Avril 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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On aime à penser et à dire que la société bretonne est une société matriarcale. Dans la fabrication du mythe, elle l’est. Mais qu’en est-il réellement du quotidien et des représentations – n’oublions pas Bécassine ! – des femmes de ce territoire agricole et maritime à la culture forte et diffuse ?

« Du côté de femmes, le thème du matriarcat peut également séduire, car il leur renvoie une image valorisante des responsabilités qu’elles exercent dans la sphère privée en même temps qu’il permet d’éviter de remettre en cause une vision complémentaire des sexes qui assigne chacun-e à une place genrée. », expliquent les sociologues Arlette Gautier et Yvonne Guichard-Claudic dans l’introduction de l’ouvrage qu’elles ont dirigé, Bretonnes ?, publié aux Presses Universitaires de Rennes en février 2016.

Un essai - co-signé par 18 auteures (dont un homme), historiennes, sociologues, profs ou linguistes - qui réfléchit à la construction identitaire et genrée dans un contexte socioculturel et géographique. Il est alors passionnant de se plonger dans les différents chapitres, à la découverte de l’histoire de notre territoire durant les deux derniers siècles, dans les pas d’une Penn Sardin, des luttes féminines et féministes mais également des problématiques actuelles comme le harcèlement de rue et les réponses institutionnelles - données ou manquantes - à ces dernières à travers une comparaison Rennes/Brest.

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La liberté d’expression a-t-elle un sexe ? Oui, et il est masculin ! La décision de relaxer, le 18 février dernier, le rappeur Orelsan – qui a fait appel à sa condamnation pour les propos sexistes tenus dans sa chanson « St Valentin » - au nom de cette fameuse liberté nous laisse sceptiques et intérieurement enragées. Rappelons tout de même qu’il s’agit là d’incitation à la violence et à la haine envers les femmes.

Mais le retrait du clip du duo féministe CLIT du site YouTube, parodie de la fameuse chanson d’Orelsan, là, non, franchement on ne comprend pas et on s’insurge. Le contenu est jugé sexuellement explicite. Pourquoi ? Parce que ça sort de la bouche de deux femmes, c’est sale et vulgaire ? La réalité est là. Dans les représentations.

De la part d’un rappeur, on n’attend pas moins de lui qu’il soit cru, violent, borderline, engagé, mais d’une femme, on ne peut pas accepter un tel comportement car cette dernière se doit d’être douce, gentille, bien élevée et surtout discrète. Que tous les mots qui sortent de sa bouche ne soient que bulles de savon et pétales de rose ! Là, ça dérape sérieusement ! Le duo composé d’Elvire Duvelle-Charles et Sarah Constantin a donc choisi de lancer sa pétition, sur Change.org, « Pour que YouTube claque la porte au sexisme ». On signe !

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Title: 
Bretonnes et fières de l'être
Title: 
Liberté d'expression, les boules !
Summary: 
On aime à penser et à dire que la société bretonne est une société matriarcale. Dans la fabrication du mythe, elle l’est. Mais qu’en est-il réellement ?
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La liberté d’expression a-t-elle un sexe ? Oui, et il est masculin ! Pourquoi ? Parce qu'on ne peut accepter qu'une femme ouvre sa gueule ? Triste réalité.

Mars 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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À la découverte de la BD La Présidente, de François Durpaire et Farid Boudjellal, on a frissonné à l’idée d’une Marine Le Pen arrivant au pouvoir en 2017. Le 7 mai 2017 précisément. Une femme à l’Élysée ? Ça pourrait être une bonne nouvelle mais pas celle-là ! Pas au prix, entre autre, des acquis sociaux des luttes pour les droits des femmes, notamment à disposer de leurs corps (le parti ayant annoncé vouloir supprimer les aides financières aux associations féministes, lors des élections régionales en décembre 2015) !

BD d’anticipation, François Durpaire, historien et universitaire spécialisé dans les questions de la diversité culturelle, se base sur 4 étapes préalables, dont aucune n’est certaine, ni impossible. C’est un choc, un séisme. Le duo imagine et démontre comment en une année à peine, Marine Le Pen et son parti plongeront le pays dans un marasme financier avec une sortie précipitée de la zone euro, mais aussi dans une terreur sociale avec une politique sécuritaire renforcée contre l’immigration.

La révolte civile grondera, la presse résistera et la révolution numérique se fera. Frémissante, angoissante (le mot est faible), parfois marrante (oui oui), l’œuvre en noir et blanc est aussi enrichissante que réaliste. La prise de conscience est en route mais faut-il attendre le drame pour réagir ? La position des auteurs : « Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas… » Aux éditions Les Arènes.

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Les remaniements ministériels pourraient ressembler à ce petit jeu humiliant des chaises musicales. Sauf qu’au lieu d’enlever des sièges, on enlève des barreaux à leur dossier, on remplace les pieds ou on les supprime. En 2012, les Droits des Femmes siégeaient fièrement dans un fauteuil, avant de le partager en 2014 pour un temps très court avec la Ville, la Jeunesse et les Sports.

Durant l’été de la même année, la ronde des requins a repris sa danse et a éjecté les Droits des Femmes de la partie. Ces derniers se sont accrochés, sautant sur les genoux des Affaires sociales et la Santé qui offrent alors par dépit un tabouret vide. En février 2016, les règles du jeu ont changé. Désormais, les tours s’effectuent en marche arrière, créant un retour dans le passé. Les années 70 n’ont pas jamais eu lieu, les luttes féministes non plus. Les femmes sont toujours réduites à la Famille et à l’Enfance. Mères de famille et épouses, sourires aux lèvres et tabliers noués autour de la taille, voilà l’image renvoyée par le nouveau gouvernement Valls, sous l’ère d’une gauche rétrograde.

Une gauche qui pédale salement et gravement dans la semoule. Et pourtant, à part quelques réactions vives sur les réseaux sociaux et quelques esclandres de femmes politiques oubliées comme Marie-George Buffet, tout le monde s’en fout. Les Droits des Femmes en bout de ligne après Famille et Enfance, ça ne choque personne ?! Peut-être souhaite-t-on également la création d’un ministère des Tâches ménagères ? Ça règlerait au moins la question du bon coup de balai qui s’impose à l’Elysée et Matignon. Merde !

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Title: 
Le drame 2017, pas qu'une fiction ?
Title: 
Les chaises musicales, on en a marre !
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Marine Le Pen arrive au pouvoir en 2017. Le 7 mai 2017 précisément. Une femme à l’Élysée ? Ça pourrait être une bonne nouvelle mais pas celle-là !
Summary: 
Mères de famille et épouses, sourires aux lèvres et tabliers noués autour de la taille, voilà l’image renvoyée par le nouveau gouvernement Valls, sous l’ère d’une gauche rétrograde.

Février 2016

Writers: 
Manon Deniau
Writers: 
Marine Combe
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Thérèse et Catherine attendent régulièrement les papiers jaunes informant les détenues du Centre pénitentiaire des femmes de Rennes des divers ateliers mis en place. « À l’extérieur, je croyais que j’étais nulle. Les activités me prouvent que je peux faire des choses », déclare la première. Rejointe par la seconde : « On est capables de faire autre chose, de ne pas rester enfermées. Les intervenants extérieurs nous permettent de nous projeter. C’est déjà un pied dehors. »

À l’occasion du vernissage de l’exposition Citad’elles Hors les murs – dans le cadre du festival Images de Justice, organisé par l’association Comptoir du doc, à Rennes, du 23 au 31 janvier – les deux rédactrices de la revue (réalisée par et pour les détenues) ont obtenu une permission de sortie samedi 23 janvier et ont pu participer à la table ronde concernant les pratiques artistiques en prison, au théâtre de la Parcheminerie. Elles étaient aux côtés d’anciennes co-détenues, Jessica, Anita et Fleur. Toutes les cinq parlaient avec fierté, émotion et détermination de confiance en soi, d’entraide, de satisfaction, de liberté et de force.

« Ce n’est pas l’écriture de soi comme dit Audrey (Guiller, journaliste indépendante qui encadre la rédaction de Citad’elles depuis le début du projet en 2012, ndlr). Ça peut être des articles intimes mais on n’est pas en train de raconter nos « life ». On recueille des témoignages. On sort de soi, on sort de la prison. », explique Jessica. Et nous, on sort de nos préjugés, ça fait du bien.

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Le 5 janvier, Riad Sattouf, auteur de L’Arabe du Futur, a annoncé sur Facebook son boycott du festival de bande-dessinée d’Angoulême, qui se déroulait fin janvier. Comme vingt-neuf de ses confrères, il avait été nominé pour le Grand Prix, l’ultime reconnaissance dans le milieu. Or, dans la sélection, aucune femme n’y figurait.

Coutumier du fait, le festival affiche un zéro pointé en la matière. En quarante-trois ans d’existence, une seule femme a été récompensée par cette distinction, Florence Cestac. Et c’est pour ce manque de représentation féminine que le bédéiste s’est retiré de la compétition. Son impact médiatique a été considérable ; rejoint ensuite par d’autres professionnels. À tel point que le festival a enlevé la liste et proposé à tout le monde de s’y inscrire. Une victoire au goût amer.

Car le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme – créé depuis décembre 2013 par une centaine de femmes bédéistes - a été, à l’inverse, très peu médiatisé lorsqu’il a réagi, le même jour, sur son site. Encore un exemple qui prouve que les journalistes accordent plus d’importance à la parole des hommes… Même lorsqu’elle porte sur les femmes. Comme toujours, les mâles sont plus visibles car plus mis en avant. Comme toujours, les femmes restent dans l’ombre. Mais elles sont là, il ne suffit de pas grand chose pour les trouver. Question de volonté.

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Title: 
Derrière les barreaux, elles prennent la parole
Title: 
L'homme bédéiste parle, Angoulême réagit
Summary: 
Entre les murs de la prison des femmes de Rennes, les détenues réalisent la revue Citad'elles. Une manière de s'exprimer et de garder à un pied à l'extérieur...
Summary: 
Trente bédéistes ont été nominés pour le Grand Prix, l’ultime reconnaissance dans le milieu. Or, dans la sélection, aucune femme n’y figurait. Et personne ne réagit, jusqu'à ce que...

Décembre 2015

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
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  • Tu mélanges tout ! Tu vas trop vite ! L’heure est à l’unité ! Tu fais peur à tout le monde, avec tes revendications guerrières !
  • À tout le monde ? Vraiment ? Ou à une poignée de vieux mâles trop gras qui prétendent tenir les femmes à l’écart des affaires pendant encore un siècle ou deux ?
    (extrait du Tome 2 de la série Communardes ! – L’aristocrate fantôme (pages 18 & 19)

Qui étaient-elles et quel rôle ont-elles joué dans la Commune de Paris, période insurrectionnelle brève de 3 mois en 1871 ? Le scénariste nantais Wilfried Lupano s’en passionne, et nous avec. En septembre 2015, les deux premiers tomes de la BD Communardes ! paraissent aux éditions Vents d’Ouest (Glénat) : Les éléphants rouges (illustré par Lucy Mazel) et L’aristocrate fantôme (illustré par Anthony Jean). On y découvre un Paris secoué par le siège des Prusses lors de l’hiver 1870 et le Paris révolté de 1871, lors de la Commune. La famine frappe la capitale, le peuple gronde. Et parmi les insurgés, des femmes. Elles sont de celles qui refusent de se laisser abattre, qui luttent pour leurs droits, qu’elles soient filles, mères, bourgeoises, aristocrates, prostituées, ouvrières, françaises ou étrangères. Et de celles qui souhaitent prendre les armes et monter sur les barricades comme la va-t-en guerre russe, Elisabeth Dmitrieff, présidente de l’Union des femmes pour la défense de Paris et l’aide aux blessés, véritable organisation féministe. Le contexte et les faits sont historiques, l’émancipation des femmes réelle. La série Communardes ! - complétée d’un troisième opus en 2016 (sur la semaine sanglante et le procès des femmes qui seront tenues responsables du Paris brûlé) – est un chef d’œuvre qui remet à leur place les femmes de cette époque : dignes et égales aux hommes. Pourtant, l’Histoire dira le contraire. Aujourd’hui, encore…

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En novembre des journaux ont titré : « Tâches ménagères : les hommes en font plus ». Champagne ! Ô joie ! Et puis, finalement, Ô désespoir. Rien ou presque n’a changé. C’est le constat que fait l’INSEE dans sa récente synthèse des données collectées sur le sujet entre 1974 et 2010 parue dans sa revue Economie et Statistique - celle mal interprétée par certaines rédactions. Il en résulte que les femmes travaillent plus et que leur vie domestique est soulagée par le « progrès technique » : elles ne lavent plus le linge à la main et celui-ci ne se froisse plus, elles se font livrer leurs courses, ont un congélateur rempli de plats préparés et tout un tas d’aides payantes externalisées… Si cela leur permet de passer 10 heures de moins par semaines aux tâches ménagères, elles continuent de se taper tout le reste. En outre, leurs cerveaux restent encombrés par tout ce à quoi il faut penser pour faire tourner la maison : payer la nounou, faire les courses en ligne, amener le grand chez l’ORL et la petite au judo, étendre la lessive en rentrant… Et ces messieurs, que font-ils de plus alors ? Ils consacrent 50 minutes de plus par semaine à… leurs enfants. Ils assument un peu plus leur rôle de père, ni plus ni moins. Au final, les mères assurent toujours 70 % des tâches parentales. Il est où le mieux ? Nulle part, ou presque.

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Title: 
Aux armes, communardes !
Title: 
Tâches ménagères, non, les hommes n'en font pas plus
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Qui étaient-elles et quel rôle ont-elles joué dans la Commune de Paris, période insurrectionnelle brève de 3 mois en 1871 ? Le scénariste nantais Wilfried Lupano s’en passionne, et nous avec.
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Triste constat que fait l’INSEE dans sa récente synthèse des données collectées sur le sujet entre 1974 et 2010, mal interprétée par certaines rédactions.

Nous trois ou rien - Kheiron

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Le réalisateur transcende le contexte historique et sa dureté pour aborder avec beaucoup de douceur et d’humour ces moments de vie. Un film magnifique, très bien senti et abouti.
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Téhéran, 1971, alors que le Shah d’Iran conduit d’une main de fer son pays à la débâcle et mène une politique de répression, un jeune étudiant plein de fougue, Hibat Tabib, rejoint les rangs de l’opposition et milite contre l’injustice. Le jeune homme se fait arrêter et se retrouve en prison pour une peine de 10 ans. Pour autant le dénuement et la privation de l’incarcération n’altéreront en rien sa foi et sa soif de justice. C’est alors que la révolution islamique de 1979 éclate, faisant de lui un homme libéré et réhabilité. Il rencontre la jeune et belle Fereshteh qu’il épousera et qui lui donnera un fils. Mais la révolution iranienne a ses déçus et détracteurs. Le jeune Hibat en fait parti, ce qui le poussera à reprendre le chemin de la contestation jusqu’à se faire rechercher par la police. Poursuivi sans cesse par les hommes du régime, Hibat, sa femme et son fils se verront contraints de s’exiler de leur pays pour dans un premier temps poursuivre le combat sans être harcelés. Après une longue escapade vers l’Europe ils atterrissent en plein cœur de la banlieue parisienne. Le film retrace l’histoire vécue de Kheiron et ses parents. L’écriture est précise et très fine. Fort de son expérience de stand-up, le réalisateur transcende le contexte historique et sa dureté pour aborder avec beaucoup de douceur et d’humour ces moments de vie. Les acteurs sont tous plus formidables les uns que les autres. Un film magnifique, très bien senti et abouti.

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Un moment d'égarement - Jean-François Richet

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Si le film touche de par sa thématique, on est loin du consensus généré par l’originale comédie de mœurs sensuelle et amorale de Claude Berri, réalisée en 1977.
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Antoine et Laurent, amis de longue date, passent ensemble leurs vacances en Corse en compagnie de leurs deux filles respectives. Moyennement emballées par ces vacances les deux jeunes filles affichent un ennui revendiqué et une attitude désinvolte quant aux grands et bons sentiments de nature et grands espaces prétendus par leurs pères. Mais très vite les deux jeunes filles sortent le soir et prennent leurs marques à la maison familiale d’Antoine. Un soir, Louna, la fille d’Antoine, séduit et isole Laurent sur une plage. Elle l’embrasse et se jette sur lui. Rejetée dans un premier temps par ce dernier, elle finira par avoir le dessus et l’homme se laissera entrainer dans une coucherie d’un soir. Dès lors, Louna est amoureuse. Elle n’a de cesse que de réclamer de l’attention de la part de Laurent qui a le double de son âge. Très vite, Antoine, le père de Louna, apprend que sa fille a une relation avec un homme plus âgé qu’elle. Obsédé par la recherche de l’identité de cet amant, le papa de Louna tentera tout. Laurent, perdu et bouleversé par son erreur et par la beauté de cette nymphette prédatrice et ses multiples assauts, ne sait comment résoudre le problème. Le film est un remake de celui de 1977. Malgré une recontextualisation de l’époque, l’histoire peine à trouver de véritables interprétations en ses personnages un peu sexistes et caricaturaux. Si le film touche de par sa thématique, on est loin du consensus généré par l’originale comédie de mœurs sensuelle et amorale de Claude Berri.

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The anticipation - Laetitia Shériff

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L’énergie est brute, l’univers sombre, comme on l’aime chez elle. Son EP s'inscrit dans la même lignée onirique et dark où elle poursuit d’explorer son obsession pour le thème de l’amour. Transcendant.
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Fin octobre, un cycle se termine. Laetitia Shériff vient tout juste de sortir son nouvel EP, The Anticipation, dernier volet du triptyque qui réunissait déjà l’EP Where’s my I.D ? en 2012 et l’album Pandemonium, Solace and Stars, en 2014. Cinq morceaux viennent compléter et clore un chapitre de l’histoire musicale de l’artiste. L’énergie est brute, l’univers sombre, comme on l’aime chez elle. L’an dernier, elle nous baladait dans une sorte de 4e dimension dont elle a le secret. Aujourd’hui, elle inscrit son nouvel opus, disponible uniquement en vinyle, dans la même lignée onirique et dark où elle poursuit d’explorer son obsession pour le thème de l’amour. Le titre est parlant. L’anticipation comme genre littéraire lié à la science-fiction mais aussi comme référence à la musique, le terme désignant alors une dissonance passagère. Des symboliques qui s’entremêlent dans les longues parties instrumentales très rock qui nous transcendent, à l’instar du morceau « The pachyderm memories », pour n’en citer qu’un.

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Simone de Beauvoir et les femmes - Marie-Jo Bonnet

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Une réflexion passionnante qui nous plonge au cœur d’un conflit interne et intellectuel fulgurant. Et on aime ce portrait singulier d’une Simone de Beauvoir sans doute plus humaine que l’image qu’elle a véhiculé d’elle-même.
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Ce titre évoquera sans doute dans les esprits la célèbre phrase de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient ». Et pourtant, ce n’est pas là l’unique propos de l’auteure, Marie-Jo Bonnet, historienne et militante féministe. Cette dernière s’intéresse dans cet ouvrage à l’ambivalence de l’intellectuelle quant à son rapport à sa féminité et aux autres femmes. Depuis de nombreuses années, Marie-Jo Bonnet s’interroge sur une partie cachée de la vie de Simon de Beauvoir qui fréquentait des « petites amies », comme les appelait Sartre, sans l’avouer ni l’assumer. Et va jusqu’à remettre en question sa légitimité à rester une référence du féminisme contemporain tant elle n’a jamais pu dépasser le « clivage entre son cœur de femme et son cerveau d’homme ». La réflexion de l’historienne est passionnante et nous plonge au cœur d’un conflit interne et intellectuel fulgurant. Et on aime découvrir ce portrait singulier d’une Simone de Beauvoir sans doute plus humaine que l’image qu’elle a véhiculé d’elle-même.

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You're the waves - Maïa Vidal

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En gardant son côté aérien, elle quitte peu à peu le monde féérique qu’elle avait bâti et s’ouvre à un espace plus en relief dans lequel elle absorbe joie, mélancolie et douleur. Tout prend sens.
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Elle nous avait séduit dès la sortie de son album God is a bike en 2011 et nous avait marqué à jamais en 2012, sur la scène du Grand Soufflet à Rennes. Écouter Maïa Vidal, c’est se pendre à ses lèvres et se prêter au jeu d'une expérience inédite, celle du souffle coupé tandis que la musique transcende notre esprit et nous transbahute dans un univers enchanteur et onirique. Avec You’re the waves, la chanteuse et musicienne nous propose de réitérer l’expérience. Avec encore plus de volume, davantage de noirceur et toujours plus d’histoires centrées sur les relations amoureuses, qui se font et se défont. Sa voix tout comme sa musique semblent plus assumées, plus rondes, plus profondes. En gardant son côté aérien, elle quitte peu à peu le monde féérique qu’elle avait bâti et s’ouvre à un espace plus en relief dans lequel elle absorbe joie, mélancolie et douleur. Et tout à coup, tout prend sens. On la suit, les yeux fermés.

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Lucie Dreyfus, la femme du capitaine - Elisabeth Weissman

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L'auteure dresse ici le portrait d'une femme amoureuse, qui se révolte pour la dignité de son mari et de sa famille mais aussi pour la justice sociale. Poignant.
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On se souvient de l’injustice vécue par Alfred Dreyfus, victime d’un complot dans lequel il fut accusé de haute trahison, dégradé, déporté en Guyane et humilié. Mais qui se souvient de Lucie Dreyfus, son épouse ? Discrète, elle n’en était pas moins au cœur de l’Affaire, épaulée par Matthieu, le frère du capitaine qui, lui, sera mis en lumière. Si le contexte de l’époque et l’éducation de la jeune femme expliquent son retrait médiatique et sa réserve, Elisabeth Weissman, journaliste et essayiste, réhabilite ce nom injustement oublié et encore mis sur la touche même plus de 100 ans après les faits. Ainsi, la lecture de Lucie Dreyfus, la femme du capitaine permet de redécouvrir l’Affaire sous un angle féminin mais aussi de s’interroger quant aux femmes qui ont marqué la grande Histoire sans toutefois apparaître comme des éléments majeurs, au profit des hommes pour qui on ne se pose aucune question quant à leur légitimité. L'auteure dresse ici le portrait d'une femme amoureuse, qui se révolte pour la dignité de son mari et de sa famille mais aussi pour la justice sociale. Poignant.

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