Includes the sections "Coup de coeur" and "Coup de gueule"

Septembre 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

La série 2.0 « Femmes contre Féminisme » est un vrai feuilleton digne d’un soap que l’on adore détester. Cet été, il a fallu être assidu-e-s pour suivre le bras de fer entre Women Against Feminism – tumblr né aux Etats-Unis il y a un an proposant aux femmes de poster des photos d’elles portant un panneau explicatif quant à leur rejet du féminisme – et Je n’ai pas besoin du féminisme (quoique) – tumblr francophone parodiant l’adversaire édité au début de l’été. « Je n’ai pas besoin du féminisme parce que tous les hommes ne sont pas des violeurs, je ne suis pas une victime, je ne suis pas oppressée, les hommes ont aussi des problèmes », poste une jeune américaine, le 20 août (ulcère en lisant ces lignes). En moyenne, elles ont entre 18 et 25 ans, mariées pour la plupart et mères de famille. Et l’amalgame entre féminisme et anti-hommes va bon train… La confusion d’une égalité déjà acquise aussi… On se ravit de la riposte estivale, digne parodie cinglante et cynique. « Je n’ai pas besoin du féminisme car j’adore me faire traiter de « pute » quand je porte une jupe », « Les femmes adorent que je gagne 25% de plus qu’elles. Elles trouvent ça viril. » Alors, bien évidemment on a ri de ce second degré. Mais à la fin de l’été, cette série a comme un goût amer et on se dit qu’on en a ras-le-bol et qu’on voudrait bien que certaines femmes réfléchissent davantage au sens des choses…

Text: 

Depuis 2010, les assistantes maternelles, ou asmat, peuvent créer des Maisons d’Assistantes Maternelles, dites MAM. Pour ne plus exercer seules chez elles et dissocier lieu de travail et lieu de vie. « Cela encourage les vocations chez les jeunes et donc crée de nouvelles places de garde », confie Stéphanie Batti, fondatrice de la MAM Poppins à la Courrouze. Mais le Conseil Général (CG) d’Ille-Et-Vilaine – qui octroie les agréments – semblerait ne pas l’entendre de cette oreille. « Ouvrir notre MAM a été long, pénible et très contraignant, il a fallu 2 ans et demi de bras de fer avec le CG qui n’a eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues (CF. YEGG n°27, p.8) », confie Stéphanie qui aurait eu des échanges tendus et musclés avec la personne en charge des MAM au CG. Celle-ci lui aurait même envoyé les tracts de l’association « pas de bébé à la consigne »… D’autres asmat déclarent avoir récemment rencontré les mêmes difficultés à Janzé et à la Chapelle-des-Fougeretz. Les raisons de ce bras de fer ? Politiques peut-être. La loi émanant de la droite… C’est ce que pensent celles qui se sont frottées à la désapprobation farouche du CG. Quoi qu’il en soit, cette attitude est déplorable et navrante. Juger une loi mauvaise, c’est un droit, mais l’institution publique sort ici de son rôle si elle s’oppose ainsi aux asmat, et par là même à la création d’emplois et de places de garde. Minable.    

Posts section: 
Title: 
Femmes contre féminisme
Title: 
CG contre MAM
Summary: 
La série 2.0 « Femmes contre Féminisme » est un vrai feuilleton digne d’un soap que l’on adore détester.
Summary: 
Bras de fer entre les assistantes maternelles et le Conseil Général 35.

Juillet-Août 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

En matière de lutte pour les droits des femmes, nombreuses sont les actions qui passent inaperçues. Heureusement, certaines arrivent à traverser l’écran de fumée – noire – qui nous sépare de la prise de conscience ! C’est le cas de l’association nantaise Colère : nom féminin, créée en mai dernier, qui a lancé une campagne contre le harcèlement de rue, et on ne peut que s’en réjouir ! « Je fais partie des « chanceuses » qui n’ont subi que l’agression verbale. En pleine après-midi, on m’a traité de « viande à viol » », explique Laura, à l’initiative de cette campagne qui prend la forme d’un message percutant et punchy, inscrit sur des tote bags ou des débardeurs : Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule. Pour elle, pas question de résoudre le problème en un coup de sac à main, ni d’engendrer de la violence gratuite, mais il est essentiel que chacun soit sensibilisé au sujet afin de se sentir concerné par ce fléau qui envahit les rues depuis trop longtemps : « Quand les gens le voient, ils en parlent, ça déclenche une discussion, un débat. C’est déjà beaucoup ! » Et c’est déjà beaucoup en effet, les membres de l’association ont été très rapidement saturés de commandes – plus de 1000 en à peine un mois. Sur les revenus engendrés par les ventes, 50% devraient être reversés à des associations – les 50% restants servant à la fabrication des produits. Pour l’heure, l’argent a servi à payer des cours de krav-maga, qui seront donnés cet été à Nantes auprès de 100 femmes et 7 hommes. Vous aussi prenez le taureau par les cornes : colerenomfeminin.bigcartel.com !

Text: 

Les ayatollahs de la minceur ont une nouvelle cible : la mère. Leur but ? Que la toute fraîche accouchée retrouve sa ligne fissa-fissa. Voire qu’elle devienne plus mince qu’avant, tant qu’à faire. Mais bien sûr ! Ces barbares malsains s’inspirent des stars qui se délestent de leurs kilos de grossesse en un temps record – avec l’aide, il ne faudrait pas l’oublier, de coachs en tout genre et à domicile (prof de fitness, diététicien, gourou yogi…etc). Si certaines ne récupèrent pas assez vite leur ligne, la presse les assassine. L’actrice et jeune maman Olivia Wilde est ainsi la proie des critiques qui évoquent « le fait qu’elle ait gonflé autant enceinte et n’a pas fondu rapidement (…) ses gros poteaux plein de cellulite » - article empli de finesse publié sur Premiere.fr et depuis supprimé – C’est ordurier et abject. Les femmes elles-mêmes se jettent dans la compétition, comme Maria Kang, dite « Fit Mum », et son stupide, odieux et culpabilisant « What’s your excuse ? » au dessus d’une photo d’elle mince et galbée, entourée de ses trois jeunes enfants. À la maison, la pression vient des maris, mères, belles-mères, sœurs et copines. Stop ! Qu’on leur fiche la paix ! Qu’on laisse leur corps se remettre du bouleversement qu’il vient de vivre. D’autant que cette « mode » entraine parfois des pertes de poids trop rapides et trop importantes, mettant en danger la santé de la femme. Mais de cela, s’en soucient-ils seulement, ces crétin-e-s ? On en doute fort.

Posts section: 
Title: 
La colère vous va si bien
Title: 
Kilos sous pression
Summary: 
Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule. Un slogan assez jouissif, avouons-le !
Summary: 
Les ayatollahs de la minceur ont une nouvelle cible : la mère.

Juin 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Les 16 et 17 mai, YEGG s’est rendu à Lorient pour assister à la 4e Biennale de l’égalité femmes-hommes, organisée par la région Bretagne. Si plusieurs coups de gueule ont rythmé notre séjour dans le Morbihan, un événement a particulièrement retenu notre attention – en dehors de notre rencontre avec la ministre des Droits des femmes (interview à lire sur yeggmag.fr – YEGG fait sa Biennale de l’égalité (4/5)) : le spectacle À mon âge je me cache encore pour fumer, présenté et joué par la compagnie finistérienne Les Cormorans. Adapté de l’œuvre éponyme de Rayhana, auteure et comédienne féministe algérienne, le spectacle dépeint un tableau d’une grande et belle force à travers le portrait et le parcours de neuf femmes réunies dans un hammam à Alger. Ensemble, elles discutent, échangent, partagent avec ferveur et passion autour de leur condition féminine. Elles n’ont pas les mêmes âges, ne connaissent pas les mêmes conditions de vie et surtout ont des difficultés à comprendre les idéologies des unes et des autres. Toutefois, la compagnie diffuse et transmet le message avec beaucoup de justesse et finesse, relevant le pari de peindre un tableau d’une grande beauté sur lequel figurent ces femmes liées par leur force et leurs valeurs aussi différentes soient-elles. Un spectacle qui mérite une grande visibilité et diffusion en raison de la réflexion et l’ouverture d’esprit qu’il impulse.

Text: 

Vigilance accrue des femmes ou recrudescence de « relous » sur nos trottoirs ? Quoi qu’il en soit, le harcèlement de rue enflamme le web. Blogs, tumblr, tweets, vidéos cachées, tous les supports sont bons pour dénoncer ce sexisme quotidien. Elles sont de plus en plus nombreuses, et pas fatalement féministes enragées, à les utiliser pour raconter leurs expériences. Le pire, ce sont les commentaires triviaux et violents que leurs témoignages inspirent à certains dégénérés, du style « tu l’as mérité, salope !». On en parle tant ces derniers temps que la cause semble se perdre un peu d’ailleurs. Certaines, alors qu’elles dénoncent les mêmes faits graves, se sont disputées. Les unes reprochant aux autres d’aborder les choses avec trop d’ironie quand elles aimeraient qu’on s’en tienne au premier degré. Il ne faudrait pas que cela fasse oublier le vrai problème, soit l’insécurité éprouvée par les femmes dans la rue – 1 sur 4 s’y est sentie mal à l’aise en 2012 - et rappeler aux hommes qu’on siffle les chiens, pas les femmes, que dire « t’es bonne ! » n’est pas un compliment mais une insulte, et que suggérer un rapport sexuel à une inconnue est une agression. Au même titre que les injures racistes, le harcèlement de rue doit être condamné. La France va-t-elle bientôt devoir légiférer, comme la Belgique, pour le punir ? En attendant, on peut continuer à protester et porter ces t-shirts : http://colerenomfeminin.bigcartel.com/products

Posts section: 
Title: 
Des femmes puissantes
Title: 
Ras le bol !
Summary: 
Un spectacle qui mérite une grande visibilité et diffusion en raison de la réflexion et l’ouverture d’esprit qu’il impulse.
Summary: 
Vigilance accrue des femmes ou recrudescence de « relous » sur nos trottoirs ?

Mai 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Le 12 avril dernier, le Forum Libé interrogeait l’avenir de la France à travers différents prismes, dont celui du féminisme. 2030 : un vent nouveau ? Pas de réponse. Pas de prise de risque pour les 4 intervenantes invitées, seulement des utopies idéalistes et légèrement Bisounours. De leur côté, Mathilde Joubaud – lycéenne à Saint-Martin en option Cinéma – et Paul Marques Duarte – étudiant en Arts du spectacle à Rennes 2 – ont décidé de prendre le contrepied de cette minauderie pour frapper un grand coup. Fin mars, ils diffusent sur Vimeo leur très court métrage Désirée, dont le synopsis, simple et efficace, se veut percutant. L’histoire d’une jeune fille, de 18 ans, qui se rend chez le médecin pour avorter et qui se retrouve face à un mur : « Pas violée, pas d’IVG », lui répond-il. Une réplique fracassante qui résonne dans l’actualité espagnole depuis décembre dernier, moment où le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté la loi anti-IVG, restreignant l’avortement à deux cas seulement : viol ou danger pour la santé de la mère. À la manière de Lisa Azuelos ou Éléonore Pourriat, les deux jeunes rennais transposent une situation soi-disant irréaliste à notre quotidien pour créer un choc, une prise de conscience. Une bien belle initiative qui nous fait réaliser qu’aucun droit n’est jamais acquis. Désirée insuffle en nous un vent de militantisme et cristallise certaines horreurs qu’il est important de combattre pour préserver le futur de toutes les femmes. Plus d’infos sur yeggmag.fr – Droit à l’avortement : Désirée ou l’art du court-métrage rennais – 28 mars 2014.

Text: 

Alerté par le SDAS FO 35 sur l'absence d’un centre IVG à l’hôpital de Vitré, YEGG a enquêté. Face à la difficulté d’obtenir des réponses, le sujet s’est révélé sensible, voire brûlant. Si le Conseil Général a signé en 2012 une convention avec les hôpitaux et la CPAM pour une « la mise en œuvre de l’IVG médicamenteuse dans les centres de planification ou d’éducation familiale départementaux », celle-ci a depuis pris beaucoup de retard. Vincent Lavoué, gynécologue-obstétricien au CHU de Rennes, qui a formé la responsable du centre de Vitré, CPEF volontaire pour l’expérimentation, s’en étonne. Il décrit, en outre, la position du centre hospitalier : « Légalement le directeur ne peut pas obliger les gynécologues à pratiquer l’IVG, mais pour maintenir sa maternité, il a besoin d’eux. C’est la quadrature du cercle. Le cas se pose dans beaucoup de petites villes. À Vitré les choses sont en train de se régler, mais le problème va se poser à Redon ». Selon lui, le débat est plus large : « Nous dépendons d’administrations distinctes, les centres de planification du Conseil Général, les centres IVG de la Sécu, deux instances décisionnelles qui ne se parlent pas en Ille-et-Vilaine. Il y a un manque de lisibilité et de coordination des différents intervenants, alors qu’on devrait travailler ensemble, en bonne intelligence, pour une action construite et cohérente, comme dans le Morbihan ». La rédaction de YEGG ne manquera pas de revenir plus longuement sur ce sujet dans un prochain numéro. 

Posts section: 
Title: 
Un film désiré
Title: 
L'avortement : quel avenir ?
Summary: 
Et si l'avortement n'était pas légalisé en France ?
Summary: 
Manque de centre IVG dans le département = sujet sensible...

Avril 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Les femmes journalistes se mobilisent et prennent la Une. À l’initiative de Claire Alet, journaliste à Alternatives Économiques, le tumblr Prenons la Une vise à dénoncer la « trop grande invisibilité des femmes dans les médias », ne représentant que « 18% des experts invités ». Un chiffre qui stagne depuis plusieurs années et qui pointe du doigt les disparités entre les sexes, maintenues par les médias. Le collectif souligne également, dans son manifeste publié le 3 mars dans Libération, le manque de considération et de reconnaissance envers les intervenantes invitées sur les plateaux (TV ou radio) et citées dans les colonnes de la presse écrite, « trop souvent présentées comme de simples témoins ou victimes, sans leur nom de famille ni leur profession ». À l’heure où nous écrivons ces lignes, 700 journalistes femmes ont signé le manifeste, rejoignant l’idée que les clichés et stéréotypes sexistes sont principalement véhiculés par les médias, notamment dans la représentation de la gente féminine en Une des journaux et magazines. Elles déplorent alors le manque de sensibilisation des journalistes à ce sujet ainsi que « les inégalités professionnelles, (les) propos et attitudes sexistes au sein des rédactions ». L’étau se resserre donc sur cette profession censée représenter la société dans toutes ses composantes. Une initiative forte et poignante dans un milieu trop peu habitué à balayer devant sa porte… C’est là chose faite : prenons-la-une.tumblr.com

Text: 

Début mars, les artères de Rennes ont vu défiler une marée de blouses blanches. Les élèves infirmiers étaient en colère contre le système qui les prenait alors en otage dans le conflit qui opposait l’Etat et les établissements privés de santé. Ces derniers refusant de les accueillir en stage pour signifier leur refus de voir baisser leurs tarifs facturés à la Sécu. Depuis, un accord a été trouvé et ce chantage abusif et injuste a cessé, au grand soulagement des élèves en soins infirmiers – dont la très grande majorité est féminine - déjà malmenés. Si l’on sait combien leur métier est dur, on sait moins en revanche que depuis plusieurs années ils tentent de faire réformer leur formation. Elle n’est plus, selon eux, en adéquation avec les réalités du terrain hospitalier, mais au-delà de cela, ils souhaitent voir leur statut étudiant évoluer et leurs conditions sociales s’améliorer. Étudiants de l’Enseignement Supérieur depuis 1992, ils dépendent toujours du Ministère de la Santé – il n’y a pas de cogestion concrète entre les deux ministères - et n’ont donc pas accès aux mêmes services que leurs congénères universitaires et notamment ceux du CROUS (logements étudiants, restauration universitaire…etc.). En outre, leurs bourses sont souvent 20% moins élevées. On comprend donc leur ras-le-bol et qu’on puisse bientôt les revoir dans les rues pour manifester leur légitime colère.

Posts section: 
Title: 
Sexisme médiatique à la Une
Title: 
Une vieille colère
Summary: 
Les femmes prennent la Une et dénoncent le sexisme ordinaire dans les médias. On adore !
Summary: 
Marée de blouses blanches dans les rues de Rennes. Pourquoi ?

Mars 2014

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Jean-François Copé a de quoi trembler ! Lui qui s’inquiétait de la diffusion du livre Tous à poil à l’école… Il n’y a pas que les libraires du Nord qui se mettent à poil contre la censure. La révolution est en marche et elle se fait à poil, qu’on se le dise ! Que ce soit pour lutter contre des accusations injustifiées, pour accepter son propre corps ou encore bousculer le marketing, les femmes font tomber les fringues. En effet, on note la prolifération de sites Internet visant à mettre en lumière les corps féminins, pas plus vêtus que ne l’était Éve. Ainsi, The Nu Project propose divers et variés clichés de participantes volontaires pour poser nues à leurs domiciles. Né en 2005, le projet vise à photographier « des modèles non-professionnelles, avec un minimum de maquillage et pas de glamour ». Le tumblr Mon corps m’appartient prend aussi son élan. La créatrice invite les femmes à poster « une photo de vous, anonyme ou pas, visage apparent ou pas, corps dénudé ou pas ». Accompagnés de textes, les visuels cherchent à démontrer la beauté de tous les corps, ronds, petits, disproportionnés, abimés, oubliés, chéris, etc. Poilus également… Les poils comme arme de lutte et de buzz ! C’est le choix de la marque de prêt-à-porter américaine, American Apparel, qui début janvier créait la polémique en mettant en vitrine des mannequins aux poils pubiens très développés. De quoi hérisser les poils de Monsieur Copé et autres juges des bonnes conventions…

Text: 

En mai 2013, la loi Taubira autorisait les couples homosexuels à se marier. La Manif pour tous n’avait donc pas eu raison de cet engagement qu’avait pris le candidat Hollande, avant son élection. C’est du moins ce qu’on espérait. Mais il semblerait que les pressions soient trop fortes pour que le gouvernement puisse assumer entièrement ses positions. La question de la PMA – procréation médicalement assistée – avait d’abord été écartée du Mariage pour tous pour des raisons de confusion dans un débat qui s’annonçait déjà extrêmement houleux. La porte restée pourtant ouverte avec la possibilité pour les couples lesbiens d’avoir recours à la PMA à l’occasion de la loi sur la famille. Le 2 février 2014, la Manif pour tous réunit des milliers de manifestants dans les villes de France. Le lendemain, Manuel Valls, rapidement soutenu par Matignon, annonce que la PMA ne figurera pas dans le projet de loi et que le gouvernement rejettera les amendements des parlementaires. Depuis les réactions de gronde se font entendre, à très juste titre ! Madame Figaro publie sur son site une interview du professeur François Olivennes, gynécologue-obstétricien, qui explique le mépris de la France envers les techniques d’aide médicale à la procréation et qui regrette le manque d’informations autour des dons d’ovocytes – très faibles dans l’Hexagone – et Le Monde dresse un portrait de plusieurs couples de femmes homosexuelles qui se sont vues refuser, par le Parquet, l’adoption de l’enfant de leur conjointe pour « fraude à la loi ».

Posts section: 
Title: 
Toutes à poil(s) !
Title: 
Pas pour les homosexuelles
Summary: 
Enlevons tout, ne lâchons rien !
Summary: 
Mariage pour tous, ok. Enfants pour tous, quelle idée ?

Février 2014

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Laura Lamassourre
Text: 

« Les produits laitiers, des sensations pures… ». Mais bien sûr! »*. En colère, elles le sont ces vaches. Le 7 janvier, des militants de plusieurs organisations de défense des animaux dont L214, ont manifesté devant la Préfecture de Rennes et partout en France. Les manifestants, arborant fièrement leurs masques « vache », sont venus protester contre un projet de loi sur l'avenir de l'agriculture examiné, début 2014, par l’Assemblée Nationale. Mobilisation initiée et fédérée par Novissen, association de riverains de la commune de Drucat dans la Somme, elle vise la création d'une ferme-usine aux dimensions et capacités gargantuesques. 1000 vaches, leurs 750 veaux et génisses, 8500 m² d'exploitation sur 3000 hectares pour 8 millions de litres de lait par an ! Leur but ici est de s'opposer à l'intensification de l'élevage et de mettre en avant les retombées économiques et écologiques d'une telle exploitation. Abaissement du prix du lait, menace sur le reste de la filière laitière française, importation de soja peu recommandable d'Amérique du Sud, épandage de digestat (résidu issu du processus de méthanisation) sur les milliers d'hectares et ainsi dégradation de la qualité de l'eau et prolifération d'algues… On comprend le message des opposants au projet : « Le lait souffrance insoupçonnée ». Les Vaches en colère ont su mobiliser avec humour et force, et on l'espère, aideront à préserver encore quelques temps la qualité de cet or blanc.

* http://vache-en-colere.tumblr.com/

Text: 

Le Centre Alma ne trouve décidément pas grâce à nos yeux (lire le Coup de gueule –novembre 2013 - numéro 19 « Buzz commercial »). Aussi beau, aussi récent et aussi neuf soit-il, le centre commercial, situé dans le sud de Rennes, ne surfe pas sur la vague de l’égalité des sexes et de la modernité à ce niveau-là. En effet, pour le début des soldes, il était proposé aux femmes, du 8 au 11 janvier, de faire garder leurs hommes lors de leurs sessions shopping. Ainsi, du mercredi au samedi, de 10h à 19h les messieurs terriblement ennuyés par les préoccupations futiles de leurs compagnes – et qui apparemment ne savent pas dire non ou qui ont été contraints de venir - pouvaient accéder à l’espace qui leur était réservé. Jeux vidéos, journaux, massages… ils sont comme des coqs en pâte « dans une ambiance chalet à la montagne », précise le Centre Alma sur Facebook, avant d’ajouter : « Mesdames, pas d’inquiétude, on saura vous bichonner le reste de l’année ! ». Là dessus, nous n’avons pas de doutes, encore moins d’inquiétudes… En revanche, l’idée d’une garderie pour les hommes provoque des palpitations, ainsi que les commentaires désolants notés sur le réseau social. En effet, le centre commercial ne pouvait pas plus jouer sur les clichés et les stéréotypes pour lancer un nouveau buzz au moment des soldes. À ce niveau-là, il fait chou blanc, fort heureusement.

Posts section: 
Title: 
Passions laitières
Title: 
Garderie au masculin
Summary: 
« Les produits laitiers, des sensations pures… ». Mais bien sûr! »
Summary: 
Mesdames, faites garder vos hommes. Non mais quoi encore ???

Janvier 2014

Writers: 
Morgane Soularue
Writers: 
Laura Lamassourre
Text: 

Gamines, on a eu entre les mains la fameuse Poupée Barbie aux mensurations improbables. Créé en 1959 par l'américaine Ruth Handler, ce jouet Mattel a traversé les époques et les générations. Pendant qu'elle insérait une image déformée de la femme dans le cerveau des petites filles, elle permettait à la multinationale d'ingérer des milliards de dollars. Elle a su évoluer avec son temps, elle n'est plus seulement reléguée aux tâches ménagères mais a le droit d'être médecin, journaliste, divorcée… Le 1er décembre, Peuples Solidaires présentait « Barbie ouvrière » ; sur la dalle du Colombier à Rennes, exposée dans une boîte rose géante d'allure un peu kitsch où la marque rebaptisée « Mattée » affiche son logo criard. En bleu de travail et enchaînée, elle est tout de suite moins attirante et le scotch qui lui barre la bouche empêche toute complainte de sa part. Une jeune femme grimée traverse la foule, discute avec les passants. La vraie poupée assiste à la promotion de sa nouvelle consœur, parée d'une robe rose à pois, une perruque vissée sur la tête. Les gens sourient, il faut dire que la bonimenteuse endimanchée qui nous présente le produit a des airs de ridicule. Les mots sont tranchants, sarcastiques ; « facilement manipulable et exploitable à souhait » cette poupée représente en fait les milliers d'ouvrières exploitées dans les usines chinoises de la marque. Sous la forme d’un « hapenning » joyeux, le ton se veut second degré pour éduquer et non choquer. Nous, on aime !

Text: 

Le second trimestre sonne l’heure du premier état des lieux sur les nouveaux rythmes scolaires. YEGG s’est procuré le compte-rendu d’un comité de secteur de la ville qui s’est tenu fin 2013. Sans surprise, le bilan est mitigé et le projet perfectible. Les effets négatifs de cette mise en place hâtive sont nombreux, notamment pour ce qui est de la pause méridienne : des ateliers de qualité mais trop peu nombreux, guère variés et mal organisés ; pas assez d’encadrants qui manquent, en outre, de professionnalisme ; une restauration trop tardive - manger à 13h quand on a 6 ans, c’est très tard ! ; des locaux mal adaptés ; un déficit de concertation et de coordination entre équipes éducatives, animateurs et associations, qui ne permet pas de distinguer les temps scolaires et les temps périscolaires. Enfin, un manque d’information aux familles. Voilà pour l’essentiel. L’intervalle du midi devrait donc être repensé, au profit de la mise en place des ateliers en fin de journée, vers 15h30. Les équipes pédagogiques regrettent une mise en place dans la « précipitation et la cacophonie » mais aussi le manque de moyens disponibles. Quant à la fatigue et la perte de concentration des élèves, elles sont notables en fin de matinée et le vendredi. Souhaitons qu’en cette nouvelle année, les attentes légitimes des enseignants et familles soient entendues et intégrées. Après neuf mois de râle permanent, il serait temps d’enfanter d’un projet stable…

Posts section: 
Title: 
Poupée travailleuse
Title: 
Bilan mitigé
Summary: 
Barbie ouvrière, le jouet que les petits ne s'arrachent pas...
Summary: 
Le second trimestre sonne l’heure du premier état des lieux sur les nouveaux rythmes scolaires.

Décembre 2013

Writers: 
Chloé Rébillard
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Les réseaux sociaux sont emblématiques de notre société actuelle. Parfois controversés, stigmatisés, parfois adorés, adulés jusqu’à en rendre addict plus d’un. Facebook fait parti de ceux qui sont les plus critiqués à cause, entre autre, de la forte tendance des utilisateurs à partager les moindres détails de leur vie privée. Pourtant, certaines initiatives peuvent y naitre et rassembler une cyber-communauté. C’est le cas de Portraits de Rennes qui a vu le jour mi-novembre, sous la forme d’une page J’aime. Qui se cache derrière ? On ne sait pas. Et on s’en fout. L’intérêt ici est de découvrir des personnalités, Monsieur et Madame tout le monde, qui vivent dans la capitale bretonne. Si chaque description n’est pas forcément attrayante ou intéressante, la forme proposée et la spontanéité des réponses en revanche est plutôt distrayante et apporte de la nouveauté dans un paysage numérique routinier et morne. Une photo de la personne est postée avec les quelques lignes de texte, rendant vivante et réelle cette communauté de tous les jours, à laquelle on ne prête plus attention au quotidien. Cette nouvelle page attise la curiosité, transforme le centre ville en un territoire de jeu puisque, sait-on jamais, nous pourrions bien être la prochaine proie de celle ou celui qui tire le portrait aux Rennais.

Text: 

Alors que la Bretagne est une terre à la culture fertile, les artistes locaux sont sous-représentés dans la ville. Des groupes de musique, des artistes plasticiens, des photographes, peintres, musiciens... sont à l'affut d'opportunité pour émerger. Pourtant, à première vue, la ville de Rennes semble bien dotée en lieux d'accueil culturels. Entre le Liberté, le Musikhall, l'Antipode, l'Ubu... il y a de quoi faire pour égayer les soirées. Mais si on regarde la programmation de ces salles, elle est avant tout nationale, voire internationale. Celle du Liberté, par exemple, est révélatrice. En décembre, Nolwenn Leroy, Pascal Obispo et Vanessa Paradis se produiront dans la plus grande salle de concert de Rennes. Mais où sont les artistes locaux ? Relégués dans les bars qui ne bénéficient pas d’une jauge suffisante, ils n'ont pas leur place dans ces grandes structures trop onéreuses pour le budget des débutants. La capitale bretonne manque d'un lieu qui permette aux locaux de venir se produire pour se tester, gagner en notoriété... ou se planter. Un lieu accessible à toutes et à tous et qui pratique des tarifs abordables. D'autant que l'offre de spectacle à Rennes est en baisse. La salle de la Cité est fermée pour cause de travaux et dans le même temps l'Élaboratoire devrait tirer sa révérence et sortir de la scène rennaise.

Posts section: 
Title: 
Têtes de Rennais
Title: 
Culture stérile
Summary: 
Portraits de Rennais sur la toile, un point pour l'effort !
Summary: 
Alors que la Bretagne est une terre à la culture fertile, les artistes locaux sont sous-représentés dans la ville.

Novembre 2013

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Morgane Soularue
Text: 

On a toutes un jour eu affaire à un dragueur de rue et à sa prose fleurie. Ces petites phrases qui sont inoffensives pour celui qui les balance, voire sonnent comme des compliments et qui sont en fait agressives et obscènes la plus part du temps. Car on ne croise pas que des poètes. L’humoriste Bérengère Krief s’est d’ailleurs spécialisée dans les meilleures phrases à répliquer. Une étudiante belge en a fait une vidéo qui pousse aujourd’hui les autorités d’Outre-Quiévrain à légiférer pour punir les harceleurs. Et Anaïs Bourdet, elle, a eu la très bonne idée de collecter ses perles du romantisme moderne dans un tumblr, appelé « Paye ta shnek ». Un petit bijou inédit, dont la lecture est un régal. On imagine très bien la tête et la dégaine de chaque auteur, pure jouissance ! Le succès est tel qu’elle en a tiré un livre et une exposition. Tout y passe, du plus classe au plus crasse. Et à Rennes nous avons de grands flatteurs. La preuve : « J’aimerais bien être à la place de ta selle de vélo ». Ou le très classe « Eh madame, tu viens réparer ma braguette ? Je l’ai cassée tellement t’es bandante ! ». Le romantique « Ton père est un voleur, il a volé les deux plus gros jambons pour les mettre à la place de tes cuisses »… Des figures de style entendues à Sainte Anne, République, Saint-Michel et Liberté… Pour celles qui veulent alimenter le tumblr, c’est par ici : http://payetashnek.tumblr.com/

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Le 23 octobre, le centre Alma à Rennes inaugurait son nouveau site, dont les travaux de rénovation ont été effectués sur 18 mois. Les 40 nouvelles enseignes ont agité la capitale bretonne semble-t-il. 45 000 personnes ont foulé les allées du centre commercial, dont 21 000 pour la soirée d’ouverture. Les twittos ont réagi à un tel record d’affluence. Pour Holden Caulfield, « les centres commerciaux sont le sommet de l’aculture et de l’incivisme ». Sans juger l’intérêt de la population pour les boutiques, il est malheureux, consternant même, de constater que cet événement réunisse autant de monde, à l’heure où les mouvements sociaux ont du mal à toucher les foules, où la crise financière sépare les individus et où les urnes sont boudées. Pire encore, 5 000 euros ont été offerts à Pauline, l’heureuse gagnante du jeu organisé par Alma pour amplifier de manière exponentielle sa promotion, qui disposait d’une heure pour les dépenser. Là ce sont les journalistes rennais qui se lâchent sur Twitter, à juste titre. Jacques Guyader, reporter sportif pour Ouest France, commente : « Quand la com’ fait faire n’importe quoi à n’importe qui. Débile et indécent ». Xavier Debontride, rédacteur en chef de Place Publique, se demande : « Suis-je le seul à être choqué par le coup de com d’Alma et le claquage des 5000 € en moins d’1h ? Vous avez dit conso responsable ? » Non Xavier, vous n’êtes vraiment pas le seul…

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"Hey Mademoiselle..."
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Buzz commercial
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Petites phrases inoffensives cherchent harceleur de rue...
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Coup de com' au centre Alma, on ne dit pas chapeau bas...

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