Célian Ramis

Mythos 2013 : Une intense batay de kok

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Coups de poings et coups de gueule avec Sergio Grondin, dans son spectacle Kok batay.
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Samedi, en fin d’après-midi, L’Aire Libre résonnait aux sons de coups de poing et de coups de gueule de Sergio Grondin, qui présentait Kok Batay dans le cadre du festival Mythos.

« C’est mon histoire, ce n’est pas ma vie », conclut Sergio Grondin, ce samedi sur la scène du théâtre de Saint-Jacques de la Lande. Toutes les histoires sont vraies, toutes les histoires sont bonnes à être racontées. La sienne, c’est celle d’un homme né sur l’île de la Réunion « d’une déchirure ».

Une mère qui cherche à aimer et à être aimée. Un père qui joue au caïd, au lion et qui deviendra champion de boxe à plusieurs reprises. Une légende, un modèle, qui crèvera seul, dans la rue, après une soirée trop arrosée, comme tous les soirs. Certainement des éléments autobiographiques mais surtout un lien indéfectible entre père et fils.

Sur scène, Sergio Grondin est assis sur un tabouret, placé au milieu d’un carré d’eau. Quelques projecteurs diffusent une lumière chaude en direction du conteur. Des images projetées par moment grâce à des rayons lumineux et un aérosol. La scénographie vient augmenter l’intensité d’un texte brut.

Sergio Grondin incarne à merveille ce fils plein d’admiration, de rage et de blessures internes, faisant ainsi régner une incroyable tension dans la salle. Face aux spectateurs, il n’a pas peur d’exprimer son ressenti, de revisiter les souvenirs de ce passé teinté de tragédies familiales et de partager des éléments de sa culture.

Célian Ramis

Mythos 2013 : L'élégant Monsieur Higelin

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Vendredi soir, nombreux étaient les fidèles de Jacques Higelin, réunis dans le Magic Mirror du parc du Thabor. Un énorme coup de cœur pour ce poète déjanté.
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Vendredi soir, nombreux étaient les fidèles de Jacques Higelin, réunis dans le Magic Mirror du parc du Thabor, à l’occasion du festival Mythos. Un énorme coup de cœur pour ce poète déjanté.

Quelques minutes avant d’entrer sur scène, certains spectateurs sont inquiets. Dans quel état va venir Jacques Higelin ? Mais quand ce grand Monsieur entre sur scène, les pronostics s’arrêtent net.

Dès la première chanson, il danse sur le bord de l’estrade. Il dévoile au public rennais les morceaux de son dernier album Beau repaire, fraichement sorti, au début du mois d’avril. Dès les premiers mots qu’il adresse aux festivaliers, il donne le ton de ce nouvel opus : la vie, l’amour, la mort. Tout ça dans la bonne humeur.

Il enchaine les balades, les chansons plus rock et nous emmène dans son havre de poésie. Et de déconne ! Higelin est un personnage. A la fois déjanté, à la fois émouvant. C’est aussi une gueule. Le visage marqué, les cheveux blancs complètement fous, une allure élégante et une incroyable prestance. Le chanteur de 72 ans aime discuter, raconter des anecdotes, parler de la mort.

« De toute façon, ça arrivera forcément. Et ça peut arriver à n’importe quel moment. On peut sortir d’ici et se faire écraser par un tank mal accroché à un avion militaire », déclare-t-il. Parler de ses amours aussi, d’une femme qu’il a épousé pendant un temps : « Le mariage, c’est bien quand c’est très court. Et très gay aussi ! » Tonnerre d’applaudissements. Il en profite alors pour taper sur les anti-mariage pour tous, sur Frigide Bargot et sur Johnny Hallyday, mais c’est un autre sujet. « Je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas aimé… », plaisantera-t-il, avant de complimenter des femmes qu’il admire comme Sandrine Bonnaire, avec qui il partage un duo sur son album, et Brigitte Fontaine, « complètement bretonne », avec qui il collabore régulièrement.

Assis pendant une bonne partie du concert « parce que sinon je risque d’écourter mon temps sur terre », il dégage tout de même une incroyable énergie sous le chapiteau et déchaine la foule avec « Un grain de poussière », entre autres. Il nous offre un concert plein de bonne humeur, d’espoir et d’émotions qui nous réchauffe et nous immunise des coups de blues. La poésie de Jacques Higelin : un bon remède contre les maux du quotidien.

Célian Ramis

Mythos 2013 : François Lavallée, un conteur (pas) comme les autres

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Le théâtre de la Parcheminerie, à Rennes, accueillait hier le conteur québécois François Lavallée qui présentait son spectacle Les Autres.
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Le théâtre de la Parcheminerie, à Rennes, accueillait hier le conteur québécois François Lavallée qui présentait son spectacle Les Autres.

Nous sommes en 1986, dans la banlieue montréalaise. C’est la tempête. François est encore un enfant. Le conteur nous invite à visiter un souvenir d’enfance dans lequel il se rappelle de Martin, ce petit garçon différent qui dessine au fond de la classe. Parce qu’il est différent, il sera intimidé, chahuté, embêté, harcelé, moqué par les Autres auprès de qui il ne se trouve pas sa place.

François Lavallée, véritable magicien de la parole, a le pouvoir de nous embarquer brutalement dans son univers, à travers sa voix douce qui résonne ensuite dans notre tête comme un murmure. La magie opère, se mêlant à une poésie singulière et légère. La puissance de chaque mot frappe le spectateur jusqu’à porter l’émotion à son paroxysme. De l’émotion, de la chaleur, de l’intensité…

A la fin du spectacle, le conteur échange quelques mots avec les spectateurs : « Je n’ai pas l’habitude de prendre la parole après mais aujourd’hui c’est le dernier jour de représentation ». Dans sa voix et dans son visage, on ressent une grande émotion. Un joli moment de partage !

Célian Ramis

Mythos 2013 : Daniel L'Homond, maître des jeux de mots

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Vendredi midi, les festivaliers de Mythos ont embarqué à bord de la Péniche spectacle de Rennes, en direction de Pampeligòsse, lieu imaginaire conté par Daniel L’Homond.
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Vendredi midi, les festivaliers de Mythos ont embarqué à bord de la Péniche spectacle de Rennes, en direction de Pampeligòsse, lieu imaginaire conté par Daniel L’Homond.

C’est un lieu paradisiaque il paraît. Pontouquet est bien décidé à s’y rendre. Mais avant de pouvoir accéder dans ce pays fantasmagorique, il devra se plier à quelques exigences et relever des défis. En chemin, il rencontre la personnification de l’Amour, la Mort et la Chance, assiste à un bal, voyage en un instant de l’Espagne au Japon, se retrouve dans le ventre d’un gros boulanger… Rien n’arrête Pontouquet.

Et rien n’arrête Daniel L’Homond ! Surtout pas les mots, et les jeux de mots, qu’il manie avec minutie, finesse et humour. Les intrigues s’enchainent et le conteur nous transporte d’une histoire à l’autre, dans un univers loufoque. Dans son spectacle Pampeligòsse, Daniel L’Homond partage avec le public un moment de rire, de légèreté, tout en le questionnant sur cette saga humaine complètement fêlée.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Mais qui est Calamity Jane ?

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Un des coups de coeur de la rédaction, à l'occasion du festival Mythos.
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Dans le numéro 13 de YEGG, nous avions classé le spectacle de Nadia Xerri-L dans notre Top 5 de la programmation féminine. Après avoir assisté à la représentation, ce vendredi 19 avril à L’Aire libre de Saint-Jacques de la Lande, YEGG confirme sa sélection !

Je suis/ tu es/ Calamity Jane est le premier volet du diptyque Western – dont le second sera créé en octobre 2013 au Volcan au Havre. Sur scène, deux femmes (Vanille Fiaux et Clara Pirali). L’une est la célèbre Calamity Jane, l’autre prétend être sa fille. Elles se retrouvent dans une voiture, sur une route américaine et nous embarquent dans leur road trip théâtral.

Pour ce spectacle, Nadia Xerri-L s’est inspirée de l’œuvre Lettres à sa fille, de Calamity Jane. Cette dernière est amenée à dévoiler une partie de son histoire, à raconter des anecdotes sur son passé, à se livrer sur qui elle est et à accepter la présence de cette jeune femme qui pense être sa fille. Elle oscille entre coups de gueule, nostalgie et sentiment naissant d’un amour presque maternel. De son côté, la Petite blind, comme la surnomme Calamity Jane, se montre admirative et obsédée par l’histoire de sa mère, qu’elle voudrait forcer à redevenir cette femme légendaire qu’elle a été autrefois. Et qui a fait d’elle une figure emblématique.

Le duo est percutant, troublant. La rage et la tendresse se mêlent entre les monologues passionnés, mélancoliques et les silences chargés d’émotions. Parfois chassés par des instants légers grâce à des musiques surprenantes pour l’époque (première moitié du XXe siècle) – comme La solitudine de Laura Pausini – ou encore une partie de poker. Le spectateur est tenu en haleine, pendu au bout des lèvres des deux comédiennes qui interprètent à merveille cette variation avec sensibilité et passion.

Mythos 2013 : La beauté selon Marie-Ève Perron

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Marie-Eve Perron nous a offert, jeudi soir, un grand moment de dérision et de rire, dans le parc du Thabor avec son premier spectacle solo, Marion fait maison.
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Marie-Eve Perron nous a offert, jeudi soir, un grand moment de dérision et de rire, dans le parc du Thabor avec son premier spectacle solo, Marion fait maison.

La conteuse québécoise se glisse dans la peau de Marion, une jeune femme, en couple depuis 4 ans, qui décide d’organiser un cocktail dinatoire pour toute sa famille à Noël. Pendant 42 jours, elle va tester les viandes, se plonger dans les bouquins de recette, dénicher toutes les astuces sur les blogs culinaires et suer derrière ses fourneaux.

Mais la soirée ne va pas se dérouler comme elle l’espérait, voyant débarquer chez elle une équipe de télé-réalité. Sa famille l’a inscrite à une émission de relooking…

La talentueuse Marie-Eve Perron tourne à la dérision les programmes de télé-réalité offrant (forçant) la possibilité à des filles « se laissant aller » d’être entièrement relookées, et ainsi de retrouver confiance en elles. Et il faut avouer que le moment est jouissif.

La comédienne nous propose des situations hilarantes, croustillantes et mordantes, en jouant de son accent et en interprétant à merveille l’hystérie des participantes dont elle prend le contre-pied. Un moment exquis !

Célian Ramis

Mythos 2013 : Balade en mer avec Patrick Ewen

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Il est trop homme de terre pour être marin, Patrick Ewen.
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Mercredi soir, le temps s’est arrêté à la Péniche spectacle, à Rennes. Patrick Ewen a pris les commandes du navire et nous a emmené en balade, dans son univers.

Trop homme de terre pour être marin, c’est l’histoire d’un homme qui aime regarder la mer, qui rêve d’être marin mais qui aime trop la terre pour se jeter à l’eau. Et finalement, il ne veut pas être marin pour son travail mais pour le folklore, le mystère, « pas pour partir, mais pour revenir »… Quel meilleur endroit alors que la Péniche spectacle pour nous conter les aventures des hommes de la mer ?

Patrick Ewen nous embarque avec lui et nous transporte dans le pays bigouden entre Penhors et Saint-Guénolé. De là, il nous emmène en Norvège et nous ramène dans le Finistère, dans un endroit qui lui est cher, les Monts d’Arrée.

Son spectacle est une véritable invitation au voyage, le conteur étant notre compagnon de route, ou de mer dans ce cas précis. Patrick Ewen nous berce de ses mots et de sa musique. A la guitare ou au violon, il est accompagné de Loïc Le Borgne à l’accordéon. Pendant une heure et demie, les deux artistes nous offrent un instant de poésie et d’évasion pendant lequel le temps s’arrête.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Sous la couette en toute intimité

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Se reposer, se prélasser dans un lit et écouter un, deux, voire trois contes… telle est l’idée de l’installation-spectacle proposée par la compagnie A l’envers, à la salle Guy Ropartz.
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Se reposer, se prélasser dans un lit et écouter un, deux, voire trois contes… telle est l’idée de l’installation-spectacle proposée par la compagnie A l’envers, à la salle Guy Ropartz. Tous les jours jusqu’au 20 avril, à l’occasion du festival Mythos.

Benoit Gasnier, metteur en scène, et Julie Seiller, chanteuse, ont concocté un beau programme pour la salle Guy Ropartz : les rendez-vous sous la couette. Dans le cadre du festival Mythos, ils proposent aux Rennais un moment de détente pour décompresser. Difficile de raconter ce que l’on vit lors des rendez-vous sous la couette, sans casser la magie qui s’en dégage.

Par petits groupes de cinq personnes, les spectateurs entrent dans la salle. La chaleur et la quasi absence de lumière nous plonge rapidement dans l’intimité et la convivialité de ce rendez-vous. Un homme est assis, il lit un livre. Il nous invite à enlever nos chaussures et à les déposer dans des boites en carton avant d’aller rejoindre la pièce principale, dans laquelle nous attend une femme, en robe blanche. Doucement, dans le silence, elle nous guide jusqu’aux lits, chante avec tendresse et nous sert du thé.

Trente spectateurs sont blottis sous la couette, curieux de découvrir la suite. Certains scrutent, d’autres ferment les yeux. Et, surprise, c’est François Lavallée, conteur inscrit dans la programmation de Mythos pour son spectacle Les Autres, qui entre. Les festivaliers se laissent embarquer par les histoires de ce québécois qui nous berce, jusqu’au moment où l’on se laisse sombrer dans un sommeil léger.

Un sommeil qui nous repose mais qui nous laisse suffisamment éveillé pour apprécier cette proposition originale et pour entendre les murmures du conteur. Il parle et marche doucement, passe à côté des lits et frôle les spectateurs : « J’ai vraiment beaucoup aimé pouvoir avoir cette proximité avec le public. Mais ça donnait quand même envie d’être à leur place !!! » Et il ne se privera pas pour s’allonger dans un lit !

Chaque jour, le duo A l’Envers reçoit un invité surprise dans les rendez-vous sous la couette, avant d’enfiler des costumes différents, pour le spectacle Ici ou Ailleurs, à découvrir également sur le site Guy Ropartz.

Célian Ramis

Mythos 2013 : La drôle de tragédie du belge

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La tragédie du Belge, mis en scène par Sonia Bester, était présentée mercredi midi, dans la Baraque bistrot du site Guy Ropartz.
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La tragédie du Belge, mis en scène par Sonia Bester, était présentée mercredi midi, dans la Baraque bistrot du site Guy Ropartz.

Dans le cadre du festival Mythos, les spectateurs ont pu découvrir une partie de La tragédie du Belge. En effet, trois actes sont prévus pour cette pièce, mais seulement deux ont été présentés sur le site Guy Ropartz. « Nous, on connaît la fin bien évidemment mais nous ne l’avons pas encore travaillé », expliquera Sonia Bester, metteur en scène, après la représentation. De quoi inciter le public à suivre de très près les actualités de cette tragédie.

Une tragédie, oui. Le Belge, tourmenté par sa femme despotique et hystérique, s’éprend de la dépressive et solitaire Olga, qu’il rencontre en Terre de France. Il décide alors de reprendre sa liberté et de rejoindre sa bien-aimée. Mais il va devoir assumer les conséquences de ses actes…

Sur scène, cinq comédiens qui vont tour à tour entrer dans la peau de chacun des personnages, donnant une dimension originale et humoristique à des situations souvent absurdes. En bonus, ils nous offrent un chœur chantant et réadaptant des comptines ou chansons pour enfants, dont les arrangements ont été réalisés par Camille, dont on reconnaitra facilement le phrasé.

La tragédie du Belge a été très appréciée du public, qui réserve à toute l’équipe de Sonia Bester un bon lot de rires et un tonnerre d’applaudissements. Et même si on ne connaît pas la fin, on ne reste pas sur notre faim !

Mythos 2013 : Lou Doillon, légère et envoûtante

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C’était au tour de Lou Doillon, hier soir, de réchauffer l’ambiance dans le Magic Mirror installé sur le carré Duguesclin (parc du Thabor).
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C’était au tour de Lou Doillon, hier soir, de réchauffer l’ambiance dans le Magic Mirror installé sur le carré Duguesclin (parc du Thabor).

La voix éraillée, chaude et envoûtante, Lou Doillon commence son spectacle sur des rythmes pop rock et nous plonge directement dans son univers. Pendant une heure et demie, elle va enchainer les morceaux de son premier album, Places.

« Comme il y en a qu’un, nous avons que onze chansons. Nous allons faire des reprises », déclare la chanteuse. Et c’est parti pour une nouvelle version, très soul, de « Should I stay or should I go », du groupe The Clash. De la soul, elle en a dans la voix. Et dans ses morceaux, il y a de la folk, du blues et un peu de pop.

Lou Doillon se montre très proche de son public, toujours quelques mots pour eux entre les chansons et beaucoup de sourires, de rires, mais aussi une touche de pudeur. La chanteuse impose de par sa présence scénique, de par sa façon de bouger timidement et de par sa complicité avec ses musiciens. Un agréable moment pour les spectateurs, qui découvrent une jeune femme fragile et rebelle.

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