C'est quoi être une femme aujourd'hui ?

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Carré Sévigné
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Elles sont jeunes, jouent, chantent, dansent, et pensent. Ce sont les filles de la compagnie La Part des Anges. Elles ont écrit à 14 mains le spectacle Modèles.
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Elles sont jeunes, jouent, chantent, dansent, et pensent. Ce sont les filles de la compagnie La Part des Anges. Elles ont écrit à 14 mains le spectacle Modèles – qui sera joué ce mardi 4 février au Carré Sévigné – sur les femmes. Il y est entre autres question de transmission, de violences, de discriminations, d’égalité.

Être une femme aujourd’hui n’est pas si facile. Malgré les victoires de nos aînées, l’équilibre entre vies professionnelle et privée, est toujours précaire, et l’égalité des sexes loin d’être parfaite. Sujet universel sur lequel la compagnie La Part des Anges s’est penchée avec originalité et profondeur. « Modèles est une très belle pièce, inhabituelle car écrite collectivement par des jeunes femmes qui sont aussi d’excellentes comédiennes, musiciennes et chanteuses. Elles sont douées ! », raconte Carole Lardoux, directrice artistique du Carré Sévigné.

Pour répondre à une commande du Théâtre de Montreuil il y a quelques années, Pauline Bureau, auteure, metteure en scène et comédienne, a réuni sa troupe et son équipe technique. « On s’est mis à table et on a parlé, échangé, partagé. De fil en aiguille, le spectacle s’est concrétisé », révèle Sonia Floire, co-auteure et comédienne. « Entre nous, il y a bien sûr des différences et des points communs, liés à nos éducations, nos expériences », ajoute Gaëlle Hausermann, co-auteure et comédienne également.

Si les parcours ne sont pas les mêmes, ils sont tous influencés par des modèles. Certaines avaient des mères qui travaillaient, d’autres pas. Que fait-on de ces exemples ? Le spectacle évoque ainsi la transmission entre femmes, l’avortement, les premières règles, les combats contre les injustices, l’illettrisme, les violences… etc. Mais non au sens où on l’envisage quand les femmes parlent des et aux femmes, les hommes n’y sont pas non plus stigmatisés. « Les filles de Modèles s’interrogent, chacune avec sa propre construction, son individualité, il y a plusieurs regards sur le monde et un grand respect », décrit Carole Lardoux.

La pièce n’a donc pas été créée autour d’un message, « nous parlons de nous, de nos vécus et chacun s’y retrouve », précise Gaëlle Hausermann. Cette résonnance dans le cœur et l’esprit du public n’était pas recherchée, mais elle est là et elle touche les comédiennes.

Entre théâtre et cabaret

Modèles est un spectacle qui mêle lectures de textes littéraires et intellectuels – Marie Darrieusecq, Pierre Bourdieu, Virginie Despentes, Marguerite Duras, Catherine Millet, Virginia Woolf – morceaux d’histoires personnelles, chants et musique live – un musicien accompagne les comédiennes sur scène – danses… « C’est un cabaret ! sourit Sonia Floire, c’est du théâtre très moderne, c’est peut-être aussi pour cela que ça plait beaucoup aux gens et particulièrement aux jeunes ». Du théâtre contemporain et original, authentique et populaire qui séduit le public à l’image de Carole Lardoux :

« La mise en scène de Pauline Bureau est imaginative, originale, drôle, juste, vive, très touchante. En outre, j’aime quand le théâtre est une fenêtre de réflexion et permet de poser la question « dans quelle société vit-on ? » ou encore « qu’ai-je à dire en tant que femme, qu’est-ce être une femme ? »… J’aime que le théâtre soit problématique, qu’il soit le prolongement de la parole de beaucoup de gens », confesse-t-elle.

La parole continue de se libérer à la fin de chaque représentation au travers de discussions ouvertes avec les spectateurs. Et souvent le public est dérouté, bouleversé, content, touché, rit. Tous semblent se retrouver autour de cette problématique et cette envie de faire avancer la société.

C’est quoi être une femme aujourd’hui ?

Pour répondre à cette interrogation de base, Sonia Floire et Gaëlle Hausermann ont trouvé une source inspiratrice dans un texte de Virginie Despentes, extrait de King Kong Théorie :

« Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toute façon je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas ».

Pour Gaëlle, il est important pour bien répondre de ne pas tomber dans le cliché du féminisme extrémiste. Selon elle, si pour l’égalité toutes les conquêtes sont possibles, ici « le but était de libérer la parole, de partager et c’est déjà pas mal ! Nous ne voulons surtout pas donner de leçons ! », assure-t-elle. À la même question, Carole Lardoux évoque aussi l’égalité entre êtres humains, « c’est avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’un homme ». Une affaire avant tout humaniste, que les femmes doivent mener avec les hommes, pour une société meilleure.

Célian Ramis

Femmes animales, une première prometteuse

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Rennes
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Mathilde Pilon, jeune femme de 28 ans, s’est lancée dans la cour des grands avec une première exposition intitulée « Femmes-animales. ».
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Mathilde Pilon, jeune femme de 28 ans, s’est lancée dans la cour des grands avec une première exposition intitulée « Femmes-animales. ». Elle est visible jusqu’au 26 janvier à la Coopérative, à Rennes. L’artiste compile des poésies et des photographies autour de la question de la métamorphose.

Mathilde Pilon écrit depuis toujours. Dès l’école elle écrivait sur ses cahiers. La plume est pour elle une manière de s’exprimer naturellement. C’est sa rencontre avec une personnalité qu’elle qualifie de personne « spontanée et particulière » qui lui ouvre les portes de la photographie.

De cette rencontre, elle tire un texte qu’elle intitule « femme-loup » et le besoin de l’illustrer se fait sentir. Elle prend son appareil photo, et en improvisant sur le tas elle commence à illustrer ses poèmes avec « les images que j’avais en tête. » Elle a tout appris sur le tas et confesse : « La recherche de modèles, le travail sur Photoshop, le travail de scénographie, je n’y connaissais rien mais j’ai adoré le faire. »

Lancée, elle ne s’arrête plus et décline l’idée en une série de portraits, tous féminins et animales :  la « femme-cobra » serpente aux cotés de la « femme-chat » qui fait le dos rond à la « femme-caméléon », qui elle-même se camoufle de la somnolente « femme-marmotte ».

En tout c’est une quinzaine de portraits qui sont proposés dans cette exposition. Le travail s’est fait avant tout « sur la métamorphose. Ce qui m’a intéressé c’est l’anthropomorphisme, le côté hybride des choses et le fait qu’un seul être puisse avoir plusieurs facettes. »

Mais c’est aussi une histoire de vie et de femmes, de rencontres et de force. Elle s’est inspiré des personnes autour d’elle, de la vie, tout a été fait de manière intuitive. D’autres projets sont déjà en route pour la jeune femme. Elle a déjà pris contact avec une maison d’édition pour publier le travail qui est actuellement exposé: « Mais je ne peux pas vraiment le dire, rien n’a encore été signé. »

Célian Ramis

Adèle : créatrice de poésie textile

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Adèle Le Gall a un talent, c’est certain. Si on lui demande quel est son métier, elle nous répond « je suis une « bijouteuse » poétique ». Le décor est posé : imaginez des bijoux qui racontent une histoire.
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Adèle Le Gall a un talent, c’est certain. Si on lui demande quel est son métier, elle nous répond «  je suis une « bijouteuse » poétique ». Le décor est posé : imaginez des bijoux qui racontent une histoire. Ou plutôt des histoires, imaginaires et parfois inspirées de la Nature, comme lorsque qu’un papillon brodé se pose discrètement sur un serre-tête ou lorsque qu’une libellule atterrit sur un  nénuphar habillant une barrette. C’est tout cela « la Malle d’Adèle », le nom de sa marque.

Être née dans une famille d’artisans aide forcément à s’engager sur la voie de création : «  Ma grand-mère tenait une boutique de confection, ma mère travaille toujours la céramique, et mon père travaillait le cuir ». Adèle a grandi en regardant sa maman travailler toutes sortes de matières : tissus, céramique, pâte fimo.

À l’adolescence, Adèle s’oriente vers des études d’arts plastiques (la photo en particulier) et réalise rapidement que ce n’est pas fait pour elle : « je m’y suis tellement  ennuyée ! ». Pour subvenir à ses besoins, entre des petits boulots purement alimentaires, elle développe sa créativité en réalisant des bijoux en pâte polymère dite pâte « Fimo ». Nous sommes alors en 2003 et ce matériau commence tout juste à être utilisé par des créatrices de bijoux.

À l’époque, peu attirée par Internet, Adèle décide de ne vendre ses créations que via des marchés de Noël et d’Eté, ainsi que des Festivals techno, où la clientèle jeune et branchée est séduite par ses créations colorées aux formes psychédéliques et accessibles financièrement. Entre ses périodes d’exposition, elle s’attèle à la fabrication. Elle gardera de cette période  des souvenirs  agréables de vie de « bohême à 100 à l’heure ».

En 2009, lorsqu’Adèle attend la naissance de sa première fille, elle décide d’arrêter de travailler cette pâte « fimo » qui peut dégager des vapeurs toxiques pendant la cuisson. Elle fait alors une pause mais sa créativité, elle, ne se met pas sur « off » : elle réfléchit à la création de bijoux dans une matière sans danger et plus simple à travailler (la pâte fimo se travaillant avec masque et gants). Elle se tourne vers les tissus…

Et puisque la vie de famille n’est pas forcément compatible avec les déplacements sur les marchés artisanaux, elle se tourne vers Internet pour proposer sa nouvelle collection de bijoux textiles. La Malle d’Adèle est lancée avec succès sur des plateformes de vente spécialisées dans le fait-main, telles que « A Little Market ». Ces supports de vente offrant la possibilité de mettre facilement en vente ses créations, avec une visibilité intéressante. Ce n’est que plus récemment qu’elle a lancé en parallèle un site dédié à sa marque.

Le parcours d’Adèle est singulier : elle n’a donc quasiment jamais connu d’autre métier que celui de créatrice indépendante et ne se verrait pas autrement.

Pour créer sa collection de bijoux textiles, Adèle récupère de beaux tissus  et des galons anciens chez sa maman, et se met à chiner ses dimanches de libre dans les brocantes de la région… Elle développe ainsi une technique de plus en plus maîtrisée, en travaillant des matières telles que le cuir pour former la base solide de ses colliers ou manchettes, ou la feutrine pour les autres accessoires.

Ces créations dévoilent une richesse infinie de tons et de reflets : grâce à des soies chinoises ou damassées mariées à des mousselines perlées, le tout savamment harmonisé dans un enchevêtrement de galons. Adèle va même jusqu’à teindre les dentelles anciennes dans des couleurs surprenantes et envisage aujourd’hui de teindre elle-même ses étoffes pour répondre aux exigences pointues de sa clientèle… En parallèle, elle aimerait développer une collection destinée aux futures mariées.

Le parcours d’Adèle est singulier : elle n’a donc quasiment jamais connu d’autre métier que celui de créatrice indépendante et ne se verrait pas autrement. Sa passion créative la fait vivre au sens propre comme au figuré mais elle sait qu’il faut sans cesse proposer de nouvelles créations pour se maintenir à un niveau convenable de revenus dans ce marché fortement concurrentiel de la création de bijoux faits-main.

Aujourd’hui Adèle réalise 80% de son CA sur Internet et 20% via des salons, marchés ou ventes privées. Pour 2014, elle pense se diriger vers de nouveaux marchés de créateurs, le contact direct avec la clientèle lui manquant. Elle envisage aussi de prendre un atelier avec d’autres créatrices, la conciliation vie perso / vie pro en travaillant chez soi n’étant pas toujours facile à vivre sur le long terme.

Célian Ramis

Marrainage : Des femmes de Rennes et d'ailleurs

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Maison Internationale de Rennes
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La MIR regroupe plusieurs dizaines d’associations rennaises qui interviennent dans divers domaines de l’international, tels que la solidarité, les échanges culturels et les droits humains.
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La maison internationale de Rennes (MIR) association de loi 1901 regroupe plusieurs dizaines d’associations rennaises qui interviennent dans divers domaines de l’international, tels que la solidarité, les échanges culturels et les droits humains. Dans ce dernier secteur, elle mène un projet « migrations » dont l’une des facettes est le projet marrainage. Présentation.

Financé  actuellement par la délégation régionale aux Droits des femmes et à l’égalité et par le fond social européen, le marrainage met en lien des femmes avec des migrantes en recherche d’un accompagnement dans leur projet professionnel, politique ou associatif. « Il s’agit d’un projet régional qui leur permet d’exercer leur citoyenneté et de s’investir dans l’espace public », explique Ghania Boucekkine, la vice présidente de l’association, déléguée aux droits humains.

Débuté en 2006, le projet est à l’origine créé à la demande de jeunes étudiantes étrangères bloquées dans leurs projets qu’elles souhaitaient mener en France ou dans d’autres pays. À l’époque, la MIR travaillait sur la relation « femmes et pouvoir » explique la vice présidente. Pour répondre à leurs attentes, la MIR a décidé de former des duos avec d’un côté, des marraines qui orientent, conseillent, ouvrent leur réseau et partagent leur expérience et de l’autre des femmes d’origine étrangère qui ont besoin d’être appuyées, de reprendre confiance en elles, de sortir de leur isolement et de construire leur avenir.

Actuellement, 33 binômes existent en Bretagne, dont 24 en Ille-et-Vilaine. Mariko et Gaudence en font partie. Depuis fin septembre, Mariko, professeur de physique à l’université de Rennes 1, aide Gaudence, 26 ans, originaire du Rwanda, dans sa recherche d’emploi en tant qu’ingénieur chimiste.

Elle lui apporte son regard de scientifique, lui ouvre ses réseaux, l’épaule dans l’écriture de son curriculum vitae, dans ses lettres de motivation et lui fait découvrir les sites d’offres d’emploi spécialisés. Un vrai soutien pour la jeune femme. « Elle était très timide et son CV était très scolaire », confie la professeur. Ce qui n’est aujourd’hui plus le cas… « On acquiert une confiance en soi grâce à un CV qualitatif », précise Mariko.

Fort de son succès, le projet marrainage s’exporte : en Ile de France, à Poitiers (où des fonds viennent d’être mis en place) et dans le Morbihan. Dans ce dernier département, ce sont des femmes qui veulent s’installer en tant qu’agricultrices, qui sont aidées. Une version du marrainage de la MIR qui en dit long sur les possibilités d’avenir de ce projet.

Célian Ramis

Les sages-femmes tentent le camping des cigognes à Rennes

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Rennes
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Les sages-femmes de Rennes et des alentours ont décidé de se mobiliser pour leur profession, en grève depuis le 16 octobre dernier, et d’installer le « Camping des cigognes » sur le parvis de l’Hôpital Sud de Rennes.
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Jeudi 12 décembre, les sages-femmes de Rennes et des alentours ont décidé de se mobiliser pour leur profession, en grève depuis le 16 octobre dernier, et d’installer le « Camping des cigognes » sur le parvis de l’Hôpital Sud de Rennes. Un moyen de sensibiliser les passants à leurs revendications.

Depuis deux mois, les sages-femmes ont entamé un mouvement national de grève à l’initiative d’un collectif – composé de 6 membres*. Un mouvement suivi à Rennes, et plus largement en Bretagne. Jeudi 12 décembre, les sages-femmes ont planté les tentes sur un carré de pelouse, sur le parvis de l’Hôpital Sud de Rennes.

Dès 16h, le « Camping des cigognes » est installé et la vente de gâteaux, thé, café et bracelets « je soutiens les sages-femmes » démarre, dans le but de récolter de l’argent qui servira à payer le transport jusqu’à Paris, lundi 16 novembre. « Deux cars partiront de Bretagne, un de Lorient et de Rennes, pour que nous puissions participer à la seconde manifestation nationale », explique Charlotte Godet, sage-femme à Rennes.

À 21h, une dizaine de professionnels, toujours vêtus de leur blouse blanche, est réunie dans la froideur hivernale à quelques mètres du camping et se retrouve autour d’une table, avant de manger, dans une ambiance plutôt festive.

Sortir de l’invisibilité

Une action qui a également pour objectif de faire sortir la profession de son « invisibilité » : « Nous souffrons d’une méconnaissance du grand public. Même les femmes enceintes n’ont pas forcément connaissance de toutes nos compétences, elles le découvrent au fur et à mesure », explique Alice Froger.

Parmi ces compétences figurent le suivi gynécologique obstétrical, le suivi post-partum, la préparation à l’accouchement ou encore l’échographie. Une liste non exhaustive qui leur permet de manifester leur volonté d’être reconnues en tant que praticiens de premier recours. « À la différence des gynécologues – mais nous ne pouvons pas faire de généralités non plus – nous avons plus de temps à consacrer à la femme enceinte, qui peut parfois se sentir seule (dans le labyrinthe médical). Les gynécologues sont souvent overbookés et sont les spécialistes de la grossesse pathologique. Nous, nous sommes des spécialistes de la grossesse dite normale », poursuit la sage-femme rennaise.

Elles revendiquent également l’importance du suivi physiologique qui a été reconnu dans un rapport de la Cour des Comptes en 2011 comme un facteur « permettant de limiter les risques d’accouchements prématurés » mais aussi de diminuer les risques de mortalité des mères et des bébés.

Autre revendication essentielle pour les professionnelles de la grossesse : le statut des sages-femmes. « Depuis toujours, nous sommes considérées comme personnel non-médical, la seule profession qui n’est pas inscrite dans son Code de déontologie », déclare Charlotte Godet. Un statut qui limite leur autonomie dans le milieu professionnel et dans le quotidien de leur exercice. Phénomène paradoxal, elles sont intégrées au personnel médical devant le Tribunal et pour l’Assurance Maladie.

« Par contre, concernant le nombre de médicaments autorisés lors des prescriptions, nous sommes à nouveau en « non-médical ». Et nous n’avons pas non plus le droit aux primes de risque », ajoute-t-elle. Si le corps médical semble comprendre et approuver le mouvement des sages-femmes, en revanche elles ne sentent pas reconnues à leur juste valeur et soutenues dans leur grève. Une grève en grande partie invisible puisqu’elles continuent de travailler et d’assurer leurs fonctions « mais nous ne déclarons pas les cotations, que nous remplissons par informatique, et qui donnent ensuite à l’hôpital accès aux remboursements de la Sécurité Sociale ».

Le « camping des Cigognes » sera présent sur le parvis de l’Hôpital Sud de Rennes jusqu’à vendredi 13 décembre, 16h. Avant de lever le camp, les sages-femmes mobilisées poursuivront leur vente de gâteaux et de bracelets pour rembourser leurs frais de transport en direction de la Capitale afin de défiler aux côtés de leurs consœurs et confrères, lundi 16 décembre.

*Association nationale des étudiants sages-femmes, Conférence nationale des enseignants en maïeutique, Collège national des sages-femmes, Organisation nationale syndicale des sages-femmes, Association nationale des sages-femmes cadres, CFTC.

Célian Ramis

Afrik'Entraide : Pour une femme "bien dans ses stilettos"

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Maison Internationale de Rennes
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Rencontre avec l’association Afrik’Entraide qui organisait, dimanche 1er décembre, dans les locaux de la MIR, un vide dressing, intitulé pour l’occasion « Freakum’ Dress’ing » en clin d’œil amusé à un clip vidéo de la chanteuse américaine Beyoncé.
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Rencontre avec l’association Afrik’Entraide qui organisait, dimanche 1er décembre, dans les locaux de la MIR (Maison Internationale de Rennes), un vide dressing, intitulé pour l’occasion « Freakum’ Dress’ing » en clin d’œil amusé à un clip vidéo de la chanteuse américaine Beyoncé.

Une pile de chaussures sur une table, des vêtements posés et pendus dans toute la pièce, derrière une porte, un atelier de confection de meubles en carton, de l’autre coté d’une autre, un buffet d’énormes gâteaux « fait maison » dont se délectent enfants et parents.

« Nous avons voulu répondre à une demande de nos adhérents et sympathisants. C’est une manière plus conviviale de continuer de mobiliser autour de l’association et de promouvoir nos actions auprès des publics étudiant et associatif rennais qui évoluent sans cesse », explique Melissa Djenno, chargée de projet de développement. Elle fait partie de la vingtaine d’étudiantes migrantes africaines à l’initiative du projet Afrik’ Entraide, lancée en 2006.

Depuis plusieurs années, l’association a organisé diverses conférences et évènements en rapport avec l’esclavage mais aussi et surtout la femme africaine, des sujets « lourds » pour Melissa qui estime que ce vide-dressing leur permet de « respirer et de se faire plaisir ». L’événement a été préparé avec des assidues de vide-dressing et sélectionnées par les adhérents, notamment Valérie Dokla, chargée de communication politique et présidente qui atteste « s’intéresser moins au coté mercantile qu’au partage ».

Du partage il y en a aussi durant les ateliers proposés en parallèle du vide-dressing : fabrication de nœuds papillons en tissus africains, customisation de vêtements et fabrication de meubles en carton avec Nkita, eco designer, un des rares hommes en France à pratiquer le design et la conception d’objet en carton. Durant quelques heures on a pu voir défiler un public très varié, une ambiance familiale et colorée feutre la pièce, le « message arrivera jusqu’aux enfants » pour Valérie ; particularité de cette journée pour elle, l’assistance est composée de familles désireuses de partager ce moment en toute simplicité et non plus seulement  de personnes plus avisées sur les sujets des conférences habituelles.

Avec Melissa elles se sont rencontrées sur les bancs de la faculté de Droit de Rennes et racontent qu’à cette période de leur vie, à ce carrefour, se projeter dans le monde du travail les souciait : « on se voyait déjà galérer à cause de notre statut de migrantes » explique Valérie.

C’est dans ce contexte qu’est né le projet d’Afrik’ Entraide, avec d’autres jeunes filles « ivoiriennes, sénégalaises, gabonaises, kényanes, guinéennes, mauritaniennes, congolaises », le choix a été fait de créer une association étudiante qui promeut la femme africaine mais qui leur permet avant tout de mener à bien leurs divers projets personnels. Pour Gisèle, qui s’est lancée dans l’aventure il y a deux ans, il s’agissait notamment de mettre en place un club de lecteurs, pour Chrisvie, étudiante en sociologie, l’association a permis d’approfondir son intérêt pour la question identitaire féminine.

Si elles ne se considèrent pas comme féministes au départ, ce sont certains hommes, parfois étonnés par leur ambition, qui leur renvoient cette image à laquelle elles s’adaptent progressivement. « Il faut changer la perception du mot féminisme et lui redonner son sens premier » selon Valérie qui avoue ne pas vouloir être associée aux mouvements féministes les plus intransigeants mais estime qu’une femme, à partir du moment où elle défend ses intérêts et ceux des autres femmes peut être considérée, en quelque sorte, comme une féministe.

Une femme afropolitaine

« La femme africaine aujourd’hui ne se pose plus la question de son intégration » affirme Valérie. Volontaire, urbaine, dynamique, ancrée dans son époque et même « bien dans ses stilettos » comme l’explique Melissa en plaisantant, voilà ce qu’est la femme africaine d’aujourd’hui pour les adhérentes d’Afrik’ Entraide, une femme qui doit beaucoup à la femme d’Afrique dont les « valeurs insufflées trouvent une valeur en France » aux yeux de Valérie.

C’est dans cet esprit qu’est né le projet Marrainage en collaboration avec la MIR. Les marraines d’Afrik’ Entraide accompagnent ainsi professionnellement et humainement une quinzaine de filleules du monde entier et ce, dans tout l’Ille-et-Vilaine depuis 2006. Il s’agit pour elles de donner un avis extérieur sur le parcours de ces femmes, de « palier au manque d’humanité de Pôle Emploi » pour Melissa.

Conseiller, ouvrir des réseaux d’insertion professionnelle, accompagner des projets politiques ; en bref, répondre à des interrogations que toute femme peut se poser à un moment donné de sa vie mais qui semblent compliquées par le statut de migrante. Reste maintenant aux jeunes femmes et hommes d’Afrik’ Entraide à concrétiser un autre dessein qui leur tien à cœur ; l’expansion du réseau de l’association à d’autres régions de France comme c’est déjà le cas à Angers ou Paris mais aussi et surtout en Afrique afin d’y propager les valeurs de cette femme afropolitaine.

Célian Ramis

Kaniwa tisse entre Rennes et le Mexique

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Deux étudiantes rennaises ont monté un projet qui créé un pont de laine entre la capitale bretonne et le Mexique. Il s’agit de faire connaître des tisseuses mexicaines qui s’usent les mains sur des écharpes de laine dans un petit village de la région de Xalapa.
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Deux étudiantes rennaises ont monté un projet qui créé un pont de laine entre la capitale bretonne et le Mexique. Il s’agit de faire connaître des tisseuses mexicaines qui s’usent les mains sur des écharpes de laine dans un petit village de la région de Xalapa.

Alors qu’elles ne sont plus que quatre, âgées entre 75 et 85 ans, une étudiante en art est venue les déloger de leur atelier afin de proposer à des artistes mexicains, puis français de s’approprier les écharpes pour en faire des œuvres d’art.

À l’origine du projet il y a Chloé Aublet, étudiante en master d’art plastique, et très intéressée par le textile et la mode. Lors d’un voyage au Mexique, elle tombe un peu par hasard sur ces quatre tisseuses indigènes qui continuent de tisser selon une technique traditionnelle.

Très vite elle y retourne, une fois, deux fois… et c’est l’engrenage. Révoltée à l’idée que leur travail soit perdu puisque personne ne prend la suite et qu’elles sont déjà âgées, elle contacte des artistes mexicains. Elle leur propose de s’exprimer sur ces grandes écharpes de laine blanche qui offrent une surface de travail originale. « L’idée c’était aussi de mêler l’artisanat et le côté artistique », confie-t-elle. Ce sera le point de départ du projet. « Il y a un volet social important aussi, pour ces veuves, une écharpe que j’achète à 35 euros c’est un mois de salaire, elles n’ont rien d’autre… ». Huit écharpes forment une première collection réalisée par différents artistes mexicains. Elles ont déjà été exposées au Mexique et dans la galerie que Rennes 2 met à la disposition de certains étudiants.

Revenue à Rennes avec dans ses valises de nombreuses écharpes, Chloé veut poursuivre le projet. Grâce à ces réseaux dans le monde artistique, elle ne tarde pas à avoir de nouveaux artistes intéressés par l’idée de s’approprier une écharpe de laine venue de contrées lointaines. Cependant son projet manque d’un cadre plus administratif et institutionnel.

C’est sa rencontre avec Marie Zanoune, étudiante en communication, qui va permettre au projet de se doter d’un véritable cadre. Cela devient une association: Kaniwa, qui signifie « en tout lieu » en totanak, la langue locale. Elles obtiennent quelques subventions, et continuent les projets: après la diffusion d’un documentaire sur la fabrication des châles au bar le Papier Timbré; elles envisagent une exposition avec l’association Riposte au début de l’année 2014.

Le documentaire, réalisée par Chloé Aublet et un étudiant en cinéma mexicain, présente les tisseuses, quatre mamies, qui racontent leurs vies avec humour, dans le grand atelier vide qui leur sert de lieu de travail. On les voit tisser, se chamailler sur la technique de la teinture, mais aussi raconter la dureté des conditions de vie dans cette campagne isolée du Mexique.

Il sera possible de revoir ce film lors d’une autre exposition à Bayeux au printemps prochain. De nombreuses propositions viennent peu à peu se greffer sur leur projet: une scénographe, une graphiste, une menuisière… « C’est cela aussi que l’on cherche : englober tous les secteurs et impliquer le plus de personnes possibles » déclare Chloé Aublet. Elles considèrent Rennes « comme un laboratoire. Si ça marche on s’exportera ailleurs. ». Cela  promet de nouveaux voyages pour ces morceaux de laine qui ont déjà traversé l’Atlantique.

 

Célian Ramis

Ça mijote chez les étudiantes rennaises !

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Lancé le 1er novembre dernier par 5 étudiantes rennaises, « Cook and share it » est une plateforme de mise en relation entre étudiants qui cuisinent et étudiants désireux de mieux manger.
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Lancé le 1er novembre dernier par 5 étudiantes rennaises, « Cook and share it » est une plateforme de mise en relation entre étudiants qui cuisinent et étudiants désireux de mieux manger. Les explications avec Elodie Dorgere, 22 ans, responsable marketing du projet.

« Ton frigo est vide ? Ca cuisine près de chez toi ! » : Tel est le slogan du site Internet imaginé par 5 étudiantes en deuxième année de Master, à  l’IGR-IAE (Institut de Gestion) de Rennes. Dans le cadre de leur cursus, elles ont conçu un site web sur le thème du partage de plats fait-maison. « D’un côté, on trouve des étudiants qui veulent faire de la cuisine et réduire leur coût de préparation et de l’autre, ceux qui n’aiment pas cuisiner », explique Elodie Dorgere.

Le constat est frappant : au quotidien, « quand on achète en petite quantité, le coût d’achat est plus élevé », précise la jeune étudiante. Du coup, les membres de l’équipe ont décidé d’y remédier. « Cela permet de partager sa nourriture et de lutter contre la mal bouffe », confie la jeune femme. Le principe ? Une personne vend un repas (une entrée, un plat ou un dessert) et une autre l’achète. « Lorsque les participants s’inscrivent, ils déterminent un prix et nous n’y touchons pas. Nous ne prenons pas de commission », indique la jeune femme.

Puis, ils organisent eux-mêmes leurs échanges et la transaction financière. À ceux qui seraient tentés de fixer des prix trop conséquents, Elodie répond « qu’aucune personne ne serait intéressée par le plat et qu’il ne serait pas vendu ». C’est dit.

Dans le groupe, les filles sont passionnées de cuisine et tiennent un rôle particulier : de la responsable contenu, marketing, commercial ou communication à l’administratrice réseau. « Cependant, il nous arrive de mélanger nos tâches », indique Elodie Dorgere. Sur le site, les participants ont aussi la possibilité de partager leur recette. Pour le moment, selon l’élève, ils sont d’ailleurs plus nombreux que les cuisiniers et les acheteurs. Les jeunes femmes ont de nombreux projets pour faire connaitre leur concept. Une vente de gâteaux est notamment prévue à l’IGR, ainsi qu’un concours du meilleur cuisinier parmi les inscrits sur « Cook and share it ».

Célian Ramis

Migrant'scène : Les voix féminines de la migration 1/2

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Migrant’scène, organisé par La Cimade, revient pour la 2ème année consécutive à Rennes. Plusieurs événements ont eu lieu autour de la thématique suivante : la migration au féminin.
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Migrant’scène, organisé par La Cimade, revient pour la 2ème année consécutive à Rennes. Samedi 23 novembre, plusieurs événements ont eu lieu dans le centre ville de la capitale bretonne, autour de la thématique : migration au féminin.

« Nous avons choisi de parler de mobiles, de mobilité et de mobilisation, et non de migration ou d’immigration. Et ça, ça change déjà le regard », explique Marie Arlais, directrice artistique et membre du collectif nantais étrange miroir. Une quinzaine de personnes a participé à l’installation sonore, Mobiles illégitimes, exposée au café L’enchantée à Rennes, uniquement pour l’après-midi.

Pour Marie, « les témoignages sonores permettent de ne pas tomber dans la représentation stéréotypée avec des images de la femme victime, de la femme qu’il faut à tout prix aider ». En effectuant leurs recherches, les membres du collectif dégagent différents angles, décèlent les diverses thématiques liées au sujet, « y compris des choses auxquelles on ne pensait pas, comme le lien avec la mobilisation et le féminisme ou encore la sexualité des migrantes ».

Ils recueillent les histoires de plusieurs femmes venues d’Algérie, du Bénin, du Mozambique, d’Israël, d’Ecosse ou encore du Maroc, ainsi que des témoignages de sociologues, anthropologues, militantes, professeures, conseillère en insertion professionnelle.

De là est imaginée la structure qui voyage actuellement de ville en ville dans le cadre de Migrant’scène : une grande armoire en bois dont certains tiroirs demandent à être ouverts afin de libérer les paroles de toutes ces femmes. Dans les extraits, on peut entendre :

Luanda : « On appartient tous à quelque chose, on est tous nés quelque part »,

Maeva : « Si j’avais été un homme, ça aurait été plus facile. Mais j’ai osé (partir, ndlr), je suis allée au bout, j’ai relevé le défi et j’y suis arrivée » / « Je suis africaine, j’en suis fière et je ne serais jamais blanche. Je ne pourrais qu’être française d’adoption mais jamais de peau. Je peux modifier certaines choses pour l’intégration mais pas tout »,

Saïda : « La famille (dans laquelle elle travaillait, ndlr), je la respecte mais ils ont beaucoup abusé de ma situation. Ils n’ont fait aucun effort pour faire un courrier à la Préfecture alors que j’étais très utile pour leur fille handicapée »,

Sivan : « Quand tu vis dans un pays nouveau, il faut que tu changes ta langue, ça te fait changer ton rythme, tu vas plus lentement, tu cherches tes mots ».

La mobilité quotidienne

Le sujet est traité dans toute sa complexité et toute sa diversité avec l’objectif de mettre en avant des axes peu médiatisés. Avec les tiroirs, le collectif invite les visiteurs à aller chercher, fouiller, explorer par eux-mêmes les informations concernant la mobilité. « Ce thème illustre notre mode de penser actuel. Nous sommes une génération qui bouge beaucoup, se déplace pour des voyages ou le travail. Pour nous, c’est normal », explique Marie Arlais.

Les informations apportées au cours de cette exposition interactive sont appuyées et complétées par un éclairage avisé et alternatif. Pour la sociologue et anthropologue Nacira Guénif Souilamas, les femmes sont privées de toute capacité à se mouvoir : « Les différentes fonctions des femmes – religieuses, culturelles, familiales – les bloquent dans leur mobilité. C’est cette logique d’immobilisation qui renforce l’illégalité des mobilités des femmes ». De quoi faire réfléchir les auditeurs au-delà de la thématique. Jules Falquet est elle aussi sociologue et figure dans le kaléidoscope sonore proposé par étrange miroir. Dans un extrait, elle développe sa réflexion autour de la notion « To care », signifiant « prendre soin » en anglais.

Selon elle, les femmes seraient plus qualifiées pour s’occuper des personnes malades ou âgées, grâce à l’éducation reçue. « On appelle cela la crise du care ou la crise de la reproduction sociale car elles ne s’occupent pas uniquement des personnes âgées. On importe là aussi des femmes pour s’occuper des hommes valides. Il y a toujours moyen de se faire tailler une pipe pour pas cher. Tout ça, sans papiers, car sans papiers = sans droits », raconte l’experte.

Une installation sonore originale, interactive et riche de sens dont on voudrait pouvoir profiter plus longuement, dans un lieu plus propice et moins étroit.

Célian Ramis

"Druckerozaure : Save the Dino" ou un grain de folie aux Beaux-Arts

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Beaux-Arts, Rennes
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L’exposition dûment nommée Druckerausore, save the Dino est l’œuvre de quatre étudiants de deuxième année, regroupés pour l’occasion dans le collectif 4 fromages.
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En passant le porche de l’école des Beaux-arts à Rennes, le risque n’est plus seulement de tomber sur des étudiants papier canson sous le bras et crayon à l’oreille. Depuis le 6 novembre et jusqu’au 29 novembre, les tyrannosaures et autres diplodocus ont élu domicile au pied des statues grecques du cloître. L’exposition dûment nommée Druckerausore, save the Dino est l’œuvre de quatre étudiants de deuxième année, regroupés pour l’occasion dans le collectif 4 fromages.

Le fil de l’exposition a été décidé sur un coup de tête : les dinosaures. Ils sont déclinés en plusieurs œuvres : tableaux, sculptures, photographies, cahier de coloriage… dont les titres humoristiques renvoient à la légèreté du collectif. Le nom le plus drôle étant attribué à l’une des sculptures réalisée par les deux filles de l’équipe, Mathilde et Laurence, nommée: « éclosion précoce ».

L’exposition nous plonge dans une fantasmagorie : et si les dinosaures avaient survécu et qu’ils cohabitaient avec l’être humain aujourd’hui ? Que seraient-ils devenus ? La réponse est apportée par petites touches : par exemple le dino market avec des boîtes de conserves contenant de la viande de dinosaure. Mais c’est surtout un code civil détourné, à l’origine destiné aux animaux, qui montre les dinosaures comme une espèce menacée et peu considérée par l’homme.

Les loges des Beaux-Arts permettent aux étudiants d’exposer tout au long de l’année, mais le calendrier est souvent plein. Profitant d’un trou dans ce planning surchargé, les quatre amis du collectif 4 fromages, Mathilde, Laurence, Julien et VM, se sont engouffrés dans la brèche afin de faire une exposition. « C’était dans l’urgence, on a commencé deux semaines avant mais en vérité on a fait la majorité du travail 48h avant ».

Le défi était de taille, et ils avaient peu de temps pour le relever. Néanmoins tout c’est fait dans la bonne humeur: « Le but premier c’était de rigoler ». En témoigne le titre de l’exposition : Druckerausore. « Michel Drucker est un dinosaure de la télévision, donc ça nous a parût marrant de détourner le nom », confie Laurence. Une des œuvres du collectif est d’ailleurs consacrée à ce personnage public…

Des critiques sur le manque de sérieux

« Surtout ne pas se prendre la tête » est le leitmotiv principal de ces jeunes étudiants. Ils refusent de conceptualiser un travail qui était avant tout une franche partie de rigolade. Mais ce refus d’intellectualiser les amène paradoxalement à donner un concept à l’exposition : le parti pris de la bonne humeur. Ils ont essuyé des critiques de la part d’étudiants des Beaux-arts anonymes, qui trouvaient que l’exposition n’était pas assez sérieuse.

Certes le trait du dessin est parfois un peu maladroit et ils avouent en rigolant que le jour du vernissage, toutes les toiles n’étaient pas sèches; mais peut-on vraiment le leur reprocher ? D’autant que l’exposition trouve un écho favorable auprès du public, le vernissage ayant été une réussite puisque de nombreuses personnes ont fait le déplacement. Parmi les présents, l’artiste de street art, Mardi Noir, intrigué par cette exposition qui reprenait le titre d’une de ses réalisations. Bon joueur, il est venu saluer l’initiative. Quant aux membres du collectif 4 fromages, ils nous confient: « évidemment que l’on connait son travail, mais on ne savait pas qu’il avait déjà utilisé ce titre… »

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