Includes the sections "Coup de coeur" and "Coup de gueule"

Novembre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

La honte doit changer de camp. Impérativement. Pour y arriver, forces de l’ordre et système judiciaire doivent évoluer conjointement et être formés à la problématique des violences faites aux femmes. Parce que l’on vit dans une société qui diffuse et entretient constamment la culture du viol dans sa globalité.

En attendant cette prise de conscience et cette progression (qui ne se fera pas à coup de Unes testostéronées du type Le Parisien qui le 25 octobre brandissait 16 portraits de personnalités publiques masculines et titrait « Harcèlement sexuel – Les hommes s’engagent »), il est essentiel d’accompagner et d’aider celles qui ont subi du harcèlement et des agressions sexuelles.

C’est dans ce but que Sandrine Rousseau, ex-élue EELV, a fondé l’association Parler, qui propose aujourd’hui une adresse mail – suisjeseule@gmail.com - pour dénoncer les violences sexuelles et mettre en contact les femmes victimes d’un même harceleur/agresseur sexuel, à partir de 5 signalements sur une même personne. Ainsi, la structure espère encourager les dépôts de plaintes groupés.

On le sait, ce sera long, pénible et douloureux. Cela prendra du temps. Parce qu’il en faut énormément pour parler et oser franchir le cap. Parce que l’on sait que l’accueil au commissariat sera certainement abject et les suites éventuelles aussi. D’où l’importance d’une action collective. Entre femmes, dans un premier temps.

Text: 

On doit bien l’avouer, on a nos côtés réac’ niveau écriture de la langue française. Il faut bien l’admettre, l’écriture sms nous est assez insupportable. D’autant plus qu’aujourd’hui, les textos ne sont plus limités en terme de caractères, plus d’excuses donc pour raccourcir les mots. Certes, cela nous a parfois été utile sur Twitter mais pas plus.

Mais on se dit que ce n’est rien comparé aux vieilles peaux de l’Académie française qui tremblent de dégoût face à l’écriture inclusive et déclarent à ce propos dans un communiqué, publié sur leur site et daté du 26 octobre dernier : « Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme une norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. »

On pouffe de rire en même temps qu’on vomit. On s’évanouit à plusieurs reprises en lisant la suite : « C’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

Dénonçant – selon leurs termes - une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité, les membres s’opposent à ce qui devrait être déjà acté depuis au moins leurs naissances (c’est dire !), à savoir la prise en compte de l’autre moitié de la population. Les femmes, quoi. Mais bon comme « cela alourdirait la tâche des pédagogues », on ne va pas insister… Bah si, en fait !  

Posts section: 
Title: 
Agir ensemble contre les violences sexuelles
Title: 
Le mâle de la langue française
Summary: 
La honte doit changer de camp. Impérativement. En parallèle, il est essentiel d’accompagner et d’aider celles qui ont subi du harcèlement et des agressions sexuelles.
Summary: 
On pouffe de rire en même temps qu’on vomit. On s’évanouit à plusieurs reprises en lisant le communiqué de l'Académie française, à propos de l'écriture inclusive...

Octobre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

On retrouve sur la couverture la photo, prise en 1957 à Rennes, des deux femmes qui avaient déjà incarné les Elles qui disent, publié en mars 2016. Marie-France et Marie-Ange Jouan. La mère et la grand-mère d’Anne Lecourt, passeuse d’histoires de vie qui revient en septembre 2017 avec un nouvel ouvrage, intitulé cette fois Les Discrètes paroles de Bretonnes….

On y retrouve Clémentine, Madeleine, Marie, Monique, Marcelle, Yvette ou encore Elisa, du pays de Montfort. Et on y découvre Anne, Paule, Agnès, Roberte, Janet et d’autres, qui comme les premières, témoignent de la vie qu’elles ont vécu, principalement dans les campagnes bretonnes, de 1930 à aujourd’hui.

L’auteure, de sa plume respectueuse, continue là le travail amorcé l’an passé, un travail de mémoire, de transmission, qui aborde au travers de portraits fins et bienveillants la condition des femmes de cette époque. Et ça fait du bien d’entreprendre cette lecture aussi émouvante qu’apaisante.

Parce qu’en filigrane de ces histoires, on peut se laisser rêver à la vie de nos grands-mères qui, par pudeur tout comme les Discrètes, n’ont pas livré à la postérité leurs vécus intérieurs. C’est comme renouer avec le passé ! Une manière de saluer les générations précédentes et de ne pas oublier le combat qu’elles ont souvent menées, sans le réaliser.

Text: 

Elles étaient 122 en 2015 (lire notre Décryptage YEGG#63 – Décembre 2016). Elles sont une de plus, en 2016. Elles, ce sont les femmes mortes sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Pourquoi ? Parce que ces derniers, à 49%, refusent la séparation.

C’est ce que révèle début septembre le rapport de la délégation aux victimes – structure commune à la police et à la gendarmerie nationales qui recense, depuis 11 ans, pour le ministère de l’Intérieur, les morts violentes survenues au sein du couple – qui sépare distinctement les 109 femmes victimes « au sein de couples officiels (conjoint, concubin, pacsé ou ex…) » et les 14 femmes victimes « au sein de couples non officiels (petit ami, amant, relation périodique ou ex…) ».

Déjà, la catégorisation pose problème. Surtout quand celle-ci entraine la hiérarchisation des informations. Parce que l’étude, dès le début, n’affiche que le premier chiffre. Il faut attendre la page suivant la conclusion, pour trouver le tableau récapitulatif global de l’année 2016 : on y découvre alors qu’elles sont en réalité 123, et non 109, à être décédées de violences conjugales.

Ce chiffre est important. Trop important. Il signale que tous les 3 jours, une femme en France, meurt des coups de son mec ou de son ex (peu importe qu’il s’agisse de son mari ou de plan cul). Il serait temps d’arrêter de minimiser ou de banaliser ces actes barbares, qui ne sont ni des crimes passionnels, ni des incidents, mais des féminicides.

Posts section: 
Title: 
Ne pas oublier les récits des Discrètes
Title: 
123 (et pas 109) femmes de trop !
Summary: 
L’auteure, de sa plume respectueuse, continue là le travail amorcé l’an passé, un travail de mémoire, de transmission, qui aborde au travers de portraits fins et bienveillants la condition des femmes de 1930 à aujourd'hui.
Summary: 
Ces femmes, ce sont celles qui sont mortes en 2016 sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Pourquoi ? Parce que ces derniers, à 49%, refusent la séparation.

Septembre 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Ce n’est pas un coup de cœur, c’est un coup de foudre. Alors oui, on sait, on a pas mal d’années de retard mais on a fini par lire Le chœur des femmes, du médecin, romancier et essayiste Martin Winckler. Et c’est un véritable soulagement. Parce que les témoignages résonnent avec notre expérience intime.

En nous permettant d’assister aux consultations et aux coulisses du service de médecine des femmes, dirigé par Franz Karma, un professionnel de la santé attentif et bienveillant, qui va prendre sous son aile, Jean Atwood, une jeune interne brillante promise à une grande carrière de chirurgie réparatrice des organes sexuels, l’écrivain propose un regard à la fois doux et critique sur ce que vivent les femmes dans le parcours de santé. Martin Winckler remet l’humain au cœur de cette médecine gynécologique qui peut être, pour tout un tas de raisons plus ou moins compréhensibles (mais pas tant que ça), parfois source de violence pour les femmes, cis et trans.

Au fil du bouquin, on respire grâce à ce non-jugement prôné par ce service. Le chœur des femmes montre qu’une autre méthode est possible, les techniques employées ayant besoin d’être davantage pensées pour le confort des patientes – et non celui des praticien-ne-s - et invite à réfléchir à l’évolution d’une médecine plus humaine. Un point de vue que partage le médecin et écrivain Baptiste Beaulieu, parrain de la nouvelle librairie rennaise La Nuit des temps, présent lors de l’inauguration de celle-ci, le 16 septembre prochain.

Text: 

Il y a des choses que l’on ne comprend pas. Imaginer et fabriquer une capsule intime pour se tartiner les parois du vagin avec des paillettes en fait partie. Autant dire que se l’introduire là-dedans nous est totalement inconcevable. Sans doute notre petit côté réac…

Mais voilà, à la rédaction, on était déjà choqué-e-s d’apprendre que la chirurgie des lèvres génitales devenait de plus en plus répandue chez les jeunes femmes alors là, on est tombé-e-s de nos chaises longues en lisant que la société américaine Pretty Woman Inc avait lancé une véritable tendance avec les « Passion dust », arrivant jusqu’à la rupture de stock (ou suscitant avec cela encore plus le besoin et l’envie chez les consommatrices ? On ne serait pas étonné-e-s d’une telle stratégie…).

L’argument de vente ? Ajouter du fun aux relations sexuelles pour celles et ceux qui visiblement trouvent que le sexe manque de couleurs et de goût... Car oui, l’idée est d’insérer la capsule une heure avant le rapport, le temps pour l’emballage de fondre et de répandre les paillettes sucrées à l’intérieur ! Non mais sérieusement ? Il serait temps d’arrêter de se dire que ce genre de concept a un aspect rigolo.

Parce qu’il n’en est rien lorsque la provenance et la composition du produit ne sont pas certaines, voire sont carrément  douteuses, et surtout que les paillettes risquent de porter atteinte à la flore vaginale et ainsi créer des infections et inflammations. Honnêtement, y a tellement d’autres façons de s’éclater au lit…

Posts section: 
Title: 
Au choeur de la santé des femmes !
Title: 
Dress code : paillettes dans le vagin
Summary: 
Martin Winckler remet l’humain au cœur de cette médecine gynécologique qui peut être parfois source de violences pour les femmes, cis et trans.
Summary: 
L’idée est d’insérer la capsule une heure avant le rapport, le temps pour l’emballage de fondre et de répandre les paillettes sucrées à l’intérieur ! Non mais sérieusement ?

Juillet-Août 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Vous trouvez les contes de fées trop lisses ? trop binaires ? trop manichéens ? Nous aussi. Et ça tombe bien parce qu’en mai dernier Contes et histoires arc-en-ciel sont venus colorer la collection Kervinihy des éditions Goater, en partenariat avec le CGLBT de Rennes et Les Bookonautes. De quoi briser l’hétéronorme cul-cul et ringarde de ces récits poussiéreux et franchement d’un ancien temps !

Place aux 14 histoires imaginées par Frédéric Meurin, Hugo Vernay, Selene Tonon, Valentine Dewer, Karine Baudot, Elisabeth Troestler, Joachim Chalot, Pascale Navarro Salcedo, Judikaël Goater, Gaëlle Urvoas, Aurélien Le Feuvre, Elen Le Feuvre, Elodie Sébire et Lukaz Nedeleg. Au fil des pages, on croise Myriam, Elias, Louise, Charmille, Jean, Aydan, Blanche ou encore Cassiopée. Vivant dans la vie réelle ou dans des histoires de capes et d’épées, ces personnages sont lesbiennes, homos, trans, polyamoureux, se battent contre les préjugés ou non – parce que oui un monde sans LGBTIphobies, ça peut exister – et surtout ne sont pas réduits à leurs orientations sexuelles et leurs identités de genre.

Et ça fait du bien ! En plus de rompre avec la tradition du noir et blanc des contes, et de la femme épleurée qui attend le prince charmant, les histoires arc-en-ciel redonnent du corps et de la perspective à des personnes délaissées à tort de ce genre littéraire. Il est bien temps de se mettre à la page !

Text: 

« Cette pratique est extrêmement ancienne, très répandue dans les diverses civilisations du monde entier, basée sur le préjugé selon lequel l’utérus pourrait être vidangé comme un ballon. Il n’existe pas de chiffres officiels en France sur l’expression abdominale mais selon l’enquête menée par le Collectif Interassociatif autour de la NaissancE (CIANE) entre 2010 et 2016 (20 000 femmes) : ‘’une femme sur cinq affirme qu’on lui a appuyé sur le ventre pour aider l’expulsion du bébé. Parmi les femmes qui ont subi ce geste, environ quatre sur cinq indiquent qu’on n’a pas recherché leur consentement.’’ »

Le 17 juin, Slate titre son article « L’expression abdominale existe encore et c’est dramatique ». Dramatique oui, c’est le terme. Surtout lorsque l’on sait que cette pratique n’est soi-disant plus pratiquée car interdite. On aurait eu envie de mettre la citation, seule, sans commentaires. Parce qu’elle se suffit à elle-même. Mais on ne peut manquer une occasion d’ouvrir notre gueule pour scander : « MAIS QUAND EST-CE QU’ON VA NOUS LÂCHER LE BIDE, BORDEL ? »

On entend d’ici les défenseurs maugréer qu’il s’agit certainement de cas particuliers, pour lesquels médecins et sages-femmes doivent agir dans l’urgence ou en tout cas doivent avoir leurs raisons. Mais non, ça ne passe pas. Parce que rien ne justifie que l’on demande son accord à une femme sur cinq. À moins que l’on ait mal compris et que les femmes ne bénéficient pas entièrement de leur propre corps…

Posts section: 
Title: 
La vie est plus belle en couleurs !
Title: 
Pas touche à ma ceinture abdominale
Summary: 
Vous trouvez les contes de fées trop lisses ? trop binaires ? trop manichéens ? Nous aussi. Et ça tombe bien parce qu’en mai dernier Contes et histoires arc-en-ciel est sorti aux éditions Goater !
Summary: 
Le 17 juin, Slate titre son article « L’expression abdominale existe encore et c’est dramatique ». Dramatique oui, c’est le terme. Surtout qu'elle n’est soi-disant plus pratiquée car interdite.

Juin 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

À tou-te-s celles et ceux qui ont tendance à penser que les féministes sont rabat-joie, on a envie de dire merde, déjà, mais surtout qu’elles/ils auraient bien fait de venir boire des verres au Bistrot de la Cité, le 11 mai dernier, lorsque le collectif FéminismeS de Rennes 2 organisait sa fête féministe « Zines & Zic ». Ce soir-là, Rosa Vertov était aux platines et l’EESAB de Rennes lançait FEMINISMES, un fanzine artistique, participatif, en riso bleu et orange, composé de 18 cartes au format A5.

Et dès la première image, on accroche : « Feminism encourages women to leave their husbands, kill their children, practice witchcraft, destroy capitalism and become lesbians ». Aucune proposition ne se ressemble et toutes abordent des thématiques essentielles à l’évolution des droits de toutes les femmes et des personnes LGBTI+ et à l’égalité entre les sexes et entre les êtres. Ainsi, sont représenté-e-s des vulves, des clitoris, des phallus en pronoms masculin/féminin, des seins, des utérus, des silhouettes, des symboles et même une Simone de Beauvoir équipée de gants de boxe…

Avec humour, poésie, ironie, provocation, à travers des dessins, des collages, des phrases, les artistes revendiquent l’anatomie féminine, la sexualité, la diversité, le droit à la liberté et au respect des différences et cassent les tabous et injonctions, qui (sur)plombent particulièrement le corps, enjeu de la domination patriarcale. Des thèmes forts et profondément humains qui font du bien !

Text: 

La Pologne n’en est pas à son coup d’essai niveau rétropédalage contre les droits des femmes. En octobre 2016, le pays connaissait de fortes manifestations de la part de centaines de milliers de femmes qui revendiquaient leur désaveu concernant le projet de loi visant à interdire quasiment entièrement l’avortement. Si le parti conservateur au pouvoir, Droit et Justice, a reculé face à la pression de la rue, il réitère une nouvelle fois le coup de massue, qui pourrait bien être décisif.

Le 24 mai dernier, le Parlement a voté pour une loi qui limiterait l’accès à la contraception d’urgence, communément appelée « pilule du lendemain ». Un droit auquel les personnes âgées de plus de 15 ans accédaient sans ordonnance, depuis le gouvernement précédent. Le contraceptif, avec la nouvelle loi, devra désormais être prescrite par un-e médecin. Bien évidemment, on comprend l’entourloupe.

Il ne s’agit pas d’un principe de précaution – qui serait totalement débile également – mais bel et bien d’une interdiction déguisée. Il faut le temps d’obtenir un rendez-vous avec un-e médecin et il faut que ce-tte dernier-e accepte de délivrer l’ordonnance. Sans oublier que les femmes seront certainement culpabilisé-e-s et empêché-e-s. Cette loi ne semble qu’une première étape scandaleuse visant à limiter les femmes dans leurs moyens de choisir leurs grossesses. Quelle sera la prochaine ?  

Posts section: 
Title: 
Les féminismes, ça se fête !
Title: 
Encore une attaque aux corps des femmes !
Summary: 
Aucune proposition ne se ressemble et toutes abordent des thématiques essentielles à l’évolution des droits de toutes les femmes et des personnes LGBTI+ et à l’égalité entre les sexes et entre les êtres.
Summary: 
La Pologne n’en est pas à son coup d’essai niveau rétropédalage contre les droits des femmes et réitère une nouvelle fois le coup de masse, qui pourrait bien être décisif.

Mai 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Des journées qui commencent comme celle du 7 avril, on en voudrait beaucoup plus souvent. Alors que les premiers rayons matinaux percent les feuillages qui bordent le carré Duguesclin, la compagnie brestoise Dérézo concocte un petit-déjeuner gourmand et littéraire, à déguster dans le magic Mirror, installé dans le parc du Thabor à l’occasion du festival Mythos.

Anaïs Cloarec et Véronique Héliès, talentueuses actrices-cordons bleus, accueillent les sorti-e-s du lit autour de leur comptoir en bois, proposent thé, café, chocolat chaud, viennoiseries, œufs, jambon, tartines de confiture et jus d’oranges pressées. Ainsi, une trentaine de personnes partagent l’instant intime et néanmoins commun à chacun-e du breakfast, moment encore empreint de la nostalgie du lit, des rêves et des draps et pourtant si plein de promesses et de possibilités se profilant à l’horizon d’une journée nouvelle.

On casse l’angoisse de l’inconnu à venir ainsi que le jeûne, et non le jeune - « d’où l’importance de l’accent circonflexe » -, en écoutant les deux cheffes-comédiennes converser sur la dichotomie de la langue, l’art des astres et les nouvelles fraiches étalées dans la presse. Et en dégustant des madeleines faites maison, on les écoute réciter Proust, s’abreuver des Miscéllanées de Monsieur Schott et se nourrir de la singularité de la paradoxale poésie matinale. Un délice !

Text: 

Mais bordel, qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ce bas monde ? Comment peut-on encore en 2017 cultiver la haine et la peur de la différence et de l’autre ? Début avril, le journal indépendant russe Navaïa Gazeta a révélé, à travers une enquête illustrée de témoignages, une vague de persécutions envers des hommes supposés homosexuels en Tchétchénie, emprisonnés et torturés.

Certains parlent même de camp de concentration. « Il est difficile de faire le point sur ce qui est vrai », déclare Selene Tonon, présidente du CGLBT Rennes, lors du rassemblement de soutien organisé le 25 avril, place de la Mairie. Elle rappelle en revanche que les persécutions homophobes du pouvoir en place, « ça, c’est la réalité. » Tout comme la mort de trois hommes dans cette affaire. Le gouvernement tchéchène dément alors, argumentant que les homosexuels n’existent pas sur le territoire puisque dans l’éventualité où ce serait le cas, ils seraient assassinés par leurs familles.

Aucun mot n’est assez fort pour décrire l’horreur du discours et surtout de la situation. On ne peut que naïvement se demander « pourquoi ? » mais on ne peut se satisfaire d’aucune réponse. Notre irresponsabilité, passant par l’inaction, le laisser dire et le laisser faire – comme tel est le cas pour la Manif pour tous en France – conduit non seulement à la haine des autres mais aussi à la haine de soi, causant assassinats et suicides. Pourquoi ?

Posts section: 
Title: 
Un succulent réveil théâtral
Title: 
À quel point sommes-nous irresponsables ?
Summary: 
Des journées qui commencent comme celle du 7 avril, on en voudrait beaucoup plus souvent avec la compagnie brestoise Dérézo qui concocte un petit-déjeuner gourmand et littéraire...
Summary: 
Mais bordel, qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ce bas monde ? Comment peut-on encore en 2017 cultiver la haine et la peur de la différence et de l’autre ?

Avril 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Quand bonnes volontés et compétences s’assemblent, on le sait, ça peut faire des étincelles. Et on espère bien qu’il en sera ainsi pour l’équipe pluridisciplinaire – rédacteurs/trices, photographes, illustrateurs/trices, graphistes – du webzine associatif rennais, l’Imprimerie nocturne, qui souhaite ce mois-ci lancer sa revue papier.

Ainsi, une souscription a été lancée jusqu’au 10 avril sur la plateforme de financement participatif Ulule afin de participer à l’impression de 250 exemplaires du numéro 0 de la Revue de l’imprimerie, qui devrait compter 52 pages agrafées, au format A4 et en couleur. Depuis sa création en 2014, le webzine participe à l’information autour de la frétillante culture rennaise avec des portraits d’artistes ou professionnel-le-s du secteur, des comptes-rendus de spectacles, un agenda culturel.

Dans sa version imprimée, l’esprit devrait rester intact : une pratique collaborative, une mise en avant de la diversité des talents s’illustrant dans la photographie, les arts plastiques, le graphisme ou encore l’écriture, et un sommaire tournant autour de « dossier sur la culture et le handicap / portfolio photo rétrospectif de la vitalité culturelle rennaise / monde des livres (rue des livres, bande dessinée), du cinéma, de la musique, des Beaux-arts, spectacle vivant, chroniques et interviews / et même des jeux et des suprises ! », indique l’équipe sur la page Ulule. Ça donne envie de la feuilleter cette Revue de l’Imprimerie, et de la voir grandir !

Text: 

Porter plainte pour agression sexuelle ou viol est compliqué. Psychologiquement d’abord. Concrètement ensuite. La victime se heurtant souvent à des interlocuteurs qui retournent la situation et la rendent coupable de cette situation. Prouver le non consentement – surtout lorsque l’agresseur est connu – est quasiment impossible dans ce système borné à penser que les femmes suscitent, dès lors qu’elles mettent le pied dans l’espace public, le désir et que les hommes ne peuvent contrôler leurs pulsions.

Quand on ne pense qu’on ne peut pas faire pire, on tombe de bien haut en lisant l’article de The Guardian, daté du 29 mars 2017 et intitulé « Mexican man cleared in sexual assault of schoolgirl because he didn’t ‘enjoy’ it ». Le 1er janvier 2015, une jeune fille de 17 ans est enlevée dans l’état de Veracruz, au Mexique, par quatre garçons de son lycée privé. Durant sa séquestration, elle subira attouchements à la poitrine et pénétrations vaginales avec les doigts.

Diego Cruz, un des accusés, est désormais libre. Pourquoi ? Parce que, dit-il, il n’a jamais eu « d’intention charnelle » et surtout n’a pas pris de plaisir. Des arguments que le juge retient pour acquitter le fils d’une riche famille de l’état mexicain. Tout est dit. Et les femmes, qui ont l’intention d’être libres de s’habiller comme elles veulent et de sortir quand elles veulent, elles, elles sont coupables. Scandaleux.

Posts section: 
Title: 
Non, la presse papier n'est pas morte !
Title: 
Pas d'intention, pas de coupable !
Summary: 
Le webzine rennais L'imprimerie nocturne lance sa revue papier et ça a l'air top !
Summary: 
Accusé de séquestration et d'agression sexuelle sur une jeune femme de 17 ans, le prévenu est acquitté. Pourquoi ?

Mars 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« Face à un terme qui n’a pas bonne réputation, une poignée de bons mots vaut souvent mieux qu’un statu quo que l’on croit douillet. À rebours de l’irritant « je ne suis pas féministe, mais… », on n’invoquera jamais trop de raisons d’exiger l’égalité. » C’est ainsi que la journaliste Clarence Edgar-Rosa (Causette, ELLE, blog pouletrotique.com…) introduit son ouvrage Les gros mots – abécédaire joyeusement moderne du féminisme, publié aux éditions Hugo Doc en octobre 2016.

Que l’on soit déjà bien initié-e-s ou non aux théories féministes, à l’intersectionnalité, aux combats LGBTI+, aux différentes vagues et courants du féminisme, peu importe, ce bouquin est de première nécessité pour tou-te-s ! Un guide ou un rappel, il est bon de se plonger dans la multitude de définitions proposées pour comprendre les tenants et aboutissants de la lutte pour l’égalité des sexes mais aussi de pouvoir s’armer d’arguments clairs, d’exemples et de références.

Et on aura d’autant plus d’aplomb en complétant cette lecture par celle du fantastique petit illustré Le féminisme, d’Anne-Charlotte Husson, doctorante en sciences du langage et animatrice du blog « Genre ! », et Thomas Mathieu, dessinateur du Projet Crocodiles, édité aux éditions du Lombard, en octobre 2016 également. Des abreuvoirs de connaissances particulièrement accessibles qui font du bien, démontrant que le féminisme n’a rien d’effrayant mais de fondamentalement essentiel.

Text: 

La non mixité est controversée et ne plait pas à tout le monde, mettant en lumière l'idée d'exclure une ou plusieurs personnes d'un groupe. Ici en raison de son appartenance au sexe ou au genre masculin. Les défenseuses de la non mixité insistent quant à elles sur la nécessité de se retrouver entre femmes, cis et trans, afin de partager des expériences mais aussi des solutions et éventuellement envisager des actions ensemble. Sans qu'un ou plusieurs hommes ne s'interposent ou prennent l'espace.

Pour ou contre la non mixité, là n'est pas la question finalement ici. Mais on remarque qu'en général, dans les conversations concernant les inégalités entre les femmes et les hommes, ces derniers ne peuvent s'empêcher d'intervenir pour expliquer aux femmes que certes, elles sont peut-être défavorisées par rapport à eux mais il ne faudrait pas les oublier pour autant car eux aussi souffrent pour telle ou telle raison. Et finissent par en conclure que les féministes, bah, elles sont contre les hommes.

Pourquoi ne peut-on jamais en mixité aborder la question des difficultés vécues par les femmes sans le sempiternel refrain de Men tears (définition à chercher et à lire dans le livre de Clarence Edgard-Rosa - lire le coup de coeur) ? Vous ne nous croyez pas ? On exagère ? Prêtez oreilles attentives et ouvrez l'oeil durant les conférences organisées jusqu'au 19 mars, dans le cadre du programme du 8 mars... Vous êtes prévenu-e-s !

Posts section: 
Title: 
Définitions et dessins, abreuvoirs de connaissances féministes
Title: 
Les men tears, ça suffit !
Summary: 
Des livres qui font du bien pour démontrer que le féminisme n’a rien d’effrayant mais de fondamentalement essentiel.
Summary: 
Pourquoi ne peut-on jamais en mixité aborder la question des difficultés vécues par les femmes sans le sempiternel refrain de Men tears ? Vous ne nous croyez pas ?

Février 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

L’association rennaise des parents d’enfants déficients auditifs (APADEDA) a participé au prix Klesia Accompagnement handicap 2016 et a remporté le prix « Prévention ». L’initiative proposée : Aux petits soins, un livre en version papier et en version numérique sur le thème de l’hôpital « pour faire le lien entre les familles d’enfants sourds et les professionnels du milieu hospitalier », comme l’explique Olivia Le Divelec - fondatrice du projet et présidente de l’APADEDA Rennes - en Langue des Signes Française, dans une vidéo de présentation.

L’hôpital peut être une épreuve éprouvante pour les enfants, d’autant plus lorsque la communication entre le personnel et eux est altérée. Ainsi l’ouvrage, qui devrait être publié fin 2017 aux éditions Goater et réalisé avec l’aide de la compagnie rennaise 10 doigts, sera personnalisable et ludique – à l’aide d’autocollants, de jeux, d’activités, etc. - dans l’objectif d’aider les enfants sourds à comprendre précisément les étapes de leur parcours de soins et établir une communication et une relation de confiance avec les professionnel-le-s.

Dans la vidéo, à découvrir sur le site du prix Klesia ou sur le site de France 3 Bretagne, l’éditeur Jean-Marie Goater explique clairement les ambitions créatives et innovantes de ce projet qui intervient auprès de l’enfant dès sa préparation à l’entrée à l’hôpital et ce jusqu’à sa sortie. Une excellente initiative !

Text: 

Depuis maintenant 7 ans, on assiste sur la toile à une déferlante des blogs dénonçant le sexisme de cette société toujours bercée par l’hétéropatriarcat. Que l’on ne se méprenne pas, la naissance de la famille Paye ta shnek, Paye ton utérus, Paye ta robe, Paye ta blouse, Paye ta fac, Paye ton taf ou encore Paye ton journal, nous ravit puisqu’elle suscite - par les nombreux témoignages décrivant des situations de sexisme vécues dans la rue, l’accès aux soins, le milieu hospitalier, l’université, le travail ou les rédactions – une prise de conscience et établit une preuve tangible que la misogynie n’est pas seulement l’apanage des classes populaires comme l’ont souvent sous-entendu les reportages sur le sujet ou les discours politiques…

Ses plateformes d’expression révèlent donc un sérieux problème d’éducation et les préjugés sexistes et de genre se répandent encore et toujours comme une trainée de poudre, dans tous les milieux de la société. Il est impensable en 2017 qu’un chargé de TD en cours d’histoire du droit lâche que « l’avantage des lois, c’est qu’on peut les violer sans qu’elles ne crient », qu’un infirmier demande à une stagiaire « Est-ce que tu aimes l’escalade ? C’est pour savoir si tu voulais bien me grimper dessus. », qu’un directeur ne regarde que la photo de CV et conclut un entretien d’embauche par « Et en plus vous êtes jolie ! » !

Le sexisme ordinaire est omniprésent et bien plus que pesant. Ras-le-bol !

 

Posts section: 
Title: 
Aux petits soins, pour l’accompagnement des enfants sourds à l’hôpital
Title: 
Paye ton sexisme omniprésent !
Summary: 
Un livre pour aider les enfants sourds à comprendre précisément les étapes de leur parcours de soins et établir une relation de confiance.
Summary: 
Les plateformes d’expression révèlent un sérieux problème d’éducation et les préjugés sexistes et de genre se répandent encore et toujours...

Janvier 2017

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Oh oui, on a plaisir à y croire ! Tout comme la canadienne Lori Malévart-Traversy qui signe en 2016 Le clitoris*, un documentaire animé entièrement dessiné à la gouache et brillamment orchestré pour terrasser les théories fumeuses de Sigmund Freud… Qui établit le seul organe destiné au plaisir au rang d’ennemi public numéro 1 et le relègue au banc des petits joueurs. Autorisé à intervenir simplement en début de partie !

L’an dernier, les langues se déliaient et les discours s’élevaient enfin pour rejoindre ceux des féministes qui prônent la réappropriation du corps des femmes, sans tabous, sans honte, ni invectives. Houda Benyamina mettait les points sur les I avec Divines, en inscrivant la réplique « T’as du clito » dans le langage courant, l’imprimante 3D donnait enfin du relief et donc une perspective à cette partie du corps et Lori Malévart-Traversy l’animait dans un court-métrage contre « l’obscurantisme clitoridien ». Dans le but de démystifier la sexualité féminine et stopper les idées reçues autour du match Vagin VS Clito.

Pourquoi choisir un camp et se priver de toutes les possibilités offertes par notre anatomie ? D’où l’importance d’une information de qualité, accessible à tou-te-s, que ça plaise ou non. Le clitoris n’est plus un mythe, il est le sésame d’une jouissance illimitée pour qui le possède et qui le caresse.

 

*Le court-métrage devrait être visible courant 2017, une fois le documentaire présenté dans tous les festivals sélectionnés.

Text: 

S’il est indéniable que des progrès et des avancées sont à saluer en matière de droits humains, le contraire est à constater également. Après avoir supprimé en avril 2016 le Pass Contraception en Ile-de-France, la présidente LR Valérie Pécresse a annoncé en décembre dernier que la région ne financerait désormais plus les études sur le genre, les inégalités et les discriminations, soutenues depuis dix ans.

Dans son article du 14 décembre, Libération rappelle les dires de l’élue flirtant avec la Manif pour tous : « Je suis pour l’égalité homme-femme, c’est à la racine de mes convictions. L’égalité oui, mais pas l’indifférenciation des sexes (qui est) un projet politique, une idéologie. On ne subventionnera pas la théorie du genre. »

Mi-décembre, son homologue masculin Laurent Wauquiez, présidant la région Auvergne-Rhône-Alpes, a coupé de 12 000 euros les subventions aux festivals LGBT du territoire. Face au mouvement contestataire du Mariage pour tous, il ne sourcillait pas et assurait être favorable à l’abrogation de la loi Taubira.

Fin décembre, le quotidien national de gauche offrait une tribune à l’anthropologue et psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, intitulée « Procréation assistée : le déni familial de la gauche », qui souligne qu’en matière de modèle familial, les deux camps politiques ennemis se retrouvent dans leur esprit traditionnaliste. Loin d’être rassurant…  

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Le clitoris ne serait plus l'ennemi public n°1 ?
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Un pas en avant, trois pas en arrière...
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Oh oui, on a plaisir à y croire ! Le clitoris n’est plus un mythe, il est le sésame d’une jouissance illimitée pour qui le possède et qui le caresse.
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Les esprits réac' décomplexés = pertes sèches pour les études de genre, les droits LGBTI et l'évolution des mentalités...

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