Comment va le monde ? - Laure Flavigny – Jessie Magana – Aurélie Boissière – Séverine Assous

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Un véritable guide ludique qui accompagne les enfants tout au long de leur construction personnelle et de leur apprentissage. Et les adultes trouveront également leur compte !
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L’atlas imaginé et rédigé par Laure Flavigny et Jessie Magana, cartographié par Aurélie Boissière et illustré par Séverine Assous est un véritable guide ludique qui accompagne les enfants tout au long de leur construction personnelle et de leur apprentissage. Et les adultes trouveront également leur compte au fil des 22 cartes que l’on scrute, détaille et observe un long moment, avant de refermer le bouquin et d’y revenir plus tard.

Ainsi, c’est une invitation à de multiples voyages que nous lancent les quatre réalisatrices de l’ouvrage. On se balade avec joie, nostalgie, tristesse, terreur et espoir d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, d’une problématique à une autre, d’un mode de vie à un autre. La migration, la mondialisation, la répartition des richesses, le travail des enfants, la parité au Parlement, mais aussi les langues, les habitudes alimentaires, les danses, les religions, etc.

Sans oublier la préservation de la planète et de ses ressources, en proposant un tour d’horizon des alternatives naissantes aux quatre coins de la planète. La preuve que l’on peut parler de tout aux enfants et faire résonner le discours sur les adultes. Un outil incontournable !

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Paulina - Santiago Mitre

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Le film est sobre et profondément réaliste. L’intensité du jeu de Dolores Fonzi accorde au film ce sentiment d’ambiguïté et de force brute. Ce remake du film éponyme de 1960 conserve sa réflexion autour du viol toujours aussi d’actualité.
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Paulina est une jeune femme argentine qui décide de renoncer à une brillante carrière d’avocate. Résolue à changer de vie et à participer à un projet qui lui tient à cœur, elle s’engage à enseigner à des adolescents défavorisés dans un village de campagne. Son père qui est juge ne voit pas d’un très bon œil ce changement de cap professionnel.

Confronté à un environnement hostile, elle s’accroche et vit son idéal politique en menant à bien sa mission. Un soir, en rentrant chez elle en mobylette, elle se fera agressée par une bande de jeunes hommes. Elle se fera violée. Déboussolée et désarmée elle porte plainte et se fait soigner. Quelques temps après elle apprendra qu’elle est enceinte.

Au plus grand désarroi de son père et de son petit ami elle décide de le garder. Elle confiera à ce dernier connaître ses agresseurs dont certains sont de ses élèves. Son père qui jusque là s’était tenu à l’écart des procédures juridiques décide de prendre en main l’affaire et faire marcher ses connaissances dans le secteur afin que les coupables soient arrêtés et jugés. Malgré tout Paulina qui s’entête dans sa démarche va tâcher de rester fidèle à son idéal social jusqu’à ne pas reconnaître les coupables.

Le film est sobre et profondément réaliste. L’intensité du jeu de l’actrice Dolores Fonzi accorde au film ce sentiment d’ambiguïté et de force brute. Ce remake du film éponyme de 1960 conserve sa réflexion autour du viol toujours aussi d’actualité mais revisité pour l’époque.

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La fille de Brest - Emmanuelle Bercot

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Si la dimension du film est parfois un peu technique, la réalisatrice met en scène le sujet à travers un récit hyper rythmé et conçu comme un thriller. Un film poignant et nécessaire.
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Irène Frachon est une pneumologue de l’hôpital de Brest. Au fil de ses recherches elle découvre que le Mediator, un médicament vendu depuis 30 ans, aurait des effets secondaires et conséquences graves sur la santé des patients qui s’en font prescrire. Il serait même responsable d’un certain nombre de morts.

Décidée à révéler l’affaire aux institutions médicales et aux médias, elle entre dans un combat titanesque et redoutable. Les embuches et manœuvres douteuses contre son entreprise sont le symbole d’une lutte contre vents et marrées. Épaulée par un chercheur, le docteur Le Bihan, elle se lance dans cet affrontement contre le laboratoire qui commercialise le médicament afin de le faire interdire à la vente.

Une volonté à toute épreuve mais qui se heurtera tout de même à sa hiérarchie ne souhaitant pas froisser une entreprise qui finance la recherche. Derrière une interprétation tout en finesse de Sidse Babett Knudsen, Emmanuelle Bercot réussit très bien à nous plonger au cœur d’un scandale sanitaire.

Un film coup de poing sur cette femme qui cherche à faire triompher la vérité. Sous une masse d’informations techniques et médicales la réalisatrice parvient à mettre en lumière le combat du pot de terre contre le pot de fer. Si la dimension du film est parfois un peu technique, la réalisatrice met en scène le sujet à travers un récit hyper rythmé et conçu comme un thriller. Un film poignant et nécessaire.

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Bugaled Breizh 37 secondes - Pascal Bresson & Erwan Le Saëc

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On retient notre souffle en suivant rigoureusement l’enquête mené par un journaliste local et on milite avec tou-te-s les protagonistes pour que la vérité soit révélée. Par respect des naufragés, des familles et de la Justice.
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« Serge, on chavire ! » Le 15 janvier 2004, le capitaine du Bugaled Breizh lance un appel de secours à un chalutier voisin. En 37 secondes, le bateau de pêche finistérien fait naufrage, entrainant la mort des 5 membres de l’équipage. La principale hypothèse : un sous-marin serait la cause de ce drame humain qui va tourner à l’affaire d’état et au secret Défense.

Veuves, sœurs et enfants des victimes se battent dans l’ombre depuis 12 ans pour faire éclater la vérité sur cette journée funeste. L’auteur malouin Pascal Bresson, fasciné depuis longtemps par les histoires liant l’humain à l’injustice, saisit une nouvelle fois sa plume pour réaliser le roman graphique Bugaled Breizh, 37 secondes, et faire rejaillir les zones d’ombre qui planent sur l’affaire.

Grâce à ses précisions et ses nombreuses recherches, et grâce aux dessins en noir et blanc de l’illustrateur brestois Erwan Le Saëc, on retient notre souffle en suivant rigoureusement l’enquête mené par un journaliste local, ancien ivrogne aliéné par la mort de sa femme dont il est à l’origine, et on milite avec tou-te-s les protagonistes pour que la vérité soit révélée. Par respect des naufragés, des familles et de la Justice.

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L'idéal - Frédéric Beigbeder

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L’auteur qui avait pris le parti de dénoncer les servitudes et contradictions immorales de la mode va tourner une fin de repenti à peine envisageable. Un pied de nez à ce pouvoir tout puissant et néfaste auquel on a bien du mal à croire.
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Chargé de dénicher les futurs mannequins stars des grandes marques de la mode, Octave Parango est un ténor dans le monde des « scout ». Il vit entre l’Europe et la Russie où sa vie tourne autour du culte des dimensions parfaites. Suite à un scandale lié à une sextape mêlant sexe et nazisme, la marque « L’Idéal » doit se trouver de toute urgence une nouvelle égérie.

Voilà la mission qu’Octave se voit attribuer. Il devra faire équipe avec la très autoritaire directrice visuelle de la marque. Afin de mener à bien leur tâche, les deux acolytes partent pour la Russie en vue de découvrir la jeune fille sublime et mineure qui incarnera la marque d’envergure mondiale.

Entre pétages de plombs et missionnaires d’un néo fascisme mondiale tournés entièrement vers la supériorité et l’idolâtrie de la beauté du corps, nos deux personnages sont forcés de pénétrer les rouages ténébreux d’un système broyeur de conscience. Drogues, alcool et femmes plantureuses sont le décor du second film de Frédéric Beigbeder. Décimée aux quatre coins de la Russie postcommuniste, la personnalité de notre antihéros va s’effilocher et peu à peu perdre de sa froideur pour finalement découvrir qu’il a une fille et qu’elle se trouve être le graal tant recherché.

De là, l’auteur qui avait pourtant pris le parti de dénoncer les servitudes et contradictions immorales du monde de la beauté et de la mode, va tourner une fin de repenti à peine envisageable. Un pied de nez à ce pouvoir tout puissant et néfaste auquel on a bien du mal à croire.

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Captain Fantastic - Matt Ross

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L’œuvre est un road-movie irradiant de bonheur et de joie de vivre. Une œuvre sensible au point de vue fort entre comédie et tragédie au paradis des alters.
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Ben et sa femme vivent avec leurs six enfants en quasi autarcie sur des terres en forêt qu’ils ont acheté dix ans auparavant. L’éducation des enfants est au cœur du système de réflexion des parents. Une famille unie qui se paye le luxe d’ignorer le roi dollar au pays du libéralisme économique. Isolé du monde, Ben est un père dévoué à ses enfants. Le développement du corps et de la pensée domine leur mode de vie.

Ils font pousser leurs légumes et chassent selon leurs besoins. Les enfants sont extrêmement cultivés et aussi bien calés en physique qu’en philosophie ou littérature. Si ces choix marginaux les mettent à l’écart de la société, Ben et sa femme ont produit des enfants prodigieux de par leur vivacité et vision du monde.

Le ciment fédérateur de cette famille va s’effriter lorsque la mère de famille, souffrant d’une maladie psychique, met fin à ses jours. La question de respecter ses derniers vœux pour ses funérailles est délicate. Après débat et sentiment d’injustice partagé par l’ensemble des enfants, Ben et ses derniers se mettront en marche vers le Nouveau Mexique afin de faire respecter les dernières volontés bouddhistes de leur chère et tendre mère et femme.

Traverser le pays donnera lieu à une série de micro séismes qui ébranleront les convictions utopiques des membres de la famille. L’œuvre est un road-movie irradiant de bonheur et de joie de vivre. L’acting de Viggo Mortensen est empreint d’un charisme bouleversant. Une œuvre sensible au point de vue fort entre comédie et tragédie au paradis des alters.

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Rien que la mer - Annick Geille

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L’auteure fait brillamment retentir l’émotion et la brutalité des faits avec éclat et calme. Malgré la violence, une sorte de sérénité nous enveloppe jusqu’à trouver l’apaisement à la fin de l’œuvre.
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Son livre est déroutant. Bouleversant. Annick Geille est journaliste et écrivaine. Et fille de marin. Ce qui transparait tout au long du récit construit, ou plutôt déconstruit, autour de la mer. Autour de la relation d’un père et de sa fille, tous les deux submergés par la violence des événements de leur vie respective et commune.

Lui était embarqué à bord du Strasbourg en 1940 lorsque la marine britannique a orchestré le massacre de la flotte française mouillant dans le port de Mers el-Kébir (Algérie). Il a survécu mais sa vie a basculé face à l’ignominie et l’injustice de cet acte. Soixante ans plus tard, sa fille attend dans un hôtel bordant la côte bretonne, son mari qui ne reviendra plus.

Détruite par cet abandon justifié d’aucune explication, elle va pourtant trouver le courage d’avancer. L’auteure fait brillamment retentir l’émotion et la brutalité des faits avec éclat et un calme redoutable dans ses descriptions transcendantes. Malgré la violence, une sorte de sérénité nous enveloppe jusqu’à trouver l’apaisement à la fin de l’œuvre, main dans la main avec les protagonistes.

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Elle - Paul Verhoeven

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Entre angoisse, bestialité des viols à multiples reprises et self contrôle de la victime, l’auteur nous laisse nager en eaux troubles afin de nous faire vivre un moment d’émotions sans ambigüité et parasitage.
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Femme d’affaire invulnérable et cheffe d’entreprise respectée d’une entreprise de jeux vidéos, Michèle Leblanc est une cinquantenaire au très fort caractère. Contrôlant d’une main de fer sa vie sentimentale, elle est un jour victime d’une violente agression sexuelle dans sa propriété. Michèle qui traîne un lourd passé, garde pour elle cet événement qui bouscule sa vie.

Pas question d’aller voir la police et remuer les vieux démons du drame familial. Ayant d’habitude l’ascendant sur ses congénères, Michèle perd le contrôle et sombre peu à peu dans la paranoïa. Incapable d’assumer son statut de victime elle va tenter de débusquer son agresseur afin de le manipuler. Un jeu qui peut à tout instant dégénérer.

Paul Verhoeven signe un film aussi déconcertant que revigorant. Isabelle Hupert, qui incarne cette femme redoutable, colle assez bien à ce rôle, entre perversité et innocence comme elle a déjà pu l’interpréter à de nombreuses reprises. Si le caractère malsain du film prédomine dans un premier temps, il s’estompe à la découverte d’une galerie de personnages aussi intrigante que distrayante. Une œuvre dans laquelle gravitent de nombreux acteurs tous connectés au rôle principale d’Isabelle Hupert.

Entre angoisse, bestialité des viols à multiples reprises et self contrôle de la victime, l’auteur nous laisse nager en eaux troubles afin de nous faire vivre un moment d’émotions sans ambigüité et parasitage. Un film témoin de la vivacité du cinéma et des heureuses prises de risques que peuvent encore prendre les auteurs.

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Juste la fin du monde - Xavier Dolan

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Entre drame et comédie, on reconnaît bien là la signature du jeune prodige du cinéma. Xavier Dolan jette comme à son habitude le spectateur au sein de conflits internes au lourd passif de non-dits et de forts sentiments.
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Louis, écrivain à succès, sait qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre. Décidé à le révéler à sa famille, il entame un voyage et traverse son pays natal pour rejoindre sa famille. Après 12 années d’absence il retrouve sa mère, son frère et sa sœur pour une journée dans la demeure familiale. Dès son arrivée Louis sent que l’ambiance est électrique et que chacun à des choses à dire.

Alors que sa mère a tout mis en œuvre pour organiser une réunion familiale sous les meilleurs auspices, Antoine son frère est querelleur et provocant et sa sœur Suzanne essaye avec nervosité et maladresse de mieux connaître ce frère prodige mais qui a tant brillé par sa quasi disparition.

Le sixième film de Xavier Dolan est le premier qui ne résonne pas avec l’accent québécois et pour cause tous les acteurs sont français. Entre drame et comédie qui a fait le succès de ses précédents films on reconnaît bien là la signature du jeune prodige du cinéma. Si l’adaptation de la pièce de théâtre Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce est une prise de risque pour le réalisateur, l’intrigue minimaliste et les choix de mises en scène sont de vrais partis pris.

Xavier Dolan jette comme à son habitude le spectateur au sein de conflits internes au lourd passif de non-dits et de forts sentiments. Si le déjeuner de famille houleux peut quelque peu épuiser par sa longueur et le bâillonnement du rôle de Louis, il n’en reste pas moins puissant et indéniablement fascinant.

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Paris capitale underground - Jean-Claude Lagrèze

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Au cours de soirées festives, de concerts ou de rencontres, il capte des moments sublimes et subtiles d’une grande pureté qui délivrent la sensation de goûter à la magie et l’effervescence d’une époque révolue.
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« Ce livre, tel que vous l’avez entre les mains, c’est plus qu’une vie, c’est la vie de quelqu’un qui a fait, c’est plus que la majorité des vies. », écrit, dans le préambule, Pascal Lagrèze qui co-dirige aux côtés de Sabine Morandini cet ouvrage dédié à son frère, Jean-Claude Lagrèze.

Paris capitale underground est une incroyable rétrospective des clichés de ce créatif décédé trop tôt – à 36 ans – qui, dans les années 80 et 90, a su saisir par le noir et blanc principalement, ce bouillonnement artistique impalpable qui caractérise cette période emblématique de l’après voguing et l’après pop et du temps venu du punk, la new wave, du hip hop ou encore de la techno.

On y côtoie alors des icones, comme Béatrice Dalle, Iggy Pop, Régine, David Bowie, Madonna, Bashung, Nina Hagen, Gainsbourg ou encore Julie Delpy… Au cours de soirées festives, de concerts ou de rencontres, il capte des moments sublimes et subtiles d’une grande pureté qui délivrent, au fil des 240 pages publiées aux Éditions de La Martinière, la sensation de goûter - ne serait-ce que du bout des yeux – à la magie et l’effervescence d’une époque révolue.

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