Célian Ramis

Des abysses et elles : les créatures de Ouitisch

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Reportage au cœur des fonds marins, à la rencontre des quatre créatures « ouitischiennes » du projet.
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La semaine dernière, l’association Ouitisch plongeait la piscine des Gayeulles dans l’ambiance des abysses, transformant la fosse plongée en studio photo. Reportage au cœur des fonds marins, à la rencontre des quatre créatures « ouitischiennes » du projet.

Mercredi 14 août, 21h. Les derniers courageux effectuent des longueurs dans la piscine des Gayeulles, à quelques mètres de la fosse plongée dans laquelle est installé le studio photo de l’association Ouitisch. Le moment est venu, après deux ans de réflexion et de travail autour de leur projet !

Celui de réaliser et présenter une exposition subaquatique, sur le thème des abysses. Un milieu mystérieux et méconnu du grand public. Le livre de Claire Nouvian, Abysses, est leur Bible : « C’est notre coup de cœur. Nous sommes restés fidèles aux images du bouquin. Les dessins et créations d’Anna Le Reun sont très proches de celles-ci », explique Xavière Voisin, secrétaire de l’asso, en charge de l’administration et des relations partenaires.

Durant trois nuits, l’équipe de Ouitisch s’est dédiée à la réalisation des images de l’expo Des abysses et vous, qui sera présentée tour à tour dans les quatre piscines rennaises. « Une invitation à l’imaginaire », selon Xavière.

Une fois la nuit tombée, le shooting peut démarrer. Huit projecteurs sont installés à 6m de profondeur, l’appareil photo est déjà au fond de la fosse, une gueuse est mise en place pour une meilleure stabilité de la modèle, Jessica Josse… Cette dernière a enfilé son costume de méduse blanche, après avoir été maquillée par Vanessa Coupé, qui a en amont beaucoup collaboré avec Anna pour définir les différents maquillages.

« La texture des produits waterproof n’est pas du tout la même et je ne m’étais pas rendu compte de la difficulté au départ. On ne peut pas tirer la matière, la travailler… Et elle sèche aussitôt ! », confie Vanessa. Ce n’est pas pour autant que la jeune professionnelle se débine. Au contraire ! « Il suffit donc de travailler la base avec des produits gras, de faire le dégradé à ce moment-là et de rajouter la couche waterproof », explique-t-elle. Et le tour est joué pour un résultat impeccable, qui sera révélé dès le 15 novembre.

Dans l’univers abyssal

Il est temps pour Jessica de descendre sous l’eau. Doucement, un plongeur l’accompagne jusqu’au fond de la fosse. Anna est déjà dans l’eau, prête à réajuster le costume. L’équipe s’apprête à réaliser une séance de 20 à 30 minutes pendant laquelle Jessica alterne entre apnée et bouffée d’oxygène. Avec aisance, elle effectue des mouvements gracieux, en douceur. La jeune femme n’en est pas à son premier coup d’essai.

En effet, pendant 13 ans, elle a pratiqué la natation synchronisée et  participé à plusieurs courts-métrages en milieu aquatique, avec la réalisatrice Manon Le Roy. Son bonus : tenir en apnée pendant 2 minutes 30. Néanmoins, elle ne préfère pas tirer sur ses réserves pour cet exercice « déjà assez éprouvant ! ». Elle se souvient de la nuit précédente : « Au début, j’ai eu un moment d’angoisse : à 6 mètres de profondeur, dans le noir, il fait très froid, je portais un costume avec une grosse structure sur la tête… ». Après un temps d’adaptation, elle entre rapidement dans le personnage et renouvelle l’exercice à trois reprises dans la soirée.

Pour Anna, la satisfaction est grande. Après discussion autour de leurs envies, les membres de Ouitisch ont rapidement su ce qui ne voulaient pas niveau costumes : « Pas de rococo, d’angélique, de mousseux ou encore de fashion ». A la suite de nombreux tests effectués, la créatrice connaît les réactions des différentes matières au contact de l’eau et sait comment créer les trois créatures abyssales demandées.

« Je suis contente car le rendu durant le shooting est le même que sur les dessins. C’est cool ! », explique-t-elle. D’autres projets naissent dans les esprits « ouitischiens », « à force d’être ensemble et de discuter de nos envies, forcément c’est stimulant ». Mais avant tout il faudra présenter les 9 clichés grand format, placés dans des sarcophages en plexiglas, au fond des quatre piscines municipales. A vos masques et tubas, dès le 15 novembre, à la piscine Saint-Georges de Rennes.

Célian Ramis

Gwendoline Robin : une artiste explosive à Rennes

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Dans le cadre des Tombées de la nuit, la plasticienne et performeuse Gwendoline Robin proposait ce dimanche 7 juillet au grand public, place du Maréchal Juin à Rennes, un « solo chorégraphique avec des matériaux explosifs » et des tubes en verre.
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Dans le cadre des Tombées de la nuit, la plasticienne et performeuse Gwendoline Robin proposait ce dimanche 7 juillet au grand public, place du Maréchal Juin à Rennes, un « solo chorégraphique avec des matériaux explosifs » et des tubes en verre. L’occasion pour YEGG de rencontrer cette femme au talent détonant.

Hier à 16h30, au quartier Colombier dans le centre ville de Rennes, le public des Tombées de la Nuit a découvert la performance artistique de la bruxelloise Gwendoline Robin, intitulée  « De Terre et de Feu ». Un spectacle de 25 minutes où l’artiste a mêlé sonorité cristalline (avec des tubes de verre écrasés au sol), mouvements chorégraphiques (autour d’un volcan de terre chargé d’explosifs) et détonations brutales.

Une représentation saisissante et innovante, où l’artiste est restée concentrée et le spectateur en attente. « J’aime provoquer la tension du public entre le démarrage de la mèche et l’explosion, explique Gwendoline Robin. Le public attend avec moi et cela crée une complicité ».

Cette création visuelle et sonore a demandé un an de travail, avec des changements au fil des festivals et des répétitions, bien sûr. Cependant, sur ce dernier point, l’artiste belge préfère être brève afin de garder une certaine surprise, pour « faire comme si c’était la première fois » précise t-elle.

Pour la représentation de dimanche dernier, elle est arrivée 3 jours avant la date prévue à Rennes, afin de connaitre les lieux, vérifier le son et le rapport à l’espace. C’est elle qui a choisi la place du Maréchal Juin, « pour ses grands bâtiments et sa belle acoustique ». Mais c’est dans la région de Valence, en Espagne, que Gwendoline Robin a trouvé son inspiration lors d’une année Erasmus à l’université polytechnique de Valence. Cette partie du pays est connue pour ses spectacles pyrotechniques, ses « mascletas », comme on dit en Espagne, où la poudre et le bruit envahissent les rues depuis des générations. Un savoir-faire que cette femme s’est appropriée et a développé dans ses spectacles.

Le 14 juillet prochain, à la Courrouze à Rennes, elle animera un atelier de construction et de pyrotechnie pour les enfants avec des objets de récupération, des fumigènes, des pétards. « Pour eux, cet univers est lié à l’interdit. Cela les amène à être très créatifs », souligne t-elle.

…une bonne idée, du moment qu’ils ne reproduisent pas la même chose à la maison !

Célian Ramis

Latifa Laâbissi : "Je ne suis pas une danseuse muette"

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La danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi prépare sa nouvelle création, Adieu et merci, qu’elle présentera lors du festival Mettre en scène, en novembre prochain.
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La danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi prépare sa nouvelle création, Adieu et merci, qu’elle présentera lors du festival Mettre en scène, en novembre prochain. A travers le salue, moment particulier pour les artistes, elle s’interroge sur l’avant et l’après. Pour YEGG, elle revient sur sa formation, sa création et son festival, Extension sauvage dont la 2e édition débute aujourd’hui, vendredi 28 juin.

YEGG : Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous orienter vers la danse contemporaine ?

Latifa Laâbissi : J’ai fait une partie de ma formation de danse à Grenoble, ma ville d’origine, puis j’ai poursuivi à New-York, au studio Cunningham. Avant d’être diplômée, j’ai entendu parler d’une audition avec Jean-Claude Gallotta (danseur et chorégraphe grenoblois, ndlr) et j’ai tenté ma chance. Grâce à cette compagnie, j’ai rencontré beaucoup de danseurs et j’ai eu un coup de cœur pour la danse contemporaine. J’aime le rapport à la musique, la créativité et la liberté que donne ce genre de danse.

YEGG : Depuis vous avez plusieurs pièces et même une association : Figure Project.

Je suis arrivée à Rennes il y a 20 ans car j’ai fait le pari que Paris n’était pas l’hypercentre de l’art. J’ai beaucoup travaillé avec Boris Charmatz, avant qu’il ne soit directeur du Musée de la danse, puis j’ai continué d’être interprète pour lui. J’ai même été la première artiste invitée, la première année du Musée de la danse. Il y a 6 ans, j’ai lancé Figure Project et nous sommes installés au Garage. Je crée des pièces et je continue les tournées, ce qui est essentiel pour moi car j’attache beaucoup d’importance à mon répertoire et à chaque spectacle. Je n’ai pas de hiérarchie : la nouvelle création ne compte pas plus que l’ancienne et vice versa.

YEGG : D’ailleurs en ce moment, vous travaillez sur une nouvelle création dont vous avez présenté la maquette à Roubaix. En quoi consiste l’exercice d’une maquette ?

Quand le travail est suffisamment avancé, on peut « convoquer le public ». J’accorde beaucoup d’importance à la question de l’altérité et de la réception du spectacle. J’aime la confrontation avec le public et savoir si les choix sont les bons. Lors de cet exercice, on teste les différentes directions que l’on a décidé d’emprunter en observant les réactions mais aussi à travers des temps informels de rencontre avec les spectateurs. Là, je l’ai présenté lors d’un festival, cela aurait pu être aussi une répétition publique. L’art a un rôle important dans la société. Ce n’est pas simplement un pansement social et il faut savoir le rendre accessible.

YEGG : Dans Adieu et merci, vous vous intéressez au salue, le moment où le public applaudit la performance. Pourquoi ?

Dans la création d’un spectacle, il y a des moteurs conscients et inconscients. Ce geste particulier du salue est conscient et présent dans la tête d’un artiste. Ce geste qui nous sort de la fiction qui vient juste de se terminer. Où nous, les artistes, ne sommes plus des personnages mais nous-mêmes. J’ai lu plusieurs biographies de danseurs qui évoquent ce moment. Ensuite, le sujet s’est déplacé sur la question de l’adieu, de l’avant et de l’après. Tout cela est spécifique à nos passages dans ce monde et la création devient alors universelle.

YEGG : C’est donc la partie inconsciente ?

Oui, toute la partie inconsciente qui nous tire vers l’essence même du projet. Je suis émotionnellement en contact avec l’adieu et j’aime être arrachée au sujet principal au fil de la création.

YEGG : Vous êtes en solo pour cette pièce. Allez-vous interpréter le rôle de l’artiste sur scène et les spectateurs ?

Je ne peux pas trop en dire mais je ne vais jouer tous les rôles. Avec mes collaborateurs, nous avons réfléchi à d’autres façons de suggérer les différentes places de chacun. A travers la scénographie, le son, les lumières et la danse. Nous allons mettre les spectateurs dans différentes positions…

YEGG : Et votre voix, qui est souvent un outil dans votre travail, sera-t-elle présente ?

Elle sera moins présente dans cette création. Elle est là quand cela semble nécessaire. On me dit souvent que je parle beaucoup sur scène (rires), je ne me censure pas sur ce médium en effet, je ne suis pas une danseuse muette mais je l’utilise quand je pense que c’est le geste le plus évident. Chaque projet requiert ses besoins. Par exemple, pour la pièce Ecran Somnambule, dans laquelle je réinterprète la danse de la sorcière (une danse de 1926), la parole n’était pas indispensable. Pour moi, la voix est un prolongement du geste chorégraphique.

YEGG : Les Rennais pourront donc découvrir Adieu et merci en novembre, lors de Mettre en scène. En attendant, vous gérez aussi le festival Extension sauvage, qui se déroule du 28 au 30 juin…

Oui, en effet. J’ai créé il y a deux ans, avec Margot Videcoq, le festival Extension sauvage à Combourg et à Bazouges-la-Pérouse. Comme j’habite en dehors de Rennes, je trouvais important d’installer l’événement à la campagne. J’avais très envie de montrer que l’on peut proposer des projets qui sont aussi pointus que ceux que l’on peut voir en ville. C’est un projet important tout au long de l’année puisque nous travaillons avec des classes d’école primaire. Ils entrent dans la danse par le des œuvres, à travers deux types de répertoire : l’histoire de la danse et le répertoire contemporain. C’est important d’attraper l’art par la pratique et son contexte théorique. Je trouve que c’est une ligne assez militante et une posture politique.

YEGG : Et dans le reste de la programmation ?

Le festival est inscrit en extérieur, ce qui est assez casse gueule vu la période… Le thème de cette édition est le paysage et l’artiste car je crois profondément que la force, c’est la nature, le paysage. Je vous parle en tant que chorégraphe et passionnée de botanique, de nature (rires). Les danseurs aiment s’exprimer dans ce type d’environnement et adorent se confronter à différents contextes. Ici, pas d’éclairage artificiel et de décor. Simplement du naturel. Et cela provoque une danse tout à fait différente.

Toute la prog’ : www.extensionsauvage.com

Quand Emma (la clown) rencontre Dolto (la fille)

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Carré Sévigné
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Cette auteure, comédienne et metteuse en scène au grand cœur jouera dans « Emma la clown, Catherine Dolto, la conférence ». Portrait.
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Meriem Menant, alias « Emma la clown », sera au Carré Sévigné, à Cesson Sévigné, le 1er octobre prochain. Cette auteure, comédienne et metteuse en scène au grand cœur jouera dans « Emma la clown, Catherine Dolto, la conférence ». Portrait.

Meriem Menant est une artiste. Formée à l’école internationale de théâtre à Paris, l’école Jacques Lecoq, elle débute sa carrière sur les planches et joue parallèlement, de la musique dans le métro, avec un jeune américain. Mais, dans ce dernier domaine, l’aisance musicale leur manque et ils trouvent un moyen alternatif d’expression artistique : ils se déguisent en clown !

L’américain est remplacé par un italien, Gaetano Lucido, et avec lui, elle invente un duo visuel et musical de clowns. Son personnage d’« Emma la clown » voit le jour. Ils jouent pendant 4 ans. Puis, Meriem Menant décide de prendre son envol. De là, débute sa carrière solo. « Emma la clown, l’heureux tour », « Emma la clown sous le divan », « Emma la clown et son orchestre »…les créations s’enchainent et le succès est au rendez vous, en France et à l’étranger.

Elle joue en Europe, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et dans des endroits atypiques : dans la rue, sur une péniche, dans une grotte, chez les gens, dans un squat, dans un château, dans une école. « Des rapports de proximité différents qui provoquent un jeu différent », selon elle. L’énergie n’est pas la même dans la rue qu’en salle. « Dans la rue, l’artiste est très exposé et fournit plus d’énergie », explique-t’elle – alors qu’en salle, c’est plus intérieur et stressant. Avec son nez rouge, ses yeux fardés, son chapeau sans forme et sa cravate noire, elle confie vouloir proposer  au public « un regard naïf sur le monde (…) sans jamais donner de leçon », avec comme fil conducteur l’idée qu’« il faut s’aimer ».

Les thèmes lui viennent en tête, les images et les mots en marchant. Dans ces moments-là, « il y a un lâché prise » precise-t’elle, qui permet l’inspiration. Le 1er octobre prochain, elle jouera au coté du médecin, pédiatre et haptothérapeute (science de l’affectivité), Catherine Dolto, dans « Emma la clown, Catherine Dolto, la conférence », au Carré Sévigné. Une conférence ouverte sur la vie, les fœtus, les bébés, où la scientifique parle des clowns et l’artiste des psychanalystes.

Un mélange de sérieux et d’humour, où « on apprend et on rit (…) toujours avec respect », souligne Meriem Menant. Les deux femmes se sont rencontrées en 2005. « Une conférence artistique et scientifique était organisée et il était prévu que Catherine Dolto soit interrompue par un clown. On a joué sans répéter et ça a cartonné, raconte Meriem. Depuis on ne se quitte plus !”

Meriem Menant sera aussi au Carré Sévigné, le 27 février prochain, dans « Emma mort, même pas peur » et le 16 mai prochain, dans « Emma fête ».

Célian Ramis

Mode : notre top 5 du podium

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Parmi les centaines de tenues proposées lors du défilé Esmod, YEGG a fait son choix et établi son Top 5.
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Hier soir, lundi 24 juin, l’école Esmod fêtait ses 25 ans et organisait son défilé de mode. L’occasion pour les Rennais de découvrir le travail des élèves de première et deuxième années, sur le thème Capsule.

Il y avait foule lundi soir dans la Halle Martenot. Familles, amis, fashionistas et spectateurs curieux étaient venus assister au défilé de l’école de mode rennaise qui réunissait les créations des étudiant(e)s de première et deuxième années, ainsi que celles des troisièmes années, de Paris. Tenues nuances blanches, tailleurs, sportwear, pour femmes et hommes, le glossy et le chic primaient sur le podium, installé dans un décor élégant, graphique et dark à la fois. Parmi les centaines de tenues proposées, YEGG a fait son choix et établi son Top 5.

Célian Ramis

B.Ballin Girlz : le basket au féminin

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Samedi 22 juin, l’association B.Ballin Girlz a organisé un tournoi de basket exclusivement féminin. Reportage.
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Samedi 22 juin, l’association B.Ballin Girlz a organisé un tournoi de basket exclusivement féminin. YEGG s’est rendu sur place pour rencontrer la présidente de l’association Lauriane Songué, et prendre, par la même occasion, la température de cet événement particulier.

Initialement prévu à Beaulieu, le tournoi a finalement prit ses aises à l’espace des Deux Rives, faute de soleil. Si le temps n’était pas au beau fixe à l’extérieur, l’ambiance, elle, était survoltée à l’intérieur. Lauriane Songué, présidente de l’association B Ballin Girlz, et à l’initiative de l’événement, avait le sourire.

Tout a parfaitement fonctionné, pour cette première édition. « Pour moi, la réussite des basketteuses aux JO a été un élément moteur. Cela a créé une dynamique pour le basket féminin. Dynamique sur laquelle on s’est appuyé pour créer cet événement », confie Lauriane avant d’ajouter : « on a créé ce tournoi pour répondre à une demande. Les filles en avaient marre de devoir toujours jouer contre des garçons. De plus, lors des tournois mixtes, on sent souvent qu’on n’est pas à notre place ! ».

Avec 16 équipes inscrites, soit plus de 60 joueuses au total, les filles ont répondu à l’appel. Toute la journée, les matchs se sont enchaînés, par équipe de trois sur un panier. « En plus de proposer un tournoi exclusivement réservé aux femmes, on voulait également faire découvrir une nouvelle discipline, le 3 contre 3 qui sera d’ailleurs une nouvelle discipline olympique à partir de 2016 », précise la présidente de l’association.

« On ne fait pas ça pour l’argent »

Concours de dunk (une des manières les plus spectaculaires de marquer un panier au basket-ball, ndlr), show de danse, accueil chaleureux, proposition de restauration, tout était réuni pour que les participantes et les spectateurs se sentent à l’aise.

Et cela n’était pas dû à un quelconque hasard, mais à une vraie volonté affichée par l’organisatrice : « On ne fait pas ça pour l’argent, mais pour le plaisir. On veut que les gens s’amusent, que ce soit convivial, que tout le monde passe un bon moment ». B.Ballin Girlz n’a pas œuvré que pour les femmes avec ce tournoi. « On est en partenariat, avec Le ballon du bonheur (une association qui vient en aide aux enfants des pays en voie de développement à travers le sport ndrl). C’est important pour nous d’agir pour la bonne cause », confie Lauriane.

Après quelques heures de compétition, la journée s’est terminée aux alentours de 18h pour les amatrices, avec la grande finale, et la création d’une vidéo regroupant toutes les participantes pour envoyer un message de soutien aux joueuses de l’équipe de France actuellement à l’Euro. A 20h, ce fut au tour des professionnelles de faire leur entrée sur le parquet, dont Lauraine Tony (lire notre article Girlz en basket, publié le 20 juin 2013) pour un match de gala. Pour une première, ce fut réussi et il est fort à parier qu’une deuxième édition sera proposée l’an prochain.

Street art : la culotte qui colle

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« Collectionneuse de petites culottes à fleurs, colleuse de culottes dans la rue ». Telle est la description du compte Twitter de Mathilde Julan.
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« Collectionneuse de petites culottes à fleurs, colleuse de culottes dans la rue ». Telle est la description du compte Twitter de Mathilde Julan. Cette vendéenne, arrivée à Rennes il y a un an pour ses études à l’école des Beaux-Arts, s’est lancée depuis quelques mois dans le collage de culottes.

Celle qui se cache derrière sa frange et ses lunettes rondes explique : « Ca fait sourire, ça amuse, ça interroge. C’est marrant ! » Et ce n’est pas par hasard qu’elle a décidé de courir les rues, avec son pinceau et sa colle, à la recherche de pans de mur pour y afficher ses dessins, « des culottes que je fais au marqueur sur du papier kraft ». A l’origine de ce street art culotté, un projet à réaliser pour l’école des Beaux-Arts, début 2013, sur le thème des « traversées dans l’espace ».

C’est là qu’elle imagine un flip book (livret de dessins animés) sur une « traversée culottée ». A la suite de cet exercice, son professeur lui conseille « de faire sortir les culottes du carnet ».

Depuis, Mathilde colle régulièrement, dans le centre ville, ses drôles de créations sans modèles prédéfinis mais toujours aux motifs « spontanés et graphiques » avec des pois et des traits. Le côté enfantin, elle l’assume. Cela fait parti de son « univers », un terme qu’elle utilise avec précaution.

« Je ne dessine pas très bien mais j’ai un style. J’ai commencé les arts plastiques en seconde, car j’étais perdue, je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai fini par faire une mise à niveau en arts appliqués et par postuler dans les écoles », confie-t-elle. Autre raison : éviter le côté vulgaire.

Pour elle, ce dessous, que l’on dissimule soigneusement, révèle une part de féminité et met la femme en avant. La culotte évoque aussi la sexualité, de manière élégante et raffinée. Quand elle repense à ses autres travaux, elle établit un lien particulier : « mon dessin est souvent très féminin… mais pas forcément féministe ». Sans rechercher cette finalité à tout prix, Mathilde avoue n’être pas encore assez investie politiquement pour réfléchir à ce type de graphisme. Pour elle, c’est son rapport à l’esthétisme qui prime.

La culotte s’agrandit

La féminité, la couture, les vêtements… des thèmes et des domaines qu’elle s’amuse à investir. De plus en plus. Que ce soit au niveau des zones qu’elle couvre : « A la base, je collais que sur les murs en travaux et aujourd’hui je me décoince et j’aime le risque, en en mettant par exemple sur le musée des Beaux-Arts ». Ou que ce soit au niveau de son ambition.

Repérée et contactée par une artiste plasticienne nantaise, Sophie Lemoine, elle envisage une collaboration avec cette dernière pour réaliser une sérigraphie de culottes à commercialiser. Une proposition alléchante pour cette jeune étudiante qui compte dans les prochaines années s’orienter vers la filière Graphisme et communication de l’école des Beaux-Arts (filière suivie par les deux étudiantes de La Brique, lire notre interview Graphisme et Féminisme : « On peut vraiment s’exprimer à Rennes », publiée le 14 mai 2013).

D’ici quelques années, il se pourrait donc que nos fesses soient sublimées par les créations de Mathilde. Qui sait, ce serait drôlement culotté !

Célian Ramis

Girlz en basket

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Rencontre avec Lauraine Tony, basketteuse confirmée qui jouera lors du tournoi féminin B.Ballin Girlz.
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Samedi 22 juin aura lieu sur le campus de Beaulieu, la 1ère édition du B Ballin Girlz. Ce tournoi de basket exclusivement féminin, organisé pas l’association du même nom, donnera l’occasion aux amatrices du ballon orange d’en découdre sur le parquet. Le clou du spectacle sera donné par le match de gala, confrontant des joueuses confirmées comme Lauraine Tony. Portrait.   

Originaire de Cayenne en Guyane, la joueuse du club de l’Avenir de Rennes, se tourne rapidement vers le basket. Passion qui lui vient de son père basketteur amateur. Comme de nombreuses sportives elle a des modèles : « Sandrine Gruda (désignée meilleure joueuse européenne en 2009, ndlr) est l’une des joueuses qui m’inspire, mais la plupart de mes idoles sont dans le basket masculin, notamment, Kobe Briant (double champion olympique entre autre, ndlr)». 

Dans le département d’Outre-Mer, le basket n’est pas un sport très populaire mais Lauraine y trouve très vite ses repères. Dès ses 12 ans elle intègre le Pôle Espoir de Guyane, qui est composé des meilleur(e)s joueurs(euses) de sa génération. A cette occasion, elle participe à de nombreux tournois, notamment en métropole, ce qui lui permet d’intégrer le centre de formation du Temple sur Lot en Aquitaine.

Une première expérience qui sera suivie d’une seconde à Nice. Durant cette période de formation, la joueuse fait ses premiers pas dans le monde du basket professionnel. Elle participe à des matchs de Ligue féminine 2, l’équivalent de la seconde division professionnelle et est sélectionnée à plusieurs reprises en équipe de France en catégorie jeune.

« J’ai eu de la chance d’être dans les différentes équipes de France, c’est un vrai plaisir. Aujourd’hui je n’y pense plus trop, je crois que c’est derrière moi. Mais qui sait, je peux faire un bon match le jour où le sélectionneur est là, et être sélectionnée de nouveau », confie Lauraine.

«  Le travail procure la richesse »

Jusque là ses choix de carrière n’étaient dictés que par le basket. Il va en être autrement avec son arrivée à l’Avenir de Rennes en 2009. « Je suis venue ici pour suivre une formation d’éducateur sportif tout en continuant à jouer. Aujourd’hui mon emploi du temps se partage entre l’école et les entraînements en semaine, les matchs le week-end », explique l’étudiante de l’Institut National de Sport et Santé. C’est une certitude : elle jouera encore deux ans pour l’Avenir de Rennes, temps qui lui reste pour obtenir son diplôme, après elle avisera.

Quand on lui pose la question de l’impact médiatique des bons résultats actuels de l’équipe de France de basket féminin, elle semble quelque peu désabusée : « Je ne crois pas que notre sport soit plus médiatisé aujourd’hui. On en souffre, beaucoup de clubs coulent financièrement. C’est dramatique. Il faudrait plus de couverture, que l’on passe à la télévision sur les chaînes publiques ! ». Malgré cela, à 23 ans, Lauraine continuera de jouer parce qu’elle est passionnée. Une chose est sûre, la guyanaise applique à merveille la devise de sa ville natale « Fert aurum industria » qui signifie «  Le travail procure la richesse ».

Christine Claude : mi-rennaise mi-golinouille

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Christine Claude vit à Rennes. Mais avant d’atterrir dans la capitale bretonne, l’écrivain a eu la bougeotte et la passion des voyages. Une passion qui lui a inspiré Les golinouilles – De l’autre côté de la Ville Rouge (Livre I),
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Christine Claude vit à Rennes. Mais avant d’atterrir dans la capitale bretonne, l’écrivain a eu la bougeotte et la passion des voyages. Une passion qui lui a inspiré Les golinouilles – De l’autre côté de la Ville Rouge (Livre I), publié aux Editions de la rue Nantaise (Rennes) en juillet 2012, dont le tome 2 est en préparation. Rencontre avec celle qui nous embarque de Marrakech à Montmartre à travers ses livres.

Avant d’être écrivain, Christine Claude a exercé bien des métiers : aide géomètre, secrétaire de labo, traductrice, femme de ménage, serveuse… Ou encore baby-sitter pendant un an et demi aux Etats-Unis « à l’époque de Nixon et de la guerre du Viet-Nam ». Puis elle s’est tournée vers le théâtre mais a estimé ne pas avoir la fibre pour ce milieu car « trop insoumise ».

C’est là qu’elle a débarqué en Bretagne, a eu deux fils, puis plus tard une fille, et est devenue encadreuse d’art. Elle a ouvert une galerie à Saint-Brieuc pendant 10 ans avant de partir pendant 3 ans aux Antilles. « Je suis vite rentrée car j’ai foiré à tous les niveaux là-bas. Je me suis plantée… », confie celle qui établit alors domicile à Brest.

Décidée à renouer avec un de ses premiers amours, elle reprend le théâtre et crée une compagnie jeune public. Cette dernière s’arrête, la communication étant difficile à gérer. Pourtant, elle en garde un excellent souvenir : « c’était une super expérience ! La déambulation, le côté artisanal… c’était un peu romantique ».

Au pays des Golinouilles

C’est à ce moment-là qu’elle prend son sac à dos et met le cap vers le Maroc. Marrakech, plus précisément, la Ville Rouge, qui deviendra en juillet 2012 le décor de son livre Les Golinouilles. « Pour moi, ça a été un choc culturel, émotionnel. J’y suis restée, je m’y suis mariée ! explique-t-elle. La culture marocaine est profonde et riche sur beaucoup de plans : la musique, la gastronomie, l’esthétique… »

Différente de l’image que l’on en a, selon l’écrivain. Elle évoque alors le côté « arnaque » qui rôde « comme partout ». Pour décrire l’ambiance particulière au plus près de ce qu’elle ressent, elle décide de la retranscrire dans un livre jeune public qui sera aussi apprécié par les adultes : Les Golinouilles, édité aux Editions de la rue nantaises (Rennes) et illustré par Srï. La confrontation entre deux mondes : l’un rempli par de très petits êtres, l’autre par les Hommes. Ces derniers ignorant l’existence des familles de Golinouilles.

Pourtant, un jour Omar va faire la connaissance de la fratrie Golpoil. « Ils sont arrivés un jour dans ma tête… Ce sont un peu mes yeux dans Marrakech », s’amuse l’écrivain. En effet, elle aime se faufiler dans les rues de la ville, tout voir et partager la philosophie de vie très simplifiée de ces êtres imaginaires, « c’est mon utopie personnelle ». Ceux qui ont lu et apprécié pourront découvrir la suite dans le livre II, « peut-être fin 2013, avant les fêtes ». Et on peut déjà révéler qu’une partie de l’histoire se déroulera en Bretagne « puisqu’un personnage rentre de l’île de Molène ». Dans ce nouvel opus, il sera question d’un mariage, d’une nouvelle famille de Golinouilles et de truanderie, entre autre.

De Marrakech à Montmartre

Christine Claude publiera aussi un « guide non touristique de Marrakech » dans lequel on pourra découvrir les coins et les recoins moins visités de la Ville Rouge. Si elle a les yeux qui pétillent en parlant de sa cité de cœur, l’écrivain n’oublie pas sa ville natale, Paris. Et son quartier d’enfance, Montmartre. Aussi, elle a imaginé des chroniques et des nouvelles, format qu’elle apprécie particulièrement « car ça va vite et je suis fainéante », sur l’atmosphère de ce lieu, sur celles qui y vivent et y travaillent, publiées dans le recueil Les pieds de la femme boutonnières, dans lequel elle « mêle du vrai et du faux ».

Et du personnel dans la nouvelle La faute à Lilou. L’histoire d’un père qui travaille dans le milieu artistique et qui trimballe sa fille aux côtés d’une petite Lilou, dont il s’occupe et qui deviendra une grande poétesse (le nom a été changé par respect pour cette personne). « Dans celle-ci, c’est vraiment ma vie mais en règle générale j’aime inventer des personnages en y ajoutant toujours des choses personnelles. Je raconte des bribes de mon histoire à travers les livres », confie-t-elle, le sourire aux lèvres et le regard lointain.

Des créatures abyssales financées par le crowdfunding

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Le 30 juin, le collectif rennais Ouistisch devra avoir récolté 4 500 euros pour réaliser l’exposition originale « Des abysses et vous ».
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Le 30 juin, le collectif rennais Ouistisch devra avoir récolté 4 500 euros pour réaliser l’exposition originale « Des abysses et vous ». Un projet mis en lumière sur la plateforme de financement participatif Ulule, depuis le 1er mai

L’objectif est de trouver 4 500 euros en deux mois. Et pour l’atteindre, les membres du collectif Ouitisch ont trouvé la solution : le crowdfunding (financement solidaire qui fait appel à la générosité et au soutien des internautes). A l’heure où nous écrivons ces lignes, 3 813 euros, soit 84% de la somme globale, ont déjà été récoltés.

Ensuite, Ouitisch « pourra être soutenu financièrement par la Ville de Rennes » et pourra réaliser le shooting photo prévu pour réaliser l’exposition « Des abysses et vous », qui sera effectué dans un studio subaquatique. « Nous allons l’installer dans la fosse plongée de la piscine des Gayeulles, qui a une profondeur de 6 mètres », explique Philippe Henry, photographe. Pour sa part, pas d’inquiétudes puisqu’en travaillant pour Ocean71.com – un média numérique traitant de sujets qui se déroulent en mer – il a pris l’habitude d’exercer son métier sous l’eau.

Mais la star de l’exposition sera celle qui sera sur les photos grand format et qui devra pour cela rester en apnée lors de la séance photo (en plusieurs prises, rassurez-vous), la modèle Jessica Brouté ! Cette dernière sera habillée par Anna Le Reun, styliste du collectif qui confectionne pour l’occasion trois tenues en relation avec les créatures abyssales, inspirées du poulpe, de la méduse et du poisson.

Au total, neuf clichés seront réalisés et exposés – dans des sarcophages de plexiglas – dans le fond des quatre piscines municipales qui accueilleront « Des abysses et vous » durant 15 jours chacune. La scénographie (éclairages, costumes et maquillage), sur laquelle le collectif se montre pour l’instant discret, devrait être grandiose. De quoi attirer les Rennais dans les abysses des grands bassins en novembre 2013. « L’idée est de se confronter à quelque chose que l’on n’a pas l’habitude de voir, explique Philippe Henry. Puis de faire voyager l’expo dans d’autres villes ». Il ne reste plus que 19 jours pour atteindre l’objectif et pouvoir ensuite, cet été, passer en studio !

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