Tiens-toi droite - Katia Lewkowicz

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Si le film est curieux et volon­tairement chaotique et décousu il tente tant bien que mal de défier dans la dou­leur les conventions du cinéma populaire français à travers un féminisme plus hu­maniste que politique.
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Tiens-toi droite c’est le destin de trois femmes qui gravitent dans le même monde mais dont les préoccupations et réflexions sur ce monde sont très différentes. Sam est mère de plusieurs enfants et en attend deux autres. Dans sa vie de maman et de femme, Sam est au bord du burn out. Elle travaille dans une usine à poupée où elle croise Louise, une femme ambitieuse et volontaire qui vient de quitter le pressing familial pour un poste de cadre dans l’entreprise de son amant. Lili a elle été élue Miss Calédonie et va prêter ses mensurations à la fameuse poupée en élaboration. Très naïve et candide Lili est assez mal adaptée à ce monde qu’elle côtoie. Katia Lewkowicz réalise un film qui s’éparpille un peu. Une comédie qui cristallise l’hystérie féminine en mettant délibérément assez mal ses sujets en valeur. Au bord de la crise de nerf, ces trois femmes qui ne se connaissent pas ont la volonté farouche d’évoluer au sein de leur milieu. C’est ce qui va les faire se rencontrer, se juxtaposer. Si les hommes sont peu pré­sents et disparaissent peu à peu, la pres­sion des mères est bien présente. Une multiplication des points de vue et un questionnement sur l’image de la femme et son corps. Si le film est curieux et volon­tairement chaotique et décousu il tente tant bien que mal de défier dans la dou­leur les conventions du cinéma populaire français à travers un féminisme plus hu­maniste que politique.

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Juin 2015

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Blanc. La couleur de la pureté, de la perfection, de la virginité. Blanc. La couleur de l’enfermement, la solitude, la folie. Pourtant, Paloma Fernandez Sobrino, metteure en scène et comédienne associée à L’âge de la tortue, à Rennes, se passionne pour le gris (lire notre interview YEGG #36 – mai 2015 – p.22 et 23). Et c’est ce qu’elle nous montre avec son spectacle Déroute(2), présenté en avant-première dans le théâtre du Vieux St-Etienne, le 15 mai dernier, avec la chanteuse lyrique Justine Curatolo. Inspirée par le vécu de sa grand-mère, mariée à l’église par amour et enfermée dans sa solitude, et les témoignages de nombreuses femmes, l’artiste espagnole explore la capacité d’un individu à s’épanouir et à trouver du bonheur malgré la désillusion. L’esthétique et l’originalité de la proposition vont de pair dans une mise en scène soignée aussi bien au niveau de la disposition intimiste qu’au niveau de la parole, soufflée, murmurée, intense, chantée – en français et en espagnol – et des odeurs de lessive - retour à la propreté et à la pureté – qui nous saisissent les narines et nous ramènent dans les draps vieillis de notre enfance. Tout dans cette création est fait pour nous emporter dans un univers peu familier mais qui résonne dans nos entrailles. Loin d’une leçon moralisatrice, Paloma Fernandez Sobrino et Justine Curatolo – et toute l’équipe – réussissent à nous bercer entre apaisement et violence d’un instant suspendu et déstabilisant. À découvrir lors du festival Les Tombées de la nuit, les 3 et 4 juillet au théâtre La Paillette à Rennes (deux représentations par jour : 17h30 et 19h30).

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1981, François Mitterand est élu. Yvette Roudy devient ministre des Droits des femmes, et instaure en 1983 la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes en entreprise. Plus tard, elle œuvre pour la féminisation des noms de métiers, grades et fonctions, mais aussi pour la parité dans les institutions et la constitution, en créant L’Assemblée des femmes, en signant et initiant plusieurs manifestes en ce sens également, etc. Un matin de mai 2015, Yvette Roudy, 86 ans, se lève, découvre l’actualité et trésaille. On la comprend. L’actuel ministre du Travail, François Rebsamen, propose un projet de loi voué à simplifier le dialogue social. Bémol : les outils de l’égalité professionnelle, tels que le Rapport de Situation Comparée ou la Commission égalité pro’ – visant à analyser les différences entre les femmes et les hommes, permettant de réduire les écarts de salaire - seront supprimés. Les associations féministes montent au créneau, à l’initiative d’Yvette Roudy, et lancent une pétition sur le site #SOS Égalité professionnelle ; le ministre parle de « malentendu » et promet un amendement pour calmer les énervées. Nous pourrions nous essuyer le front et souffler de soulagement, mais non : l’égalité des sexes n’est toujours pas prise en compte par les hommes politiques et constitue une bataille de tous les jours. Aucun droit n’est jamais acquis, loin de là. #Fatigue #Onnelâcherarien

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Title: 
Déroute esthétique
Title: 
L'égalité pro, on s'en fout ?
Summary: 
Paloma Fernandez Sobrino, comédienne et metteure en scène, et Justine Curatolo, chanteuse lyrique, explorent une facette intime d'une femme prisonnière de son mariage vers son acceptation, dans une esthétique irréprochable.
Summary: 
Aussi mal appliquées soient-elles, les lois visant à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes existent depuis plus de 30 ans. Aujourd'hui menacées, le combat pour les droits des femmes est plus que jamais nécessaire.

Mai 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Et vivre était sublime », une ode à la vie, à l’amour, au sexe, aux femmes et aux hommes. C’est ce que propose le duo des « garçons manqués » dans cette lecture musicale présentée lors du festival Mythos, à Rennes, un vendredi soir d’avril. Le 10 précisément. Un duo qui réunit l’écrivain Nicolas Rey et le musicien Mathieu Saïkaly, au centre d’un auditoire disposé en cercle autour de ces deux hybrides. Tout de suite, un coup de cœur. Une évidence foudroyante. D’un côté, Nicolas Rey, qui lit des textes d’Albert Cohen, de Céline ou encore de Boris Vian, avec une voix unique, tremblotante, chargée de ses histoires à lui qui a souvent été piqué à vif. D’un autre, Mathieu Saïkaly, qui gratte délicatement les cordes de sa guitare et interprète les chansons de Bob Dylan, des Stones ou encore de Johnny Cash, avec une voix douce, teintée de folk et bercée de sa candide jeunesse. Les textes dévoilent des figures féminines fantasmées et fantasmantes, empreintes de réalisme. La pureté romantique emboite le pas à la description très crue de la rencontre, du sentiment amoureux et de la relation sexuelle, sans occulter l’angoisse ressentie par un homme avant de s’abandonner aux plaisirs de la chair. La vision de la Femme, sortie de la plume d’auteurs masculins et déclamée par les bouches fragiles de deux hypersensibles bien assumés, est belle, libératrice et moderne.

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La course à la présidence de France Télévisions par le CSA – Conseil Supérieur de l’Audiovisuel – a agité les chaines de télé et les médias. Mi-avril, le collectif de femmes journalistes « Prenons la Une », visant à lutter contre le sexisme dans les médias, a adressé une lettre ouverte aux candidat-e-s à la présidence de France Télévisions, les interpelant sur le faible chiffre d’expertes invitées sur les plateaux télés (- de 20%). Rappelant aussi l’engagement du groupe des chaines publiques lors de l’événement « En avant toutes », en mars 2014 : atteindre 30% d’expertes dans les émissions d’information (le directeur de l’information parlait même de 35% d’ici fin 2015). Et l’enthousiasme s’en est allé, visiblement, puisqu’aucune communication, ni rapport public, n’ont ensuite été faits sur d’éventuels chiffres prouvant une évolution positive dans ce domaine. Le collectif saisit alors le ou la future président-e, soulignant qu’il en est de son rôle de mettre l’égalité sur les plateaux. De toute urgence. Tout comme « Prenons la Une », nous nous mobilisons contre les stéréotypes, pour l’égalité des sexes et pour une juste représentation des femmes dans les médias. Ceci est donc un coup de gueule préventif… Une bonne chose alors que la future présidente (août 2015), Delphine Ernotte-Cunci se définisse comme une militante de l’égalité professionnelle !

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Title: 
Libérer la figure féminine
Title: 
L'égalité à la télévision française ?
Summary: 
La vision de la Femme, sortie de la plume d’auteurs masculins et déclamée par Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly, est belle, libératrice et moderne.
Summary: 
Les femmes sont minoritaires sur les plateaux de télévision. La future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, fera-t-elle bouger les lignes ?

Avril 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Depuis plusieurs dizaines d’années, le corps féminin est devenu l’objet d’un business hallucinant, vendant un modèle unique, mince, à la peau blanche et parfaitement lisse. Revendiquer un corps ne correspondant pas à la foutue norme n’est pas tâche aisée, l’accepter encore moins, le faire accepter, n’en parlons pas. Si la prise de conscience commence à peine, le chemin de l’action et du changement reste encore bien tortueux. On ne peut alors que se réjouir d’assister à la naissance du projet Hors-normes, groupe rennais lancé le 26 mars dernier par Manon Deniau, étudiante à Rennes 2 et journaliste pour YEGG, ne nous en cachons pas - l’initiative étant parfaitement indépendante de notre rédaction. C’est par les réseaux sociaux Facebook et Twitter qu’elle choisit d’impulser cette dynamique issue du « body positivism », dont l’objectif est de relayer auprès de ses membres des informations destinées à promouvoir la diversité des corps et leur beauté. Peu importe la forme et l’aspect de notre enveloppe corporelle, la lutte contre la pression sociale et médiatique doit être engagée à titre individuel et collectif. Le groupe permet d’interpeller notre rapport au corps et de débattre en s’affranchissant des jugements répressifs et oppressants. Manon Deniau indique vouloir à l’avenir créer des cafés-discussions, à Rennes. Forcément, on aime et on soutient !  

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Nous évoquions le projet dans nos colonnes, en septembre 2014, lorsque le mouvement HF Bretagne recrutait 2 personnes pour réaliser un diagnostic sur la place des femmes dans les arts et la culture en région. Le 25 mars dernier, au Triangle, Marion Indo – partie Spectacle vivant – et Zoé Haller – partie Arts plastiques – dévoilaient les résultats de leur étude, réalisée à l’automne dernier durant 2 mois, à partir des informations disponibles sur Internet ou dans les plaquettes de saison 2014-2015 sur 2448 spectacles (pour Spectacle vivant) et à partir des informations disponibles sur Internet pour les années 2013 et 2014 (pour Arts plastiques). Nous n’attendions pas des chiffres mirobolants mais ceux délivrés dans la plaquette – étude complète sur la page Facebook de HF Bretagne – sont effarants. Les femmes sont majoritaires, entre 71 et 87%, dans les domaines de l’administration, la médiation, la communication ou encore de la billetterie. Mais ne sont que 17% à diriger les spectacles que nous voyons. Ne sont que 22% à la tête des structures culturelles et 15% à écrire ou composer les textes et musiques que nous entendons. Concernant les arts plastiques, elles n’étaient que 29% à être exposées, sur 36 lieux et 5 manifestations d’art contemporain. La Bretagne est loin de l’excellence prétendue dans de nombreux domaines. Niveau prise de conscience et évolution, on mettrait bien un zéro pointé. Honteux !

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Title: 
À la poubelle la norme corporelle
Title: 
Des inégalités bien cultivées
Summary: 
Le chemin pour s'affranchir de tous les jugements et de toutes les pressions sociales et sociétales et trouver son corps beau, tout simplement.
Summary: 
Le mouvement HF Bretagne publie son diagnostic sur la place des femmes dans les ars et la culture : les chiffres sont effarants !

Nous sommes tous des féministes - Chimamanda Ngozi Adichie

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Ce court essai est un manifeste pour les femmes, il répète des évidences mais fait du bien. Il permet surtout de viser un public non sensibilisé à l'égalité des sexes.
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Prononcé en décembre 2012, le discours de l’écrivaine nigériane « Nous sommes tous des féministes » vient de paraître aux Éditions Gallimard, regroupé avec l'un de ses écrits, Les marieuses. Retravaillé pour le rendre plus littéraire, ce texte incisif vise juste. En cinquante pages, elle explique, avec chiffres et expériences personnelles à l'appui, pourquoi les mouvements féministes restent nécessaires. Que ce soit au Nigéria, son pays d'origine, ou aux États-Unis, son pays d'adoption, Chimamanda Ngozi Adichie fait le même constat : les femmes ne jouissent pas des même droits que les hommes. Ce court essai est un manifeste pour les femmes, il répète des évidences mais fait du bien. Il permet surtout de viser un public non sensibilisé à ces problématiques. Et c'est le but recherché par l'auteure, qui aimerait qu'hommes et femmes changent la société ensemble.

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Mars 2015

Writers: 
Chloé Rébillard
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche ! » Le slogan de la Marche Mondiale des Femmes – mouvement international féministe, altermondialiste et anti-capitaliste – s’apprête à résonner à nouveau, du 8 mars au 17 octobre 2015. Organisé tous les 5 ans, depuis l’an 2000, l’événement tend à réunir les femmes autour de luttes et valeurs communes. Pendant 8 mois, des actions collectives seront organisées à partir des 5 thèmes suivants : Justice climatique et souveraineté alimentaire, Violences, Montée des extrêmes, Migrations et mondialisation, et Travail des femmes et autonomie financière. De quoi ratisser large ! En parallèle, une caravane féministe partira du Kurdistan turc dès le 8 mars, et après avoir traversé une quinzaine de pays – dont la France, du 6 ou 8 juin à Nantes – elle arrivera au Portugal, le 17 octobre prochain. L’occasion de mettre en lumière toutes les conditions de femmes, de se rassembler et de bâtir ensemble un temps d’échange autour d’expériences aussi singulières qu’universelles. Et dans la capitale bretonne, les rennaises ne seront pas laissées sur le bord de la route. Elles sont invitées le 7 mars à prendre part à la marche chorégraphique dans la cité (lire Focus YEGG N°34 - p.12 à 21). De belles initiatives se profilent à l’horizon. En mars, soutenons les copines kurdes qui méritent un coup de projecteur !

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En France aujourd'hui, c'est une femme sur dix qui a été violée ou qui le sera au cours de sa vie. Pour 10 000 plaintes enregistrées, 75 000 viols auraient lieu chaque année en France. Pourquoi un tel silence étourdissant face à un crime que l'on condamne à 15 ans de réclusion ? Tabou, honte et peur de ne pas être entendue sont des éléments clés. 80% des agresseurs sont connus de la victime et plus de la moitié des viols ont lieu au domicile de l'un ou de l'autre. Dans un tel contexte, il est plus difficile de dénoncer son agresseur. Ces faits sont martelés depuis plusieurs années par des associations, et depuis peu sur la toile. Mais en 2015, il faut encore en remettre une couche car les mentalités mettent (trop) longtemps à évoluer. La récente campagne « Proches » du Collectif Féministe Contre le Viol – diffusée depuis le 27 janvier sur internet et à la télévision - a permis de remettre le sujet sur la table. Le synopsis ? Simple et efficace : un jeune homme bien sous tout rapport salue ses amis à une soirée, il est le meilleur ami, drôle et agréable, celui que tout le monde apprécie. Mais quand il arrive face à Julie, il est l'homme qui l'a violé. Une manière abrupte de rappeler une réalité qui l'est plus encore. La campagne est réussie, mais combien de temps faudra-t-il encore le répéter avant que les choses n'évoluent ?

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Title: 
Marchons, marchons ! Pour nos droits !
Title: 
Le viol, bis, ter... (et c'est pas fini) repetita
Summary: 
La marche mondiale met en lumière toutes les conditions de femmes, rassemble et permet de bâtir ensemble un temps d’échange autour d’expériences aussi singulières qu’universelles.
Summary: 
La campagne contre le viol, orchestré par le Collectif Féministe Contre le Viol, est réussie, mais combien de temps faudra-t-il encore le répéter avant que les choses n'évoluent ?

Février 2015

Writers: 
Marie Le Levier
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

Il y a Yvonne et Marguerite, les inséparables, Andrée, Geneviève et Anne-Claire. Elles sont cinq, « le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin » de Paul Eluard, leurs regards délavés scrutant l’horizon, attendant de voir revenir l’absent, dans le calme pesant de leurs intérieurs ou dans l’angoisse de la tempête qui bat leurs fenêtres d’embruns et de sel. Elles crèvent l’écran, actrices d’un quotidien fait d’espoir et de silence seulement rompu par le fracas des vagues. Captives de leur destin de femmes de marins. Cinq témoins rares de cette vie suspendue aux caprices de la mer. Trois sont veuves et disent avec pudeur leur malheur. Les deux autres sont seules à terre de longs mois, partageant leur quotidien avec leurs enfants que les pères n’ont souvent pas vus naître. Derrière la caméra, une réalisatrice pleine de talent, Frédérique Odye. Cette fille de marin pêcheur normand a ici réuni ses deux amours, la mer et l’art. Son documentaire, Les Veilleuses de Chagrin, est un bijou délicat et fort, poétique et feutré. Jamais elle ne tombe dans le pathos ni dans la surenchère esthétique, ou pire dans le voyeurisme outrancier. Plus qu’un hommage, elle livre une ode fragile et bienveillante, fidèle et brutale, aux femmes de marins.

Les Veilleuses de Chagrin, de Frédérique Odye, produit par Delphine Benroubi, Palikao Films.

Text: 

Doit-on se méfier de la réforme du congé parental ? Le 31 décembre dernier, deux décrets ont été publiés au journal officiel dans l’objectif  de mieux répartir le temps de congé des parents. Le 1er décret transforme le nom de la prestation versée en « Prestation partagée d’éducation de l’enfant » et le 2ème décret étend de 6 mois la durée du congé parental. Pour un premier enfant elle passe ainsi de 6 mois à 1 an (à condition que les deux parents en fassent la demande) et dès le deuxième enfant, reste fixée aux trois ans du petit, pourvu que les deux concernés ne prennent que 24 mois maximum chacun. Le hic selon les opposants ? 97% de ce congé est pris par les femmes et peu de pères le solliciteront dans l’avenir ! La mère semble donc lésée pour rien. D'autant que les femmes percevant de faibles revenus ne s’arrêtent pas systématiquement de travailler par envie, mais bien parce que le nombre de places en crèche est limité et que le coût d’une assistante maternelle est souvent aussi élevé que leur salaire. Elles n'ont donc pas le choix : autant bénéficier des prestations et s'occuper de leurs enfants. Alors le gouvernement veut-il tout simplement baisser la prise des durées d’indemnités et faire des économies ? La question se pose et l’hypocrisie est plus que suspectée…

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Title: 
Magnifiques veilleuses de chagrin
Title: 
Merci l'hypocrisie
Summary: 
Derrière la caméra, une réalisatrice pleine de talent, Frédérique Odye. Cette fille de marin pêcheur normand a ici réuni ses deux amours, la mer et l’art.
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Doit-on se méfier de la réforme du congé parental ? La question se pose et l’hypocrisie est plus que suspectée…

Libres comme elles - Audrey Pulvar

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La journaliste nous régale de sa plume légère et rebelle pour nous dévoiler un ouvrage singulier d’une grande beauté et d’une force inouïe.
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On la connaît femme libre, Audrey Pulvar. Avec ce recueil féministe, elle signe un très bel hommage à celles qui ont bercé sa vie de jeune femme et de femme, qui ont compté et qui ont partagé à ses cotés – en pensées – sa passion de la littérature et de la lecture. Libres comme elles, portraits de femmes singulières, c’est la découverte de 21 femmes d’exception, toutes caractérisées par leur combat pour la liberté. Nina Simone, Louise Michel, Angela Davis, Geneviève Fraisse, Camille Claudel, Marilyn Monroe, Joséphine Baker, Gisèle Halimi, Simone Weil, Toni Morrison, Barbara, Maria Callas, Simone de Beauvoir ou encore Janis Joplin sont des archétypes de force féminine et d’émancipation. La journaliste, qui se revendique féministe, nous régale ici de sa plume légère et rebelle pour nous dévoiler des facettes de ces femmes telles qu’on les connaît peu. Les découvertes ou redécouvertes des personnalités décrites et décryptées sont autant enrichissantes qu'initiatiques. De véritables sources d'inspiration à une époque où la norme peut être oppressive et stigmatisante. On dévore, tout en savourant, les pages d'un ouvrage singulier doté d’une grande beauté et d’une force inouïe qui fait écho en chaque individu désireux de s'accomplir dans sa liberté et dans son ouverture au monde qui nous entoure.

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Janvier 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Laura Lamassourre
Text: 

« Ne vous inquiétez pas, ce sont des chansons, elles ne sont pas bien dangereuses, elles sont pires que ça », déclame la rappeuse au flow incisif, Billie Brelock, sur la scène du bar Le Backstage le 5 décembre dernier. L’artiste fait partie de la programmation des Bars en Trans qui se tiennent tous les ans en marge du festival des Trans Musicales au Parc expo de Rennes. Une programmation « off » de plus de 80 artistes qui nous ravie par sa féminité et son accessibilité dans la quinzaine de bars participants. Fredda, la marseillaise, nous parle d’amour avec sa voix suave à La Trinquette. Viennent ensuite les deux rimeuses Billie Brelock et Sianna, qui successivement, ont enflammé le public du Backstage. La première, originaire de Nanterre, rappe sur la société avec un humour parfois noir et nous laisse une sensation « douce – amer » de satisfaction. La seconde, la jeune Sianna de Beauvais, n’a que 19 ans et pourtant, accompagnée de Fanko sur scène, a réalisé un show joyeux et pêchu, semblant prendre la relève du hip hop français. Plusieurs artistes féminines parmi tant d’autres ont figuré dans cette programmation 2014 – on pourra citer Marie Flore ou la jolie Julia de Kid Francescoli – trop pour qu’on puisse parler de toutes, et c’est pour ça qu’on dit oui aux Bars en Trans !

Text: 

En décembre, le site de l’Obs publiait un article intitulé « Vers un « congé règles » ? Pourquoi pas mais il serait très difficile de l’appliquer », basé sur la préconisation d’un gynécologue londonien, Gedis Grudzinskas, soulignant la douleur ressentie par certaines femmes lors des menstruations. Il propose alors un congé allant de 1 à 3 jours pour celles qui souffrent de leurs règles, et qui se sentiraient alors « nulles », « pas fières de leur travail ». L’avocat Eric Rocheblave, spécialiste en droit du travail, décrypte cette idée afin de comprendre si elle serait applicable dans l’Hexagone. Il met alors en garde des abus qui pourraient en découler de la part de la gent féminine en général. Mais comment peut-on envisager même la probabilité de l’application d’une proposition aussi sotte ? Les femmes ne souffrent-elles pas suffisamment de discriminations au travail ? Imaginons un entretien d’embauche : l’employeur demanderait-il à la potentielle recrue si elle a des règles douloureuses et abondantes avant ou après lui avoir posé la question de sa situation amoureuse et du nombre d’enfants qu’elle souhaite avoir ? Quand les anglais débarquent, ça nous met décidément, sans clichés aucun évidemment, de mauvais poil…

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Title: 
Des bars et des nanas
Title: 
Congé ensanglanté
Summary: 
Lors de la dernière édition de Bars en Trans, les artistes féminines ont pris la parole et ont marqué les esprits. On adore.
Summary: 
Un gynécologue anglais propose un congé mensuel (menstruel même !) de 1 à 3 jours pour les femmes ayant des règles douloureuses. Ça va saigner, chéri...

Décembre 2014

Writers: 
Clara Potier
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

Le XXIème siècle sera féminin ou ne sera pas… Le recueil de 12 photoreportages Le Siècle des Femmes, édité par Les Arènes et 6Mois, tend à le prouver, avec grâce et profondeur. À l’origine du projet, Marie-Pierre Subtil, rédactrice en chef de 6Mois, explique ce qui a mené au choix des 12 histoires de femmes racontées ici. Elle rappelle ainsi que si « l’égalité entre femmes et hommes est inscrite dans les tablettes des Nations Unies depuis 1945 », ce n’est qu’en théorie, et que les victoires obtenues pour la cause des femmes ne concernent que l’Occident. Ailleurs, les femmes restent brimées. Elles sont pourtant au cœur des solutions à inventer face aux menaces qui pèsent sur le monde (sur-population, pauvreté, climat…etc.). Dans ce combat, les images sont  essentielles. Or, elles montrent la femme inévitablement jeune et jolie, s’éloignant toujours plus de la réalité. Ce livre les dévoilent telles qu’elles sont. Hessa, son tchador et ses talons aiguilles ; Filda l’Ougandaise, qui survit avec le poids de ses deuils ; Erika, la médecin qui aide les gens à mourir dignement ; les nouvelles concubines de l’Empire du Milieu ; les filles-mères de Naples ; les Walés et leurs corps nus recouverts de terre orange… La beauté brute qui émane de ces photos donne au quotidien ordinaire, et difficile de ces femmes, une dimension inattendue, puissante et touchante.

Text: 

Comme l’a rappelé lundi 24 novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, la femme n’est naturellement pas l’égale de l’homme. C’est donc pourquoi, dans notre société, à temps de travail égal dans le secteur privé, elle gagnera moins que la gent masculine. Elle touchera également une retraite moindre puisque ses trois grossesses l’auront empêchées de travailler efficacement. Normal donc qu’elle paye aussi plus cher dans les magasins. Women-Taxe, Taxe rose, Femini taxe, peu importe sa dénomination, la définition reste la même : brosses à dents, rasoirs, déodorants, les produits du quotidien pour femmes coûtent plus chers que les produits pour hommes… même lorsqu’ils sont identiques. Formulé par le collectif féministe « Georgette Sand », début septembre, ce constat a alerté le gouvernement qui a lancé le 3 novembre dernier une enquête pour « mesurer la réalité du phénomène ». On imagine déjà que, par souci d'égalité, les marques choisiront d'augmenter les prix au rayon homme. Pour notre part, on peut aussi choisir, par souci citoyen, d'y réfléchir à deux fois avant de foncer tête baissée dans ce type d'achat. Taxe rose, taxe bleu, qu'importe la couleur tant qu'il y a de la consommation. Pour 2015, nous, on passe au vert !

Posts section: 
Title: 
Saine lecture
Title: 
Merde à la taxe rose !
Summary: 
La beauté brute qui émane des photos du Siècle des femmes donne au quotidien ordinaire, et difficile de ces femmes, une dimension inattendue, puissante et touchante.
Summary: 
Women-Taxe, Taxe rose, Femini taxe, peu importe sa dénomination, la définition reste la même : les produits du quotidien pour femmes coûtent plus chers que les produits pour hommes… Ras-le-bol !

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