence signé Sandra Le Guen et Thanh Portal. L’auteure rennaise revient quelques mois plus tard avec la publication de son deuxième livre pour enfants, aux éditions Les Minots.

Cette fois, il n’est plus question d’un éléphant déguisé en apache, mais d’un couple d’oiseaux préparant précautionneusement leur nid pour l’arrivée d’un-e petit-e. Qui n’arrive pas. Ils attendent, en vain. Jusqu’au jour où survient un petit hérisson abandonné.

Sous la fine plume de Sandra Le Guen, l’amour, l’attente de l’enfant et l’adoption sont traités avec sensibilité et poésie et offre un regard tendre sur un sujet douloureux, sans nier toutefois la tristesse et la souffrance de ce couple.

Et les illustrations de Coralie Saudo, de par l’impression d’un mélange de matières et de texture qui s’en dégage, procure l’envie de manipuler les images, les animer, les toucher et les donner à sentir. Encore un bel ouvrage à partager !

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Bleu pétrole - Gwénola Morizur & Fanny Montgermont

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Les bédéistes bretonnes distillent avec subtilité l’espoir que font naitre chaque élan de solidarité et nous réconfortent dans l’idée qu’un monde meilleur est possible.
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Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz, pétrolier libérien, s’échoue sur les côtes bretonnes, à Portsall dans le Finistère. C’est l’une des plus grandes marées noires du siècle, qui verra 220 000 tonnes de pétrole sur 400 kilomètres de côtes. Bleu pétrole, sous la forme d’une BD, nous livre une histoire humaine à l’intérieur de la catastrophe écologique.

Le combat d’un maire, l’engagement militant et citoyen que cela déclenchera et son impact au sein de sa famille. Sa famille, c’est celle de Gwénola Morizur, désormais rennaise d’adoption. Elle collabore avec la talentueuse Fanny Montgermont, du coin également, et ensemble, elles dressent un tableau sensible encadré par un drame infini.

On se perd dans la beauté des paysages, la noirceur de cette substance visqueuse et mortelle et la sombre puissance des dirigeants et des gros bras de ce monde qui se moquent des conséquences de leurs désastres, qui nous ravage comme dans la bande-dessinée Bugaled Breizh, de Pascal Bresson.

Mais nos bédéistes bretons distillent avec subtilité l’espoir que font naitre chaque élan de solidarité et nous réconfortent dans l’idée qu’un monde meilleur est possible, rempli de bonnes volontés et de forces morales, soudées dans l’adversité.

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