Taille mannequin - Johanna Dray

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Le récit nous parle et participe à nous convaincre que s’il ne correspond pas aux canons de beauté, notre corps, il nous convient, finalement.
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Elle fait du 46, Johanna Dray. Depuis 20 ans, elle est mannequin grandes tailles. Avec l’aide de la journaliste et auteure Emmanuelle Friedmann, elle témoigne de son parcours lié à celui de son corps « hors norme » dans le milieu de la mode.

Et l’ouvrage s’inscrit dans la démarche de body positive - lancée par les femmes rondes sur les réseaux sociaux, à travers des photographies principalement - visant à montrer la beauté des corps ne rentrant pas dans le cadre strict et dangereux de la minceur. Le récit est court mais efficace.

Il fait du bien parce que son discours est apaisé et apaisant, et ne concerne pas uniquement le monde fermé des podiums. Libérée de ses complexes physiques, elle transmet l’importance de s’accepter telle que l’on est et de s’apprécier. Parce qu’aujourd’hui, il est primordial de se libérer des carcans de la mode et des diktats d’un corps unique.

Si la dernière partie, concernant sa vie privée et ses croyances religieuses, nous intéresse moins, Taille mannequin nous parle et participe à nous convaincre que s’il ne correspond pas aux canons de beauté, notre corps, il nous convient, finalement.

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Main girl - Charlotte Cardin

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Avec ses 8 titres, elle s’impose et envoie un message clair : il va falloir compter sur elle dans les années à venir. C’est un EP réussi qu’elle présente en cette rentrée !
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Charlotte Cardin, c’est une jeune artiste talentueuse venue tout droit du Canada. Un an après son premier EP, Big Boy, la chanteuse revient avec un nouveau mini album, intitulé Main Girl. Avec ses 8 titres, elle s’impose et envoie un message clair : il va falloir compter sur elle dans les années à venir.

Elle est peut-être au début de sa carrière mais elle installe son style et balance avec maturité sa voix soul, qui n’est pas sans rappeler celle de la grande Amy Winehouse. Sur le titre phare « Main girl », elle nous embarque dans un rythme entrainant et rapidement addictif. On en redemande. Et elle nous cueille de son sensible et sensuel « Dirty dirty », sur lequel on s’abandonne complètement.

Charlotte Cardin n’hésite pas à jouer de son organe vocal qu’elle maitrise parfaitement pour nous faire vivre un road trip, croisant les ambiances et les émotions. C’est un EP réussi qu’elle présente en cette rentrée, qui marque son entrée dans les artistes à ne pas lâcher.

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Truth is a beautiful thing - London Grammar

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Un petit manque d’originalité, peut-être par peur du risque, mais qui n’entache en rien le plaisir de retrouver London Grammar dans nos oreilles.
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Après le succès de leur premier album If you wait, le groupe London Grammar a peaufiné sur plus de deux ans leur deuxième opus. Un opus qui s’ouvre par la chanson « Rooting for you » et nous plonge directement au cœur d’une mélancolie portée par la voix d’Hannah Reid.

Parce que Truth is a beautiful thing repose quasiment entièrement sur son instrument vocal, qu’elle maitrise parfaitement, sans surprise. Elle oscille entre les graves et les aigus et joue de l’intensité de son organe, subtil mélange de puissance et de délicatesse, les deux traits s’unissant à merveille.

Au fil de l’album, on retrouve bien évidemment l’univers de London Grammar, une pop sombre et noire, entremêlée de beat électroniques amplifiés. On se laisse aisément envoûter par la proposition qui ne transige pas avec la sobriété, réussissant ainsi à nous embarquer dans une atmosphère planante. La chanteuse continue de développer sa capacité à nous envoyer dans l’espace, où l’on flotte tranquillement grâce au bercement de son timbre aérien.

Petit bémol : un petit manque d’originalité, peut-être par peur du risque, mais qui n’entache en rien le plaisir de retrouver London Grammar dans nos oreilles.  

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Edelweiss - Cédric Mayen & Lucy Mazel

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La liberté et l’humain en sont les enjeux majeurs, chers à la dessinatrice dont on reconnaît bien l’identité et l’esprit que l’on avait tant apprécié dans Communardes !.
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En 1947, Edmond rencontre Olympe, dans un bal ouvrier. Couturière indépendante et à l’avant-garde, elle est aussi la nièce d’Henriette d’Angeville, deuxième femme à avoir gravi le Mont-Blanc. Gravir ce sommet est son rêve de gosse. Après un accident, elle perd l’usage de ses jambes et l’espoir de réaliser ce défi.

Pourtant, sur le dos de son mari, Olympe va concrétiser cette ascension tant désirée. En filigrane du quotidien du couple, Edelweiss dépeint le portrait d’une femme déterminée, résolument décidée à être libre et solide dans l’adversité. C’est une histoire émouvante et inspirante que nous propose le duo Mayen-Mazel qui mêle féminisme et handicap, des thèmes peu présents en bande-dessinée – et plus largement en littérature – et qui sont, ici, traités avec force et simplicité.

La liberté et l’humain en sont les enjeux majeurs, chers à la dessinatrice dont on reconnaît bien l’identité et l’esprit que l’on avait tant apprécié dans Communardes !.

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Les Noces - Stephen Streker

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Plusieurs films sont apparus sur le sujet du mariage forcé ces derniers temps mais les qualités de Noces, scénario, interprétation et image en font l’un des plus réussi.
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Zahira est une jeune belgo-pakistanaise de 18 ans très intégrée et très proche des membres de sa famille. Épanouie et bien dans son époque, la jeune fille vit sa vie pleinement jusqu’au jour où ses parents décident, selon la tradition, de lui imposer un mariage. Écartelée entre sa famille qu’elle ne veut pas décevoir et ses propres désirs, Zahira est perdue et livrée au doute.

Son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté ne sont pas en accord avec ce mariage forcé avec cet inconnu « rencontré » sur internet. Elle compte alors sur l’appui de sa meilleure amie et surtout de son frère confident pour l’aider à surmonter ce périple. Le film de Stephen Streker, ancien journaliste, puise son inspiration dans un fait divers tragique qui s’est déroulé en Belgique en 2007, l’affaire Sadia Sheikh.

C’est la technologie moderne, en l’occurrence internet, qui viendra au secours des traditions séculaires. Skype comme outil de régression et de privation d’émancipation. Si la situation pour Zahira est monstrueuse, le réalisateur tient à montrer que tous les protagonistes ne le sont pas pour autant. Très bien menées et abouties les scènes sont extrêmement bien interprétées. Le contexte et les évènements sont très bien décrits et appliqués.

Sous la patte du cinéaste, on reconnaît bien là l’investigation du journaliste et ses désirs de réalisme. Plusieurs films sont apparus sur le sujet du mariage forcé ces derniers temps mais les qualités de Noces, scénario, interprétation et image en font l’un des plus réussi.

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Les proies - Sofia Coppola

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Dans un style un peu classique, la réalisatrice signe un film sombre et captivant d’une mise en scène impeccable et d’une esthétique splendide.
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Si la guerre de sécession touche à sa fin, les yankees et les confédérés s’opposent toujours lors de féroces bataille en Caroline du Sud. Les quelques pensionnaires d’une maison de jeunes filles recueillent un soldat yankee blessé dans leur grande demeure. Alors que la directrice prend en charge les soins de l’homme assez mal en point, une atmosphère de tensions sexuelles et de rivalités apparait au sein des jeunes filles et des deux femmes de la maison.

Trop affaibli, l’homme ne peut se déplacer et reprendre la route. Martha Farnsworth, la propriétaire, décide de ne pas le remettre aux troupes des confédérés et lui donner refuge jusqu’à ce qu’il soit en mesure de repartir par ses propres moyens. La présence de cet homme sensible et éduqué n’aura de cesse que de pousser les esprits vers des confrontations jusqu’au jour où un incident provoquera un net changement du rapport de force. Sofia Coppola signe là une œuvre très féminine.

Si l’œuvre littéraire de Thomas Cullinan avait déjà été adaptée à l’écran par Clint Eastwood, celui si avait rendu compte du récit à travers le regard de l’homme recueilli. Tour à tour séductrices puis cibles, les héroïnes des Proies tombent sous le joug du soldat blessé qui vient perturber leur quotidien.

En ces temps difficiles et incontrôlables le cocktail de jalousie, vanité et orgueil construit un piège qui va se refermer sur ces femmes. Dans un style un peu classique la réalisatrice signe un film sombre et captivant d’une mise en scène impeccable et d’une esthétique splendide.

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Ava - Léa Mysius

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La grâce juvénile de la comédienne Noée Abita dévore avec hâte et ardeur l’instant présent. Une interprétation remarquable qui n’aura pas échappé au jury du dernier festival de Cannes.
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Ava est une jeune fille de 13 ans qui se cherche. Avec sa mère et sa petite sœur elles passent toutes trois des vacances au bord de l’océan. Un été assez banal si ce n’est qu’elle va apprendre qu’elle est atteinte d’une maladie dégénérative de la rétine et qu’elle va progressivement perde la vue. La nouvelle est un choc pour sa mère qui décide que ces vacances seront inoubliables pour la jeune fille.

Pour autant, Ava, observatrice et curieuse du monde qui l’entoure, cherche les émotions qui la feraient se sentir vivante. La jeune fille qui se sait en sursit sent en elle un vide. Le monde semble s’obscurcir avec l’arrivée de cette cécité. Pour Ava, l’évasion et le frisson se trouvent au coin d’un blockhaus et d’une dune de sable auprès d’un jeune gitan qui fuit les problèmes au sein de sa communauté. L’éveil sexuel, la folie douce de l’ivresse et du chahut rempliront ces dernières images de vacances.

Pour elle, l’aventure c’est maintenant ou jamais. Soudain, tout va vite pour la jeune insolente. Émouvante, l’adolescente deviendra cet été une jeune femme. Le premier film de Léa Mysius est un coup d’éclat. Elle fait preuve d’un sens aigu de la mise en scène. Fugue voluptueuse, fable allégorique et apocalyptique proposent une vision sophistiquée et sentimentale de l’apprentissage et de la découverte.

La grâce juvénile de la comédienne Noée Abita dévore avec hâte et ardeur l’instant présent. Une interprétation remarquable qui n’aura pas échappé au jury du dernier festival de Cannes.

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L'amant double - François Ozon

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Si le réalisateur force le spectateur à sortir de la passivité, il le pousse à entrevoir une série de violences psychologiques favorisant une spiritualité bâtie sur un jugement plus personnel de l’œuvre.
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Chloé, une jeune femme fragile et en proie à la dépression, entreprend une psychothérapie auprès de Paul son thérapeute dont elle tombera amoureuse. Installés ensemble et en apparence comblés, le couple est épanoui et Chloé semble aller beaucoup mieux. Très vite, la jeune et belle femme enfin heureuse en amour, se met à douter de la véritable identité de son amant.

Elle découvre que Paul a occulté des parties de son existence et l’aperçoit dans des lieux étranges. La jeune femme va alors se mettre en quête de découvrir la vérité sur son amant. Si le personnage de Chloé est comme rongée de l’intérieur par un mal, la thérapie ne la délivrera pas de son mal être.

Paradoxalement, ce que le thérapeute fait de bien, il le déconstruit peu à peu pour livrer la jeune femme à des douleurs plus douloureuses et plus profondes. Ozon signe un film déconcertant et affabulateur. Au spectateur de décrypter les images et leur sens. À lui de faire face au mensonge narratif afin de se créer son propre jugement sur l’histoire du personnage de Chloé.

Comme souvent avec Ozon, on a presque toujours deux films, celui qu’il distille et celui qu’il dissimule. Si le réalisateur force le spectateur à sortir de la passivité, il le pousse à entrevoir une série de violences psychologiques comme pour favoriser une spiritualité plus consolidée et bâtie sur un jugement plus personnel de l’œuvre.

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Je danserai si je veux – Maysaloun Hamoud

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Juste et audacieux, le film reste sobre, loin de la démagogie des extrêmes qu’il dénonce. Une œuvre formidable et libératrice !
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Au cœur de Tel Aviv, deux jeunes femmes palestiniennes, qui partagent un appartement et un goût prononcé pour la vie nocturne, s’apprêtent à recevoir une nouvelle colocataire. Il y a Leila la travailleuse et indépendante, Salma barmaid et lesbienne et Nour une jeune étudiante en informatique.

Leila est une redoutable avocate qui fait chavirer les cœurs mais qui se désespère d’avoir à faire à des hommes non libérés du poids des traditions patriarcales. Salma elle, vit de petits boulots et mène une vie de plaisir mais doit faire face à une famille chrétienne très pieuse qui ne tolère pas son homosexualité. Nour est une musulmane très pratiquante promise à un mariage avec un homme qu’elle n’a pas choisi et qu’elle rejette.

Ces trois héroïnes pourraient être des personnes banales excepté qu’elles sont palestiniennes et qu’elles vivent dans une société rongée par le conservatisme. Elles ont toutes peine à se libérer d’une pression sociale, religieuse ou morale dans cette société israélienne machiste et sous tension permanente. Si leurs portraits vifs et évocateurs révèlent une envie d’être affranchie et désinvolte, elles ne sont pour autant pas des stéréotypes.

Le premier film de Maysaloun Hamoud joue la carte du féminisme et de la subversion. S’évader à travers la drogue dans les vapeurs alcoolisées de la bouillonnante Tel Aviv est un moyen de montrer les ambivalences et l’ambigüité de l’émancipation féminine. Juste et audacieux, le film reste sobre, loin de la démagogie des extrêmes qu’il dénonce. Une œuvre formidable et libératrice !

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Jour J - Reem Kherici

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Les habituelles ficelles de la comédie de mariage sur fond de trio amoureux sont volontairement abandonnées pour laisser place à plus de modernité dans l’écriture et la mise en scène.
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Matthias et Alexia sont en couple depuis des années, et pour la première fois, Matthias la trompe avec Juliette une wedding planer. Le lendemain à son retour au domicile, Alexia trouve la carte de Juliette. Matthias ne sait alors quoi inventer et se laissera porter par la supposition que ce dernier veut la demander en mariage. Au pied du mur, ce dernier ne la contredit pas.

Matthias et Alexia vont donc demander à Juliette d’organiser la cérémonie du mariage. Le temps des préparatifs et des nombreuses visites de lieux pour planifier l’évènement Matthias va se rapprocher de plus en plus de Juliette pour laquelle de réels sentiments naissent. Matthias se verra complètement embourbé dans une situation semi grotesque et joviale jusqu’à ce qu’il ait à prendre une décision pour les autres et lui-même.

Tous les ressorts de la comédie sont là. Après le joli succès de Paris à tout prix, Reem Kherici signe sont deuxième long métrage. On ne peut nier que la jeune réalisatrice maîtrise une certaine plume et le sens du gag. Les habituelles ficelles de la comédie de mariage sur fond de trio amoureux sont volontairement abandonnées pour laisser place à plus de modernité dans l’écriture et la mise en scène.

Le casting est lui assez scintillant avec en chef d’orchestre Nicolas Duvauchelle dans le rôle de l’éperdu amoureux indécis. Un choix ambitieux et caractéristique de Reem Kherici avec qui forcément il faudra compter sur la scène du cinéma français. Une comédie romantique générationnelle, bien visée et revigorante.

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