Primaire - Hélène Angel

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Les qualités que l'on connaît et reconnaît de Sara Forestier dans tous ses rôles sans exception ne suffisent à effacer les traits caricaturaux de cette histoire un peu trop fouillie.
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Florence est professeure des écoles à Grenoble et se dévoue corps et âme pour ses élèves de CM2, vivant une période charnière de leur scolarité. Et lorsqu’elle rencontre Sacha, un élève d’une autre classe en grande difficulté, notamment au niveau familial, elle redouble d’engagement pour aider cet enfant, délaissant sa vie de femme ainsi que son fils.

Ces quelques semaines d’acharnement la pousseront à remettre en question sa vocation professionnelle. Au-delà des valeurs qui animent profondément cette institutrice au mépris de sa propre vie sociale et familiale, la réalisatrice souhaite présenter le portrait d’une femme résolument passionnée.

À ce niveau, Sara Forestier défend avec talent et justesse le personnage de Florence. Pourtant, les qualités qu’on lui connaît et reconnaît dans tous ses rôles sans exception ne suffisent à effacer les traits caricaturaux de cette histoire un peu trop fouillie, de par les multiples angles qui sont traités entre sa vie de professeure seule contre tou-te-s, de femme célibataire séduite par l’ex beau-père de Sacha encore quelque peu adolescent dans sa tête et sa vie de mère imparfaite.

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13 reasons why - Brian Yorkey

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Ultra sombre, ludique et fascinante, la série produite par Selena Gomez s’annonce comme une référence sur la thématique de l’adolescence.
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Petite session de rattrapage pour ceux qui seraient passés à côté de cette série diffusée dès avril dernier par les studios Netflix. Clay est un jeune lycéen noyé dans une masse informe de communautés et d’identités complexes que forment les élèves de son école. Bouleversé par le suicide de son amie Hannah, Clay est perplexe et dubitatif.

Le choc arrivera par une boîte à chaussures remplie de cassettes de sa défunte amie. Le lycée tout entier est en deuil mais lui et quelques uns ont reçu ce jeu de piste audio qui révèlera la véritable vie de la jeune et mystérieuse Hannah. Épuisée par une vie de solitude, cette dernière enregistre ces 13 cassettes afin d’expliquer son passage à l’acte.

Ultra sombre, ludique et fascinante, la série produite par Selena Gomez s’annonce comme une référence sur la thématique de l’adolescence. Un thème souvent abordé outre-Atlantique dans la littérature et le cinéma même si les notions de harcèlement scolaire et persécution commencent à arriver en France.

Une mise en scène plastique et virtuose raconte avec subtilité et sans artifice l’origine d’une tragédie. Vécue par une famille, un groupe d’amis et toute une communauté, le sujet ce décline en de multiples points de vue. Mal de vivre irrésoluble et lassitude face à l’existence, le récit tiré de l’œuvre littéraire de Jay Asher nous plonge au cœur des problématiques de jeunes êtres en devenir. Filmé avec fluidité et adresse, la série contemple une société 3.0 avec un regard distinct et romanesque.

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The white princess - Jamie Payne

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Les portraits des femmes de la mini-série demeurent passionnants. Dans des décors et costumes somptueux, The White Princess réussit le pari de divertir tout en instruisant.
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Après la mort de Richard III, lors de la bataille de Bosworth, Elizabeth d'York est promise au nouveau roi Tudor, Henry VII. Elizabeth qui était follement amoureuse du roi Richard III n’est guère enjouée à l’idée d’épouser ce nouveau roi odieux et ambitieux. Ce dernier ayant promis d’épouser la jeune femme en la cathédrale de Rennes.

Mais voilà, afin de stabiliser la couronne d’Angleterre, les deux maisons, York et Tudor ont pour nécessité de s’allier. Les deux mariés sont poussés dans leurs aspirations par leurs mères respectives. Elles sont les décideuses et forgent les personnalités de leurs progénitures pour le bien du royaume.

Si les évènements sont difficiles pour la famille d’York et particulièrement pour Elizabeth, épouse humiliée mais forte et résistante, cette dernière murit sa vengeance et s’arme d’ingéniosité pour affronter ceux qui deviendront ses ennemis. Les faits reprennent la guerre des deux roses, la période historique réelle qui a inspiré George R. R. Martin pour écrire sa saga et ses jeux de pouvoirs. C’est pour autant du côté des femmes que se joue l’intrigue.

Les portraits des femmes de la mini-série demeurent passionnants. Tour à tour épouse, mère d’une nation, toujours en quête de pouvoir, l’histoire va leur en faire voir de toutes les couleurs. Dans des décors et costumes somptueux, The White Princess réussit le pari de divertir tout en instruisant.

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Cigarettes et chocolat chaud - Sophie Reine

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On apprécie sans risque et au premier degré la fantaisie galopante et stimulante du papa veuf et de ses deux adorables filles. L’humour et le ton fleur bon le vécu de jeunesse de l’auteure.
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Depuis la mort de sa femme, Denis Patar s’occupe seul de ses deux filles, Mercredi, 9 ans et Janis, 13 ans. Très aimant mais débordé, Denis se débat seul dans l’éducation de ses deux filles. Avec peu de moyen, beaucoup de débrouille et de système D, la petite famille s’en sort comme elle peut mais doit faire face à des difficultés.

Jusqu’au jour où Denis oublie une fois de trop sa fille à la sortie de l’école, ce qui aura pour conséquence un signalement inquiétant et une enquête sociale. Denis se verra alors contraint de suivre un stage de parentalité sous peine de se voir retirer la garde de ses 2 filles. Séverine, l’enquêtrice sociale, intégrera peu à peu la vie du trio même si les nouveaux principes éducatifs ne plaisent pas aux filles et au papa qui, après de multiples efforts, finira par abandonner et se fier à son propre instinct paternel.

Monteuse, entre autres, Sophie Reine passe avec brio à la réalisation en proposant une comédie mélancolique qui palpe loufoquerie et marginalité. C’est avec beaucoup de tendresse et un regard affectueux qu’elle rend ses personnages très attachants. On apprécie sans risque et au premier degré la fantaisie galopante et stimulante du papa veuf et de ses deux adorables filles.

L’humour et le ton fleur bon le vécu de jeunesse de l’auteure. L’interprétation de Gustave Kervern est à nouveau remarquable mais les deux jeunes actrices sont bouleversantes de sensibilité ce qui donne cette douce sensation de liberté et d’envoutement.

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Moi, Daniel Blake - Ken Loach

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Moi, Daniel Blake est un film coup de poing, un cri dans l’abîme et une déchirure. Malgré un demi-siècle de films centrés sur la colère sociale, c'est peut-être là son film le plus énervé.
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Daniel Blake est un menuisier de 59 ans contraint d’arrêter son activité professionnelle à la suite d’une maladie cardiaque. Cependant l’administration n’entend pas le laisser inactif. Afin de toucher ses prestations sociales on lui demandera de chercher un nouvel emploi sous peine de sanction.

C’est lors d’une énième visite à l’aide sociale qu’il rencontre Rachel, une mère de deux enfants isolée, obligée de s’installer à des centaines de kilomètres de chez elle pour bénéficier d’un logement décent. Très vite Daniel va se prendre d’affection pour cette jeune femme et ses enfants en leur apportant un peu de soutien et de réconfort. Va naître une amitié forte entre ces deux laissés-pour-compte qui s’unissent dans l’entraide et la solidarité.

C’est bien là LE mot clef qui donne sens au discours du film de Ken Loach. La solidarité au cœur de la tourmente. Les rouages absurdes de la machine administrative sont parfaitement décrits et développés scénaristiquement. Ken Loach sait parfaitement filmer le Royaume-Uni dans son asthénie et ses faiblesses.

Si le cinéaste n’en est pas à son coup d’essai sur le genre fiction sociale, le fil du propos et la pertinence demeurent toujours aussi éclairés, avec force et jugement. Moi, Daniel Blake est un film coup de poing, un cri dans l’abîme et une déchirure. Pourvue d’une Palme d’Or, l’œuvre est, malgré un demi-siècle de films centrés sur la colère sociale, peut être son film le plus énervé.

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La fille du train - Tate Taylor

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Malgré quelques longueurs, le film n’en demeure pas moins un drame haletant qui met en relief les caractéristiques profondes et douloureuses d’une héroïne ténébreuse.
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Rachel prend chaque jour le même train et passe chaque jour devant la même maison où vit un couple. Dévastée pas son divorce, Rachel est alcoolique et voit en ce couple qu’elle observe un fantasme de vie parfaite jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle mêlée à un angoissant mystère.

Adaptation du roman éponyme et best-seller de Paula Hawkins, La fille du train est un très bon thriller énigmatique dans la veine de Gone Girl. Sans pour autant être aussi convaincant, le récit, une fois lancé, développe une intrigue captivante de bout en bout avec son lot de séquences marquantes.

Disparition d’une femme, fissures conjugales du couple bourgeois de banlieue et mise à feu méthodique des mensonges et faux-semblants. L’œuvre est bourrée de potentiel mais le thriller psychologique se prend un peu les pieds dans le tapis.

N’entravant en rien l’interprétation époustouflante d’Émily Blunt, qui rongée par la culpabilité est estropiée par une vie malheureuse et une vison fragmentaire du drame qui s’abat sur elle. Malgré quelques longueurs et une fin en queue de poisson quoique fidèle au livre, le film n’en demeure pas moins un drame haletant qui met en relief les caractéristiques profondes et douloureuses d’une héroïne ténébreuse.

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Paris - Gilles Bannier & Virginie Brac

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Un joli focus sur des anonymes ou non parisien-ne-s qui n’a pas la prétention de représenter toute la diversité française et qui met bien le doigt sur les hasards du quotidien.
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La série créée par Virginie Brac – Engrenages, Les beaux mecs – et réalisée par Gilles Bannier – mêmes références – pour Arte en janvier 2015 était rediffusée durant la nuit de la Saint Sylvestre. L’occasion de (re)découvrir les 6 épisodes qui rythment son unique saison, amenant les téléspectatrices/teurs au cœur de la capitale française pendant 24h.

Un procureur de la République à l’équilibre matrimonial fragile lié d’amitié avec un Premier ministre en mauvaise posture face à une dame de fer syndicaliste de la RATP, qui s’avère être la mère d’une femme trans chanteuse dans un club qui abrite des règlements de compte entre mafieux Paris offre une plongée dans la vie d’une dizaine de personnages qui n’ont a priori rien en commun et qui pourtant vont se côtoyer ou simplement se croiser, de près ou de loin.

Inspirée du documentaire allemand 24h Berlin, en 2008, observant le quotidien d’une vingtaine de Berlinois-es, la série chorale, qui n’est pas sans rappeler la verve de Pigalle la nuit, est bien rythmée et l’intrigue, bien ficelée, nous tient en haleine tout au long des épisodes, allant même jusqu’à nous frustrer de ne pas avoir creuser l’idée au cours d’une saison supplémentaire.

Un joli focus sur des anonymes ou non parisien-ne-s qui n’a pas la prétention de représenter toute la diversité française et qui met bien le doigt sur les hasards du quotidien.

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Irréprochable - Sébastien Marnier

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La galerie des personnages de province est d’une finesse Chabrolienne mais c’est Marina Foïs qui, sans demi mesure, incarne à merveille cette femme si aigre et glaciale.
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Constance, agent immobilier à Paris, a perdu son emploi il y a peu. Au RSA, elle revient dans sa région natale en Charente Maritime où elle a commencé sa carrière afin de postuler dans son ancienne agence. Pour cela elle demande de l’aide à Philippe, ancien collègue et ancien amant.

Malgré son approche intéressée et pas vraiment subtile, le directeur d’agence, Alain, préfère embaucher Audrey, une jeune femme, qui accepte d’être moins payée. Dès lors, Constance se met en quête de suivre Audrey, de s’approcher d’elle et de devenir son amie. Prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne, elle s’immisce brusquement dans la vie d’Audrey.

Un premier film qui décline un titre d’un contre-sens absolu. Constance est une femme envahissante, instable et malintentionnée. L’héroïne, bousculée par la vie, devient la meilleure amie et la pire ennemie de sa rivale qui lui a volé sa place à l’agence immobilière. Constance n’a que peu de limite et se donne les moyens de ses ambitions.

Le scénario qui développe l’histoire d’une victime sociale se transforme en thriller psychologique ayant pour personnage principal une femme dangereuse et incontrôlable. La galerie des personnages de province est d’une finesse Chabrolienne mais c’est Marina Foïs qui, sans demi mesure, incarne à merveille cette femme si aigre et glaciale.

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Lost - Camelia Jordana & Laurent Bardainne

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En anglais, en français et en arabe, elle nous met totalement en déroute avec des propositions auxquelles nous n'étions pas encore habitué-e-s.
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« Je chanterais plus fort / Si ton espoir se meurt / Nos forces portent un tout / Lorsque les plaintes s’achèvent » chante Camélia Jordana dans la chanson « fi 3lemi ». En juin dernier, elle revenait sur les écrans, dans le film de Sou Abadi, Cherchez la femme, et faisait également son retour avec le clip de « Big Party », issue du projet LOST qu’elle mène en collaboration avec Laurent Bardainne, depuis environ un an.

Et ça dépote. On a du mal à croire ce que l’on entend et ce que l’on voit. « Real woman », dit-elle dans ses paroles, et ça on n’a pas de mal à la croire. Elle apparaît comme grandie, transcendée par le message qu’elle veut faire passer, un message qu’elle semble plus assumer qu’auparavant. Peut-être parce que ce projet lui ressemble davantage et que c’est l’avant LOST qui était encore légèrement bancal ?

En anglais, en français et en arabe, elle nous met totalement en déroute avec des propositions auxquelles elle ne nous avait pas encore habitué. Elle nous montre une facette plus engagée, plus affranchie des codes, évoquant au fil des différents titres la perte de repères, qu’ils soient géographiques ou politiques. On est ok pour se perdre avec elle.

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Ouï - Camille

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Camille maitrise l’art de la surprise et nous emmène d’une chanson à l’autre sur des chemins intimes, grandiloquents, poétiques ou encore érotiques, de manière toujours inattendue.
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Dans la chanson française actuelle, Camille n’a pas d’égal-e. Chanteuse-compositrice-auteure-interprète, elle n’a pas seulement plusieurs casquettes mais aussi une multitude de voix, d’instruments et d’idées brillantes. Voilà pourquoi ses six années à attendre son nouvel album ont été longues. Début juin, elle a dévoilé l’intégralité de son nouvel opus, Ouï.

On écoute, on savoure, on s’extasie du talent de celle qui malaxe les mots avant autant de finesse. Les allitérations, nombreuses, de « Sous le sable » et « Lasso », sont divines et délicieuses. À la première écoute, c’est un régal pour l’oreille, et on aime réécouter, découvrir des sonorités que l’on avait manqué, entendre les mots comme pour la première fois. C’est un délice pour les papilles qui cherchent à recréer ces milles saveurs, pour les prononcer en boucle, en murmurant.

Et son ingéniosité ne s’arrête pas là, puisque Camille maitrise l’art de la surprise et nous emmène d’une chanson à l’autre sur des chemins intimes, grandiloquents, poétiques ou encore érotiques, de manière toujours inattendue. Une expérience sonore inouïe pour laquelle on est tout « ouï ».

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