Célian Ramis
Festival du film d'animation : Katariina Lillqvist ou l'esthétisme d'un monde puant

Coup de projecteur sur la Finlande, c’est ce que nous propose le Festival du film d’animation de Bruz, qui organisait jeudi 12 décembre une rencontre projection, avec la réalisatrice Katariina Lillqvist, hors les murs, à l’école des Beaux-Arts de Rennes.
Katariina Lillqvist est une figure incontournable du cinéma d’animation finlandais. Et elle était présente lors du Festival national du film d’animation de Bruz pour rencontrer les spectateurs et leur faire découvrir son univers singulier. La réalisatrice est née dans le Sud Ouest de la Finlande, à Tampere, en 1963. Pendant ses études, elle navigue entre son pays et la République Tchèque, c’est d’ailleurs là-bas qu’elle fera un stage au studio pragois Jiri Trnka, avec qui elle restera en lien étroit tout au long de sa carrière.
Elle réalise un certains nombres de documentaires pour la télé ou la radio avant de s’orienter vers le cinéma d’animation en volume animé. Les techniques d’animation avec marionnettes sont sa spécialité et sa renommée internationale. « Niveau techniques et technologies, la Finlande a beaucoup évolué dans les dernières décennies », explique-t-elle lors de la projection rencontre. À l’occasion de cette rencontre, elle nous présente deux court-métrages et un pilote de son prochain long-métrage.
Il y a quelque chose de macabre, de morbide, dans l’univers de Katariina Lillqvist qui pourtant ne cesse de rire et de sourire. Si elle est née bien après l’indépendance de la Finlande et la Seconde guerre mondiale, elle reste très marquée par l’histoire de son pays. Juste après avoir écrit et réalisé la trilogie inspirée des œuvres de Kafka – très empreintes du contexte socio-politique soviétique – elle présente un court-métrage intitulé La jeune fille et le soldat, en 1995. Une jeune femme part à la recherche de son fiancé sur les champs de bataille.
En chemin, elle croise des squelettes, des cadavres, des futurs cadavres et la Mort en personne. Comme souvent dans les films d’animation finlandais, c’est un court-métrage muet ce qui laisse une large place à la bande originale, teintée de violons et de sonorités klezmer. De manière à faire régner une tension permanente amplifiée par les couleurs sombres des décors funèbres chargés de symboles liés à la guerre et à la mort. L’histoire d’amour et la quête de cette jeune femme angoissée à l’idée de perdre à jamais son bien aimé vient adoucir le climat pesant et lui apporter une touche poétique et fantastique.
On admire la qualité des images, réalisées en stop motion – image par image – et la beauté esthétique de cet univers pourtant sinistre. La jeune fille et le soldat n’est pas sorti tout seul de l’esprit de Katariina, le scénario était présent dans sa tête dès lors que sa grand-mère évoquait ses souvenirs de la guerre civile qui a frappé la Finlande en 1918, au lendemain des révolutions russes et de la déclaration d’indépendance du pays.
Une guerre civile que la réalisatrice a du mal à comprendre mais qu’elle explique par le fait que « la Finlande est un tout petit pays mais avec de grandes et fortes opinions politiques ». Plus de 10 ans après La jeune fille et le soldat, en 2008, Katariina Lillqvist revient avec un film court intitulé Le papillon de l’Oural, qui met en scène la marionnette de Carl Gustav Mannerheim, président de la Finlande de 1944 à 1946 qui a participé en tant que baron à la guerre civile de 1918 et en tant que commandant en chef lors des deux guerres mondiales.
« C’était d’abord un documentaire pour la radio. Puis on a trouvé des photos et cela m’a donné l’idée d’un film en stop motion », explique-t-elle. Dans cette œuvre, elle veut mettre en avant la « mémoire de l’horreur ». Sur fond de guerre et de tension, elle illustre encore une fois une histoire d’amour dans laquelle douceur, poésie et magie s’entremêlent et font ressortir une sorte de bienveillance qui sera mise à mal tout au long du court-métrage. Une vision chaotique des relations humaines altérée par une représentation sinistre de la société. Dans Le papillon de l’Oural, la réalisatrice aborde et développe le thème de l’homosexualité impossible et cachée dans ce contexte de prohibition et de tension politique.
Avant de terminer la rencontre, Katariina propose aux spectateurs de découvrir le pilote de son prochain long-métrage inspiré librement du roman de Mikhail Bulgakov, Le maître et Marguerite, qui raconte l’amour d’un écrivain morphinomane pour la femme d’un général de l’Armée Rouge. Il n’en faut pas plus pour comprendre ce qui a attiré la réalisatrice dans le résumé de l’œuvre. Elle reprend à son compte cette histoire dramatique qu’elle illustre à travers des marionnettes cabossées et débridées qui expriment toutes la douleur, la tristesse et la mélancolie. Katariina Lillqvist est véritablement une figure incontournable du cinéma d’animation qui manie aussi bien le volume animé que les émotions et l’esthétisme d’un monde puant.


Une pile de chaussures sur une table, des vêtements posés et pendus dans toute la pièce, derrière une porte, un atelier de confection de meubles en carton, de l’autre coté d’une autre, un buffet d’énormes gâteaux « fait maison » dont se délectent enfants et parents.
Avec Melissa elles se sont rencontrées sur les bancs de la faculté de Droit de Rennes et racontent qu’à cette période de leur vie, à ce carrefour, se projeter dans le monde du travail les souciait : « on se voyait déjà galérer à cause de notre statut de migrantes » explique Valérie.
Alors qu’elles ne sont plus que quatre, âgées entre 75 et 85 ans, une étudiante en art est venue les déloger de leur atelier afin de proposer à des artistes mexicains, puis français de s’approprier les écharpes pour en faire des œuvres d’art.
Revenue à Rennes avec dans ses valises de nombreuses écharpes, Chloé veut poursuivre le projet. Grâce à ces réseaux dans le monde artistique, elle ne tarde pas à avoir de nouveaux artistes intéressés par l’idée de s’approprier une écharpe de laine venue de contrées lointaines. Cependant son projet manque d’un cadre plus administratif et institutionnel.
Il sera possible de revoir ce film lors d’une autre exposition à Bayeux au printemps prochain. De nombreuses propositions viennent peu à peu se greffer sur leur projet: une scénographe, une graphiste, une menuisière… « C’est cela aussi que l’on cherche : englober tous les secteurs et impliquer le plus de personnes possibles » déclare Chloé Aublet. Elles considèrent Rennes « comme un laboratoire. Si ça marche on s’exportera ailleurs. ». Cela promet de nouveaux voyages pour ces morceaux de laine qui ont déjà traversé l’Atlantique.
Cécile Noesser, coordinatrice de la programmation, nous avait prévenue, « les spectateurs risquent d’être surpris » lors des soirées finlandaises. « Ils ont un humour particulier », précise-t-elle. Mercredi soir, au Grand Logis, la surprise est de mise.
« Ton frigo est vide ? Ca cuisine près de chez toi ! » : Tel est le slogan du site Internet imaginé par 5 étudiantes en deuxième année de Master, à l’IGR-IAE (Institut de Gestion) de Rennes. Dans le cadre de leur cursus, elles ont conçu un site web sur le thème du partage de plats fait-maison. « D’un côté, on trouve des étudiants qui veulent faire de la cuisine et réduire leur coût de préparation et de l’autre, ceux qui n’aiment pas cuisiner », explique Elodie Dorgere.

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Aux alentours de 21h, le Bar’Hic est déjà rempli de monde ce samedi soir. Beaucoup sont venus pour assister au concert de La tête à l’est. Créée en 2009, l’association a pour vocation de promouvoir la musique et la danse d’Europe de l’Est dans la région Bretagne. Elles sont sept femmes ce soir-là à unir leur voix qui résonnent dans le bar aux sons des Balkans.
Après une courte pause, c’est au tour de Mariana Caetano, entourée de ses musiciens, de prendre place sur la scène, située au fond du bar. La chanteuse qui vient « d’un pays du soleil, très loin d’ici », arrivée en France depuis 2004, inonde ce lieu festif de la place des Lices des sons brésiliens qui rythment son deuxième album « Mé Ô mond », sur fond de guitares et de percussions.
« Nous avons choisi de parler de mobiles, de mobilité et de mobilisation, et non de migration ou d’immigration. Et ça, ça change déjà le regard », explique Marie Arlais, directrice artistique et membre du collectif nantais étrange miroir. Une quinzaine de personnes a participé à l’installation sonore, Mobiles illégitimes, exposée au café L’enchantée à Rennes, uniquement pour l’après-midi.
Le fil de l’exposition a été décidé sur un coup de tête : les dinosaures. Ils sont déclinés en plusieurs œuvres : tableaux, sculptures, photographies, cahier de coloriage… dont les titres humoristiques renvoient à la légèreté du collectif. Le nom le plus drôle étant attribué à l’une des sculptures réalisée par les deux filles de l’équipe, Mathilde et Laurence, nommée: « éclosion précoce ».
« À la fin de L’Auberge espagnole, je ne pensais pas faire de suite. Puis j’ai fait Les poupées russes. Je voulais attendre 10 ans avant le troisième volet, j’ai finalement attendu 8 ans. J’avais besoin de continuer, de faire la suite », explique Cédric Klapisch. La suite des aventures de Xavier, interprété par Romain Duris, qui, de Barcelone à New-York en passant par Saint-Pétersbourg, poursuit sa vie « compliquée », « bordélique ».