Célian Ramis
Nishtiman, un voyage musical dans l'unité et la diversité du Kurdistan


Au détour d’un concert à l’Opéra de Rennes, vendredi 6 mars, spectatrices et spectateurs ont été invité-e-s à voyager aux confins de la Turquie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie, avec Nishtiman, une formation singulière qui célèbre toutes les musiques kurdes.
À l’occasion du cycle Divas du monde, et de la programmation liée au 8 mars, journée internationale des Femmes, l’Opéra de Rennes accueillait les 7 membres du groupe Nishtiman, formé en 2013 par le percussionniste Hussein Zahawy, qui confie rapidement la composition à Sohrab Pournazeri, chanteur et prodige du tanbur et du kamanché. Tous deux ouvrent les festivités et nous régalent de leurs musiques les vingt premières minutes du concert durant. Une belle entrée en matière.
La dextérité et l’agilité des mains du joueur de tanbur hypnotisent rapidement l’audience, dont les souffles coupés et les yeux écarquillés témoignent d’une fascination naissante pour l’instrument et son propriétaire, qui se confirmera au fil du spectacle. Sur la scène de l’Opéra, les deux musiciens sont seuls, entourés de différents instruments traditionnels kurdes, mais pas seulement.
UNITÉ ET DIVERSITÉ
C’est cette capacité à unir divers univers qui participe à leur succès amplement mérité. Ils sont Iraniens, Irakiens et Turcs. Ils sont kurdes, connaissent les musiques de leur pays et sont réunis par la volonté de célébrer la diversité et la richesse des chants et styles de leur peuple. Un peuple comptant des dizaines de millions de personnes éparpillées dans quatre pays frontaliers dont les situations et régimes politiques sont loin d’être semblables.
Ici, ils partagent leur passion pour la musique, avec Goran Kamil, chanteur et joueur de oud, Ertan Tekin, joueur de zorna, balaban et duduk (instruments à vent) et Sara Eghlimi, chanteuse. Auxquels se rajoutent deux musiciens français : Robin Vassy, aux percussions sénégalaises et Leïla Renault, à la contrebasse. Vêtus d’habits traditionnels, assis en ligne, ils sont des « musiciens sans frontières », selon le fondateur de la formation.
Pendant une heure et demi, Nishtiman (signifiant « patrie » en kurde) alterne entre chansons en chœur, duos entre Sohrab et Sara, qui nous régale de sa voix perçante et envoutante, et parties instrumentales. L’unité des musiciens dans leur diversité permet de livrer une osmose musicale délicate et profonde, qui nous saisit et nous maintient dans l’envie de s’en délecter toujours davantage. Parfois dans la collectivité, parfois dans la singularité, chaque membre du groupe partage sans modération et avec générosité son savoir-faire et son talent, faisant résonner les instruments les uns après les autres, sans volonté d’être dans la démonstration et la performance.
VOYAGE MUSICAL AU MOYEN-ORIENT
Leur objectif, c’est celui de sensibiliser à l’esprit de toutes les musiques traditionnelles kurdes, mêlées les unes aux autres, mélangées à d’autres genres orientaux, et alliées à la culture occidentale. L’ensemble fonctionne sans difficultés. Véritable initiation et découverte du patrimoine d’un peuple effacé de la carte géographique, entre autre. Pourtant, dans leurs musiques, ils expriment la gaieté, la joie, la jubilation, le plaisir et la fête. Avec force et sourires.
Il y a de la profondeur dans les mélodies, dans les harmonies de leurs voix, de la rondeur et de la douceur. On vogue volontiers dans les contrées montagneuses du Kurdistan, on voyage au cœur du Moyen-Orient, on danse par moments, et on se laisse bringuebaler par cette mosaïque musicale d’une région à une autre, d’un rythme à un autre, d’un air populaire à une ode amoureuse.
Bercés par la douceur, la puissance et la retenue de la voix de Sara Eghlimi, on pense à celles qui embarqueront deux jours plus tard, le 8 mars précisément – journée internationale des Femmes – dans la caravane féministe qui se lancera alors dans la 4e marche mondiale des Femmes (la marche a lieu tous les 5 ans) en traversant une quinzaine de pays, débutant au Kurdistan pour terminer au Portugal, en octobre 2015.
Un concert ne suffira pas pour saisir toute l’étendue des musiques kurdes, qu’elles viennent de Syrie, d’Irak, d’Iran ou du Turquie mais aura valu une belle mise en lumière de cette culture riche et variée qui incite au voyage et à la réflexion autour d’un patrimoine conservé et uni au travers de valeurs communes, malgré un peuple épars et des régimes politiques ne reconnaissant pas tous la population et culture kurde. Un beau voyage musical.

Les châteaux de sable, un titre en référence à la chanson de Brassens, à l’image de quelque chose qui se construit et se déconstruit, à l’enfance. Parce que ce film aborde tous ces points. À travers le personnage principal, interprété par Emma de Caunes, le scénario tisse des situations émotionnellement intenses autour de différents questionnements, notamment l’après-couple, le deuil et la difficulté à faire un choix.
Un point sur lequel elle s’accorde avec Olivier Jahan, absent pendant 15 ans de la réalisation de long-métrage. « J’étais catalogué sélectionneur de la Quinzaine des réalisateurs, et puis j’avais fait un premier film qui n’avait pas trop marché… À une époque, on acceptait que le premier film ne fonctionne pas très bien et on accompagnait les jeunes artistes, maintenant c’est fini. Je suis arrivé à une période où ce n’était plus possible. Donc difficile de faire un deuxième film. », confie-t-il.
L'école, Françoise Ancquetil la connaît bien. « Il y a la grande Histoire, moi j'ai ma petite histoire avec l'école, confie-t-elle, au début de sa conférence « L'école est finie ? ». Je suis arrivée à 14 mois dans la cour d'école. » Orpheline, elle a été adoptée par un couple, tous les deux directeurs d'école ; sa mère dirigeait l'école des filles d'un village proche de Rennes et son père, l'école des garçons, au même endroit.

Publier et oublier, deux mots en référence à Rien de grave, roman dans lequel elle raconte comment Raphaël Enthoven, son premier mari, l’a délaissée pour Carla Bruni.



Après 15 minutes de performance, la krumpeuse laisse place aux neuf danseuses de Paradox-Sal, réunies autour de l’Afro-house par le chorégraphe Ousmane « Baba » Sy. Une à une, elles rejoignent la scène et exécutent, dos au public, des pas de base harmonieusement synchronisés à mesure que la musique résonne dans l’Opéra. De l’ensemble émane l’esprit de Fighting Spirit, une création singulière qui va mêler l’œuvre collective à l’individualité de chaque performeuse mais également à l’individualité de chaque danse urbaine.
Tout dans Fighting Spirit opère comme un boomerang. Les corps, utilisés comme unique et simple moyen d’expression, libèrent toute forme de pression. La combattivité des performeuses circule dans la salle comme un tourbillon infernal, voué à confronter la violence à la douceur du discours. Des rythmes afros et r’n’b ainsi que des techniques de danse parfaitement maitrisées, avec légèreté, fluidité et condensé de rage et puissance, se dégagent une alternance équilibrée entre grâce, sensualité et force guerrière.

Le jour où elle reçoit le scénario de ce qui deviendra son nouveau film, elle se laisse séduire sans réticence aucune par ce serial killer avec lequel elle compatie, pour la première fois, et avec le chat et « son air de va te faire foutre ». Ce serial killer, c’est Jerry, un psychotique aux allures de benêt bien cadré dans sa petite vie à Milton et très investi dans son nouveau boulot au service emballage d’une usine de baignoires. Le chat, c’est Mr. Moustache, un animal de compagnie arrogant et cynique, à l’accent écossais. Il est accompagné de Bosco, un chien un peu pataud et surtout très raisonnable, à la voix grave et lourde.
L’histoire est cocasse, l’humour grinçant et le casting succulent. Ryan Reynolds se glisse avec aisance semble-t-il dans le rôle du serial killer dépassé par les événements, et surtout par ses émotions incontrôlables et son libre arbitre dont il est mal affublé. « Il a le regard inquiétant, le sourire juvénile et enfantin, on lui donnerait le bon dieu sans confession », s’exalte Marjane Satrapi.

Présenté dans le cadre du festival Travelling Oslo, le film Melody est un délice. Rien n’est fait pour mettre le spectateur à l’aise, ni même pour l’épargner. Les émotions sont indissociables des respirations haletantes de la salle qui vibre au rythme de l’histoire. Une histoire a priori simple, au départ. D’un côté, Melody, une jeune femme de 28 ans, née sous X, décidée à ouvrir son salon de coiffure mais démunie financièrement et dans l’incapacité de se voir accepter un prêt. De l’autre, Emily, une femme d’affaires, la quarantaine passée, qui vit en Angleterre, décidée à avoir un enfant toute seule mais démunie biologiquement et dans l’incapacité de tomber enceinte.
Et de ce mal-être, Melody en est imprégnée et ne s’en sépare quasiment jamais, comme incapable de lâcher prise tant qu’elle ne sait pas d’où elle vient et qui elle est. Dans le regard maternel d’Emily, elle trouve parfois réconfort et apaisement. Pourtant, leur relation se base sur un déséquilibre et celle qui, au départ se trouve être la dominante de par son pouvoir financier, prendra le rôle de la dominée, livrée à la seule volonté de celle qui porte son enfant.
« La conspiration des poissons est un bon livre. Pire : « excellent », « génial », « le livre de l'année »... Pourquoi pas le livre du siècle pendant qu'on y est ? Du Proust dans un bocal, du Balzac à l'eau du robinet, du Molière en écailles... » Sur les planches du théâtre de l’ADEC ce vendredi 30 janvier, Yvan Dromer, directeur du lieu, déclame face au public la critique que l’auteur Olivier Arrighi a rédigé sur le nouveau roman de Sabine Revillet, un ouvrage qui n’a jusque-là pas été publié, ni même écrit. Et pourtant, les critiques affluent depuis des mois !
Sur la scène du théâtre de l’ADEC, Yvan Dromer met un point final à la critique d’Olivier Arrighi : « La littérature est un art comme les autres où « le regardeur fait l’œuvre ». Plus précisément : c’est le lecteur qui fait le livre. Pour preuve : il n’y aurait pas de livres sans lecteurs et plus il y a de lecteurs, plus il y a de livres. » Il ne croit pas si bien dire : durant sa résidence dans le quartier de Bourg-L’Évêque, Sabine propose aux habitants, petits et grands, de coécrire avec elle La conspiration des poissons. « Pour l’instant, il s’agit d’un texte à construire. On fait un peu les choses à l’envers mais en bout de course, tout le monde en aura écrit un petit bout ! » précise-t-elle.
Le corps a-t-il un sexe quand il s’agit d’un outil d’expression ? Une question qui sonne comme une ritournelle quand on assiste à certains spectacles de danse contemporaine. En novembre dernier, le TNB, le Triangle et la Cité de la danse présentaient dans le cadre du festival Mettre en scène le désopilant Antigone Sr., véritable bombe culturelle qui nous assommait par surprise de par la singularité de la représentation destinée à mettre le voguing à l’honneur.