Célian Ramis
Les veilleuses de chagrin, bercées par l’attente et l’espoir


Dans son recueil, L’Amour la poésie, Paul Eluard décrit en quelques vers l’attente, l’absence et la disparition d’un être aimé. C’est ce poème, évoquant « Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin », qui a inspiré la réalisatrice Frédérique Odye pour le titre du documentaire Les veilleuses de chagrin qu’elle présentait en avant-première samedi 17 janvier, au cinéma Arvor, à Rennes.
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Ciel dont j’ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par-delà l’attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t’aime
Lequel de nous deux est absent.
Paul Eluard, extrait du recueil L’Amour la poésie.
Elles viennent de Loctudy, Le Conquet, Saint-Malo et Cancale, et sont les veilleuses de chagrin. « Ce sont des femmes qui attendent, qui veillent le retour de leurs maris marins. Et le chagrin fait référence à la mélancolie. Et à l’expression « Femme de marin, femme de chagrin » ! », explique Frédérique Odye, rennaise d’adoption depuis 12 ans.
Originaire de Cherbourg, elle est fille de marin et a vu durant sa jeunesse sa mère attendre le retour de son époux. Elle a toujours côtoyé la poésie qui écume les bords de mer et les inquiétudes qui virevoltent dans les embruns de l’océan. « Je me souviens qu’une fois, un accident est arrivé et ils ont perdu 2 marins. Une des veuves était enceinte », se rappelle-t-elle.
UN MILIEU PUDIQUE
Être issue de ce milieu lui permet de tisser des liens avec les femmes qu’elle rencontre dans le cadre de son documentaire. Malgré tout, il lui faudra 2 ans pour trouver les cinq veilleuses de chagrin de son film, dont deux qui seront intégrées 2 semaines seulement avant le tournage : « C’est un milieu très pudique, il est difficile de les faire témoigner. C’était la première fois qu’elles en parlaient comme ça. »
Plusieurs années auparavant, Frédérique Odye avait embarqué 3 jours avec des marins pêcheurs pour le documentaire La mer qui les voit danser. En mer, elle filme, leur quotidien, rythmé par le bruit permanent du moteur. Un bruit qu’elle connaît bien.
Et c’est en voyant les familles présentes sur le port au terme de ce périple qu’elle décide de filmer celles qui attendent et restent sur la terre ferme.
Dans Les veilleuses de chagrin, on les voit femmes, amies, épouses et mères. Elles témoignent de leur quotidien, nourri par une forme d’indépendance dont elles disposent en l’absence de leurs maris mais également par la tenue de la maison, l’éducation des enfants, les infos données par la radio… Elles dévoilent avec pudeur leurs émotions quant à cette vie particulière et livrent la dualité qui s’installe entre manque de l’être aimé et envie que ce dernier reparte. Habituées de cette alternance, elles ont accepté le rythme et l’attente imposés.
UNE NATURE SANS PITIÉ
Le pire, elles l’envisagent. Mais passent outre. « Une fois que j’ai entendu le nom du bateau de mon mari à la radio, je coupe, je n’écoute pas le reste. Savoir qu’il va bien, c’est tout ce qui compte pour moi », confie l’une des deux bigoudènes de Loctudy (29). Il y a le R.A.S qui les rassure et les apaise quelques instants.
Mais lorsque le vent souffle sur les côtes bretonnes et s’embrase dans les volets et que les vagues roulent pour s’éclater lourdement sur le sable humide et mousseux, les esprits voguent sur les flots d’un imaginaire angoissant car on sait qu’au large, la tempête sévit sans concession et sans pitié. Pour Frédérique Odye :
« les marins sont des conquérants de la mer. Ils sont au milieu de rien. Et la nature est toujours plus forte. »
Et pour trois des veilleuses, leurs hommes ne rentreront pas. Elles affronteront le deuil de ce mari pris par la mer. Que l’on ait retrouvé le corps, ou non.
La réalisatrice nous saisit, entre scènes du quotidien, témoignages face caméra et paysages naturels. Entre silences et musiques mélancoliques (signée Matt Elliott). Entre poésie, solitude et force. Entre sourires et larmes. Le sujet est traité avec sensibilité et justesse, et nous transporte dans cette vie de femmes de marins, sans jamais franchir la ligne du « tire larmes ». Un joli documentaire, à la limite de l’onirisme, emprunt de tendresse, de souffrance et d’amour suspendu dans le temps.


La banderole noire préside le cortège avec ses lettres blanches désormais gravées dans notre Histoire : « Nous sommes tous Charlie ». Et juste derrière, les journalistes rennais. Ceux-là même qui d’habitude, lors des manifestations, marchent à reculons entre les forces de l’ordre et la tête du cortège, stylo dans une main, calepin dans l’autre / caméra à l’épaule / micro tendu en direction de la foule / appareil photo collé au visage.

Chaque année, 4 000 naissances ont lieu dans cet établissement - excepté en 2014 qui n’a pas passé, de peu, la barre des 4 000. Un chiffre qui n’a pas été détaillé lors de la visite mais qui est un chiffre global comprenant également les nourrissons morts-nés ou décédés au moment de l’accouchement. Pour le professeur Poulain, cette proximité est garantie du bon fonctionnement du service et d’un meilleur pronostic pour l’enfant.


L’éditeur, Presses de la Cité, le résume joliment : « C’est la belle histoire d’une fleur poussée au milieu du béton, celle d’une rédemption… »
Une fois à l’extérieur, deux gros sacs Tati dans les mains, elle ne sait où aller, elle va alors partager les galères et les plans boulots avec des amies ex-détenues. Elle commence l’animation et les scènes slam, elle a déjà touché à l’écriture en prison. Elle rencontre Nina, « une femme incroyable qui anime des ateliers dans une maison de quartier. J’ai fait ça 2 ans, le milieu socio-culturel, c’est précaire mais j’aimais ça ! Être avec les jeunes, avec les enfants ! » Audrey se lance dans un nouveau combat, celui de faire effacer ses peines figurant sur l’extrait de son casier judiciaire.
Un parterre blanc. Une structure métallique carrée où sont accrochés treize panneaux. La scène de la salle Serreau ressemble à une galerie d’art. C’est dans ce décor simple, doté d’une atmosphère étrange et froide, que nous accueille Mette Ingvartsen, chorégraphe et danseuse, diplômée de l’école bruxelloise PARTS.
Dans les médias, la sexualité des handicapé-e-s n'est souvent montrée qu'à travers l'assistance sexuelle. Mais il existe autant de sexualités que de handicaps. « Il ne faut pas se dire que nous avons accès qu'à ce moyen là, c'est vraiment pour les personnes qui n'ont pas accès à leur corps », déplore cette étudiante rennaise de 22 ans. Depuis février 2014, Lydie Raër a donc décidé de parler de sa sexualité à elle, sur son blog. 
La décision est prise : le corps médical met fin au traitement de Dora. La jeune femme, qui souffre d’un trouble mental, sort alors de sa léthargie. Elle se découvre un intérêt pour son corps et les relations sexuelles. Sans pudeur, Dora admet qu’elle aime faire l’amour, ou plutôt « baiser ». C’est alors que l’Homme délicat, un représentant en parfum, d’âge mur, l’initie à une sexualité violente et brutale. Avec pour conséquence une grossesse, un avortement et une stérilisation forcée. Une comédie tragique où l’éveil de la jeune femme se heurte à une normalité dictée et destructrice.

“L’idée est de faire venir les femmes qui ont envie de participer aux ateliers, mais qui n’auraient pas forcément osé passer le pas de la porte spontanément,” précise Claire, ajoutant vouloir casser cette image girly qui a tendance à coller aux soirées féminines.

Quant à Soiz, elle a appris à s’aimer. Son défi était de prendre réellement conscience de ses atouts. Plus qu’une aventure humaine, c’est un véritable apprentissage de développement personnel qu’elle avoue avoir vécu. Si au départ elle reconnait avoir eu beaucoup de retenue, son manque de confiance s’est très vite envolé, laissant place à l’envie de créer et d’aller à la rencontre des autres.