Dégradé - Arab et Tarzan Nasser

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Aborder les joies et peines des femmes palestiniennes, malgré des personnages un peu caricaturaux, semble être l’objet assumé de ce premier film audacieux. Un film plein de lumière qui sensibilise.
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Dans la bande Gaza de nos jours, le salon de beauté de Christine, jeune immigrée russe, déborde de clientes. C’est toute une mosaïque de femmes de notre époque : une jeune fille en passe de se marier, la mère et la belle-mère de la future mariée, une divorcée amère, une religieuse, une toxicomane lunatique ou encore une femme enceinte et sa sœur.

Comme un havre de paix ce salon est la promesse d’un moment de partage et de détente. L’attention sera pourtant détournée et le moment interrompu par des coups de feux dans la rue. Un conflit entre une famille mafieuse et le Hamas a lieu dans les rues voisines du salon. Prises au piège, les femmes se retrouvent coincées dans le salon. Ce sera pour elles le moment de se dire les choses.

Les esprits s’échauffent et les comptes se règlent. Dégradé est une comédie noire. Si le contexte est éprouvant pour ces femmes, le huit clos prend une tournure tragico-comique. C’est avec beaucoup de sarcasmes que chacune affrontent l’adversité. Les réalisateurs attirent notre regard sur la double peine du peuple palestinien qui subit occupation israélienne et conflit interpalestinien.

Pour ces femmes victimes de la violence qui s’infiltre partout dans leur quotidien, le temps des coquetteries n’échappe hélas pas à la règle. Si les personnages tendent à être quelque peu caricaturaux, aborder les joies et peines des femmes palestiniennes semble être l’objet assumé de ce premier film audacieux. Un film plein de lumière qui sensibilise.

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Mai 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Ce n’est pas la route de l’exil qu’elles empruntent mais la route de la mort. Pas toujours la mort physique mais à coup sûr l’anéantissement psychologique. Les migrantes centraméricaines fuient leur pays et cherchent sans répit leurs enfants kidnappés, disparus, violées et/ou prostituées pour les filles. Sans doute tué-e-s.

La journaliste Camilla Panhard les a suivies pendant 5 ans et retranscrit l’horreur de leur quotidien et la bravoure dont elles font preuve dans le livre No women’s land, publié aux éditions Les arènes en janvier dernier. Elle a accompagné ces femmes parties du Honduras, du Guatemala, du Nicaragua, du Salvador. Elle a pris part aux conditions des femmes migrantes, constaté la violence inouïe de ce que les unes et les autres racontent, vu de ses propres yeux celles et ceux qui se battent pour survivre et traverser l’Amérique centrale jusqu’aux Etats-Unis, en passant par le Mexique.

Entre gangs, cartels, braquages, agressions sexuelles, enlèvements de filles, féminicides, corruption et gouvernements démissionnaires, c’est la peur au ventre que l’on dévore cet ouvrage, témoin d’un monde qui engloutit tout espoir et toute la beauté de la vie. Camilla Panhard a le courage de réhabiliter ces femmes, leur redonner un visage et une histoire, et de les inscrire noir sur blanc dans la férocité de la lutte qu’elles livrent au jour le jour. Un récit poignant.

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Si le tennis est un des sports les plus égalitaires qui soient à l’heure actuelle, le sexisme n’en est pas exclu. Le 21 mars dernier, Raymond Moore, directeur du tournoi Indian Wells, a démissionné après avoir déclaré, la veille : « Si j’étais une joueuse, je me mettrais à genoux pour remercier Dieu que Roger Federer et Rafa Nadal aient vu le jour, car ils ont porté notre sport. »

Ce à quoi le n°1 mondial, Novak Djokovic a réagi, enfonçant le clou du sexisme. Au sujet du prize money, qui selon lui serait injustement égalitaire entre les joueurs et les joueuses de tennis. Le 10 avril, le sexisme a (encore) frappé dans les gradins du Vélodrome à Marseille à l’occasion du match OM – Bordeaux. Du côté des supporteurs Yankee Nord Marseille, des banderoles affichent : « Margarita, retourne à ton vrai métier, femme au foyer ». Margarita, c’est Margarita Louis-Dreyfus, propriétaire du club phocéen, surnommée « La blonde ». Normal dit-on, car le directeur du club se nomme Labrune !

Nous manquons sans doute d’humour... Tout comme quand L’Obs la qualifie, en titre, de « redoutable femme d’affaires aux allures de poupée Barbie », là où Le Parisien préfère se concentrer sur la mise en vente de l’OM et d’en conclure que la riche milliardaire a « fini de jouer à la baballe » ! Belle preuve de condescendance et de sexisme… qui laisse franchement angoissé-e-s pour l’avenir.

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Migrantes, la mort les tient en vie
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Le sexisme dans le sport se porte bien !
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La journaliste Camilla Panhard offre un récit poignant et redonne un visage et une histoire à toutes celles qui fuient leurs pays.
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Côté sport, le sexisme a la vie longue et les clichés, la vie dure... Il serait temps d'en finir avec les comportements machistes.

Avril 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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On aime à penser et à dire que la société bretonne est une société matriarcale. Dans la fabrication du mythe, elle l’est. Mais qu’en est-il réellement du quotidien et des représentations – n’oublions pas Bécassine ! – des femmes de ce territoire agricole et maritime à la culture forte et diffuse ?

« Du côté de femmes, le thème du matriarcat peut également séduire, car il leur renvoie une image valorisante des responsabilités qu’elles exercent dans la sphère privée en même temps qu’il permet d’éviter de remettre en cause une vision complémentaire des sexes qui assigne chacun-e à une place genrée. », expliquent les sociologues Arlette Gautier et Yvonne Guichard-Claudic dans l’introduction de l’ouvrage qu’elles ont dirigé, Bretonnes ?, publié aux Presses Universitaires de Rennes en février 2016.

Un essai - co-signé par 18 auteures (dont un homme), historiennes, sociologues, profs ou linguistes - qui réfléchit à la construction identitaire et genrée dans un contexte socioculturel et géographique. Il est alors passionnant de se plonger dans les différents chapitres, à la découverte de l’histoire de notre territoire durant les deux derniers siècles, dans les pas d’une Penn Sardin, des luttes féminines et féministes mais également des problématiques actuelles comme le harcèlement de rue et les réponses institutionnelles - données ou manquantes - à ces dernières à travers une comparaison Rennes/Brest.

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La liberté d’expression a-t-elle un sexe ? Oui, et il est masculin ! La décision de relaxer, le 18 février dernier, le rappeur Orelsan – qui a fait appel à sa condamnation pour les propos sexistes tenus dans sa chanson « St Valentin » - au nom de cette fameuse liberté nous laisse sceptiques et intérieurement enragées. Rappelons tout de même qu’il s’agit là d’incitation à la violence et à la haine envers les femmes.

Mais le retrait du clip du duo féministe CLIT du site YouTube, parodie de la fameuse chanson d’Orelsan, là, non, franchement on ne comprend pas et on s’insurge. Le contenu est jugé sexuellement explicite. Pourquoi ? Parce que ça sort de la bouche de deux femmes, c’est sale et vulgaire ? La réalité est là. Dans les représentations.

De la part d’un rappeur, on n’attend pas moins de lui qu’il soit cru, violent, borderline, engagé, mais d’une femme, on ne peut pas accepter un tel comportement car cette dernière se doit d’être douce, gentille, bien élevée et surtout discrète. Que tous les mots qui sortent de sa bouche ne soient que bulles de savon et pétales de rose ! Là, ça dérape sérieusement ! Le duo composé d’Elvire Duvelle-Charles et Sarah Constantin a donc choisi de lancer sa pétition, sur Change.org, « Pour que YouTube claque la porte au sexisme ». On signe !

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Title: 
Bretonnes et fières de l'être
Title: 
Liberté d'expression, les boules !
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On aime à penser et à dire que la société bretonne est une société matriarcale. Dans la fabrication du mythe, elle l’est. Mais qu’en est-il réellement ?
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La liberté d’expression a-t-elle un sexe ? Oui, et il est masculin ! Pourquoi ? Parce qu'on ne peut accepter qu'une femme ouvre sa gueule ? Triste réalité.

Mars 2016

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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À la découverte de la BD La Présidente, de François Durpaire et Farid Boudjellal, on a frissonné à l’idée d’une Marine Le Pen arrivant au pouvoir en 2017. Le 7 mai 2017 précisément. Une femme à l’Élysée ? Ça pourrait être une bonne nouvelle mais pas celle-là ! Pas au prix, entre autre, des acquis sociaux des luttes pour les droits des femmes, notamment à disposer de leurs corps (le parti ayant annoncé vouloir supprimer les aides financières aux associations féministes, lors des élections régionales en décembre 2015) !

BD d’anticipation, François Durpaire, historien et universitaire spécialisé dans les questions de la diversité culturelle, se base sur 4 étapes préalables, dont aucune n’est certaine, ni impossible. C’est un choc, un séisme. Le duo imagine et démontre comment en une année à peine, Marine Le Pen et son parti plongeront le pays dans un marasme financier avec une sortie précipitée de la zone euro, mais aussi dans une terreur sociale avec une politique sécuritaire renforcée contre l’immigration.

La révolte civile grondera, la presse résistera et la révolution numérique se fera. Frémissante, angoissante (le mot est faible), parfois marrante (oui oui), l’œuvre en noir et blanc est aussi enrichissante que réaliste. La prise de conscience est en route mais faut-il attendre le drame pour réagir ? La position des auteurs : « Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas… » Aux éditions Les Arènes.

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Les remaniements ministériels pourraient ressembler à ce petit jeu humiliant des chaises musicales. Sauf qu’au lieu d’enlever des sièges, on enlève des barreaux à leur dossier, on remplace les pieds ou on les supprime. En 2012, les Droits des Femmes siégeaient fièrement dans un fauteuil, avant de le partager en 2014 pour un temps très court avec la Ville, la Jeunesse et les Sports.

Durant l’été de la même année, la ronde des requins a repris sa danse et a éjecté les Droits des Femmes de la partie. Ces derniers se sont accrochés, sautant sur les genoux des Affaires sociales et la Santé qui offrent alors par dépit un tabouret vide. En février 2016, les règles du jeu ont changé. Désormais, les tours s’effectuent en marche arrière, créant un retour dans le passé. Les années 70 n’ont pas jamais eu lieu, les luttes féministes non plus. Les femmes sont toujours réduites à la Famille et à l’Enfance. Mères de famille et épouses, sourires aux lèvres et tabliers noués autour de la taille, voilà l’image renvoyée par le nouveau gouvernement Valls, sous l’ère d’une gauche rétrograde.

Une gauche qui pédale salement et gravement dans la semoule. Et pourtant, à part quelques réactions vives sur les réseaux sociaux et quelques esclandres de femmes politiques oubliées comme Marie-George Buffet, tout le monde s’en fout. Les Droits des Femmes en bout de ligne après Famille et Enfance, ça ne choque personne ?! Peut-être souhaite-t-on également la création d’un ministère des Tâches ménagères ? Ça règlerait au moins la question du bon coup de balai qui s’impose à l’Elysée et Matignon. Merde !

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Title: 
Le drame 2017, pas qu'une fiction ?
Title: 
Les chaises musicales, on en a marre !
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Marine Le Pen arrive au pouvoir en 2017. Le 7 mai 2017 précisément. Une femme à l’Élysée ? Ça pourrait être une bonne nouvelle mais pas celle-là !
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Mères de famille et épouses, sourires aux lèvres et tabliers noués autour de la taille, voilà l’image renvoyée par le nouveau gouvernement Valls, sous l’ère d’une gauche rétrograde.

Février 2016

Writers: 
Manon Deniau
Writers: 
Marine Combe
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Thérèse et Catherine attendent régulièrement les papiers jaunes informant les détenues du Centre pénitentiaire des femmes de Rennes des divers ateliers mis en place. « À l’extérieur, je croyais que j’étais nulle. Les activités me prouvent que je peux faire des choses », déclare la première. Rejointe par la seconde : « On est capables de faire autre chose, de ne pas rester enfermées. Les intervenants extérieurs nous permettent de nous projeter. C’est déjà un pied dehors. »

À l’occasion du vernissage de l’exposition Citad’elles Hors les murs – dans le cadre du festival Images de Justice, organisé par l’association Comptoir du doc, à Rennes, du 23 au 31 janvier – les deux rédactrices de la revue (réalisée par et pour les détenues) ont obtenu une permission de sortie samedi 23 janvier et ont pu participer à la table ronde concernant les pratiques artistiques en prison, au théâtre de la Parcheminerie. Elles étaient aux côtés d’anciennes co-détenues, Jessica, Anita et Fleur. Toutes les cinq parlaient avec fierté, émotion et détermination de confiance en soi, d’entraide, de satisfaction, de liberté et de force.

« Ce n’est pas l’écriture de soi comme dit Audrey (Guiller, journaliste indépendante qui encadre la rédaction de Citad’elles depuis le début du projet en 2012, ndlr). Ça peut être des articles intimes mais on n’est pas en train de raconter nos « life ». On recueille des témoignages. On sort de soi, on sort de la prison. », explique Jessica. Et nous, on sort de nos préjugés, ça fait du bien.

Text: 

Le 5 janvier, Riad Sattouf, auteur de L’Arabe du Futur, a annoncé sur Facebook son boycott du festival de bande-dessinée d’Angoulême, qui se déroulait fin janvier. Comme vingt-neuf de ses confrères, il avait été nominé pour le Grand Prix, l’ultime reconnaissance dans le milieu. Or, dans la sélection, aucune femme n’y figurait.

Coutumier du fait, le festival affiche un zéro pointé en la matière. En quarante-trois ans d’existence, une seule femme a été récompensée par cette distinction, Florence Cestac. Et c’est pour ce manque de représentation féminine que le bédéiste s’est retiré de la compétition. Son impact médiatique a été considérable ; rejoint ensuite par d’autres professionnels. À tel point que le festival a enlevé la liste et proposé à tout le monde de s’y inscrire. Une victoire au goût amer.

Car le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme – créé depuis décembre 2013 par une centaine de femmes bédéistes - a été, à l’inverse, très peu médiatisé lorsqu’il a réagi, le même jour, sur son site. Encore un exemple qui prouve que les journalistes accordent plus d’importance à la parole des hommes… Même lorsqu’elle porte sur les femmes. Comme toujours, les mâles sont plus visibles car plus mis en avant. Comme toujours, les femmes restent dans l’ombre. Mais elles sont là, il ne suffit de pas grand chose pour les trouver. Question de volonté.

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Title: 
Derrière les barreaux, elles prennent la parole
Title: 
L'homme bédéiste parle, Angoulême réagit
Summary: 
Entre les murs de la prison des femmes de Rennes, les détenues réalisent la revue Citad'elles. Une manière de s'exprimer et de garder à un pied à l'extérieur...
Summary: 
Trente bédéistes ont été nominés pour le Grand Prix, l’ultime reconnaissance dans le milieu. Or, dans la sélection, aucune femme n’y figurait. Et personne ne réagit, jusqu'à ce que...

Janvier 2016

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Nous voulons faire découvrir aux enfants de nouveaux modèles inspirants, et faire en sorte que les petites filles puissent s'imaginer aventurière, scientifique ou aviatrice aussi bien que danseuse ou princesse : chacune à le droit de faire ce qu'il lui plaît. », expliquent Alice Four, Amandine Crépin et Marie Leprince. Elles sont étudiantes en 5e année à LISAA (Arts appliqués) à Paris, en direction artistique numérique, et depuis juin 2015 travaillent à l’application tablette « Quand je serai grande ». Destinée à un public jeunesse, elle est innovante, pédagogique et militante, valorisant celles qui ne sont que trop oubliées de l’Histoire : les femmes, du 15e siècle avant J.C à aujourd’hui. Dix personnages féminins seront présentés, sous forme de biographie, illustrée, interactive et contée directement par l’héroïne : « Nous nous sommes efforcées de couvrir à la fois différentes activités, périodes historiques ainsi qu'origines géographiques. L'important est d'offrir un choix à l'enfant pour qu'il puisse s'identifier. » On se réjouit que fin 2016 l’application soit, en principe, lancée et que les petites filles comme les petits garçons (et les adultes !!!) puissent découvrir les noms et aventures entre autres de l’exploratrice française Alexandra David-Néel*, de la peintre japonaise O-EI Hokusai, de la 1e femme médecin en Grèce Hatchepsout ou encore de la cosmonaute russe Valentina Terechkova.

* Un ouvrage s’y consacre aux éditions Grand Angle, Une vie avec Alexandra David-Néel, sortie prévue en février 2016.

Text: 

Impossible de rester insensible à l’affaire Jacqueline Sauvage. Pour rappel, en 2012, elle tue son mari de 3 coups de fusil dans le dos après avoir subi des violences physiques et sexuelles pendant des années. Viols et coups sur elle, ses 3 filles et coups sur son fils, qui se suicide la veille du crime. En 2014, non considérée comme une victime, elle est condamnée à 10 ans de prison. Début décembre 2015, la cour d’appel confirme le jugement délivré en première instance. Sans dire que le meurtre devrait rester impuni, et comprenant que la légitime défense ne puisse être invoquée - la menace doit être imminente et non a posteriori (c'est donc le principe de légitime défense qui demande à être revu) - l’annonce du verdict est toutefois tombée comme un couperet, nous laissant le souffle coupé. L’an dernier, Osez le féminisme entre autre s’indignait. Aujourd’hui, ce sont 30 parlementaires, guidés par Valérie Boyet, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône, qui demandent au président Hollande de gracier Jacqueline Sauvage, en vertu de l’article 17 de la Constitution (permettant au Président de la République de supprimer ou de réduire une peine, sans en éliminer la trace, restant dans le casier judiciaire, à la différence de l’amnistie, ndlr). Pour une fois, on s’accorde avec les élu-e-s de droite quant à une Justice qui aurait oublié les victimes de cette histoire et les conséquences de décennies à subir des violences… Fin 2015, ça fait mal ! L’instruction de la grâce est en cours. Advienne que pourra.

Début 2016, la mobilisation se durcit grâce à l'appel au soutien de Karine Plassard, via la plateforme de pétition Change.org, les médias multiplient les articles sur la grâce de Jacqueline Sauvage et François Hollande signale prendre en compte l'avis de l'opinion publique mais ne se prononce pas encore...

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Title: 
Quand je serai grande, je ferai ce que je veux !
Title: 
Graciera ou graciera pas ?
Summary: 
Destinée à un public jeunesse, l'application est innovante, pédagogique et militante, valorisant celles qui ne sont que trop oubliées de l’Histoire : les femmes, du 15e siècle avant J.C à aujourd’hui.
Summary: 
Viols et coups sur elle, ses 3 filles et coups sur son fils, qui se suicide la veille du crime. En 2014, non considérée comme une victime, elle est condamnée à 10 ans de prison.

Décembre 2015

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 
  • Tu mélanges tout ! Tu vas trop vite ! L’heure est à l’unité ! Tu fais peur à tout le monde, avec tes revendications guerrières !
  • À tout le monde ? Vraiment ? Ou à une poignée de vieux mâles trop gras qui prétendent tenir les femmes à l’écart des affaires pendant encore un siècle ou deux ?
    (extrait du Tome 2 de la série Communardes ! – L’aristocrate fantôme (pages 18 & 19)

Qui étaient-elles et quel rôle ont-elles joué dans la Commune de Paris, période insurrectionnelle brève de 3 mois en 1871 ? Le scénariste nantais Wilfried Lupano s’en passionne, et nous avec. En septembre 2015, les deux premiers tomes de la BD Communardes ! paraissent aux éditions Vents d’Ouest (Glénat) : Les éléphants rouges (illustré par Lucy Mazel) et L’aristocrate fantôme (illustré par Anthony Jean). On y découvre un Paris secoué par le siège des Prusses lors de l’hiver 1870 et le Paris révolté de 1871, lors de la Commune. La famine frappe la capitale, le peuple gronde. Et parmi les insurgés, des femmes. Elles sont de celles qui refusent de se laisser abattre, qui luttent pour leurs droits, qu’elles soient filles, mères, bourgeoises, aristocrates, prostituées, ouvrières, françaises ou étrangères. Et de celles qui souhaitent prendre les armes et monter sur les barricades comme la va-t-en guerre russe, Elisabeth Dmitrieff, présidente de l’Union des femmes pour la défense de Paris et l’aide aux blessés, véritable organisation féministe. Le contexte et les faits sont historiques, l’émancipation des femmes réelle. La série Communardes ! - complétée d’un troisième opus en 2016 (sur la semaine sanglante et le procès des femmes qui seront tenues responsables du Paris brûlé) – est un chef d’œuvre qui remet à leur place les femmes de cette époque : dignes et égales aux hommes. Pourtant, l’Histoire dira le contraire. Aujourd’hui, encore…

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En novembre des journaux ont titré : « Tâches ménagères : les hommes en font plus ». Champagne ! Ô joie ! Et puis, finalement, Ô désespoir. Rien ou presque n’a changé. C’est le constat que fait l’INSEE dans sa récente synthèse des données collectées sur le sujet entre 1974 et 2010 parue dans sa revue Economie et Statistique - celle mal interprétée par certaines rédactions. Il en résulte que les femmes travaillent plus et que leur vie domestique est soulagée par le « progrès technique » : elles ne lavent plus le linge à la main et celui-ci ne se froisse plus, elles se font livrer leurs courses, ont un congélateur rempli de plats préparés et tout un tas d’aides payantes externalisées… Si cela leur permet de passer 10 heures de moins par semaines aux tâches ménagères, elles continuent de se taper tout le reste. En outre, leurs cerveaux restent encombrés par tout ce à quoi il faut penser pour faire tourner la maison : payer la nounou, faire les courses en ligne, amener le grand chez l’ORL et la petite au judo, étendre la lessive en rentrant… Et ces messieurs, que font-ils de plus alors ? Ils consacrent 50 minutes de plus par semaine à… leurs enfants. Ils assument un peu plus leur rôle de père, ni plus ni moins. Au final, les mères assurent toujours 70 % des tâches parentales. Il est où le mieux ? Nulle part, ou presque.

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Title: 
Aux armes, communardes !
Title: 
Tâches ménagères, non, les hommes n'en font pas plus
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Qui étaient-elles et quel rôle ont-elles joué dans la Commune de Paris, période insurrectionnelle brève de 3 mois en 1871 ? Le scénariste nantais Wilfried Lupano s’en passionne, et nous avec.
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Triste constat que fait l’INSEE dans sa récente synthèse des données collectées sur le sujet entre 1974 et 2010, mal interprétée par certaines rédactions.

La belle saison - Catherine Corsini

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Bien rythmé et formidablement interprété, c’est dans un suspens haletant que l’on s’émeut pour ces deux jeunes femmes attachantes bien décidées à bousculer le patriarcat.
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Dans la Corrèze des années 70, Delphine aide ses parents sur l’exploitation agricole familiale. Une vie rurale difficile et de travail. Ses parents souhaiteraient la voir mariée à Antoine, un garçon du village mais Delphine est lesbienne. Elle vit la fin d’un amour dans son village et décide de changer d’air et partir pour Paris où elle prend un travail de bureau afin de s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre Carole, une vraie parisienne. Très vite la jeune fille tombe sous son charme. Carole est forte, indépendante et s’engage dans les luttes féministes. Delphine militera elle aussi pour le droit des femmes afin de s’approcher au plus près de celle qu’elle admire. Carole n’est pas lesbienne et vit avec Manuel mais envers et contre tout une véritable histoire d’amour va naître entre ces deux jeunes femmes. Malheureusement la réalité de la vie de Delphine va tout changer et forcer le destin. La passion de ses deux héroïnes, Catherine Corsini la filme en de longues étreintes, sensuelles et réalistes. Au delà du contexte de l’époque de l’après 68, la réalisatrice aborde l’homosexualité chez les femmes. L’acceptation et le désir de braver l’intolérance sont les valeurs clefs de ce beau film. Une thématique illustrée au travers des séquences parfaitement dialoguées. Bien rythmé et formidablement interprété, c’est dans un suspens haletant que l’on s’émeut pour ces deux jeunes femmes attachantes bien décidées à bousculer le patriarcat.

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Juillet-Août 2015

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Haut symbole de la culture bretonne, la coiffe fait partie intégrante du folklore régional. Et pourtant, rares sont celles et ceux qui en connaissent les spécificités et les représentantes. Depuis le 6 juin, et jusqu’au 30 août, le musée de Bretagne accueille Bretonnes, une exposition regroupant 70 photographies réalisées par Charles Fréger, parti à la rencontre des femmes membres de divers cercles celtiques. Il y témoigne d’une identité régionale forte inscrite dans le vêtement traditionnel à travers des tableaux à l’esthétique impeccable que l’on apprécie de contempler. On adore le côté carte postale kitch, accentué par les portraits et les regards mélancoliques des modèles, auquel il donne de la profondeur de par un second plan brumeux et en mouvement qui nous laisse comme hypnotisés. Pourtant, derrière les stéréotypes qui ont nourri la réflexion et le regard du professionnel, Charles Fréger interroge nos connaissances et intérêts pour nos traditions. Que savons-nous de ces habits ? De ces coiffes ? Sommes-nous capables de différencier celle de Vannes de celle de l’Île de Sein ? Et pouvons-nous repérer les références anachroniques dissimulées dans les œuvres ? Des questions fondamentales pour la bonne transmission de notre identité et histoire aux générations futures.

Le musée de Bretagne s’associe à cette occasion au musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, au musée bigouden de Pont-l’Abbé et à l’association GwinZegal de Guingamp.

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Parmi les irrespectueux harceleurs de rue témoignant d’une incroyable bêtise en se permettant de faire des réflexions aux femmes qui aiment les femmes, il y a les dégoûtés et les excités. « Vous allez finir en enfer », « Si vous aviez été des mecs, on vous aurait pété la gueule. Mais là, ça nous excite », « Oh des pédés de filles ! », « Vous êtes en couple ? On peut coucher ensemble ? » ou encore « Je vous ai vue embrasser votre copine, vous n’avez aucun respect pour vous afficher, surtout devant mes enfants » et « Hitler a pas fini le boulot, dégagez ! »… Des phrases d’une extrême violence formulées en Belgique, en France, aux Etats-Unis, au Maroc, en Angleterre… pour n’en citer que quelques-uns, et qui symbolisent l’ignorance, la méconnaissance et le non-respect envers les femmes, parce qu’elles sont femmes, mais aussi à cause de leur orientation sexuelle. À la manière de Paye ta shneck (lire notre Coup de cœur – YEGG #19 - Novembre 2013), le tumblr Lesbeton entend dénoncer les réactions stupides que déclenchent la vue d’un couple lesbien ou la découverte de la sexualité d’une belle femme, vécue alors comme « du gaspillage ». Si nous sommes séduites par le procédé, visant à lutter contre ce phénomène immoral, chaque phrase publiée sur le site nous hérisse les poils et nous file la nausée !

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Fières de la coiffe
Title: 
Lesbeton les réflexions !
Summary: 
L'exposition Bretonnes témoigne d’une identité régionale forte à travers des tableaux à l’esthétique impeccable que l’on apprécie de contempler et interroge nos connaissances et intérêts pour nos traditions.
Summary: 
Si nous sommes séduites par le procédé, visant à lutter contre le phénomène immoral du harcèlement de rue (ici envers les femmes qui aiment les femmes), chaque phrase publiée sur le site nous hérisse les poils et nous file la nausée !

Mustang - Deniz Gamze Ergüven

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Un scénario puissant et bouleversant. Chaque séquence est habitée par une énergie solaire qui colle parfaitement au tempérament des sœurs, héroïnes amazones qui luttent contre le sexisme dans une Turquie d’aujourd’hui.
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À l’est de la Turquie, dans un petit village sur les bords de la Mer Noire, vivent 5 sœurs. Leurs parents décédés, c’est leur grand-mère et leur oncle qui se chargent de leur éducation. À la sortie des classes, les filles bordent la plage et se mettent à chahuter dans l’eau avec des garçons qui se sont joints à la baignade improvisée. Les jeunes filles rentrent heureuses et les cheveux mouillés mais très vite les premières sanctions se font sentir. Les 5 sœurs se voient interdire presque tout si ce n’est ce qui peut les transformer en parfaites femmes d’intérieur et asservies à leurs futurs maris. La maison se barricade, le jardin et les fenêtres deviennent les seuls havres de liberté pour ces jeunes adolescentes pleines de vitalité. Indomptables, leurs insolentes aspirations à la liberté ne sont pas du goût de leurs aînés qui les contraignent à vivre encore plus cloisonnées du monde extérieur. Adieu les éclats de rire, études et promenades. Les murs sont surélevés et les barreaux apparaissent aux fenêtres. Puis les mariages forcés arrivent, stoppant net l’insouciance. Se soumettre ou résister ? Accepter l’inacceptable ou s’enfuir ? Le film décrit un réalisme rigoureux tiré d’un récit éclairé. Un scénario puissant et bouleversant. Chaque séquence est habitée par une énergie solaire qui colle parfaitement au tempérament des sœurs. La réalisatrice peint avec brio des héroïnes amazones qui luttent contre le sexisme dans une Turquie d’aujourd’hui.

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