Juin 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Les 16 et 17 mai, YEGG s’est rendu à Lorient pour assister à la 4e Biennale de l’égalité femmes-hommes, organisée par la région Bretagne. Si plusieurs coups de gueule ont rythmé notre séjour dans le Morbihan, un événement a particulièrement retenu notre attention – en dehors de notre rencontre avec la ministre des Droits des femmes (interview à lire sur yeggmag.fr – YEGG fait sa Biennale de l’égalité (4/5)) : le spectacle À mon âge je me cache encore pour fumer, présenté et joué par la compagnie finistérienne Les Cormorans. Adapté de l’œuvre éponyme de Rayhana, auteure et comédienne féministe algérienne, le spectacle dépeint un tableau d’une grande et belle force à travers le portrait et le parcours de neuf femmes réunies dans un hammam à Alger. Ensemble, elles discutent, échangent, partagent avec ferveur et passion autour de leur condition féminine. Elles n’ont pas les mêmes âges, ne connaissent pas les mêmes conditions de vie et surtout ont des difficultés à comprendre les idéologies des unes et des autres. Toutefois, la compagnie diffuse et transmet le message avec beaucoup de justesse et finesse, relevant le pari de peindre un tableau d’une grande beauté sur lequel figurent ces femmes liées par leur force et leurs valeurs aussi différentes soient-elles. Un spectacle qui mérite une grande visibilité et diffusion en raison de la réflexion et l’ouverture d’esprit qu’il impulse.

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Vigilance accrue des femmes ou recrudescence de « relous » sur nos trottoirs ? Quoi qu’il en soit, le harcèlement de rue enflamme le web. Blogs, tumblr, tweets, vidéos cachées, tous les supports sont bons pour dénoncer ce sexisme quotidien. Elles sont de plus en plus nombreuses, et pas fatalement féministes enragées, à les utiliser pour raconter leurs expériences. Le pire, ce sont les commentaires triviaux et violents que leurs témoignages inspirent à certains dégénérés, du style « tu l’as mérité, salope !». On en parle tant ces derniers temps que la cause semble se perdre un peu d’ailleurs. Certaines, alors qu’elles dénoncent les mêmes faits graves, se sont disputées. Les unes reprochant aux autres d’aborder les choses avec trop d’ironie quand elles aimeraient qu’on s’en tienne au premier degré. Il ne faudrait pas que cela fasse oublier le vrai problème, soit l’insécurité éprouvée par les femmes dans la rue – 1 sur 4 s’y est sentie mal à l’aise en 2012 - et rappeler aux hommes qu’on siffle les chiens, pas les femmes, que dire « t’es bonne ! » n’est pas un compliment mais une insulte, et que suggérer un rapport sexuel à une inconnue est une agression. Au même titre que les injures racistes, le harcèlement de rue doit être condamné. La France va-t-elle bientôt devoir légiférer, comme la Belgique, pour le punir ? En attendant, on peut continuer à protester et porter ces t-shirts : http://colerenomfeminin.bigcartel.com/products

Posts section: 
Title: 
Des femmes puissantes
Title: 
Ras le bol !
Summary: 
Un spectacle qui mérite une grande visibilité et diffusion en raison de la réflexion et l’ouverture d’esprit qu’il impulse.
Summary: 
Vigilance accrue des femmes ou recrudescence de « relous » sur nos trottoirs ?

Mai 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
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Le 12 avril dernier, le Forum Libé interrogeait l’avenir de la France à travers différents prismes, dont celui du féminisme. 2030 : un vent nouveau ? Pas de réponse. Pas de prise de risque pour les 4 intervenantes invitées, seulement des utopies idéalistes et légèrement Bisounours. De leur côté, Mathilde Joubaud – lycéenne à Saint-Martin en option Cinéma – et Paul Marques Duarte – étudiant en Arts du spectacle à Rennes 2 – ont décidé de prendre le contrepied de cette minauderie pour frapper un grand coup. Fin mars, ils diffusent sur Vimeo leur très court métrage Désirée, dont le synopsis, simple et efficace, se veut percutant. L’histoire d’une jeune fille, de 18 ans, qui se rend chez le médecin pour avorter et qui se retrouve face à un mur : « Pas violée, pas d’IVG », lui répond-il. Une réplique fracassante qui résonne dans l’actualité espagnole depuis décembre dernier, moment où le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté la loi anti-IVG, restreignant l’avortement à deux cas seulement : viol ou danger pour la santé de la mère. À la manière de Lisa Azuelos ou Éléonore Pourriat, les deux jeunes rennais transposent une situation soi-disant irréaliste à notre quotidien pour créer un choc, une prise de conscience. Une bien belle initiative qui nous fait réaliser qu’aucun droit n’est jamais acquis. Désirée insuffle en nous un vent de militantisme et cristallise certaines horreurs qu’il est important de combattre pour préserver le futur de toutes les femmes. Plus d’infos sur yeggmag.fr – Droit à l’avortement : Désirée ou l’art du court-métrage rennais – 28 mars 2014.

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Alerté par le SDAS FO 35 sur l'absence d’un centre IVG à l’hôpital de Vitré, YEGG a enquêté. Face à la difficulté d’obtenir des réponses, le sujet s’est révélé sensible, voire brûlant. Si le Conseil Général a signé en 2012 une convention avec les hôpitaux et la CPAM pour une « la mise en œuvre de l’IVG médicamenteuse dans les centres de planification ou d’éducation familiale départementaux », celle-ci a depuis pris beaucoup de retard. Vincent Lavoué, gynécologue-obstétricien au CHU de Rennes, qui a formé la responsable du centre de Vitré, CPEF volontaire pour l’expérimentation, s’en étonne. Il décrit, en outre, la position du centre hospitalier : « Légalement le directeur ne peut pas obliger les gynécologues à pratiquer l’IVG, mais pour maintenir sa maternité, il a besoin d’eux. C’est la quadrature du cercle. Le cas se pose dans beaucoup de petites villes. À Vitré les choses sont en train de se régler, mais le problème va se poser à Redon ». Selon lui, le débat est plus large : « Nous dépendons d’administrations distinctes, les centres de planification du Conseil Général, les centres IVG de la Sécu, deux instances décisionnelles qui ne se parlent pas en Ille-et-Vilaine. Il y a un manque de lisibilité et de coordination des différents intervenants, alors qu’on devrait travailler ensemble, en bonne intelligence, pour une action construite et cohérente, comme dans le Morbihan ». La rédaction de YEGG ne manquera pas de revenir plus longuement sur ce sujet dans un prochain numéro. 

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Title: 
Un film désiré
Title: 
L'avortement : quel avenir ?
Summary: 
Et si l'avortement n'était pas légalisé en France ?
Summary: 
Manque de centre IVG dans le département = sujet sensible...

Avril 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
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Les femmes journalistes se mobilisent et prennent la Une. À l’initiative de Claire Alet, journaliste à Alternatives Économiques, le tumblr Prenons la Une vise à dénoncer la « trop grande invisibilité des femmes dans les médias », ne représentant que « 18% des experts invités ». Un chiffre qui stagne depuis plusieurs années et qui pointe du doigt les disparités entre les sexes, maintenues par les médias. Le collectif souligne également, dans son manifeste publié le 3 mars dans Libération, le manque de considération et de reconnaissance envers les intervenantes invitées sur les plateaux (TV ou radio) et citées dans les colonnes de la presse écrite, « trop souvent présentées comme de simples témoins ou victimes, sans leur nom de famille ni leur profession ». À l’heure où nous écrivons ces lignes, 700 journalistes femmes ont signé le manifeste, rejoignant l’idée que les clichés et stéréotypes sexistes sont principalement véhiculés par les médias, notamment dans la représentation de la gente féminine en Une des journaux et magazines. Elles déplorent alors le manque de sensibilisation des journalistes à ce sujet ainsi que « les inégalités professionnelles, (les) propos et attitudes sexistes au sein des rédactions ». L’étau se resserre donc sur cette profession censée représenter la société dans toutes ses composantes. Une initiative forte et poignante dans un milieu trop peu habitué à balayer devant sa porte… C’est là chose faite : prenons-la-une.tumblr.com

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Début mars, les artères de Rennes ont vu défiler une marée de blouses blanches. Les élèves infirmiers étaient en colère contre le système qui les prenait alors en otage dans le conflit qui opposait l’Etat et les établissements privés de santé. Ces derniers refusant de les accueillir en stage pour signifier leur refus de voir baisser leurs tarifs facturés à la Sécu. Depuis, un accord a été trouvé et ce chantage abusif et injuste a cessé, au grand soulagement des élèves en soins infirmiers – dont la très grande majorité est féminine - déjà malmenés. Si l’on sait combien leur métier est dur, on sait moins en revanche que depuis plusieurs années ils tentent de faire réformer leur formation. Elle n’est plus, selon eux, en adéquation avec les réalités du terrain hospitalier, mais au-delà de cela, ils souhaitent voir leur statut étudiant évoluer et leurs conditions sociales s’améliorer. Étudiants de l’Enseignement Supérieur depuis 1992, ils dépendent toujours du Ministère de la Santé – il n’y a pas de cogestion concrète entre les deux ministères - et n’ont donc pas accès aux mêmes services que leurs congénères universitaires et notamment ceux du CROUS (logements étudiants, restauration universitaire…etc.). En outre, leurs bourses sont souvent 20% moins élevées. On comprend donc leur ras-le-bol et qu’on puisse bientôt les revoir dans les rues pour manifester leur légitime colère.

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Title: 
Sexisme médiatique à la Une
Title: 
Une vieille colère
Summary: 
Les femmes prennent la Une et dénoncent le sexisme ordinaire dans les médias. On adore !
Summary: 
Marée de blouses blanches dans les rues de Rennes. Pourquoi ?

La guerre invisible - Leila Miñano et Julia Pascual

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Deux ans d’enquête rondement menée pour cette bombe lâchée dans les rangs de l’armée française…
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Deux ans d’enquête rondement menée pour que Leila Miñano et Julia Pascual publient leur ouvrage, co-édité par Les Arènes et Causette. Une bombe lâchée dans les rangs de l’armée française… 289 pages de révélations effrayantes sur les violences sexuelles dont sont victimes les femmes engagées dans les forces militaires de l’Hexagone. Mais les deux auteures ne font pas que relater horreurs et scandales, elles retranscrivent les parcours de celles qui ont dû déserter pour s’en sortir, se taire pour éviter les représailles ou se battre, seules, en espérant que justice soit faite, sans jamais rien voir venir. À travers de nombreux témoignages, elles décrivent un milieu terriblement sexiste et archaïque, quasi entièrement hostile au sexe féminin. Avec humilité, justesse, professionnalisme et précision, les deux belles plumes de Leila Miñano et Julia Pascual s’unissent pour faire bouger les lignes. Pour preuve, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a ouvert une enquête interne sur les violences sexuelles dans l’armée, dont les recommandations devraient être rendues publiques mi-avril.

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Les femmes s'en vont en lutte - Patricia Godard et Lydie Porée

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Un outil de réflexion formidable pour comprendre l'engagement des rennaises dans la lutte pour l'égalité des années 60 et encore de nos jours.
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À une époque où, d'un côté, la nouvelle génération pourtant avide de plus d'égalité ne semble plus vouloir se reconnaître dans le terme féminisme et où, de l'autre, certaines minorités revendiquent haut et fort (trop trop fort) la remise en cause de droits les plus fondamentaux de la femme (droit à l'avortement, d'accéder à la maternité), l'ouvrage de Patricia Godard et Lydie Porėe, fruit d'une enquête menée pendant plus de quatre ans, est essentiel. Parce qu'il raconte l'histoire de militant(e)s, d'associations et de luttes locales, de combats qui se sont greffés à une action nationale qui ont pris place dans les lieux que nous fréquentons tous les jours. Ainsi, on apprend qu'au 13 rue St Michel, un appartement abritait un cabinet d'avortement clandestin avant la promulgation de la loi Weil, géré par des étudiantes en médecine. Plus généralement, l'ouvrage est un outil de réflexion formidable pour comprendre l'engagement des rennaises dans la lutte pour l'égalité des années 60 et encore de nos jours. Aux éditions Goater.

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Février 2014

Writers: 
Marine Combe
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Laura Lamassourre
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« Les produits laitiers, des sensations pures… ». Mais bien sûr! »*. En colère, elles le sont ces vaches. Le 7 janvier, des militants de plusieurs organisations de défense des animaux dont L214, ont manifesté devant la Préfecture de Rennes et partout en France. Les manifestants, arborant fièrement leurs masques « vache », sont venus protester contre un projet de loi sur l'avenir de l'agriculture examiné, début 2014, par l’Assemblée Nationale. Mobilisation initiée et fédérée par Novissen, association de riverains de la commune de Drucat dans la Somme, elle vise la création d'une ferme-usine aux dimensions et capacités gargantuesques. 1000 vaches, leurs 750 veaux et génisses, 8500 m² d'exploitation sur 3000 hectares pour 8 millions de litres de lait par an ! Leur but ici est de s'opposer à l'intensification de l'élevage et de mettre en avant les retombées économiques et écologiques d'une telle exploitation. Abaissement du prix du lait, menace sur le reste de la filière laitière française, importation de soja peu recommandable d'Amérique du Sud, épandage de digestat (résidu issu du processus de méthanisation) sur les milliers d'hectares et ainsi dégradation de la qualité de l'eau et prolifération d'algues… On comprend le message des opposants au projet : « Le lait souffrance insoupçonnée ». Les Vaches en colère ont su mobiliser avec humour et force, et on l'espère, aideront à préserver encore quelques temps la qualité de cet or blanc.

* http://vache-en-colere.tumblr.com/

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Le Centre Alma ne trouve décidément pas grâce à nos yeux (lire le Coup de gueule –novembre 2013 - numéro 19 « Buzz commercial »). Aussi beau, aussi récent et aussi neuf soit-il, le centre commercial, situé dans le sud de Rennes, ne surfe pas sur la vague de l’égalité des sexes et de la modernité à ce niveau-là. En effet, pour le début des soldes, il était proposé aux femmes, du 8 au 11 janvier, de faire garder leurs hommes lors de leurs sessions shopping. Ainsi, du mercredi au samedi, de 10h à 19h les messieurs terriblement ennuyés par les préoccupations futiles de leurs compagnes – et qui apparemment ne savent pas dire non ou qui ont été contraints de venir - pouvaient accéder à l’espace qui leur était réservé. Jeux vidéos, journaux, massages… ils sont comme des coqs en pâte « dans une ambiance chalet à la montagne », précise le Centre Alma sur Facebook, avant d’ajouter : « Mesdames, pas d’inquiétude, on saura vous bichonner le reste de l’année ! ». Là dessus, nous n’avons pas de doutes, encore moins d’inquiétudes… En revanche, l’idée d’une garderie pour les hommes provoque des palpitations, ainsi que les commentaires désolants notés sur le réseau social. En effet, le centre commercial ne pouvait pas plus jouer sur les clichés et les stéréotypes pour lancer un nouveau buzz au moment des soldes. À ce niveau-là, il fait chou blanc, fort heureusement.

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Title: 
Passions laitières
Title: 
Garderie au masculin
Summary: 
« Les produits laitiers, des sensations pures… ». Mais bien sûr! »
Summary: 
Mesdames, faites garder vos hommes. Non mais quoi encore ???

Lulu femme nue - Sólveig Anspach

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Summary: 
Une comédie fraîche qui nous dévoile avec charme la beauté et dureté du cycle d’une renaissance.
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Un entretien d’embauche raté et un retour à la maison par le train qui ne se fera pas, Lulu semble être éprise d’une sensation envahissante. Une envie de s’évader et un besoin non prémédité de liberté. Lulu, interprétée par Karine Viard, vaque ici ou là, sur la côte durant quelques jours cherchant probablement un sens à son existence. Un déterminisme auquel la mère de famille tentera d’échapper ne serait-ce qu’une nuit. Une nuit qu’elle prolongera, se laissant porter par l’instant. Sur le chemin de l’errance spirituelle, Lulu fera une rencontre. Aussi inattendue qu’étonnante, la rencontre avec Charles interprété par Bouli Lanners, notre héroïne saura en faire un moment de contentement. Tous deux au bord du monde, ils s’aimeront dans cet instant de grâce. Une fois l’alliance égarée, seul le portable la relira encore à sa vie quotidienne. Le film de Sólveig Anspach est une libre adaptation de la bande dessinée Lulu femme nue d'Étienne Davodeau. L’émancipation d’une femme en quête d’elle-même est filmée avec beaucoup de tendresse et une certaine poésie réaliste. Une chronique de libération et du lâché prise adapté au beau personnage de Lulu mais aussi aux personnages satellites de son heureuse aventure. Une comédie fraîche qui nous dévoile avec charme la beauté et dureté du cycle d’une renaissance.

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Suzanne - Katell Quillevéré

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Les actrices sont remarquables de sincérité et proposent un jeu épuré, touchant et qui favorise l’intensité dramatique qui fait la force du film.
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Il y a Suzanne, fragile et rêveuse puis Marie sa sœur, son pôle et son équilibre malgré des intérêts et préoccupations différents. Pour les accompagner et les soutenir dans leurs vies il y a Nicolas, leur père routier. La maman ayant disparu prématurément, le papa plein d’amour pour ses deux filles est aussi démuni que désarmé pour veiller sur elles. Mais voilà Suzanne est comme absorbée par les évènements qu’elle vit avec intensité. Sans bien comprendre les raisons de ses choix, elle veut vivre. Très jeune elle tombera enceinte. Comme prédestinée à la tragédie et n’aspirant qu’à l’amour, elle suivra un jeune voyou quitte à abandonner son jeune fils et sa famille. Cette fuite en avant la conduira en prison. Les sacrifices ne sont pas mesurés chez Suzanne. C’est l’amour qui la guide. L’instabilité et les erreurs ne racontent rien d’autre que la noirceur intériorisée par cette définitive romanesque qu’est Suzanne. Durant une vingtaine d’années, la réalisatrice Katell Quillevéré cueille les moments de la vie douloureuse d’un triangle familial. Les deux actrices Sara Forestier et Adèle Haenel sont tout simplement remarquables de sincérité et proposent un jeu épuré, touchant et qui favorise l’intensité dramatique qui fait la force du film.

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Janvier 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Laura Lamassourre
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Gamines, on a eu entre les mains la fameuse Poupée Barbie aux mensurations improbables. Créé en 1959 par l'américaine Ruth Handler, ce jouet Mattel a traversé les époques et les générations. Pendant qu'elle insérait une image déformée de la femme dans le cerveau des petites filles, elle permettait à la multinationale d'ingérer des milliards de dollars. Elle a su évoluer avec son temps, elle n'est plus seulement reléguée aux tâches ménagères mais a le droit d'être médecin, journaliste, divorcée… Le 1er décembre, Peuples Solidaires présentait « Barbie ouvrière » ; sur la dalle du Colombier à Rennes, exposée dans une boîte rose géante d'allure un peu kitsch où la marque rebaptisée « Mattée » affiche son logo criard. En bleu de travail et enchaînée, elle est tout de suite moins attirante et le scotch qui lui barre la bouche empêche toute complainte de sa part. Une jeune femme grimée traverse la foule, discute avec les passants. La vraie poupée assiste à la promotion de sa nouvelle consœur, parée d'une robe rose à pois, une perruque vissée sur la tête. Les gens sourient, il faut dire que la bonimenteuse endimanchée qui nous présente le produit a des airs de ridicule. Les mots sont tranchants, sarcastiques ; « facilement manipulable et exploitable à souhait » cette poupée représente en fait les milliers d'ouvrières exploitées dans les usines chinoises de la marque. Sous la forme d’un « hapenning » joyeux, le ton se veut second degré pour éduquer et non choquer. Nous, on aime !

Text: 

Le second trimestre sonne l’heure du premier état des lieux sur les nouveaux rythmes scolaires. YEGG s’est procuré le compte-rendu d’un comité de secteur de la ville qui s’est tenu fin 2013. Sans surprise, le bilan est mitigé et le projet perfectible. Les effets négatifs de cette mise en place hâtive sont nombreux, notamment pour ce qui est de la pause méridienne : des ateliers de qualité mais trop peu nombreux, guère variés et mal organisés ; pas assez d’encadrants qui manquent, en outre, de professionnalisme ; une restauration trop tardive - manger à 13h quand on a 6 ans, c’est très tard ! ; des locaux mal adaptés ; un déficit de concertation et de coordination entre équipes éducatives, animateurs et associations, qui ne permet pas de distinguer les temps scolaires et les temps périscolaires. Enfin, un manque d’information aux familles. Voilà pour l’essentiel. L’intervalle du midi devrait donc être repensé, au profit de la mise en place des ateliers en fin de journée, vers 15h30. Les équipes pédagogiques regrettent une mise en place dans la « précipitation et la cacophonie » mais aussi le manque de moyens disponibles. Quant à la fatigue et la perte de concentration des élèves, elles sont notables en fin de matinée et le vendredi. Souhaitons qu’en cette nouvelle année, les attentes légitimes des enseignants et familles soient entendues et intégrées. Après neuf mois de râle permanent, il serait temps d’enfanter d’un projet stable…

Posts section: 
Title: 
Poupée travailleuse
Title: 
Bilan mitigé
Summary: 
Barbie ouvrière, le jouet que les petits ne s'arrachent pas...
Summary: 
Le second trimestre sonne l’heure du premier état des lieux sur les nouveaux rythmes scolaires.

Décembre 2013

Writers: 
Chloé Rébillard
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Les réseaux sociaux sont emblématiques de notre société actuelle. Parfois controversés, stigmatisés, parfois adorés, adulés jusqu’à en rendre addict plus d’un. Facebook fait parti de ceux qui sont les plus critiqués à cause, entre autre, de la forte tendance des utilisateurs à partager les moindres détails de leur vie privée. Pourtant, certaines initiatives peuvent y naitre et rassembler une cyber-communauté. C’est le cas de Portraits de Rennes qui a vu le jour mi-novembre, sous la forme d’une page J’aime. Qui se cache derrière ? On ne sait pas. Et on s’en fout. L’intérêt ici est de découvrir des personnalités, Monsieur et Madame tout le monde, qui vivent dans la capitale bretonne. Si chaque description n’est pas forcément attrayante ou intéressante, la forme proposée et la spontanéité des réponses en revanche est plutôt distrayante et apporte de la nouveauté dans un paysage numérique routinier et morne. Une photo de la personne est postée avec les quelques lignes de texte, rendant vivante et réelle cette communauté de tous les jours, à laquelle on ne prête plus attention au quotidien. Cette nouvelle page attise la curiosité, transforme le centre ville en un territoire de jeu puisque, sait-on jamais, nous pourrions bien être la prochaine proie de celle ou celui qui tire le portrait aux Rennais.

Text: 

Alors que la Bretagne est une terre à la culture fertile, les artistes locaux sont sous-représentés dans la ville. Des groupes de musique, des artistes plasticiens, des photographes, peintres, musiciens... sont à l'affut d'opportunité pour émerger. Pourtant, à première vue, la ville de Rennes semble bien dotée en lieux d'accueil culturels. Entre le Liberté, le Musikhall, l'Antipode, l'Ubu... il y a de quoi faire pour égayer les soirées. Mais si on regarde la programmation de ces salles, elle est avant tout nationale, voire internationale. Celle du Liberté, par exemple, est révélatrice. En décembre, Nolwenn Leroy, Pascal Obispo et Vanessa Paradis se produiront dans la plus grande salle de concert de Rennes. Mais où sont les artistes locaux ? Relégués dans les bars qui ne bénéficient pas d’une jauge suffisante, ils n'ont pas leur place dans ces grandes structures trop onéreuses pour le budget des débutants. La capitale bretonne manque d'un lieu qui permette aux locaux de venir se produire pour se tester, gagner en notoriété... ou se planter. Un lieu accessible à toutes et à tous et qui pratique des tarifs abordables. D'autant que l'offre de spectacle à Rennes est en baisse. La salle de la Cité est fermée pour cause de travaux et dans le même temps l'Élaboratoire devrait tirer sa révérence et sortir de la scène rennaise.

Posts section: 
Title: 
Têtes de Rennais
Title: 
Culture stérile
Summary: 
Portraits de Rennais sur la toile, un point pour l'effort !
Summary: 
Alors que la Bretagne est une terre à la culture fertile, les artistes locaux sont sous-représentés dans la ville.

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