Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Les portes-jarretelles au service d'un show (u)burlesque

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Rennes
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Carton plein pour « Porte-jarretelles et piano à bretelles », le french burlesque show présenté mercredi 16 octobre à Rennes, à l’occasion du Grand Soufflet.
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Carton plein pour « Porte-jarretelles et piano à bretelles », le french burlesque show présenté mercredi 16 octobre à Rennes, à l’occasion du Grand Soufflet. On doit la réussite de cette soirée à trois sublimes effeuilleuses, un meneur de revue crapuleux et une accordéoniste farfelue.

C’est un mélange étonnant, délirant et explosif que nous propose Etienne Grandjean, à la fois directeur artistique du festival et directeur artistique du spectacle. Le burlesque dans toute sa splendeur ! On y retrouve l’ambiance de Pigalle à la fin du XIXe siècle mais aussi l’atmosphère festive des années folles du Paris des années 20. On pense à Toulouse-Lautrec et ses peintures de la vie au Moulin Rouge, à Joséphine Baker, meneuse de revue aux Folies Bergères et à Alain Bernadin, créateur du cabaret parisien Crazy Horse – dans les années 50 – grand admirateur des femmes, fasciné par les Etats-Unis.

Sans oublier, le clin d’œil à Tournée, film réalisé en 2010 par Matthieu Amalric dans lequel une troupe d’effeuilleuses déboule tout droit des USA pour entamer une tournée en France. De Las Vegas à Paris, en passant par Rennes, le résultat s’intitule « Porte-jarretelles et piano à bretelles ». Le tout est réuni sous le chapiteau du Grand Soufflet, installé sur la place du Parlement.

« Really glad to be in France, the land of love. And of french kiss ! How do you say in french ? … Vous roulez les pelles ? Comme une pelle pour faire des trous ? » 
Francky O’Right

Mercredi soir, le public rennais est au rendez-vous – tout comme il l’avait été lors de la première présentation de Porte-jarretelles et piano à bretelles en 2011, dans le même festival. Plus que ça, la salle est pleine à craquer, en sur-jauge même et de nombreux spectateurs se tiennent debout. Rien ne les empêchera d’assister à ce show burlesque spécial frenchy ! Dans les coulisses, ça ricane, ça pouffe de rire, ça piaille. L’accordéon, instrument central de ce festival, se fait entendre sur une musique qui sonne très France du début XXe siècle.

Louis(e) de Ville, Loolaloo des Bois, Miss Vibi, Jasmine Vegas et Francky O’Right, qui semblent tout droit sortis d’un film des années 20, la couleur en plus, débarquent sur la scène et nous plongent immédiatement dans l’ambiance. Des sourires charmeurs, des regards allumeurs, des gestuelles sensuelles et une bonne dose d’humour. « We are really glad to be in France, « capitale de la culture française ». If you don’t understand, it’s okay, I don’t care...», s’écrie le meneur de revue, Francky O’Right.

Burlesque ubuesque

Son personnage, inspiré des films de gangsters et des comédies musicales qu’il chérit tant, est exubérant, a une dégaine de mafieux gominé, enchaine clowneries et mimes, et part dans des trips délirants, qui lui vaudront de se retrouver entièrement nu à un certain moment du spectacle, pour le plus grand plaisir des dames, d’abord surprises puis très enthousiastes – certaines mettront plusieurs minutes à s’en remettre.

Distribution de cigarettes, de bières à partager entre spectateurs, de cocaïne et d’extasy, il sait assurément comment chauffer le public en attente des sexy protagonistes du spectacle. Place alors au charme, à la sensualité, à l’évasion, à l’éveil des sens avec un premier numéro qui appelle justement à l’imaginaire, en ombres chinoises. L’effeuilleuse – on reconnaitra la silhouette et la chevelure de Louis(e) de Ville – entame son strip-tease, dissimulée derrière un voile blanc, en retirant langoureusement ses gants, sa nuisette, son bustier et son soutien-gorge.

La tension est palpable dans la salle. Les spectateurs sont avides de découvrir celle qui se cache derrière le rideau, qui se lève, se baisse, se lève et se baisse à nouveau, avant de se lever entièrement et de se laisser apparaître… Jasmine Vegas. Fameuse accordéoniste et chanteuse, elle est aussi une drôle de meneuse de revue. Une perruque en plumes vissée sur la tête, un accoutrement grotesque, des bottes de cow-girl, la talentueuse joueuse de piano à bretelles illustre à merveille le côté burlesque italien dans son sens premier, à savoir la farce.

Elle force le rire, exagère les traits comiques et emploie des termes vulgaires. Elle chante en français et flirte avec le registre d’Edith Piaf : « Il me dit des mots d’amour, des mots de tous les jours – connasse, salope (…) Il est entré dans mon cu…cœur… ».

« Je suis venue en France pour un homme et je suis restée pour le fromage ».
Jasmine Vegas

Entre les nombreuses loufoqueries des deux meneurs de revue, les stars du new-burlesque font leur apparition. Tout à tour, elles nous en mettent plein la vue, que ce soit dans le registre dramatique type Lady MacBeth avec Louis(e) de Ville, autour d’une barre de pole dance avec Miss Vibi ou dans un show plus intimiste avec Loolaloo des Bois, seule face à ses proies. Elles alternent entre numéros individuels d’effeuillage affriolants (peu nombreux par rapport au Breizh Burlesque Festival dans lequel on a retrouvé Miss Anne Thropy qui figurait dans la distribution du french burlesque show en 2011) et mises en scène en trio.

Ensemble, elles sont secrétaires, cow-girls, divas ou encore hôtesses de l’air, manient l’art de se déshabiller à merveille, de dévoiler leurs atouts de manière gracieuse et élégante et jouent malicieusement avec les clichés. Elles sont splendides, tapent fort sur le côté potiche, rient aux éclats et sourient comme des danseuses de charleston. Les Burlesque women, dont la féminité n’est pas plus à prouver, ont le don de « libérer les consciences en titillant les inconscients » dans un show détonnant qui se joue des stéréotypes sur les français – baguettes de pain dans la valise et robe en Tour Eiffel à la Jean-Paul Gauthier entre autres – et qui se nourrit sauvagement du registre érotico-comique, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Célian Ramis

Le Grand Soufflet : Une lucha libre violente et trépignante

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Rennes
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Un des grands moments du Grand Soufflet restera le combat de catch mexicain. Les spectateurs ont rapidement pris part au jeu en criant, sifflant, huant et en acclamant les quatre champions.
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Un des grands moments du Grand Soufflet restera le combat de catch mexicain. Samedi dernier, à 15h, un vent de lucha libre soufflait dans le chapiteau, place du Parlement. Les spectateurs ont rapidement pris part au jeu en criant, sifflant, huant et en acclamant les quatre champions.

Trois manches vont se succéder jusqu’à la victoire du clan des Tecnicos. Il faudra une heure, et des sacrés coups dans la gueule et dans le dos, à Casandro El Exotico -  « le clo clo mexicain, roi de la prouesse technique et lutteur exotique, glamour et paillettes » en majestueux justaucorps rose brillant et au brushing irréprochable – et à Mascara Dorada – « celui qui cumule 4 titres de champion du monde en même temps, qui est le fils de la déesse du vent » et qui brandit fièrement le drapeau breton à son arrivée – pour venir à bout des deux monstres de la lucha libre qui forment le clan des Rudos (écrit en rouge sur l’arrière du slip de Dragon Rojo Jr). Une victoire qui ne sera pas facile à remporter.

Mais avant toute chose, Fanny Pascual de Guayaba, la présentatrice et chauffeuse de salle, introduit le spectacle qui va se dérouler sous les yeux ébahis du public : « Le public doit choisir son camp et le soutenir. D’un côté les Tecnicos, ceux qui respectent les règles. De l’autre, les Rudos, avec qui tous les coups sont permis. Vous allez assister à un éclatage de face en bonne et due forme ».

Le ton est donné. Et pour arbitrer cette lutte acharnée et quasi anarchique, Orlando El Furioso, « un arbitre bretonnant ». Si tous les coups sont permis chez les Rudos, des règles existent en lucha libre : interdiction de quitter son masque, de tirer les cheveux, de donner des coups bas… « C’est parti les cabrones », crie l’arbitre. Le premier quart d’heure va être dédié à la présentation des luchadores, qui débarque un à un sur le ring.

La pression monte, les catcheurs font le show, masques sur la tête (excepté pour Casandro), torses ultra musclés luisants, cris de guerre et débordements de testostérone. Les spectateurs sont en ébullition, ils trépignent d’impatience autour du ring, crient, applaudissent, huent, sifflent, encouragent, hurlent en espagnol et se prennent au jeu très rapidement. « Légendes de la technique », « pros du saut aérien », « véritable sang aztèque », « peuple belliqueux »… Les mots prononcés par la présentatrice résonnent de plus en plus sous le chapiteau et font monter la température en quelques secondes.

Entre sifflements et acclamations, les luchadores se confrontent en face à face ou en duo, cherchant chaque occasion de faire le show mais aussi une opportunité de soumettre son adversaire par une prise de leur choix ou en le clouant au sol, minimum 3 secondes, les deux solutions pour mener son clan à la victoire.

Si la première manche est remportée facilement semble-t-il par les Tecnicos, les Rudos vont reprendre le dessus dès le début du deuxième round. Sangre Azteca se précipite sur Casandro, qui parade sur les cordes du ring, le met à terre et le roue de coup de pieds dans le dos.

Ensemble, les quatre catcheurs exécutent une chorégraphie de brutalité orchestrée, durant laquelle ils encaissent les coups, les donnent, se gifflent violemment (torses et visages), s’envoie des coups dans l’entrejambe, prennent appui dans les cordes pour se projeter sur les adversaires mais aussi pour les envoyer valdinguer dans les coins et les renverser au sol après plusieurs cabrioles – dont la très impressionnante prise Headscissors takedown dans laquelle l’attaquant met ses chevilles autour du cou de son adversaire et le fait tomber à terre.

Les champions de la lucha libre nous offrent un show étonnant, impressionnant et insolite tandis que les spectateurs vivent chaque instant avec rage, force et compassion alternant entre cris d’encouragements, « bisous » pour les Tecnicos, et insultes, « en**lés » pour les Rudos.

Célian Ramis

Quand le théâtre parle de violence conjugale

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Théâtre du Vieux Saint-Etienne, Rennes
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Une pièce de théâtre bouleversante sur les violences conjugales, réalisée par des membres de la compagnie théâtre Quidam, à partir du témoignage de Rachel Jouvet.
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Le 11 octobre prochain, au théâtre du Vieux Saint –Etienne à Rennes, sera jouée à 20h30, « Je te veux impeccable, le cri d’une femme ». Une pièce de théâtre bouleversante sur les violences conjugales, réalisée par des membres de la compagnie théâtre Quidam, à partir du témoignage de Rachel Jouvet.

L’idée est partie d’une rencontre entre la compagnie Théâtre Quidam, spécialisée dans le théâtre de proximité et Rachel Jouvet, victime de violences conjugales. Cette femme, issue du monde du spectacle, a subi pendant 2 ans les menaces et les coups de son ex-compagnon, avant que celui-ci tue son beau père et soit incarcéré dans une prison parisienne. De là en résulte une pièce.

En effet, l’année dernière, Rachel Jouvet a décidé de partager son passé avec Loïc Choneau, auteur, metteur en scène et Isabelle Séné, comédienne. « Rachel a commencé à nous raconter son histoire. On s’est regardé en se disant qu’on ne pouvait que participer à son projet de la mettre en scène. Notre association travaille toujours sur des thèmes de société », explique Loïc Choneau.

C’est lui qui a recueilli son témoignage : « Pendant 3 mois, toutes les semaines, on s’est rencontré pendant un heure. Chaque fois, j’écrivais le texte puis elle validait. On a beaucoup travaillé sur les sentiments, sur la complexité de la nature humaine, sur le fait d’être prisonnier d’une situation ». Une fois  l’écriture terminée, Isabelle Séné a commencé à étudier son rôle d’interprétation. « Un travail physique », souligne-t-elle, dans lequel la fluidité du corps est primordiale. « Dès la lecture du texte, j’ai laissé mes émotions et mes sensations me guider », dit-elle. Pour être le plus vrai possible.

Un questionnement important

Rachel Jouvet a attendu 13 ans pour dévoiler au public son histoire. « Il fallait que je me reconstruise et que les choses soient claires dans ma tête. J’avais envie d’écrire, mais je ne savais pas comment », confie-t-elle. Avec cette pièce de théâtre, elle a franchi une étape. Dans 7 ans, l’ancien partenaire de la jeune femme sortira de prison et elle commence déjà à se poser des questions sur le bien fondé de sa reconstruction : « à quoi bon, si les choses n’ont pas changé ? », se demande-t-elle.

A l’époque, elle s’était sentie impuissante face aux autorités. « Il faut que les lois suivent » et protègent les femmes et leur famille. A l’issue de chaque représentation, un débat avec le public est organisé et une question n’a pas encore été posée : « Comment ce drame a-t-il pu se produire ? ». Rachel Jouvet ne l’explique toujours pas mais elle compte bien avancer sur le sujet.

Dans le cadre de la journée internationale contre les violences faites aux femmes (le 25 novembre), une représentation/débat est également prévue le 30 novembre, à 20h, à la maison de quartier de Villejean.

Célian Ramis

Les bandes blanches rennaises s'animent

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Rennes
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« Passage piéton », une performance artistique qui sensibilise les spectateurs au partage équitable de cet espace commun.
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Depuis le 15 septembre, à Rennes, vous apercevez peut-être des passants étranges sur les passages piétons. Ils traversent la chaussée en faisant de grands gestes et marchent tels des danseurs sur les bandes blanches signalétiques… il s’agit des participants au projet « Passage piéton ». Une performance artistique qui sensibilise les spectateurs au partage équitable de cet espace commun.

Lauréat  de l’appel à projet « Code de la rue »  lancé par la ville de Rennes cette année, « Passage piéton » est une proposition de performance. Une initiative qui met en scène une dizaine de bénévoles, danseurs ou non,  en train de se mouvoir sur les bandes blanches des routes rennaises : du carrefour de la rue Papu, en bas des Horizons au boulevard Renée Laënnec, sans oublier le pont Saint Hélier. L’idée : proposer une chorégraphie simple pour sensibiliser les spectateurs au respect des usagers de la route et à l’équilibre partage du passage piéton, entre automobilistes, cyclistes et promeneurs.

A l’origine de ce projet et dans le cadre de l’association Mouvances (centre de danse contemporaine) : une femme, Magali Pichon Barre. « J’avais déjà proposé, en juin 2012, une performance qui jouait sur l’espace temps qu’est le passage piéton (à feux signalétiques). Elle soulevait des questions telles que : quelle présence a-t-on? Que fait-on sur un passage piéton ? Tout cela dans un temps donné et imposé. J’aimais cette consigne de temps. Via l’association, j’ai présenté un projet similaire à la ville de Rennes », explique la professeure de danse.

La performance dure une quinzaine de minute et se définit comme « un synopsis qui déroule une suite de consignes : marcher, s’arrêter, faire un aller/retour, être en contact, solitaire, faire la fanfare, bondir, faire le pont et remarcher ».

Le résultat est surprenant et a le mérite de susciter la réaction du public. Les passants s’interrogent, s’arrêtent, regardent, sourient, interpellent les bénévoles. « On positionne un acte, on a une réponse. Elle ne nous appartient pas », précise Magali Pichon Barre. Elle est prête à recevoir toutes les réactions, du moment qu’elles ne sont pas agressives. Christiane, 53 ans, participe cette semaine à la performance. « Cela a demandé plusieurs heures de préparation », confie-t-elle. « On a des retours positifs et cela me tient à cœur de représenter la notion de partage de la rue, sur le terrain ».

Les rendez-vous des prochains jours:

vendredi 27 à 19h :Lycée Victor et Hélène Basch

samedi 28 à 17h : Place de bretagne

Célian Ramis

Gwendoline Robin : une artiste explosive à Rennes

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Dans le cadre des Tombées de la nuit, la plasticienne et performeuse Gwendoline Robin proposait ce dimanche 7 juillet au grand public, place du Maréchal Juin à Rennes, un « solo chorégraphique avec des matériaux explosifs » et des tubes en verre.
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Dans le cadre des Tombées de la nuit, la plasticienne et performeuse Gwendoline Robin proposait ce dimanche 7 juillet au grand public, place du Maréchal Juin à Rennes, un « solo chorégraphique avec des matériaux explosifs » et des tubes en verre. L’occasion pour YEGG de rencontrer cette femme au talent détonant.

Hier à 16h30, au quartier Colombier dans le centre ville de Rennes, le public des Tombées de la Nuit a découvert la performance artistique de la bruxelloise Gwendoline Robin, intitulée  « De Terre et de Feu ». Un spectacle de 25 minutes où l’artiste a mêlé sonorité cristalline (avec des tubes de verre écrasés au sol), mouvements chorégraphiques (autour d’un volcan de terre chargé d’explosifs) et détonations brutales.

Une représentation saisissante et innovante, où l’artiste est restée concentrée et le spectateur en attente. « J’aime provoquer la tension du public entre le démarrage de la mèche et l’explosion, explique Gwendoline Robin. Le public attend avec moi et cela crée une complicité ».

Cette création visuelle et sonore a demandé un an de travail, avec des changements au fil des festivals et des répétitions, bien sûr. Cependant, sur ce dernier point, l’artiste belge préfère être brève afin de garder une certaine surprise, pour « faire comme si c’était la première fois » précise t-elle.

Pour la représentation de dimanche dernier, elle est arrivée 3 jours avant la date prévue à Rennes, afin de connaitre les lieux, vérifier le son et le rapport à l’espace. C’est elle qui a choisi la place du Maréchal Juin, « pour ses grands bâtiments et sa belle acoustique ». Mais c’est dans la région de Valence, en Espagne, que Gwendoline Robin a trouvé son inspiration lors d’une année Erasmus à l’université polytechnique de Valence. Cette partie du pays est connue pour ses spectacles pyrotechniques, ses « mascletas », comme on dit en Espagne, où la poudre et le bruit envahissent les rues depuis des générations. Un savoir-faire que cette femme s’est appropriée et a développé dans ses spectacles.

Le 14 juillet prochain, à la Courrouze à Rennes, elle animera un atelier de construction et de pyrotechnie pour les enfants avec des objets de récupération, des fumigènes, des pétards. « Pour eux, cet univers est lié à l’interdit. Cela les amène à être très créatifs », souligne t-elle.

…une bonne idée, du moment qu’ils ne reproduisent pas la même chose à la maison !

Quand Emma (la clown) rencontre Dolto (la fille)

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Carré Sévigné
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Cette auteure, comédienne et metteuse en scène au grand cœur jouera dans « Emma la clown, Catherine Dolto, la conférence ». Portrait.
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Meriem Menant, alias « Emma la clown », sera au Carré Sévigné, à Cesson Sévigné, le 1er octobre prochain. Cette auteure, comédienne et metteuse en scène au grand cœur jouera dans « Emma la clown, Catherine Dolto, la conférence ». Portrait.

Meriem Menant est une artiste. Formée à l’école internationale de théâtre à Paris, l’école Jacques Lecoq, elle débute sa carrière sur les planches et joue parallèlement, de la musique dans le métro, avec un jeune américain. Mais, dans ce dernier domaine, l’aisance musicale leur manque et ils trouvent un moyen alternatif d’expression artistique : ils se déguisent en clown !

L’américain est remplacé par un italien, Gaetano Lucido, et avec lui, elle invente un duo visuel et musical de clowns. Son personnage d’« Emma la clown » voit le jour. Ils jouent pendant 4 ans. Puis, Meriem Menant décide de prendre son envol. De là, débute sa carrière solo. « Emma la clown, l’heureux tour », « Emma la clown sous le divan », « Emma la clown et son orchestre »…les créations s’enchainent et le succès est au rendez vous, en France et à l’étranger.

Elle joue en Europe, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et dans des endroits atypiques : dans la rue, sur une péniche, dans une grotte, chez les gens, dans un squat, dans un château, dans une école. « Des rapports de proximité différents qui provoquent un jeu différent », selon elle. L’énergie n’est pas la même dans la rue qu’en salle. « Dans la rue, l’artiste est très exposé et fournit plus d’énergie », explique-t’elle – alors qu’en salle, c’est plus intérieur et stressant. Avec son nez rouge, ses yeux fardés, son chapeau sans forme et sa cravate noire, elle confie vouloir proposer  au public « un regard naïf sur le monde (…) sans jamais donner de leçon », avec comme fil conducteur l’idée qu’« il faut s’aimer ».

Les thèmes lui viennent en tête, les images et les mots en marchant. Dans ces moments-là, « il y a un lâché prise » precise-t’elle, qui permet l’inspiration. Le 1er octobre prochain, elle jouera au coté du médecin, pédiatre et haptothérapeute (science de l’affectivité), Catherine Dolto, dans « Emma la clown, Catherine Dolto, la conférence », au Carré Sévigné. Une conférence ouverte sur la vie, les fœtus, les bébés, où la scientifique parle des clowns et l’artiste des psychanalystes.

Un mélange de sérieux et d’humour, où « on apprend et on rit (…) toujours avec respect », souligne Meriem Menant. Les deux femmes se sont rencontrées en 2005. « Une conférence artistique et scientifique était organisée et il était prévu que Catherine Dolto soit interrompue par un clown. On a joué sans répéter et ça a cartonné, raconte Meriem. Depuis on ne se quitte plus !”

Meriem Menant sera aussi au Carré Sévigné, le 27 février prochain, dans « Emma mort, même pas peur » et le 16 mai prochain, dans « Emma fête ».

Célian Ramis

À table avec un gros banquet d'artistes

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Soirée insolite avec le gros banquet d'artistes invités par l'équipe de l'Aire Libre.
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Ce week-end, L’Aire libre a ouvert ses portes au public, à Saint-Jacques de la Lande, avec « 3 jours pour le dire ». L’occasion pour la nouvelle équipe du théâtre de clôturer les 6 premiers mois de l’année, de convier les participants à découvrir les lieux et de proposer un condensé de la programmation annuelle, avec des spectacles surprenants. Parmi lesquels « Un doux reniement », de Matthieu Roy et « Le gros banquet », présentés le vendredi soir.

« Un doux reniement » est une immersion théâtrale pour 1 personne, une pièce qui met le spectateur au centre de la représentation. Le principe est simple : équipé d’un casque audio, le participant prend le rôle de Paul Fradontal. Un jeune homme parti en train, à l’enterrement d’une vieille amie, Lucie Steiner. Sur son chemin, il croise des spectres, joués par 3 comédiens, dans 3 espaces différents et se laisse porter par ses souvenirs.

Imaginée au départ dans une maison abandonnée, en Belgique, la pièce est aménagée, pour plus de mobilité, dans la remorque d’un poids lourd. L’expérience est unique et dure 8 minutes. « Chaque spectateur est convié à un horaire précis, explique le metteur en scène, Matthieu Roy, c’est un rendez-vous personnel ». Pour les comédiens, le rapport avec le public est direct et chacun s’adapte à la personne qui est en face de lui. « Certains osent me regarder dans les yeux, d’autres non, confie la comédienne Johanna Silberstein. J’essaye de créer un moment, sans jamais forcer le regard ».

Quelques mètres plus loin, sous une lumière tamisée et dans un décor rétro et soigné : Bougies aux chandelles, petits napperons, porcelaine, tableaux d’époque, « Le gros banquet » s’ouvre. Dans la salle, Louise, interprétée par Benoît Hattet, reçoit ses convives. Tous sont placés sur une grande table en U et sont invités à discuter avec leurs voisins, à apprécier le menu et à profiter des différentes interventions prévues dans la soirée. Parmi eux, des invités et des serveurs se révèlent être des conteurs, des comédiens, des chanteurs, des musiciens et embarquent le public, surpris, dans leurs histoires. Une dizaine d’artistes, dont « la Bande à Grimaud », un collectif, interviennent, tout au long de la soirée.

« On a toujours voulu monter un cabaret d’histoires drôles, (…)  imaginer une soirée conviviale dans l’esprit des repas de famille, où quelqu’un raconte une bonne blague », raconte Emilie Audren, programmatrice à L’Aire libre. Pour Fannytastic, qui chante et joue de l’accordéon, ce soir là, l’exercice n’est pas facile. Il faut rester concentré pendant le repas, ne pas oublier ses paroles, ni son intervention. Les artistes ont un fil conducteur, mais l’improvisation reste de mise. Les invités semblent séduits. « J’adore être surprise, commente Alicia, 23 ans,  je trouve le concept très sympathique et animé ». L’opération pourrait être reprogrammée par la salle de spectacles, à certains moments de la saison. Le concept pourrait bien séduire les Rennais.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Quand les conteurs courent un marathon de la parole

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Dimanche après-midi, quelques conteurs de la grande famille de Mythos se sont lancés le défi de courir le marathon du conte.
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Dimanche après-midi, quelques conteurs de la grande famille de Mythos se sont lancés le défi de courir le marathon du conte. En réalité, ils n’ont pas couru mais ils ont conté, laissant s’échapper un peloton de mots dans les jardins du Thabor. 

Dans le théâtre de verdure, situé dans le parc du Thabor, tous les festivaliers, dont beaucoup sont venus en famille, sont assis dans l’herbe ce dimanche après-midi. Il fait beau, presque chaud (en tout cas, pas très froid). De 15h à 17h, plusieurs conteurs vont se succéder sur la scène, se passer le flambeau de la parole. Alain Le Goff, Achille Grimaud, Pépito Matéo, Gigi Bigot, Yannick Jaulin ou encore Nicolas Bonneau accompagné de la musicienne Fannytastic… ils sont bien connus du public de Mythos.

Des contes merveilleux, des jeux de mots, des chansons, quelques mimes, des histoires trash, du rire, de l’effroi, de la rêverie, des balades verbales… Ils nous bercent au son de leur poésie, de leurs créations, de leurs inspirations, de leur parole tout simplement. Un agréable moment à flâner dans les jardins, se reposer et à écouter les coureurs des mots.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Une croustillante satire

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L'histoire de la Françafrique vue par Les 3 points de suspension, c'est mordant, cynique et drôle. Un spectacle comme on les aime.
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Lors de l’inauguration du festival Mythos, Maël Le Goff, directeur, annonçait une édition composée d’artistes souhaitant « lever le poing ». C’est chose faite avec l’équipe des 3 points de suspension, samedi dernier dans le Magic Mirror du Thabor, qui a présenté son spectacle La grande saga de la françafrique.

« 55 ans d’histoire vus en 1h20 », commence Jérôme Colloud, seul sur scène pour cette représentation originale. Nous sommes en 1958, en Afrique, à l’aube des indépendances. Jacques Foccard, qui sera secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, découvre le Livre du Mal, un objet qui permet à son détenteur de devenir Maitre de l’Afrique.

Un Livre qui l’aide à développer des réseaux occultes permettant à la France de garder la mainmise sur les richesses de leurs colonies africaines.

Le comédien nous offre un one man show documentaire croustillant pendant lequel il passe en revue, et tourne en dérision, tous les présidents de la Ve République, du général de Gaulle à un Nicolas Sarkozy à l’accent chinois, en passant par Valéry Giscard d’Estaing en super-héro et François Mitterand, revenu d’entre les morts.

Détournements de fonds, financements des partis politiques, discours célèbres… rien n’échappe à l’œil acerbe de Jérôme Colloud, qui mêle parodies burlesques et cynisme. C’est avec beaucoup d’humour qu’il dénonce la grande saga de la Françafrique, de 1958 à aujourd’hui. Il conclut par le bilan de François Hollande : « Rien n’a changé depuis 10 mois mais il nous faudra 20 minutes supplémentaires à l’avenir pour en parler ».

Cette proposition satirique, qui a visiblement séduit à l’unanimité les spectateurs, se démarque du reste de la programmation avec une offre originale et un regard critique sur des événements majeurs de notre histoire.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Une intense batay de kok

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Coups de poings et coups de gueule avec Sergio Grondin, dans son spectacle Kok batay.
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Samedi, en fin d’après-midi, L’Aire Libre résonnait aux sons de coups de poing et de coups de gueule de Sergio Grondin, qui présentait Kok Batay dans le cadre du festival Mythos.

« C’est mon histoire, ce n’est pas ma vie », conclut Sergio Grondin, ce samedi sur la scène du théâtre de Saint-Jacques de la Lande. Toutes les histoires sont vraies, toutes les histoires sont bonnes à être racontées. La sienne, c’est celle d’un homme né sur l’île de la Réunion « d’une déchirure ».

Une mère qui cherche à aimer et à être aimée. Un père qui joue au caïd, au lion et qui deviendra champion de boxe à plusieurs reprises. Une légende, un modèle, qui crèvera seul, dans la rue, après une soirée trop arrosée, comme tous les soirs. Certainement des éléments autobiographiques mais surtout un lien indéfectible entre père et fils.

Sur scène, Sergio Grondin est assis sur un tabouret, placé au milieu d’un carré d’eau. Quelques projecteurs diffusent une lumière chaude en direction du conteur. Des images projetées par moment grâce à des rayons lumineux et un aérosol. La scénographie vient augmenter l’intensité d’un texte brut.

Sergio Grondin incarne à merveille ce fils plein d’admiration, de rage et de blessures internes, faisant ainsi régner une incroyable tension dans la salle. Face aux spectateurs, il n’a pas peur d’exprimer son ressenti, de revisiter les souvenirs de ce passé teinté de tragédies familiales et de partager des éléments de sa culture.

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