Juin 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

À tou-te-s celles et ceux qui ont tendance à penser que les féministes sont rabat-joie, on a envie de dire merde, déjà, mais surtout qu’elles/ils auraient bien fait de venir boire des verres au Bistrot de la Cité, le 11 mai dernier, lorsque le collectif FéminismeS de Rennes 2 organisait sa fête féministe « Zines & Zic ». Ce soir-là, Rosa Vertov était aux platines et l’EESAB de Rennes lançait FEMINISMES, un fanzine artistique, participatif, en riso bleu et orange, composé de 18 cartes au format A5.

Et dès la première image, on accroche : « Feminism encourages women to leave their husbands, kill their children, practice witchcraft, destroy capitalism and become lesbians ». Aucune proposition ne se ressemble et toutes abordent des thématiques essentielles à l’évolution des droits de toutes les femmes et des personnes LGBTI+ et à l’égalité entre les sexes et entre les êtres. Ainsi, sont représenté-e-s des vulves, des clitoris, des phallus en pronoms masculin/féminin, des seins, des utérus, des silhouettes, des symboles et même une Simone de Beauvoir équipée de gants de boxe…

Avec humour, poésie, ironie, provocation, à travers des dessins, des collages, des phrases, les artistes revendiquent l’anatomie féminine, la sexualité, la diversité, le droit à la liberté et au respect des différences et cassent les tabous et injonctions, qui (sur)plombent particulièrement le corps, enjeu de la domination patriarcale. Des thèmes forts et profondément humains qui font du bien !

Text: 

La Pologne n’en est pas à son coup d’essai niveau rétropédalage contre les droits des femmes. En octobre 2016, le pays connaissait de fortes manifestations de la part de centaines de milliers de femmes qui revendiquaient leur désaveu concernant le projet de loi visant à interdire quasiment entièrement l’avortement. Si le parti conservateur au pouvoir, Droit et Justice, a reculé face à la pression de la rue, il réitère une nouvelle fois le coup de massue, qui pourrait bien être décisif.

Le 24 mai dernier, le Parlement a voté pour une loi qui limiterait l’accès à la contraception d’urgence, communément appelée « pilule du lendemain ». Un droit auquel les personnes âgées de plus de 15 ans accédaient sans ordonnance, depuis le gouvernement précédent. Le contraceptif, avec la nouvelle loi, devra désormais être prescrite par un-e médecin. Bien évidemment, on comprend l’entourloupe.

Il ne s’agit pas d’un principe de précaution – qui serait totalement débile également – mais bel et bien d’une interdiction déguisée. Il faut le temps d’obtenir un rendez-vous avec un-e médecin et il faut que ce-tte dernier-e accepte de délivrer l’ordonnance. Sans oublier que les femmes seront certainement culpabilisé-e-s et empêché-e-s. Cette loi ne semble qu’une première étape scandaleuse visant à limiter les femmes dans leurs moyens de choisir leurs grossesses. Quelle sera la prochaine ?  

Posts section: 
Title: 
Les féminismes, ça se fête !
Title: 
Encore une attaque aux corps des femmes !
Summary: 
Aucune proposition ne se ressemble et toutes abordent des thématiques essentielles à l’évolution des droits de toutes les femmes et des personnes LGBTI+ et à l’égalité entre les sexes et entre les êtres.
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La Pologne n’en est pas à son coup d’essai niveau rétropédalage contre les droits des femmes et réitère une nouvelle fois le coup de masse, qui pourrait bien être décisif.

Mai 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Des journées qui commencent comme celle du 7 avril, on en voudrait beaucoup plus souvent. Alors que les premiers rayons matinaux percent les feuillages qui bordent le carré Duguesclin, la compagnie brestoise Dérézo concocte un petit-déjeuner gourmand et littéraire, à déguster dans le magic Mirror, installé dans le parc du Thabor à l’occasion du festival Mythos.

Anaïs Cloarec et Véronique Héliès, talentueuses actrices-cordons bleus, accueillent les sorti-e-s du lit autour de leur comptoir en bois, proposent thé, café, chocolat chaud, viennoiseries, œufs, jambon, tartines de confiture et jus d’oranges pressées. Ainsi, une trentaine de personnes partagent l’instant intime et néanmoins commun à chacun-e du breakfast, moment encore empreint de la nostalgie du lit, des rêves et des draps et pourtant si plein de promesses et de possibilités se profilant à l’horizon d’une journée nouvelle.

On casse l’angoisse de l’inconnu à venir ainsi que le jeûne, et non le jeune - « d’où l’importance de l’accent circonflexe » -, en écoutant les deux cheffes-comédiennes converser sur la dichotomie de la langue, l’art des astres et les nouvelles fraiches étalées dans la presse. Et en dégustant des madeleines faites maison, on les écoute réciter Proust, s’abreuver des Miscéllanées de Monsieur Schott et se nourrir de la singularité de la paradoxale poésie matinale. Un délice !

Text: 

Mais bordel, qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ce bas monde ? Comment peut-on encore en 2017 cultiver la haine et la peur de la différence et de l’autre ? Début avril, le journal indépendant russe Navaïa Gazeta a révélé, à travers une enquête illustrée de témoignages, une vague de persécutions envers des hommes supposés homosexuels en Tchétchénie, emprisonnés et torturés.

Certains parlent même de camp de concentration. « Il est difficile de faire le point sur ce qui est vrai », déclare Selene Tonon, présidente du CGLBT Rennes, lors du rassemblement de soutien organisé le 25 avril, place de la Mairie. Elle rappelle en revanche que les persécutions homophobes du pouvoir en place, « ça, c’est la réalité. » Tout comme la mort de trois hommes dans cette affaire. Le gouvernement tchéchène dément alors, argumentant que les homosexuels n’existent pas sur le territoire puisque dans l’éventualité où ce serait le cas, ils seraient assassinés par leurs familles.

Aucun mot n’est assez fort pour décrire l’horreur du discours et surtout de la situation. On ne peut que naïvement se demander « pourquoi ? » mais on ne peut se satisfaire d’aucune réponse. Notre irresponsabilité, passant par l’inaction, le laisser dire et le laisser faire – comme tel est le cas pour la Manif pour tous en France – conduit non seulement à la haine des autres mais aussi à la haine de soi, causant assassinats et suicides. Pourquoi ?

Posts section: 
Title: 
Un succulent réveil théâtral
Title: 
À quel point sommes-nous irresponsables ?
Summary: 
Des journées qui commencent comme celle du 7 avril, on en voudrait beaucoup plus souvent avec la compagnie brestoise Dérézo qui concocte un petit-déjeuner gourmand et littéraire...
Summary: 
Mais bordel, qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ce bas monde ? Comment peut-on encore en 2017 cultiver la haine et la peur de la différence et de l’autre ?

Avril 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Quand bonnes volontés et compétences s’assemblent, on le sait, ça peut faire des étincelles. Et on espère bien qu’il en sera ainsi pour l’équipe pluridisciplinaire – rédacteurs/trices, photographes, illustrateurs/trices, graphistes – du webzine associatif rennais, l’Imprimerie nocturne, qui souhaite ce mois-ci lancer sa revue papier.

Ainsi, une souscription a été lancée jusqu’au 10 avril sur la plateforme de financement participatif Ulule afin de participer à l’impression de 250 exemplaires du numéro 0 de la Revue de l’imprimerie, qui devrait compter 52 pages agrafées, au format A4 et en couleur. Depuis sa création en 2014, le webzine participe à l’information autour de la frétillante culture rennaise avec des portraits d’artistes ou professionnel-le-s du secteur, des comptes-rendus de spectacles, un agenda culturel.

Dans sa version imprimée, l’esprit devrait rester intact : une pratique collaborative, une mise en avant de la diversité des talents s’illustrant dans la photographie, les arts plastiques, le graphisme ou encore l’écriture, et un sommaire tournant autour de « dossier sur la culture et le handicap / portfolio photo rétrospectif de la vitalité culturelle rennaise / monde des livres (rue des livres, bande dessinée), du cinéma, de la musique, des Beaux-arts, spectacle vivant, chroniques et interviews / et même des jeux et des suprises ! », indique l’équipe sur la page Ulule. Ça donne envie de la feuilleter cette Revue de l’Imprimerie, et de la voir grandir !

Text: 

Porter plainte pour agression sexuelle ou viol est compliqué. Psychologiquement d’abord. Concrètement ensuite. La victime se heurtant souvent à des interlocuteurs qui retournent la situation et la rendent coupable de cette situation. Prouver le non consentement – surtout lorsque l’agresseur est connu – est quasiment impossible dans ce système borné à penser que les femmes suscitent, dès lors qu’elles mettent le pied dans l’espace public, le désir et que les hommes ne peuvent contrôler leurs pulsions.

Quand on ne pense qu’on ne peut pas faire pire, on tombe de bien haut en lisant l’article de The Guardian, daté du 29 mars 2017 et intitulé « Mexican man cleared in sexual assault of schoolgirl because he didn’t ‘enjoy’ it ». Le 1er janvier 2015, une jeune fille de 17 ans est enlevée dans l’état de Veracruz, au Mexique, par quatre garçons de son lycée privé. Durant sa séquestration, elle subira attouchements à la poitrine et pénétrations vaginales avec les doigts.

Diego Cruz, un des accusés, est désormais libre. Pourquoi ? Parce que, dit-il, il n’a jamais eu « d’intention charnelle » et surtout n’a pas pris de plaisir. Des arguments que le juge retient pour acquitter le fils d’une riche famille de l’état mexicain. Tout est dit. Et les femmes, qui ont l’intention d’être libres de s’habiller comme elles veulent et de sortir quand elles veulent, elles, elles sont coupables. Scandaleux.

Posts section: 
Title: 
Non, la presse papier n'est pas morte !
Title: 
Pas d'intention, pas de coupable !
Summary: 
Le webzine rennais L'imprimerie nocturne lance sa revue papier et ça a l'air top !
Summary: 
Accusé de séquestration et d'agression sexuelle sur une jeune femme de 17 ans, le prévenu est acquitté. Pourquoi ?

Mars 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

« Face à un terme qui n’a pas bonne réputation, une poignée de bons mots vaut souvent mieux qu’un statu quo que l’on croit douillet. À rebours de l’irritant « je ne suis pas féministe, mais… », on n’invoquera jamais trop de raisons d’exiger l’égalité. » C’est ainsi que la journaliste Clarence Edgar-Rosa (Causette, ELLE, blog pouletrotique.com…) introduit son ouvrage Les gros mots – abécédaire joyeusement moderne du féminisme, publié aux éditions Hugo Doc en octobre 2016.

Que l’on soit déjà bien initié-e-s ou non aux théories féministes, à l’intersectionnalité, aux combats LGBTI+, aux différentes vagues et courants du féminisme, peu importe, ce bouquin est de première nécessité pour tou-te-s ! Un guide ou un rappel, il est bon de se plonger dans la multitude de définitions proposées pour comprendre les tenants et aboutissants de la lutte pour l’égalité des sexes mais aussi de pouvoir s’armer d’arguments clairs, d’exemples et de références.

Et on aura d’autant plus d’aplomb en complétant cette lecture par celle du fantastique petit illustré Le féminisme, d’Anne-Charlotte Husson, doctorante en sciences du langage et animatrice du blog « Genre ! », et Thomas Mathieu, dessinateur du Projet Crocodiles, édité aux éditions du Lombard, en octobre 2016 également. Des abreuvoirs de connaissances particulièrement accessibles qui font du bien, démontrant que le féminisme n’a rien d’effrayant mais de fondamentalement essentiel.

Text: 

La non mixité est controversée et ne plait pas à tout le monde, mettant en lumière l'idée d'exclure une ou plusieurs personnes d'un groupe. Ici en raison de son appartenance au sexe ou au genre masculin. Les défenseuses de la non mixité insistent quant à elles sur la nécessité de se retrouver entre femmes, cis et trans, afin de partager des expériences mais aussi des solutions et éventuellement envisager des actions ensemble. Sans qu'un ou plusieurs hommes ne s'interposent ou prennent l'espace.

Pour ou contre la non mixité, là n'est pas la question finalement ici. Mais on remarque qu'en général, dans les conversations concernant les inégalités entre les femmes et les hommes, ces derniers ne peuvent s'empêcher d'intervenir pour expliquer aux femmes que certes, elles sont peut-être défavorisées par rapport à eux mais il ne faudrait pas les oublier pour autant car eux aussi souffrent pour telle ou telle raison. Et finissent par en conclure que les féministes, bah, elles sont contre les hommes.

Pourquoi ne peut-on jamais en mixité aborder la question des difficultés vécues par les femmes sans le sempiternel refrain de Men tears (définition à chercher et à lire dans le livre de Clarence Edgard-Rosa - lire le coup de coeur) ? Vous ne nous croyez pas ? On exagère ? Prêtez oreilles attentives et ouvrez l'oeil durant les conférences organisées jusqu'au 19 mars, dans le cadre du programme du 8 mars... Vous êtes prévenu-e-s !

Posts section: 
Title: 
Définitions et dessins, abreuvoirs de connaissances féministes
Title: 
Les men tears, ça suffit !
Summary: 
Des livres qui font du bien pour démontrer que le féminisme n’a rien d’effrayant mais de fondamentalement essentiel.
Summary: 
Pourquoi ne peut-on jamais en mixité aborder la question des difficultés vécues par les femmes sans le sempiternel refrain de Men tears ? Vous ne nous croyez pas ?

Février 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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L’association rennaise des parents d’enfants déficients auditifs (APADEDA) a participé au prix Klesia Accompagnement handicap 2016 et a remporté le prix « Prévention ». L’initiative proposée : Aux petits soins, un livre en version papier et en version numérique sur le thème de l’hôpital « pour faire le lien entre les familles d’enfants sourds et les professionnels du milieu hospitalier », comme l’explique Olivia Le Divelec - fondatrice du projet et présidente de l’APADEDA Rennes - en Langue des Signes Française, dans une vidéo de présentation.

L’hôpital peut être une épreuve éprouvante pour les enfants, d’autant plus lorsque la communication entre le personnel et eux est altérée. Ainsi l’ouvrage, qui devrait être publié fin 2017 aux éditions Goater et réalisé avec l’aide de la compagnie rennaise 10 doigts, sera personnalisable et ludique – à l’aide d’autocollants, de jeux, d’activités, etc. - dans l’objectif d’aider les enfants sourds à comprendre précisément les étapes de leur parcours de soins et établir une communication et une relation de confiance avec les professionnel-le-s.

Dans la vidéo, à découvrir sur le site du prix Klesia ou sur le site de France 3 Bretagne, l’éditeur Jean-Marie Goater explique clairement les ambitions créatives et innovantes de ce projet qui intervient auprès de l’enfant dès sa préparation à l’entrée à l’hôpital et ce jusqu’à sa sortie. Une excellente initiative !

Text: 

Depuis maintenant 7 ans, on assiste sur la toile à une déferlante des blogs dénonçant le sexisme de cette société toujours bercée par l’hétéropatriarcat. Que l’on ne se méprenne pas, la naissance de la famille Paye ta shnek, Paye ton utérus, Paye ta robe, Paye ta blouse, Paye ta fac, Paye ton taf ou encore Paye ton journal, nous ravit puisqu’elle suscite - par les nombreux témoignages décrivant des situations de sexisme vécues dans la rue, l’accès aux soins, le milieu hospitalier, l’université, le travail ou les rédactions – une prise de conscience et établit une preuve tangible que la misogynie n’est pas seulement l’apanage des classes populaires comme l’ont souvent sous-entendu les reportages sur le sujet ou les discours politiques…

Ses plateformes d’expression révèlent donc un sérieux problème d’éducation et les préjugés sexistes et de genre se répandent encore et toujours comme une trainée de poudre, dans tous les milieux de la société. Il est impensable en 2017 qu’un chargé de TD en cours d’histoire du droit lâche que « l’avantage des lois, c’est qu’on peut les violer sans qu’elles ne crient », qu’un infirmier demande à une stagiaire « Est-ce que tu aimes l’escalade ? C’est pour savoir si tu voulais bien me grimper dessus. », qu’un directeur ne regarde que la photo de CV et conclut un entretien d’embauche par « Et en plus vous êtes jolie ! » !

Le sexisme ordinaire est omniprésent et bien plus que pesant. Ras-le-bol !

 

Posts section: 
Title: 
Aux petits soins, pour l’accompagnement des enfants sourds à l’hôpital
Title: 
Paye ton sexisme omniprésent !
Summary: 
Un livre pour aider les enfants sourds à comprendre précisément les étapes de leur parcours de soins et établir une relation de confiance.
Summary: 
Les plateformes d’expression révèlent un sérieux problème d’éducation et les préjugés sexistes et de genre se répandent encore et toujours...

Janvier 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Oh oui, on a plaisir à y croire ! Tout comme la canadienne Lori Malévart-Traversy qui signe en 2016 Le clitoris*, un documentaire animé entièrement dessiné à la gouache et brillamment orchestré pour terrasser les théories fumeuses de Sigmund Freud… Qui établit le seul organe destiné au plaisir au rang d’ennemi public numéro 1 et le relègue au banc des petits joueurs. Autorisé à intervenir simplement en début de partie !

L’an dernier, les langues se déliaient et les discours s’élevaient enfin pour rejoindre ceux des féministes qui prônent la réappropriation du corps des femmes, sans tabous, sans honte, ni invectives. Houda Benyamina mettait les points sur les I avec Divines, en inscrivant la réplique « T’as du clito » dans le langage courant, l’imprimante 3D donnait enfin du relief et donc une perspective à cette partie du corps et Lori Malévart-Traversy l’animait dans un court-métrage contre « l’obscurantisme clitoridien ». Dans le but de démystifier la sexualité féminine et stopper les idées reçues autour du match Vagin VS Clito.

Pourquoi choisir un camp et se priver de toutes les possibilités offertes par notre anatomie ? D’où l’importance d’une information de qualité, accessible à tou-te-s, que ça plaise ou non. Le clitoris n’est plus un mythe, il est le sésame d’une jouissance illimitée pour qui le possède et qui le caresse.

 

*Le court-métrage devrait être visible courant 2017, une fois le documentaire présenté dans tous les festivals sélectionnés.

Text: 

S’il est indéniable que des progrès et des avancées sont à saluer en matière de droits humains, le contraire est à constater également. Après avoir supprimé en avril 2016 le Pass Contraception en Ile-de-France, la présidente LR Valérie Pécresse a annoncé en décembre dernier que la région ne financerait désormais plus les études sur le genre, les inégalités et les discriminations, soutenues depuis dix ans.

Dans son article du 14 décembre, Libération rappelle les dires de l’élue flirtant avec la Manif pour tous : « Je suis pour l’égalité homme-femme, c’est à la racine de mes convictions. L’égalité oui, mais pas l’indifférenciation des sexes (qui est) un projet politique, une idéologie. On ne subventionnera pas la théorie du genre. »

Mi-décembre, son homologue masculin Laurent Wauquiez, présidant la région Auvergne-Rhône-Alpes, a coupé de 12 000 euros les subventions aux festivals LGBT du territoire. Face au mouvement contestataire du Mariage pour tous, il ne sourcillait pas et assurait être favorable à l’abrogation de la loi Taubira.

Fin décembre, le quotidien national de gauche offrait une tribune à l’anthropologue et psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, intitulée « Procréation assistée : le déni familial de la gauche », qui souligne qu’en matière de modèle familial, les deux camps politiques ennemis se retrouvent dans leur esprit traditionnaliste. Loin d’être rassurant…  

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Title: 
Le clitoris ne serait plus l'ennemi public n°1 ?
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Un pas en avant, trois pas en arrière...
Summary: 
Oh oui, on a plaisir à y croire ! Le clitoris n’est plus un mythe, il est le sésame d’une jouissance illimitée pour qui le possède et qui le caresse.
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Les esprits réac' décomplexés = pertes sèches pour les études de genre, les droits LGBTI et l'évolution des mentalités...

Divines - Houda Benyamina

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Divines est une bourrasque passant du tragique au comique et de la chronique sociale au polar haute tension. Un film coup de poing bien dans son époque.
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Dounia vit dans une cité en bordure de l'A3 et passe ses journées avec sa meilleure amie Maimouna. Pour s’en sortir elles volent des bonbons et sodas au supermarché du coin qu’elles revendent à la récréation de leur lycée. Mais cette vie ne les fait pas rêver. Passer son BEP accueil n’a rien de captivant pour ses deux gamines des quartiers qui rêvent d’argent facile.

Elles rencontrent alors Rebecca, une dealeuse du quartier très respectée qui fait travailler bon nombre de petits malfrats. Rebecca va leur donner l’opportunité de faire leurs preuves. Dounia va alors gravir peu à peu les échelons jusqu’à avoir de réelles responsabilités au sein de la petite entreprise de la caïd Rebecca.

La force et l’énergie de Divines s’expriment à travers les dialogues enflammés et le talent frais et éblouissant de ses actrices. Le film de Houda Benyamina se réapproprie les codes du film de cité en les féminisant. Le film est social et politique. Si les filles ne se satisfont pas des prêches de la mosquée elles préfèrent et choisissent la réhabilitation à travers l’argent roi.

Gagnées par le capitalisme, voitures de sport, ray ban, parfum et voyages, elles finiront par en dégringoler brutalement, selon un dur discours d’apprentissage. Divines est une bourrasque passant du tragique au comique et de la chronique sociale au polar haute tension. Un film coup de poing bien dans son époque.

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La révolution dans la peau - Serge Rubin

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L’ouvrage se dévore, rappelant ainsi une partie de l’histoire de France et de ses colonies qu’il est bon de ne pas oublier. Une histoire de choix, de convictions et de liberté qui fait du bien, aux petit-e-s comme aux grand-e-s.
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1789. Lucile est une jeune femme Blanche qui vit en Guadeloupe. Elle s’enthousiasme à l’idée d’épouser son voisin Pierre, à la condition irréprochable. Ensemble, ils aspirent à une vie prospère entre le fruit de leur exploitation de canne à sucre et la maitrise de leurs esclaves nègres marrons, pour qui elle n’a pas d’empathie, si ce n’est pour Rose, sa nounou.

Petit à petit, Lucile, éduquée libre, se désole de l’obéissance qu’elle doit systématiquement à son époux. La même obéissance qu’un esclave doit à son maitre. Et lorsque, enceinte, elle découvre qu’elle est en réalité une femme Noire à la peau blanche, sa prise de conscience fera basculer son existence.

L’auteur se saisit de la collection pour enfants « Livres et égaux » de la maison d’édition Talents hauts, pour mettre en perspective, avec finesse et intelligence, l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que l’égalité entre les Noir-e-s et les Blanc-he-s.

Et l’ouvrage se dévore également lorsque l’on est adulte, rappelant ainsi une partie de l’histoire de France et de ses colonies qu’il est bon de ne pas oublier. Une histoire de choix, de convictions et de liberté qui fait du bien, aux petit-e-s comme aux grand-e-s.

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Women's power, les nouveaux féminismes - Charlotte Bienaimé

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On se délecte de la qualité et de l’engagement de cette série moderne et ouverte sur l’ailleurs et l’après. Marre d’être femme mais fière d’être femme, peut-on entendre. On est d’accord.
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« Je voudrais donner une petite explication à ceux et celles qui nous écoutent. Peut-être pensez-vous déjà que l’élément féminin du journal a fait cette nuit sa révolution. Une révolution victorieuse qui a chassé, en bloc, tous les hommes du micro. Et bien soyez rassuré-e-s, il n’en est rien. »

Du 22 au 26 août, auditeurs et auditrices qui branchaient leur radio sur France Culture pouvaient entendre cette phrase intrigante dès 9h. En effet, l’émission Grande Traversée proposait tous les jours de la semaine un épisode de « Women’s power, les nouveaux féminismes », série initiée par la journaliste Charlotte Bienaimé (auteure de l’ouvrage Féministes du monde arabe). Cinq chapitres articulés autour de la condition des femmes, mêlant témoignages d’anonymes du quotidien, expertes mais aussi artistes musiciennes.

Avec talent et subtilité, la journaliste, ainsi que toute son équipe, met en lumière les difficultés, les réalités, les constats et les initiatives portées par les femmes d’aujourd’hui et brise les tabous des violences, des rapports de domination insidieux entre les sexes, de la hiérarchisation établie entre blanches et non-blanches, de la pression, de la norme et des non-dits. Tout y passe, rien n’est laissé au hasard ou sur le côté.

Et même quand on est sensibilisé-e-s à ces questions, on se délecte de la qualité et de l’engagement de cette série moderne et ouverte sur l’ailleurs et l’après. Marre d’être femme mais fière d’être femme, peut-on entendre au début de l’épisode « Quand c’est non, c’est non ! ». On est d’accord.

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Octobre 2016

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Marine Combe
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Marine Combe
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Depuis le 8 septembre dernier, et jusqu’au 8 mars prochain, un plan national d’actions et de mobilisation a été mis en place pour lutter contre le sexisme qui résiste malgré les lois et les mouvements féministes. Au lancement de la campagne « Sexisme pas notre genre ! », Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, a rappelé qu’il est essentiel de passer à la vitesse supérieure.

Voilà qui nous plait. Encore faut-il que ce ne soit pas un simple effet d’annonce. Une plateforme numérique permet aux citoyen-ne-s de témoigner de situations vécues relevant du sexisme et de soumettre des initiatives destinées à faire changer les mentalités et faire reculer, jusqu’à faire disparaître (mais ça n’arrivera pas en 6 mois, hélas), les comportements sexistes.

Ces dernières, si elles sont acceptées, sont ensuite labellisées « Sexisme pas notre genre ! », comme tel est le cas de la nouvelle série d’affiches et de flyers proposés par le collectif Stop harcèlement de rue Rennes. La structure a présenté mardi 4 octobre - entre 12h et 14h devant le restaurant universitaire de Rennes 2 à Villejean - ses dernières créations signées Thomas Mathieu, plume et dessinateur du célèbre Projet crocodiles.

Une belle manière d’illustrer le quotidien des femmes qui subissent des violences verbales dans l’espace public et de donner des billes pour réagir et ne plus rester passifs/passives dans ces cas-là.

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Dire qu’en 2016 les femmes n’ont toujours pas le droit de disposer librement de leurs corps, c’est s’exposer à la crispante réflexion « Tu exagères… », accompagnée d’une moue horripilante et des yeux en l’air. Et dire qu’en 2016, les droits des femmes ne sont pas acquis, mais alors vraiment pas acquis, c’est comme pisser dans un violon.

En Europe, on serait soi-disant « bien loties ». La preuve : deux ans après le projet de loi espagnol, visant à restreindre le droit à l’avortement, c’est au tour de la Pologne et de son gouvernement conservateur de la jouer catho catho. Encore plus qu’aujourd’hui on veut dire. Car depuis 1993, l’accès à l’IVG chez nos voisins polonais ne se fait que sous condition : grossesse à risque sur la vie ou la santé de la femme, malformation grave du fœtus ou acte illégal comme le viol (et l’avortement doit être autorisé par un juge).

Le 22 septembre, le Parlement polonais a adopté en première lecture un projet de loi visant à interdire et pénaliser le recours, la pratique et l’incitation à l’avortement Même cas de figure qu’en Espagne, la population s’insurge et se soulève contre cette privation de liberté. Le 3 octobre, les femmes polonaises se sont mises en grève pour protester et à Rennes, un rassemblement de soutien a été organisé place de la Mairie.

Dire qu’en 2016 on doit le rappeler : « Mon corps, mon choix », « Un enfant si je veux, quand je veux ! ». Alors non, bordel, on n’exagère pas !  

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Title: 
Le Crocodile contre le sexisme dans les rues de Rennes
Title: 
Non, les femmes ne disposent pas de leurs corps
Summary: 
Une belle manière d’illustrer le quotidien des femmes qui subissent des violences verbales dans l’espace public et de donner des billes pour réagir et ne plus rester passifs/passives.
Summary: 
Dire qu’en 2016 on doit le rappeler : « Mon corps, mon choix », « Un enfant si je veux, quand je veux ! ». Alors non, bordel, on n’exagère pas, on ne dispose toujours pas librement de nos corps...

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