Mars 2015

Writers: 
Chloé Rébillard
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche ! » Le slogan de la Marche Mondiale des Femmes – mouvement international féministe, altermondialiste et anti-capitaliste – s’apprête à résonner à nouveau, du 8 mars au 17 octobre 2015. Organisé tous les 5 ans, depuis l’an 2000, l’événement tend à réunir les femmes autour de luttes et valeurs communes. Pendant 8 mois, des actions collectives seront organisées à partir des 5 thèmes suivants : Justice climatique et souveraineté alimentaire, Violences, Montée des extrêmes, Migrations et mondialisation, et Travail des femmes et autonomie financière. De quoi ratisser large ! En parallèle, une caravane féministe partira du Kurdistan turc dès le 8 mars, et après avoir traversé une quinzaine de pays – dont la France, du 6 ou 8 juin à Nantes – elle arrivera au Portugal, le 17 octobre prochain. L’occasion de mettre en lumière toutes les conditions de femmes, de se rassembler et de bâtir ensemble un temps d’échange autour d’expériences aussi singulières qu’universelles. Et dans la capitale bretonne, les rennaises ne seront pas laissées sur le bord de la route. Elles sont invitées le 7 mars à prendre part à la marche chorégraphique dans la cité (lire Focus YEGG N°34 - p.12 à 21). De belles initiatives se profilent à l’horizon. En mars, soutenons les copines kurdes qui méritent un coup de projecteur !

Text: 

En France aujourd'hui, c'est une femme sur dix qui a été violée ou qui le sera au cours de sa vie. Pour 10 000 plaintes enregistrées, 75 000 viols auraient lieu chaque année en France. Pourquoi un tel silence étourdissant face à un crime que l'on condamne à 15 ans de réclusion ? Tabou, honte et peur de ne pas être entendue sont des éléments clés. 80% des agresseurs sont connus de la victime et plus de la moitié des viols ont lieu au domicile de l'un ou de l'autre. Dans un tel contexte, il est plus difficile de dénoncer son agresseur. Ces faits sont martelés depuis plusieurs années par des associations, et depuis peu sur la toile. Mais en 2015, il faut encore en remettre une couche car les mentalités mettent (trop) longtemps à évoluer. La récente campagne « Proches » du Collectif Féministe Contre le Viol – diffusée depuis le 27 janvier sur internet et à la télévision - a permis de remettre le sujet sur la table. Le synopsis ? Simple et efficace : un jeune homme bien sous tout rapport salue ses amis à une soirée, il est le meilleur ami, drôle et agréable, celui que tout le monde apprécie. Mais quand il arrive face à Julie, il est l'homme qui l'a violé. Une manière abrupte de rappeler une réalité qui l'est plus encore. La campagne est réussie, mais combien de temps faudra-t-il encore le répéter avant que les choses n'évoluent ?

Posts section: 
Title: 
Marchons, marchons ! Pour nos droits !
Title: 
Le viol, bis, ter... (et c'est pas fini) repetita
Summary: 
La marche mondiale met en lumière toutes les conditions de femmes, rassemble et permet de bâtir ensemble un temps d’échange autour d’expériences aussi singulières qu’universelles.
Summary: 
La campagne contre le viol, orchestré par le Collectif Féministe Contre le Viol, est réussie, mais combien de temps faudra-t-il encore le répéter avant que les choses n'évoluent ?

Février 2015

Writers: 
Marie Le Levier
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

Il y a Yvonne et Marguerite, les inséparables, Andrée, Geneviève et Anne-Claire. Elles sont cinq, « le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin » de Paul Eluard, leurs regards délavés scrutant l’horizon, attendant de voir revenir l’absent, dans le calme pesant de leurs intérieurs ou dans l’angoisse de la tempête qui bat leurs fenêtres d’embruns et de sel. Elles crèvent l’écran, actrices d’un quotidien fait d’espoir et de silence seulement rompu par le fracas des vagues. Captives de leur destin de femmes de marins. Cinq témoins rares de cette vie suspendue aux caprices de la mer. Trois sont veuves et disent avec pudeur leur malheur. Les deux autres sont seules à terre de longs mois, partageant leur quotidien avec leurs enfants que les pères n’ont souvent pas vus naître. Derrière la caméra, une réalisatrice pleine de talent, Frédérique Odye. Cette fille de marin pêcheur normand a ici réuni ses deux amours, la mer et l’art. Son documentaire, Les Veilleuses de Chagrin, est un bijou délicat et fort, poétique et feutré. Jamais elle ne tombe dans le pathos ni dans la surenchère esthétique, ou pire dans le voyeurisme outrancier. Plus qu’un hommage, elle livre une ode fragile et bienveillante, fidèle et brutale, aux femmes de marins.

Les Veilleuses de Chagrin, de Frédérique Odye, produit par Delphine Benroubi, Palikao Films.

Text: 

Doit-on se méfier de la réforme du congé parental ? Le 31 décembre dernier, deux décrets ont été publiés au journal officiel dans l’objectif  de mieux répartir le temps de congé des parents. Le 1er décret transforme le nom de la prestation versée en « Prestation partagée d’éducation de l’enfant » et le 2ème décret étend de 6 mois la durée du congé parental. Pour un premier enfant elle passe ainsi de 6 mois à 1 an (à condition que les deux parents en fassent la demande) et dès le deuxième enfant, reste fixée aux trois ans du petit, pourvu que les deux concernés ne prennent que 24 mois maximum chacun. Le hic selon les opposants ? 97% de ce congé est pris par les femmes et peu de pères le solliciteront dans l’avenir ! La mère semble donc lésée pour rien. D'autant que les femmes percevant de faibles revenus ne s’arrêtent pas systématiquement de travailler par envie, mais bien parce que le nombre de places en crèche est limité et que le coût d’une assistante maternelle est souvent aussi élevé que leur salaire. Elles n'ont donc pas le choix : autant bénéficier des prestations et s'occuper de leurs enfants. Alors le gouvernement veut-il tout simplement baisser la prise des durées d’indemnités et faire des économies ? La question se pose et l’hypocrisie est plus que suspectée…

Posts section: 
Title: 
Magnifiques veilleuses de chagrin
Title: 
Merci l'hypocrisie
Summary: 
Derrière la caméra, une réalisatrice pleine de talent, Frédérique Odye. Cette fille de marin pêcheur normand a ici réuni ses deux amours, la mer et l’art.
Summary: 
Doit-on se méfier de la réforme du congé parental ? La question se pose et l’hypocrisie est plus que suspectée…

Libres comme elles - Audrey Pulvar

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Summary: 
La journaliste nous régale de sa plume légère et rebelle pour nous dévoiler un ouvrage singulier d’une grande beauté et d’une force inouïe.
Text: 

On la connaît femme libre, Audrey Pulvar. Avec ce recueil féministe, elle signe un très bel hommage à celles qui ont bercé sa vie de jeune femme et de femme, qui ont compté et qui ont partagé à ses cotés – en pensées – sa passion de la littérature et de la lecture. Libres comme elles, portraits de femmes singulières, c’est la découverte de 21 femmes d’exception, toutes caractérisées par leur combat pour la liberté. Nina Simone, Louise Michel, Angela Davis, Geneviève Fraisse, Camille Claudel, Marilyn Monroe, Joséphine Baker, Gisèle Halimi, Simone Weil, Toni Morrison, Barbara, Maria Callas, Simone de Beauvoir ou encore Janis Joplin sont des archétypes de force féminine et d’émancipation. La journaliste, qui se revendique féministe, nous régale ici de sa plume légère et rebelle pour nous dévoiler des facettes de ces femmes telles qu’on les connaît peu. Les découvertes ou redécouvertes des personnalités décrites et décryptées sont autant enrichissantes qu'initiatiques. De véritables sources d'inspiration à une époque où la norme peut être oppressive et stigmatisante. On dévore, tout en savourant, les pages d'un ouvrage singulier doté d’une grande beauté et d’une force inouïe qui fait écho en chaque individu désireux de s'accomplir dans sa liberté et dans son ouverture au monde qui nous entoure.

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Janvier 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Laura Lamassourre
Text: 

« Ne vous inquiétez pas, ce sont des chansons, elles ne sont pas bien dangereuses, elles sont pires que ça », déclame la rappeuse au flow incisif, Billie Brelock, sur la scène du bar Le Backstage le 5 décembre dernier. L’artiste fait partie de la programmation des Bars en Trans qui se tiennent tous les ans en marge du festival des Trans Musicales au Parc expo de Rennes. Une programmation « off » de plus de 80 artistes qui nous ravie par sa féminité et son accessibilité dans la quinzaine de bars participants. Fredda, la marseillaise, nous parle d’amour avec sa voix suave à La Trinquette. Viennent ensuite les deux rimeuses Billie Brelock et Sianna, qui successivement, ont enflammé le public du Backstage. La première, originaire de Nanterre, rappe sur la société avec un humour parfois noir et nous laisse une sensation « douce – amer » de satisfaction. La seconde, la jeune Sianna de Beauvais, n’a que 19 ans et pourtant, accompagnée de Fanko sur scène, a réalisé un show joyeux et pêchu, semblant prendre la relève du hip hop français. Plusieurs artistes féminines parmi tant d’autres ont figuré dans cette programmation 2014 – on pourra citer Marie Flore ou la jolie Julia de Kid Francescoli – trop pour qu’on puisse parler de toutes, et c’est pour ça qu’on dit oui aux Bars en Trans !

Text: 

En décembre, le site de l’Obs publiait un article intitulé « Vers un « congé règles » ? Pourquoi pas mais il serait très difficile de l’appliquer », basé sur la préconisation d’un gynécologue londonien, Gedis Grudzinskas, soulignant la douleur ressentie par certaines femmes lors des menstruations. Il propose alors un congé allant de 1 à 3 jours pour celles qui souffrent de leurs règles, et qui se sentiraient alors « nulles », « pas fières de leur travail ». L’avocat Eric Rocheblave, spécialiste en droit du travail, décrypte cette idée afin de comprendre si elle serait applicable dans l’Hexagone. Il met alors en garde des abus qui pourraient en découler de la part de la gent féminine en général. Mais comment peut-on envisager même la probabilité de l’application d’une proposition aussi sotte ? Les femmes ne souffrent-elles pas suffisamment de discriminations au travail ? Imaginons un entretien d’embauche : l’employeur demanderait-il à la potentielle recrue si elle a des règles douloureuses et abondantes avant ou après lui avoir posé la question de sa situation amoureuse et du nombre d’enfants qu’elle souhaite avoir ? Quand les anglais débarquent, ça nous met décidément, sans clichés aucun évidemment, de mauvais poil…

Posts section: 
Title: 
Des bars et des nanas
Title: 
Congé ensanglanté
Summary: 
Lors de la dernière édition de Bars en Trans, les artistes féminines ont pris la parole et ont marqué les esprits. On adore.
Summary: 
Un gynécologue anglais propose un congé mensuel (menstruel même !) de 1 à 3 jours pour les femmes ayant des règles douloureuses. Ça va saigner, chéri...

Décembre 2014

Writers: 
Clara Potier
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

Le XXIème siècle sera féminin ou ne sera pas… Le recueil de 12 photoreportages Le Siècle des Femmes, édité par Les Arènes et 6Mois, tend à le prouver, avec grâce et profondeur. À l’origine du projet, Marie-Pierre Subtil, rédactrice en chef de 6Mois, explique ce qui a mené au choix des 12 histoires de femmes racontées ici. Elle rappelle ainsi que si « l’égalité entre femmes et hommes est inscrite dans les tablettes des Nations Unies depuis 1945 », ce n’est qu’en théorie, et que les victoires obtenues pour la cause des femmes ne concernent que l’Occident. Ailleurs, les femmes restent brimées. Elles sont pourtant au cœur des solutions à inventer face aux menaces qui pèsent sur le monde (sur-population, pauvreté, climat…etc.). Dans ce combat, les images sont  essentielles. Or, elles montrent la femme inévitablement jeune et jolie, s’éloignant toujours plus de la réalité. Ce livre les dévoilent telles qu’elles sont. Hessa, son tchador et ses talons aiguilles ; Filda l’Ougandaise, qui survit avec le poids de ses deuils ; Erika, la médecin qui aide les gens à mourir dignement ; les nouvelles concubines de l’Empire du Milieu ; les filles-mères de Naples ; les Walés et leurs corps nus recouverts de terre orange… La beauté brute qui émane de ces photos donne au quotidien ordinaire, et difficile de ces femmes, une dimension inattendue, puissante et touchante.

Text: 

Comme l’a rappelé lundi 24 novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, la femme n’est naturellement pas l’égale de l’homme. C’est donc pourquoi, dans notre société, à temps de travail égal dans le secteur privé, elle gagnera moins que la gent masculine. Elle touchera également une retraite moindre puisque ses trois grossesses l’auront empêchées de travailler efficacement. Normal donc qu’elle paye aussi plus cher dans les magasins. Women-Taxe, Taxe rose, Femini taxe, peu importe sa dénomination, la définition reste la même : brosses à dents, rasoirs, déodorants, les produits du quotidien pour femmes coûtent plus chers que les produits pour hommes… même lorsqu’ils sont identiques. Formulé par le collectif féministe « Georgette Sand », début septembre, ce constat a alerté le gouvernement qui a lancé le 3 novembre dernier une enquête pour « mesurer la réalité du phénomène ». On imagine déjà que, par souci d'égalité, les marques choisiront d'augmenter les prix au rayon homme. Pour notre part, on peut aussi choisir, par souci citoyen, d'y réfléchir à deux fois avant de foncer tête baissée dans ce type d'achat. Taxe rose, taxe bleu, qu'importe la couleur tant qu'il y a de la consommation. Pour 2015, nous, on passe au vert !

Posts section: 
Title: 
Saine lecture
Title: 
Merde à la taxe rose !
Summary: 
La beauté brute qui émane des photos du Siècle des femmes donne au quotidien ordinaire, et difficile de ces femmes, une dimension inattendue, puissante et touchante.
Summary: 
Women-Taxe, Taxe rose, Femini taxe, peu importe sa dénomination, la définition reste la même : les produits du quotidien pour femmes coûtent plus chers que les produits pour hommes… Ras-le-bol !

Novembre 2014

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

Dans le cadre de La Réussite Éducative – mise en place par la loi de Cohésion Sociale de 2005 afin de créer un lien école-famille et d’aider les enfants en fragilité éducative, sociale et culturelle, au travers de parcours personnalisés – la Direction Éducation Enfance de la Ville a créé un abécédaire. L’idée ? Originale et bienveillante, elle repose sur la nécessité de décrypter l’école en brisant le barrage de la langue. Traduit en arabe, turc, russe et anglais, l’abécédaire contient 250 définitions de mots - choisis par un comité de pilotage de parents, d’enseignants, d’éducateurs - comme « assurance scolaire, cahier, cantine, conseil d’école, discipline, Éducation Nationale, gratuité, laïcité, liberté, maladie contagieuse, neutralité, obligation scolaire, pédagogie, poux, ponctualité, préau, punition, respect, rythme scolaire…». 6 000 seront distribués, avec un accompagnement pédagogique, début novembre par les directeurs d’école et dans les structures de quartiers au Blosne et à Villejean. « C’est une reconnaissance des cultures d’origine et nous sommes déjà sollicités par d’autres villes pour les aider à le mettre en place », confie Bertrand Gohier, coordinateur du projet. Et quel beau projet ! Disponible aussi en français et téléchargeable sur le site de la Ville.

Text: 

Mi-septembre, la SACD (Société des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques) publiait la 3e édition de la brochure « Où sont les femmes ? ». En partenariat avec H/F, le Laboratoire de l’égalité et Deuxième regard, ce livret révèle la sous-représentation des femmes dans les milieux culturels. Et l’égalité femmes-hommes n’a toujours pas de quoi se réjouir, la progression étant faible et lente. Si le rapport souligne des initiatives et mesures favorables à une évolution positive, les chiffres sont néanmoins symptomatiques d’un manque réel de prise de conscience : 0% des théâtres nationaux sont dirigés par des femmes. Côté musique, les compositrices ne représentent qu’1% au niveau national et 15% seulement des opéras sont mis en scène par des femmes. Dans le cinéma, on note une sensible augmentation du nombre de réalisatrices de long-métrage, représentant 23% (18,4% en 2008). Ridicule ! À Rennes, un seul élève enfile le bonnet d’âne : le TNB avec une représentation des femmes de 21% (mise en scène, chorégraphie et écriture), soit une baisse de 25% par rapport à 2013. Mais la structure est loin d’être la seule à se voir décerner le prix du scandaleux manque de conscience vis-à-vis de l’importance d’une parité entre les sexes. Malheureusement.

Posts section: 
Title: 
Combattre l'exclusion
Title: 
Lente progression
Summary: 
Début novembre, la Ville de Rennes distribuera des abécédaires de l'éducation, traduit en arabe, turc, russe et anglais.
Summary: 
Cette année encore, la Culture est pointée du doigt pour ses inégalités en matière de représentation femmes-hommes dans les différentes structures françaises.

Caliban et la sorcière - Silvia Federici

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Summary: 
Un ouvrage qui offre une nouvelle réflexion profonde sur l’histoire des discriminations basées sur le corps, la reproduction et la sexualité.
Text: 

« Dès le début du mouvement des femmes, les militantes et théoriciennes féministes ont perçu que le concept de « corps » était fondamental pour comprendre l’origine de la domination masculine et la construction de l’identité sociale féminine », établit Silvia Federici dans l’introduction de Caliban et la Sorcière, traduit de l’anglais en juin par le collectif Senonevevo, aux éditions Entremonde. L’enseignante (New-York), universitaire et militante féministe dite radicale convoque ici philosophes et grands penseurs de l’Histoire comme Foucault et Marx pour débuter un argumentaire avec lequel il est difficile de composer tant les concepts et théories s’accumulent. Pourtant, le discours et la démonstration sont passionnants. Elle revisite l’histoire du capitalisme depuis son origine sous l’angle de l’histoire des femmes et de la chasse aux sorcières, pour en comprendre la base de l’exploitation sociale et économique. Un ouvrage qui offre une nouvelle réflexion profonde sur l’histoire des discriminations basées sur le corps, la reproduction et la sexualité.

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Octobre 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Le sexisme est latent ; dans la culture comme dans de nombreux domaines. Si on perçoit une évolution positive, l’égalité des sexes n’est pas encore partout au rendez-vous. Mais certains lieux de culture osent parler de celui dont on ne doit pas prononcer le nom : le genre. La MJC Bréquigny fait heureusement partie de ceux-là. « Hommes et/ou femmes, qu’est-ce que c’est que ce genre ? » se compose de plusieurs événements distillés tout au long de l’année. Parce que ce n’est pas un sujet que l’on ressort uniquement lors de la journée internationale des Femmes ! Les propositions sont intrigantes et alléchantes. Véronique Durupt, artiste bien connue de la MJC, interrogera la question du genre en lien avec le territoire à travers des ateliers dont les contenus seront restitués lors d’une exposition finale. Elle mettra également en scène l’histoire d’une libération, celle de la femme qui s’affranchit de son oppresseur. D’autres artistes aborderont la question du genre avec un monologue en un acte pour un transformiste, un cabaret autour de l’encyclopédie de la femme ou encore « Théâtre forum » et « Être sans son destin », ces deux dernières manifestations impliquant le lycée de Bréquigny. Parce qu’on le dit et on le répète : l’éducation à l’égalité, c’est pas que pour les prunes !

Text: 

Le scandale « Diane 35 » a-t-il éveillé la conscience de certaines femmes ? Une étude de l’Ined et l’Inserm montre que, depuis 2010, les Françaises rejettent la pilule contraceptive. Elle recule de 9 points chez les 15-49 ans (de 50 % à 41%). De révolution émancipatrice, elle devient source de gênes et de dangers. Car se bourrer d’hormones de synthèse, qui ébranlent le corps et ses rythmes naturels, est loin d’être anodin. Ainsi, les femmes sont de plus en plus nombreuses à opter pour le stérilet en cuivre. Malheureusement, de nombreux gynécologues sont encore trop frileux et refusent la pose de ce contraceptif si la femme n’a pas eu d’enfant. Agaçant ! Plus grave encore, le recul de la pilule est aussi liée à la crise économique : les plus démunies ne pouvant plus avancer le prix de la consultation. Elles adoptent alors les méthodes naturelles (retrait, températures, Ogino et Billings…). Peu fiables, celles-ci haussent le risque de grossesse et donc les IVG, qui, en 2013, auraient crû de près de 5 % en un an. Inquiétant. On savait que les plus précaires ne soignaient plus leurs dents ni leurs yeux, voilà que les femmes se privent maintenant de contraception et de l’indispensable contrôle gynécologique, mettant leur santé en péril. Révoltant.

Posts section: 
Title: 
Femmes au programme
Title: 
Privées de contraception
Summary: 
Heureusement, certains lieux de culture osent parler de celui dont on ne doit pas prononcer le nom : le genre.
Summary: 
Le scandale « Diane 35 » aurait-il éveillé la conscience de certaines femmes ?

Septembre 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

La série 2.0 « Femmes contre Féminisme » est un vrai feuilleton digne d’un soap que l’on adore détester. Cet été, il a fallu être assidu-e-s pour suivre le bras de fer entre Women Against Feminism – tumblr né aux Etats-Unis il y a un an proposant aux femmes de poster des photos d’elles portant un panneau explicatif quant à leur rejet du féminisme – et Je n’ai pas besoin du féminisme (quoique) – tumblr francophone parodiant l’adversaire édité au début de l’été. « Je n’ai pas besoin du féminisme parce que tous les hommes ne sont pas des violeurs, je ne suis pas une victime, je ne suis pas oppressée, les hommes ont aussi des problèmes », poste une jeune américaine, le 20 août (ulcère en lisant ces lignes). En moyenne, elles ont entre 18 et 25 ans, mariées pour la plupart et mères de famille. Et l’amalgame entre féminisme et anti-hommes va bon train… La confusion d’une égalité déjà acquise aussi… On se ravit de la riposte estivale, digne parodie cinglante et cynique. « Je n’ai pas besoin du féminisme car j’adore me faire traiter de « pute » quand je porte une jupe », « Les femmes adorent que je gagne 25% de plus qu’elles. Elles trouvent ça viril. » Alors, bien évidemment on a ri de ce second degré. Mais à la fin de l’été, cette série a comme un goût amer et on se dit qu’on en a ras-le-bol et qu’on voudrait bien que certaines femmes réfléchissent davantage au sens des choses…

Text: 

Depuis 2010, les assistantes maternelles, ou asmat, peuvent créer des Maisons d’Assistantes Maternelles, dites MAM. Pour ne plus exercer seules chez elles et dissocier lieu de travail et lieu de vie. « Cela encourage les vocations chez les jeunes et donc crée de nouvelles places de garde », confie Stéphanie Batti, fondatrice de la MAM Poppins à la Courrouze. Mais le Conseil Général (CG) d’Ille-Et-Vilaine – qui octroie les agréments – semblerait ne pas l’entendre de cette oreille. « Ouvrir notre MAM a été long, pénible et très contraignant, il a fallu 2 ans et demi de bras de fer avec le CG qui n’a eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues (CF. YEGG n°27, p.8) », confie Stéphanie qui aurait eu des échanges tendus et musclés avec la personne en charge des MAM au CG. Celle-ci lui aurait même envoyé les tracts de l’association « pas de bébé à la consigne »… D’autres asmat déclarent avoir récemment rencontré les mêmes difficultés à Janzé et à la Chapelle-des-Fougeretz. Les raisons de ce bras de fer ? Politiques peut-être. La loi émanant de la droite… C’est ce que pensent celles qui se sont frottées à la désapprobation farouche du CG. Quoi qu’il en soit, cette attitude est déplorable et navrante. Juger une loi mauvaise, c’est un droit, mais l’institution publique sort ici de son rôle si elle s’oppose ainsi aux asmat, et par là même à la création d’emplois et de places de garde. Minable.    

Posts section: 
Title: 
Femmes contre féminisme
Title: 
CG contre MAM
Summary: 
La série 2.0 « Femmes contre Féminisme » est un vrai feuilleton digne d’un soap que l’on adore détester.
Summary: 
Bras de fer entre les assistantes maternelles et le Conseil Général 35.

Mai 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Le 12 avril dernier, le Forum Libé interrogeait l’avenir de la France à travers différents prismes, dont celui du féminisme. 2030 : un vent nouveau ? Pas de réponse. Pas de prise de risque pour les 4 intervenantes invitées, seulement des utopies idéalistes et légèrement Bisounours. De leur côté, Mathilde Joubaud – lycéenne à Saint-Martin en option Cinéma – et Paul Marques Duarte – étudiant en Arts du spectacle à Rennes 2 – ont décidé de prendre le contrepied de cette minauderie pour frapper un grand coup. Fin mars, ils diffusent sur Vimeo leur très court métrage Désirée, dont le synopsis, simple et efficace, se veut percutant. L’histoire d’une jeune fille, de 18 ans, qui se rend chez le médecin pour avorter et qui se retrouve face à un mur : « Pas violée, pas d’IVG », lui répond-il. Une réplique fracassante qui résonne dans l’actualité espagnole depuis décembre dernier, moment où le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté la loi anti-IVG, restreignant l’avortement à deux cas seulement : viol ou danger pour la santé de la mère. À la manière de Lisa Azuelos ou Éléonore Pourriat, les deux jeunes rennais transposent une situation soi-disant irréaliste à notre quotidien pour créer un choc, une prise de conscience. Une bien belle initiative qui nous fait réaliser qu’aucun droit n’est jamais acquis. Désirée insuffle en nous un vent de militantisme et cristallise certaines horreurs qu’il est important de combattre pour préserver le futur de toutes les femmes. Plus d’infos sur yeggmag.fr – Droit à l’avortement : Désirée ou l’art du court-métrage rennais – 28 mars 2014.

Text: 

Alerté par le SDAS FO 35 sur l'absence d’un centre IVG à l’hôpital de Vitré, YEGG a enquêté. Face à la difficulté d’obtenir des réponses, le sujet s’est révélé sensible, voire brûlant. Si le Conseil Général a signé en 2012 une convention avec les hôpitaux et la CPAM pour une « la mise en œuvre de l’IVG médicamenteuse dans les centres de planification ou d’éducation familiale départementaux », celle-ci a depuis pris beaucoup de retard. Vincent Lavoué, gynécologue-obstétricien au CHU de Rennes, qui a formé la responsable du centre de Vitré, CPEF volontaire pour l’expérimentation, s’en étonne. Il décrit, en outre, la position du centre hospitalier : « Légalement le directeur ne peut pas obliger les gynécologues à pratiquer l’IVG, mais pour maintenir sa maternité, il a besoin d’eux. C’est la quadrature du cercle. Le cas se pose dans beaucoup de petites villes. À Vitré les choses sont en train de se régler, mais le problème va se poser à Redon ». Selon lui, le débat est plus large : « Nous dépendons d’administrations distinctes, les centres de planification du Conseil Général, les centres IVG de la Sécu, deux instances décisionnelles qui ne se parlent pas en Ille-et-Vilaine. Il y a un manque de lisibilité et de coordination des différents intervenants, alors qu’on devrait travailler ensemble, en bonne intelligence, pour une action construite et cohérente, comme dans le Morbihan ». La rédaction de YEGG ne manquera pas de revenir plus longuement sur ce sujet dans un prochain numéro. 

Posts section: 
Title: 
Un film désiré
Title: 
L'avortement : quel avenir ?
Summary: 
Et si l'avortement n'était pas légalisé en France ?
Summary: 
Manque de centre IVG dans le département = sujet sensible...

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